Lundi 26 septembre 2022

Comment faire son choix parmi autant de séduisantes inconnues ? Il arrive que l’on se retrouve marié en laissant simplement faire le hasard. Des séduisantes inconnues, il n’en manque pas dans la programmation de La Biennale, festival international des arts vivants Toulouse Occitanie, qui se déroulera du 29 sept au 15 oct en impliquant plus de  30 projets sur 22 lieux partenaires. Vous avez peut-être déjà eu une expérience malheureuse avec le hasard ? Voici donc pour ne plus vous tromper trois conseils d’Eve Beauvallet, la critique de Libération dont je vous ai déjà parlé.

  • D’abord François Grémaud, auteur, metteur en scène et comédien Suisse, qui fait l’objet d’un focus avec plusieurs pièces programmées. Le chouchou d’Eve B qui le recommande avec une intensité graduée par des petits cœurs. Dont trois pour  « La conférence des choses » le 2 octobre, au théâtre du Grand Rond. L’hilarante et savante Conférence de choses est un exercice de digressions infinies qui rappelle les navigations hypertextes (jouée par un Pierre Mifsud aux allures de guide touristique passionné)  François Gremaud, les gais savoirs / Pierre Mifsud, qui a créé ce spectacle coécrit et mis en scène par François Gremaud, dit que jamais les spectateurs ne l’ont autant remercié que durant cette semaine à Paris Conférence de choses», un marathon de digressions 

  • Puis « Love » d’ Alexander Zeldin, les 11 et 12 octobre au Théâtre de la Cité. Depuis 2016, l’auteur et metteur en scène anglais mène une quête inlassable : mettre en lumière la vie des invisibles, des laissés pour compte dont la dignité, voire l’existence ne tient qu’à un fil / Une journée de misère dans un foyer d’urgence, Zeldin y met en scène tout un petit monde qui reste droit malgré l’adversité. Bouleversant (Emmanuelle Bouchez – Télérama)
  • Et enfin, le 15 octobre, à 15h30 et à 21h au Théâtre  de la Cité, « Via Injabulo », un spectacle avec les danseurs Sud-Africains de Via Katlehong, en deux parties : « Forms Informs » par Marco Da Silva Ferreira et « Emaphakathini » par Amala Dianor. Le chorégraphe portugais Marco Da Silva Ferreira signe avec la troupe de danseurs sud-africains un spectacle sublime et loin des clichés Via Katlehong en très grande forme – Eve Beauvallet

On peut trouver d’autres envies dans le programme, comme « La Société en Chantier » de Stefan Kaegi ( du 29 sept au 2 oct au Théâtre de la Cité), « La Gaarde » et « Man on the Spoon » d’Alexandre Bordier (entre le 27 sept et le 8 oct au Grand Rond), « L’âge d’or » de Cardellini et Gonzalez, une déambulation dans le Centre Commercial de Blagnac (le samedi 8 octobre à 11h, 15h et 18h), « Under Bright Light » par la compagnie Forced Entairtainement  (du 6 au 8 octobre au Théâtre Garonne) …

Enfin, un lecteur me signale l’exposition « Mémoires de cendres », d’un jeune artiste du sud marocain Abdessamad El Montassir. Cet artiste sera exposé à la Maison Salvan de Labège du 1° oct au 26 nov (vernissage le 30 sept) et aussi dans d’autres lieux, que l’on pourra découvrir en bus le samedi 8 octobre à partir du Vent des Signes à 14h.

Gardez quand même de la place pour le festival Jazz sur son 31, qui aura lieu du 4 au 16 octobre. Que dire de la programmation ? Que je suis loin de connaître tout le monde, ce qui est bon signe. Que vous conseiller ? Voici quelles sont mes propres réservations, que j’ai faites presque au hasard :

  • Le 6 octobre à 18h30, Sly Johnson. Ancien membre du formidable groupe Saïan Supa Crew, il mène depuis quelques années une carrière solo, marquée par les musiques noires américaines, qui vont du rhythm and blues au rap, en passant par la soul et le funk. Il avait été programmé en clôture du festival Détours de Chants en 2019 aux Mazades. J’ai été bluffé par la puissance de son concert, plus vrai que les vrais de la Great Black Music. Son nouveau disque « 55.4 » est sorti au printemps. Ecoutez « Trust me », gorgé de soul.
  • Le 7, le chanteur Anthony Joseph et sa mixture teintée d’influences caribéennes.
  • Le 11, Elder Ones au Pavé, programmé par un Pavé dans le Jazz.
  • Le 12, MOM, le trio des frères Moutin avec Jowee Omicil au saxo.
  • Le 13, Alain Jean Marie & Diego Imbert. Ils ont sorti « Interplay the music of Bill Evans » en 2021.
  • Le 13, Oded Tsur, musicien de Tel Aviv, dont le disque a été chroniqué dans le dernier Jazz Magazine.

Gardez maintenant une dernière place pour la rencontre prioritaire de la semaine. Savez-vous en effet quelles sont les choses les plus importantes du point de vue urbanisme qui ont été faites à Toulouse depuis 50 ans ? Le métro ? Les Ramblas ? Vous n’y êtes pas … Le plus important, c’est ce qui n’a pas été fait. C’est le projet de Voie sur Berges dont l’abandon a permis d’éviter de massacrer les bords de la Garonne. Et ceci grâce au CDBG, le Comité de Défense des Berges de la Garonne. Grâce à des militants comme Jean Claude Coustel, Julien Savary, Bertrand Verdier (et Jean-Jacques Fournié, hélas décédé). Discrets comme des violettes, ils font néanmoins partie des gens les plus importants de Toulouse. On devrait leur élever une statue sur un rond-point. Ne ratez donc pas la chance de les rencontrer le 1° octobre à 11h30 au réfectoire de l’hôpital de La Grave. Où vous pourrez également voir une exposition de maquettes d’architecture et de projets urbains dans le cadre de la manifestation Toulouse sur Garonne. J’en profite pour vous passer une photo, vielle de plus de 40 ans, de l’épreuve de traversée de la Garonne sur engins flottants, qui avait lieu à l’occasion de la fête des Berges organisée par le CDBG.

Et encore quelques rendez-vous dans les deux semaines :

  • Les 29 & 30 sept au Bijou, Corentin Grellier accompagné de 6 musiciens invités, dont l’accordéoniste Claude Delrieu.
  • Le 1° oct à 15h, rencontre avec Pierre Pollet, le batteur de Pulcinella à la Médiathèque St Cyprien. Pourquoi celui-là ? Parce que son album de musique préféré est le Rock Bottom de Robert Wyatt, ça rapproche. Robert Wyatt est en bonne place dans ma playlist « funérailles ».
  • Le 1° oct encore, un peu partout dans Toulouse, c’est le Jour de la Danse .
  • Le 1° oct au Bascala, « Toulouse Con Tour » avec Art Mengo, Yvan Cujous et Magyd Cherfy, des Toulousains purs jus.
  • Le festival Toulouse les Orgues, du 1° au 16 oct. Le directeur du festival Yves Rechsteiner fait des merveilles pour dépoussiérer l’image de l’orgue associée à une musique d’église avec un parfum d’encens un peu démodé.
  • Une rencontre avec Alain Mabangkou, le 4 oct à 18h30 à Ombres Blanches.
  • Le festival d’Ukulélé les 8 et 9 oct (salle Lafourguette 28 rue de Gironis), organisé par le CUTE (Collectif d’Ukulélistes de Toulouse et de ses Environs). On me dit que l’ukulélé est un instrument très facile, qu’on peut apprendre rapidement.
  • Le festival Ciné Espana, du 6 au 16 oct.
  • Le festival Pink Paradise du 5 au 16 oct, avec des gens comme Daniel Waro, François Delarozière, Trio Mandili … Et dans le titre, une promesse de quelque chose de rose, mais quoi ?

La prochaine lettre du 3 octobre sera un numéro spécial consacré au festival Toulouse Polars du Sud.

Lundi 19 septembre 2022

Vous le regardez encore, Groland ?  Déjà 30 ans que l’émission est diffusée en clair sur Canal, sous la forme maintenant de son nouvel avatar « Groland Le zapoï ». Mais vous ne le regardez plus ? Pas depuis que Salengro, le président à vie, est mort ? Pas depuis que Moustic a été remplacé par la jeune Doulli ? Pas depuis que Canal a été racheté par Bolloré ? Vous ne l’avez peut-être jamais regardé ? Pourtant, c’est déjà la trentième saison et ils n’ont pas perdu la main. La fine équipe des journalistes Mickael Kael (le calamiteux), Francis Küntz (l’odieux) et Gustave Kervern (l’alcoolique) est toujours là pour nous donner des nouvelles de la Présipauté et des restes du monde.

Il y a dans l’humour de Groland une forme de provocation, de transgression, de mélange contre-nature qui ne plaît pas à tout le monde. Parce les Grolandais font coucher ensemble, sans leur consentement, Bolloré et les Insoumis, ruralité bobo et urbanité beauf, rusticité de bas étage et kolossale finesse. Parce qu’ils ont une double apparence, comme quand on parle d’un physique de Croate qui présente deux formes antagonistes de virilité : à la fois musclé du torse, épaules et pectoraux de culturiste, et à la fois gras de la taille, avec un bide de buveur de bière et d’alcool de pneu. Comme Cavanna qui disait lui en parlant de Wolinski : au début, on croit qu’il fait le con, à la fin on croit qu’il est con. En somme, il faut beaucoup d’intelligence aux Grolandais pour être cons à ce point-là.

Le festival Fifigrot, Festival International du Film Grolandais de Toulouse, se tiendra du 19 au 25 septembre, Fifigrot est d’abord une manifestation où l’on peut découvrir un grand nombre de films naturalisés Grolandais. Certains sont en compétition pour remporter l’Amphore d’or. Vous avez peut-être déjà vu le lauréat 2021, « Oranges Sanguines », réalisé par Jean Christophe Meurisse (celui des Chiens de Navarre, à ne pas confondre avec Guillaume Meurice) avec une Blanche Gardin égale à elle-même dans un rôle de gynécologue cash. Le jury de cette année sera présidé par Nelly Kaplan (surtout connue, mais c’est bien suffisant, pour être la réalisatrice de La fiancée du pirate, avec Bernadette Lafont, un film féministe décapant), et rassemble des gens comme Bruno Gaccio (un ex des Guignols, qui eut l’honneur ( ? ) d’être un temps le gendre du professeur Choron), Corinne Masiero et d’autres.

Le programme ne manque pas de bizarreries bien branques. J’ai par exemple noté :

  • le 21 à 17h15 sur le Pont Neuf, inauguration de la première chaise à porteur.lib, en présence de Jean Michel Lattès président de Tisséo.
  • le 22 à 21h au Gro Village, « Louise Michel », un film de Delépine- Kervern, en présence de Bouli Lanners et de Benoit Delépine.
  • Doulli sera elle sur la scène du Gro Village le vendredi 23. Vous la connaissez certainement comme la présentatrice punk à « la voix de clochard » de Groland… Mais saviez-vous que cet ovni est passé maître du stand-up en racontant notamment avec une aisance et une drôlerie bluffantes son passé d’ex-junkie aux mille et une vies et sa sobriété ?
  • Et pour fêter les 30 ans de Groland, une grande parade aura lieu le samedi 24 à 17h au départ du square Charles De Gaulle. Il est prévu qu’un dromadaire tire une amphore géante aux sons de la fanfare Houba. Il faut bien ça pour des noces de perle.

Le Gro Village se trouve dans le port Viguerie, proche de La Grave. Allez y faire un tour, vous y croiserez probablement du beau linge. J’aurais personnellement, comme tous les ans, le plaisir d’y retrouver mon confrère et copain de l’Eau de Vie en Rose, également connu pour contribuer au feuilleton grolandais Plus belle l’eau de vie. 

Coincé entre canicule passée et froidure à venir, le théâtre de rue joue les prolongations, avec :

  • L’Usine de Tournefeuille qui programme Bélé Bélé le 24 sept à L’Union, et Nick Steur les 25 & 28 sept + 6 & 9 oct.
  • La Mekanik du Rire, le festival de spectacles de rue qui aura lieu à Pibrac du 7 au 9 oct, avec des gens comme Helmut von Karglass et son Défilé de Haute Culture programmé en avant-première le 25 sept à16h, à l’Aria de Cornebarrieu, et bien d’autres, dont ceux de Carnage Productions ...

La présentation de saison du Théâtre des Mazades aura lieu le 22 septembre dès 18h00, avec pour commencer le vernissage de l’exposition de l’artiste plasticien 100TAUR et pour continuer le DJ M.BOOM pour une ambiance musicale explorant les différentes contrées de l’afrobeat, de la disco, de la house, et du broken beat.

100TAUR

Dans les restes de l’actualité, vous trouverez :

  • Du 17 au 24 septembre, le festival Origines Contrôlées, avec les frères Mouss et Hakim aux manettes. On y trouvera le 24 sept Bongi, Sofiane Saïdi et surtout Rim’K, un ancien du groupe Le 113. Ecoutez « Tonton du Bled » c’est lui.
  • Du 17 sept au 1° oct, l’exposition de photos Manifesto, dans 18 conteneurs de la place Saint Pierre. Profitez-en, on nous dit que c’est la dernière édition. Sniff …
  • Du 22 au 25, ouverture des ateliers d’artistes dans le cadre des Arts en Balade.
  • Le 21 à 21h, à la cinémathèque, projection du film « Viva la Muerte » en présence de son réalisateur Fernando Arrabal. Film culte, sorti en 1970, longtemps censuré et quasi invisible, il a été restauré par les équipes de la Cinémathèque de Toulouse et projeté au dernier Festival de Cannes dans le cadre de Cannes Classics. Pour l’avoir vu à sa sortie, je me souviens surtout du générique de Topor (fabuleux) et de cette chanson (addictive) Ekkoleg. Vous ne connaissez ni Arrabal, ni Topor, ni Ekkoleg ? Tant pis, mais vous devez savoir que Viva la Muerte était le cri de ralliement franquiste.
  • Le 21 encore, au centre culturel Saint Cyprien, Goodbye Jupiter le trio de Guilhem Kaltenbach, le proprio de la Candela. Il ne viendra donc pas de loin …
  • Le 22 au Bijou, Marcia Higelin, la fille d’Arthur H. Elle nous dit que « quand on prétend faire de l’art, on n’a pas le droit de rester dans sa zone de confort »
  • Le 22 à midi trente, Corentin Grellier avec l’accordéoniste Claude Delrieu. Ça se passe dans le cadre de la Pause Musicale, qui propose des concerts gratuits tous les jeudi dans la salle du Sénéchal, rue du Taur. A suivre Mando Duo (un duo de mandolines) le 29 sept et le duo Daltin – Bardoscia (accordéon et contrebasse) le 6 oct.
  • Le 22 encore, bal forro à la Maison Blanche, avec Carlos Valverde. Cette Maison Blanche propose une programmation ouverte à toutes sortes de musiques, dont du jazz manouche tous les mardi à 20h30.
  • Le 23 à 19h, Roda de Choro à la Topina. Je sens qu’il y a là un besoin de traduction. La Topina est un restaurant associatif qui se trouvait autrefois dans la Maison d’Occitanie, et qui a déménagé place Lange, et qui pratique la langue occitane. Le Choro est une musique populaire brésilienne, à ne pas confondre avec le Forro. Roda est un mot brésilien qui désigne ici un rassemblement ouvert à tous les musiciens. On y trouvera pour partie des musiciens que j’ai vus cet été, ils tiennent la route. Les Roda de Choro ont lieu à la Topina tous les premiers jeudi du mois.
  • Le 23 encore, Bernardo Sandoval et Serge Lopez (guitares flamenca), à la Grande Famille à Pinsaguel.
  • Du jazz au Taquin, avec No Noise No Reduction, un trio de sax, le 23 et un Tribute to Roy Hargrove avec Nicolas Gardel le 24 septembre.

Dernière minute : séduit par le caractère étonnamment élogieux de cette lettre concernant une de leurs productions, le groupe Bolloré vient de racheter la Vie en Rose. Je descends en vitesse au Balto recruter de nouveaux collaborateurs.

Lundi 12 septembre 2022

On dirait que c’est reparti comme en 14 ! Non je ne veux pas parler de la troisième guerre mondiale, pas encore … Je parle du foisonnement des manifestations culturelles de la rentrée à Toulouse. Après plus de deux ans de parenthèse, et même si nous ne sommes pas encore sortis de toutes les calamités, les propositions de festivals ou de programmation des salles retrouvent l’effervescence d’avant la crise. Il y a comme un retour de l’abondance.

Mais on peut quand même constater que la machine s’est grippée, ou plutôt elle s’est covidée. Nous avons pris de mauvaises habitudes et nous ne sortons plus comme avant. Toutes les salles le déplorent.

Aussi, il nous faut un peu de volontarisme pour redresser la barre, un genre de planification culturelle si vous voulez. Pour ce qui est du spectacle vivant, et du théâtre en particulier, c’est le moment de prendre la résolution d’y aller plus souvent. Mais vous avez déjà depuis janvier une longue liste de résolutions que vous n’avez pas tenues. Pourquoi vous les tiendriez davantage en septembre ? Parce que vous allez vous occuper de réserver les places au plus vite.

Pensons d’abord à la question du pouvoir d’achat de places de théâtre. Vous avez la possibilité d’acheter des Carnets Pleins Feux, 45 € le carnet de 5 places non nominatives, et sans limitation de durée, valables pour 10 salles partenaires (Cave Poésie, Fil à Plomb, Grand Rond, Pont Neuf, Violette, Pavé, Le Vent des Signes, Le Hangar, Chien Blanc, Le Bijou). Ce carnet est aussi une très bonne idée de cadeau. On peut féliciter ces salles pour la modicité et surtout la limpidité de leur formule tarifaire. Je vous recommande également de vous procurer la carte Toulouse Culture, elle coûte peanuts et elle vous fera bénéficier de réductions dans la plupart des salles toulousaines. Cette carte est très vite rentabilisée.

Complots faciles pour briller en société

Maintenant le plus dur commence pour moi. Parce qu’il faut quand même que je vous conseille quelque chose pour vos réservations. Même en se cantonnant aux trois principales salles que sont le théâtre de la Cité, le théâtre Sorano et le théâtre Garonne, il est difficile de choisir. J’ai galéré un bon moment, pour ne pas dire mascagné, à chercher des informations qui ne soient pas que de la communication. C’est alors que la Providence m’a fait rencontrer cet été une véritable critique de théâtre. Elle écrit dans Libération, elle s’appelle Eve Beauvallet. Elle est à l’origine de certains conseils, mais pas de tous. Je la trouve excellente, elle n’y est donc probablement pour rien si ça ne vous plait pas.

Le Théâtre Garonne :

  • Du 6 au 10 décembre, « Misericordia » de Emma Dante. A 55 ans maintenant, la metteuse en scène sicilienne n’a pas changé sa méthode de travail : deux années d’ « exploration » minutieuse avec ses actrices complices ont été nécessaires pour broder les biographies des trois « mères » de Misericordia. Putains généreuses qui ont choisi de de veiller sur un enfant perdu (Télérama juillet 21).
  • Du 7 au 10 décembre, « Catarina et la beauté de tuer des fascistes » de Tiago Rodrigues. Dans la douceur de la maison familiale, une jeune fille se rebelle et se refuse à exercer un rite qui a lieu chaque année : tuer un fasciste. Tiago Rodrigues est le directeur du théâtre National de Lisbonne et par ailleurs le nouveau patron du festival d’Avignon en remplacement d’Olivier Py.
  • Du 30 novembre au 3 décembre, « We Wear Our Wheels with Pride », de Robyn Orling . Cet ogre libidineux, cupide, grotesque et emplumé semble inventer en live une sorte de version pop africaine des Sept Péchés capitaux de Jérôme Bosch. Avec scène de luxure sur fond de Lacrimosa de Mozart, ingurgitation d’oranges avec la peau filmée en gros plan sous tous les angles par un attirail de caméras, séance de twerk colérique devant un gif agrandit de Vladimir Poutine en smoking. Il est clair que Robyn Orlin sait recevoir. (Eve Beauvallet – Libération)
  • Du 14 au 17 décembre, « Relative Calm » de Robert Wilson. Rarement vu à Toulouse, ce monstre sacré de la scène américaine vient présenter pour la première fois en France la nouvelle version de Relative Clam, un spectacles historiques créé il y a 40 ans.  
  • Du 4 au 13 janvier, « Une autre histoire du théâtre » de Fanny de Chaillé.
  • 27 et 28 jan, « Somnole » de Boris Charmatz. Charmatz pourrait donner l’impression de montrer tout ce qu’il sait faire, si cet accord constant entre son souffle et son art du mouvement ne faisait de ce solo une sonate nocturne dansée inédite. Et bouleversante (Emmanuelle Bouchez – Télérama). Lisez aussi le portrait qu’en fait Eve Beauvallet dans Libération
  • 2 au 4 février, « Encantado » de Lia Rodrigues. La nouvelle création de la chorégraphe, «Encantado», est une pièce baroque et explosive qui agit comme un rituel contre la domination raciale et sexuelle . La transe exubérante de Lia Rodrigues enflamme le festival d’Automne. (Eve Beauvallet Libération) Une fresque éclatante et chamarrée – Une enchanteresse transe dansée (Emmanuelle Bouchez Télérama)
Encantado – Lia Rodrigues
  • 24 au 30 mars, « Baubo, De l’art de n’être pas mort » de Jeanne Candel. Avant d’être Parisienne, Jeanne Candel a grandi à Toulouse. Couronnée en 2014 par un Molière, elle a écrit et mis en scène plusieurs pièces avec le collectif La Vie Brève. Depuis 2019, elle codirige le théâtre de l’Aquarium (Sylvie Roux – La Dépêche)

Le Théâtre de la Cité :

  • J’ai évidemment relevé « L’île d’or », le spectacle d’Ariane Mnouchkine, du 9 au 27 novembre en partenariat avec Odyssud. On ne présente plus Ariane Mnouchkine 83 ans cette année, et son mythique Théâtre du Soleil, en activité ininterrompue depuis ses débuts à la Cartoucherie à Vincennes dans les années 70. Les spectacles d’Ariane Mnouchkine sont voyage. Dans l’histoire, l’humanité, la solidarité, l’ailleurs, la beauté. Dans l’art infini du théâtre, rendu magiquement présent (Fabienne Pascaud -Télérama). Gardez néanmoins à l’esprit que les grands noms ne mettent pas à l’abri d’une déception …
  • 3 et 4 juin, « Le nid de cendres » de Simon Falguières. Simon Falguières offre la curieuse sensation de puiser ses forces et son esthétique dans la mémoire des premiers Mnouchkine à l’orée des années 70 (Anne Diatkine – Libération)

Le Théâtre Sorano, avec deux spectacles qui devraient attirer le grand public, tellement leur réputation est maintenant bien établie :

  • Du 5 au 8 octobre, « La vie est une fête » de Jean Christophe Meurisse avec Les Chiens de Navarre. Partir de la dinguerie du pouvoir incarné par un Parlement où tout disjoncte, pour aboutir à la déliquescence d’un hôpital où se multiplient les névroses en tout genre (Fabienne Pascaud – Télérama)
  • D’abord à Odyssud du 13 au 15 mars et ensuite au Sorano du 21 au 25 mars, « Les gros patinent bien, cabaret de carton » d’Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois. Ces deux-là ré-architecturent notre imaginaire avec une folie burlesque digne des meilleurs clowns (Fabienne Pascaud – Télérama ). La pièce avait déjà été programmée au Sorano l’an passé, je l’avais ratée. Elle a été depuis lauréate des Molières, avec le prix du meilleur spectacle. Elle est maintenant reprogrammée un peu partout, et même dans le Lot cet été, elle a un succès fou, ceux qui l’ont vue disent qu’elle fait aimer le théâtre.. 

Pour ce qui concerne les tarifs de ces trois salles, on peut difficilement faire plus disparate. Elles font toutes intervenir mais de manière différente les unes des autres, un système de réduction dépendant de l’âge, de la situation sociale, de l’adhésion à la salle et de possibilité ou non l’achat groupé de billets … Chapeau les artistes ! Il ne leur reste plus qu’à faire dépendre le prix de la date de réservation et elles n’auront plus rien à envier à la SNCF. Cependant, même au tarif plein, le prix des places de théâtre reste incomparablement plus bas que celui des matchs TFC contre PSG.

Normalement, vous allez maintenant prendre un peu de temps pour faire votre choix et puis vous allez réserver. Parce que les traditionnelles présentations de saison se poursuivent dans la semaine, vous allez attraper de nouvelles envies qui risquent bien de prendre la place des précédentes :

  • Le 12 septembre à 19h, présentation de saison de La Place de la Danse, au CDCN du 5 av. Etienne Billières.
  • Le 13 septembre à 19h, présentation de saison à la Cave Poésie de la rue du Taur.
  • Le 15 septembre à 19h au théâtre du Pavé, présentation de la saison d’ Un Pavé dans le Jazz, suivi d’un concert avec le duo Oiseau Ravage qui étourdit et libère un jazz déplumé aux allures ailées qui dévoile ses migrations impressionnistes, ainsi que le trio Codex III qui offre un champ d’exploration sans limite, où la richesse des timbres, des couleurs et des dynamiques viennent modeler la matière sonore dans toutes ses dimensions.
  • Le 16 septembre à 19h, présentation de la saison du Théâtre du Pavé.

Et pour en finir avec cette lettre un peu longue, voici enfin les sorties notables de la semaine et du week-end :

  • Les 17 et 18 septembre, Journées du Patrimoine, avec un programme de circuits et visites guidées, ainsi que 68 sites ouverts au public.
  • Les 16, 17 et 18 septembre, festival MediterranéO’ à Portet. Beaucoup de bonnes raisons d’y aller : gratuit en plein air, dans un cadre de bord de Garonne,, musiques de la Méditerranée, des Balkans, musiques latines … Vous y trouverez par exemple Alberi Sonori et ses tarentelles.
  • Le 17 septembre, à Martres-Tolosane, le Festival du Verbe initié par Dick Annegarn, avec des invités comme Yolande Moreau, Hervé Suhubiette (qui chantera Anne Sylvestre), La Mal Coiffée (polyphonies occitanes), Clou, Diane Tell
  • Les jeudi 15 et vendredi 16 septembre, dans le cadre des journées « Tout Un Monde Rue » à Ramonville, le spectacle « Strampalati » – une tragi-comédie circassienne sur un air d’Italie – par le Circ’Hulon, compagnie de cirque contemporain, avec entres autres l’accordéoniste Florian Demonsant. Le spectacle est récemment passé dans le Lot, mon envoyée spéciale m’en a dit le plus grand bien. Je n’avais malheureusement pas pu y aller, j’avais un match de rugby. Mais le rugby, ça ne compte pas, conventionnellement, comme du spectacle vivant. Et pourtant il y a aussi une forme de théâtre dans la castagne. Alors que dans le foot, on parlerait plutôt de cinéma.

Lundi 5 septembre 2022

Bienvenue à Toulouse ! A mes enfants qui viennent tous les deux de s’installer à Toulouse, je leur dis : « vous avez fait le bon choix, vous auriez pu choisir Bordeaux par exemple, franchement il a failli y avoir deux divisions d’écart ». C’est pour eux que je redémarre la Vie en Rose, pour leur donner des envies de vraie culture. On sait bien que les parents ne peuvent pas s’empêcher de donner des conseils. Et j’ai cru comprendre que les enfants aiment bien en recevoir.

Commençons par le conseil le plus facile. Allez écouter les frères Volo qui passent au Bijou du 7 au 9 septembre. Les deux frères Volo (en vrai Olivier et Frédo Volovitch, un nom d’origine ukrainienne) font ce qu’on peut appeler de la chanson générationnelle intemporelle. Autrefois membres du groupe Les Wriggles, ils ont aujourd’hui à leur actif cinq albums studio en duo, leur dernier disque est sorti en 2020.

J’en ai tiré cette chanson, Avec son frère, écrite à deux mains, elle est représentative de l’écriture Volo. Ecoutez-la soigneusement, vous allez vous rendre compte qu’il y a dedans une zone d’ombre, qui fait monter tout à coup une bouffée d’émotion. Ecoutez aussi Joséphine, une chanson pour la pitchoune, Disons une chanson sur leur maison d’enfance, C’est toi, une chanson de tendresse plus que d’amour… Je ne connais pas grand monde capable de faire passer autant d’émotion, autant de tendresse, autant de délicatesse, l’air de rien, sans y toucher, sans peser.

Je vous conseille également l’exposition « Joséphine Baker, une vie d’engagements », qui se tient au Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de l’allée des Demoiselles, jusqu’au 29 octobre. Joséphine Baker, née en 1906 et morte en 1975, a été Panthéonisée en 2021. C’est quand même autre chose que d’être Pantaléonisé, comme je le serai peut-être un jour, je l’espère. Allez voir l’exposition, vous comprendrez pourquoi elle a mérité le Panthéon. Depuis 1925 où elle arrive dans une France, certes moins raciste que les Etats Unis de la ségrégation mais tout de même bien coloniale, jusqu’à la fin de sa vie où elle accueille une tribu arc-en-ciel dans son château des Milandes, en passant par la guerre où elle s’engage dans la France Libre, cette femme a fait de sa vie un sans-faute. On sort admiratif et Victor Hugo disait qu’il y dans l’admiration je ne sais quoi de fortifiant qui dignifie et grandit l’intelligence. Pour aller plus loin, voici un lien vers un article de Christian Authier sur cette exposition Joséphine Baker, libre et engagée et bien sûr un lien vers la chanson J’ai deux amours.

Niki Saint Phalle
Calder

Le festival Piano aux Jacobins est l’un des premiers festivals de la rentrée, il aura lieu du 9 au 30 septembre. Le conseil est plus difficile, parce que tout se passe comme s’il existait un filtre de classe à l’entrée du monde de la musique classique. Un de mes prédécesseurs sur ce blog disait très justement que le piano est l’accordéon du riche. Et de fait, les tarifs sont un peu plus élevés qu’ailleurs. Les concerts ont lieu dans le cloître des Jacobins, ce cloître dans lequel les étudiants de Fermat prétendent qu’ils viennent y travailler (quand ils ne sont pas contraints d’aller chez Tonton).

Ne vous laissez pas arrêter par ces préjugés. En matière de musique, il n’y a pas de genre qui soit supérieur à d’autres, il n’y a que de la bonne ou moins bonne musique. Seulement comment s’y retrouver dans le programme ? Rien ne ressemble plus à du Mozart que du Ravel quand tu y connais zéro ! Vous pouvez essayer de sélectionner en fonction de la qualité des interprètes (ce que font les connaisseurs), avec des habitués comme Christian Zacharias, Joaquin Achucarro, ou bien Bertrand Chamayou le Toulousain. Vous pouvez aussi choisir en fonction des œuvres, chacun a ses préférences. Vous pouvez aussi choisir parmi les quelques musiciens de jazz disséminés dans le programme. 

Vous pouvez enfin choisir parmi les compositeurs. Je vais tenter de vous faire profiter d’un embryon de critique innovante, basée sur l’exploitation de la data. J’ai en effet calculé la fréquence d’apparition des compositeurs sur les dix dernières années du festival. Chopin sort largement en tête, avec 59 occurrences. Viennent ensuite Bach (44), Liszt (43), Beethoven (42), et Schubert (37). Mozart (22) est dernier dans le top 10, derrière Ravel (30), alors qu’ils auraient pu faire liste commune.

Le festival du Théâtre de Rue de Ramonville est l’autre grand festival de la rentrée, il aura lieu du 8 au 11 septembre. On a déjà souligné ici que tout oppose ces deux festivals. Dans le domaine du théâtre de rue, il n’existe presque pas de noms connus, de vedettes, alors que dans le piano classique, tout repose sur des compositeurs, des œuvres et des interprètes prestigieux. On rajoutera une autre différence, il y a ceux qui écrivent normalement et ceux qui pratiquent l’écriture inclusive. Je le dis à mes amis de droite : ne te laisse pas arrêter par ces préjugés ! J’en profite pour vous passer une autre chanson de Volo en rapport, Aucun doute.

Partez donc à la découverte et vous aurez comme chaque année la surprise de spectacles inattendus, décoiffants, bluffants … L’affiche est superbe, elle est de Fräneck.

Dans le reste de l’actualité de la semaine, vous trouverez :

  • Le samedi 10 septembre aura lieu la présentation de la saison du théâtre Garonne : un midi-minuit gourmand, curieux et musical ! 12 heures pour rencontrer l’équipe du théâtre et découvrir la saison 22-23, avec dès midi, un festival de bonnes choses concoctées par Mickaël Lecumberry (restaurant Le Rocher de la Vierge).
  • Au Grand Rond, la reprise de « Gros Câlin » (du 30 août au 3 septembre, trop tard donc, dommage) et de « L’angoisse du roi Salomon » (du 6 au 10 septembre) : deux textes de Romain Gary, joués par un Denis Rey époustouflant seul en scène, dans un rôle de seul dans la vie.
  • Le 8 septembre à l’auditorium de St Pierre des Cuisines, Bernardo Sandoval (qui a été parait-il impressionnant au festival manouche de Mazères).
  • Du 8 septembre au 16 octobre, la Cinémathèque propose une thématique sur « Les films qu’il faut avoir vus ». Le 8 septembre à 18h30 aura lieu la présentation de la saison, suivie à 21h par la projection de « Freaks », réalisé par Tod Browning en 1932, ça commence fort. Le film met en scène des personnes atteintes de malformations physiques et considérées comme des monstres. Et qui font preuve d’une humanité bouleversante. Freaks, c’est le film culte par excellence, un mélo dans la cour des miracles, un OVNI que je vous recommande absolument. Ne vous laissez pas arrêter par la date de sortie, on sait depuis Brassens que le temps ne fait rien à l’affaire.

Pour ce qui est des conseils culturels aux enfants, je me rends compte que je me suis trompé. Mes enfants me font délicatement comprendre sans prendre de pincettes qu’ils s’en fichent royalement. Je n’ai pas plus tôt recommencé que je me sens déjà inutile.

31 octobre 2020 – Spécial 24 heures de l’accordéon

La troisième édition des « 24 heures de l’accordéon » se tiendra les samedi 31 et dimanche 1° novembre, réduite à une forme radiophonique. A écouter en ligne de 12h à 19h sur http://www.cave-poesie.com/radio-cave-po/

En guise de remerciements aux courageux qui ont malgré tout assuré le maintien de la manifestation, voici une compilation de fragments consacrés à l’accordéon et aux accordéonistes, tirés de « La Vie en Rose » des années 2014 à 2018.

25 juin 2018
Le festival d’accordéon Les Nuits de Nacre aura lieu à Tulle du 29 juin au 1° juillet. Dans son joli programme, on trouve cette année deux légendes de l’aristocratie de l’accordéon : Marcel Azzola d’abord, qui sera invité le 29 juin par Sébastien Frage Quartet. Et Marc Perrone ensuite, qui sera présent le 30 Juin. Voici son morceau Quai des Vertus, extrait de son dernier disque Babel Gomme.

Je vous renvoie à ma lettre de septembre 2015 et à celle de octobre 2017 pour en savoir un peu plus sur les Nuits de NacreMarcel AzzolaMarc Perrone, … et sur Laurent Koscielny, joueur de foot et bienfaiteur des accordéons. Avec une pensée pour lui, qui est malheureusement privé du Mondial de foot pour cause de blessure.

18 juin 2018

La prochaine Accordéonistade se déroulera le 20 juin 2018 dans un nouveau lieu L’Itinéraire bis, situé au 22 rue de Périole, derrière la gare, à côté de la médiathèque. Je ne connais pas encore cet endroit qui se présente comme un café culturel et politique.

11 juin 2018

Dont un concert des Ogres de Barback avec le Bal Brotto Lopez, le 16 juin, dans le village de La Française. Un de mes collègues bloggeur prétend que Brotto est ce que le Lot a produit de meilleur depuis les cabécous. A vérifier sur place … 

28 mai 2018 – Printemps du Forró

L’apogée de ce bouillonnement, c’est le Printemps du Forró. Depuis sa 1° édition en 2015, La Vie en Rose vous parle de ce festival, mais là,  pour la 4° édition, vous avez carrément droit à un numéro spécial.

Corentin Restif

9 avril 2018

C’est à l’occasion du festival Jazz sur son 31 que l’accordéoniste Lionel Suarez a constitué un quartette en hommage à l’univers de Carlos Gardel. Après 9 ans de tournée, le Quarteto Gardel vient de sortir un nouveau CD chroniqué dans le dernier Jazz Magazine. Avec Arielle Besson à la trompette, Vincent Segal au violoncelle, Mino Garay aux percussions et Lionel Suarez à l’accordéon, le Quarteto Gardel sera le 11 avril à la salle Nougaro.

Les 20 & 21 avril, les mêmes plus Claude Delrieu dans leur spectacle Twist Listesexploration des sons et bousculades de rythmes, folie douce et inconvenancesClaude Delrieu est assez spectaculaire dans un genre d’accordéoniste qu’on ne voit pas partout. Il faut quand même l’avoir vu nous chanter « Ariège, ô Moun Païs » debout sur sa chaise. 

15 janvier 2018

Jean Philippe Viret a aussi contribué à « Paris Musette », ce qui devrait suffire pour lui assurer une forme de célébrité. Paris Musette est cette série de trois disques mythiques, édités dans les années 90, dans lesquels les plus grands accordéonistes de notre époque reprenaient les grands succès du patrimoine. Comment résister à cette Swing Valse interprétée par Michel Macias, avec Jean-Philippe Viret à la contrebasse ?

11 décembre 2017

On dit que la tradition est un progrès qui a réussi. L’accordéonistade est en train de devenir une tradition : depuis plus de 6 ans maintenant, des accordéonistes de tous horizons se retrouvent tous les 6 mois, en juin et en décembre, pour le seul plaisir de jouer ensemble. La prochaine manifestation aura lieu le jeudi 14 décembre à la Maison Blanche, entre 20h et minuit. L’évènement est organisé par Jean-François le Glaunec, auteur des photographies d’accordéonistes sur ce site, et par les accordéonistes Corentin Restif et Florian Demonsant. L’affiche est de Junie Briffaz. En passant, je vous signale que ce même Jean-François expose au Taquin ”Les copains au Taquin”, ses photos des musiciens de l’endroit, avec un vernissage le dimanche 17 décembre à 19h.

Voyez ici les musiciens de la cuvée 2016 en train de jouer l’Esperanza, qui est devenue l’hymne de l’accordéonistade. Cette vidéo, captée par un certain Jean Luc, illustre bien l’esprit de générosité et de spontanéité propre à l’accordéonistade. En plus des musiciens, vous trouverez sur place des filles faciles, disposées à se laisser entrainer dans la valse, comme on peut le voir ici. Venez nombreux, la petite Maison Blanche poussera les murs pour vous faire de la place.

Vous savez que Marc Perronne est le compositeur de l’Esperanza. Est-ce que je vous ai déjà dit que son dernier disque Babel-Gomme est beau comme un cadeau de Noël ? 

13 novembre 2017

Le samedi 18 à 21h, un hommage sera rendu à Régis Gizavo, ce merveilleux accordéoniste malgache disparu cet été. Voici une courte vidéo (désolé pour la piètre qualité technique) prise à l’occasion de son passage à Rio Loco en juin dernier avec Toko Telo.

23 octobre 2017

Minvielle nous amène naturellement à Marc Perrone, qui lui aussi sort un nouvel album pour le 20 octobre, Babel GommeOn y retrouvera les amis fidèles, Marie-Odile Chantran bien sûr, André Minvielle, Marcel Azzola, Bernard Lubat … Depuis le mythique 33 tours Gabriel Valse de 1974, l’accordéon de Marc Perrone ne me quitte pas. Voici son Esperanza l’aranesa avec Minvielle justement.  Marc Perrone est le seul musicien avec Robert Wyatt dont j’ai acheté tous les disques, vinyles et CD. Me ruiner pour ces deux-là a fait mon bonheur.

2 octobre 2017

Le collectif La Bohème se produira le 27 octobre au Rex. On retrouve dans ce collectif Bernardo Sandoval qui en est à l’origine, et entre autres, l’accordéoniste Yvan Kara, qu’on a pu voir par exemple lors de la dernière accordéonistade.

Le 7 octobre à partir de 19h30 à la Cave Poésie, on pourra successivement écouter Jean Luc Amestoy, Didier Dulieux, Bernardo Sandoval & Serge Lopez. Pas mal, non ?

11 septembre 2017

Le mercredi 13, le groupe Cafe com Leite i Cachaça jouera dans la cave de l’Amanita Muscaria, avant de partir présenter leur projet aux Nuits de Nacre. Le duo accordéon / pandeiro est maintenant boosté par le son électronique d’un troisième larron aux machines.

12 juin 2017

Voici pour patienter Kizin’ Man, une recette d’on ne sait quoi chantée par René Lacaille.

Ecoutez Rest Là Maloya, la chanson de Alain Peters, ce poète chanteur réunionnais aujourd’hui disparu. Et pour faire bonne mesure, je rajoute l’instrumental de René Lacaille, la mélodie est si belle.

Le samedi 17 à 22h, ne ratez pas le trio Toko Telo. Il est composé de D’Gary, Monika Njava et de Régis Givazo, qui sont trois légendes vivantes de Madagascar

Dimanche 18 à 16h, le grand René Lacaille et ses potes. Et pour finir, à 18h30, Grand Bal de l’Afrique Enchantée.

Voici en souvenir de tout ça une photo médiocre d’un concert sensationnel donné sur les quais de la Daurade un dimanche midi de juin 2015 par René LacailleRégis GivazoLionel Suarez et un accordéoniste breton dont j’ai oublié le nom.

29 mai 2017

Dans un programme diversifié, j’ai évidemment relevé deux accordéonistes :

  • Michel Macias, qui ambitionne de nous faire danser Menuets, Sarabandes, Allemandes, Gigues, Courantes … le 3 juin à 20h  à Ombres Blanches & le 4 juin à 13h à l’Hôtel Dieu.
  • Gregory Daltin avec Sylvain Picard au tuba, le 3 juin à 16h à l’Hôtel Dieu et le 4 juin à 14 h dans l’église Saint Pierre des Chartreux.

Faisons un break après le Bach. Avec peut-être encore un bon accordéoniste du coin, Claude Delrieu qui accompagnera une lecture de Jean Pierre Borredon le 30 mai à 19h30 à la Cave Poésie ?

6 mars 2017

Le groupe Bey Ler Bey rassemble trois musiciens (Floriant Demonsant, accordéon, Laurent Clouet, clarinette turque et Wassine Halal, da rbouka, bendir) qui s’amusent à cuisiner la musique des Balkans à leur sauce un peu jazz, un peu impro. Comme si cet exotisme ne leur suffisait pas, ils invitent Erwan Kevarec, un ovni de la cornemuse écossaise, pour un concert le 9 mars à 20h30 à l’espace Croix Baragnon.

20 février 2017

Le duo Brotto – Lopez fait également partie de ceux qui ont marqué l’année 2016 pour ce magazine. Mieux que ça, il leur a consacré la couverture du numéro de janvier. Les deux musiciens n’ont fait que confirmer leur ouverture d’esprit et leur capacité d’adaptation aux danseurs. 2017 rime avec “boule à facettes”. Le trio Brotto Lopez Raibaud se produira le 18 mars à 16h au Pavillon Blanc de Colomiers dans le cadre du festival Fous d’archet.

5 décembre 2016

Le 8 décembre, la traditionnelle Accordéonistade à la Maison Blanche. Les afficionados le savaient déjà. Je vous mets Antoine, un morceau de Florian Demonsant, l’un des organisateurs de cette rencontre. Je trouve qu’il manque à Toulouse un festival d’accordéon.

14 novembre 2016

L’affiche met cette année en avant la musique cajun de Louisiane, avec une photo du musicien Bee Fontenot. Cette photo illustre également la couverture du disque Les Haricots sont pas salés, un disque culte pour qui s’intéresse à cette musique si attachante. La musique de ce disque est celle du documentaire Dedans le sud de la Louisiane qui sera présenté le 19 novembre à 18h par son auteur Jean Pierre Bruneau. A ne pas rater donc pour tous les amateurs de musique cajun, dont je fais partie. Et voici Pain de maïs un morceau de Bee Fontenot, pour vous donner une idée de la chose.

En digne héritier de cette époque, Rémy Geffroy jouera de son accordéon les 15 et 16 novembre au Bijou

17 octobre 2016

Pour finir, je vous avais parlé en octobre 2015 de ce documentaire, Les pionniers du Folk qui est passé l’an dernier dans le cadre du festival Peuples et Musiques au Cinéma. Peut-être pour vous comme pour comme moi, c’était complet. Une seconde chance nous est donnée le mercredi 19 octobre à la maison de l’Occitanie, rue Malcousinat, à 19h30. Et pour moi, une seconde occasion de vous passer un air de Brassens joué par le grand Marc Perrone que l’on verra dans ce documentaire : La Marine. Ca date de 40 ans, Marc Perrone avait à l’époque reçu un mot de Brassens pour le féliciter. Des félicitations venant de Brassens, ça vaut la légion d’honneur.

5 septembre 2016

Tout pour me plaire dans le théâtre de rue : les saltimbanques dans un coin de rue, la magie au bout d’une ficelle, une fanfare rutilante, Fellini et la Strada et Gelsomina. Déjà petit, il me suffisait d’un accordéon et d’une fille saltimbanque pour me rendre tout chose. Elle était dans une roulote tirée par un cheval. J’aurais voulu épouser une saltimbanque.

29 août 2016

Mettons maintenant des bretelles à notre piano et ça nous fait un accordéon pour aller à Tulle assister du 15 au 18 septembre au festival Nuits de Nacre consacré à cet instrument. Le programme de cette année fait la part belle au duo Peirani / Parisien qui joueront le 16 septembre et que l’on ne présente plus. On les a encore vus ce printemps à la salle Nougaro, le grand Vincent à l’accordéon et le petit Emile au saxophone soprano, un feu follet au lyrisme échevelé.

L’autre tête d’affiche invitée est Roland Romanelli. Cet accordéoniste à la longue et prolifique carrière est connu en particulier pour avoir accompagné Barbara pendant plus de 15 ans. Il se trouve que Marcel Azzola était l’artiste invité de l’an passé. Voici donc pour vous la java de concert, tirée d’une valse composée par Chopin, jouée en duo par Romanelli et Azzola et tirée du film Le Bal d’Ettore Scola.

22 août 2016

Le groupe Cafe con Leite d’abord, qui passe à la Cave Poésie. Ils sont deux, avec pandeiro (un genre de tambourin) et accordéon (un genre de piano). Ils font de la musica brasileira, cumbia, musette, hip hop … 

14 décembre 2015

Jeudi 17, les amateurs d’accordéon ne rateront pas l’accordeonistada qui aura lieu à la Maison Blanche, dans le quartier Arnaud Bernard. “ Au programme, comme d’habitude, pas de programme ! Simplement l’habituel charivari de lames en folie, le déluge de notes, la tempête de soufflets, et quelques demis pour faire tourner la machine ! comme en témoigne cette vidéo de la dernière édition (fête de la musique 2015) “. Vous trouverez aussi quelques photos souvenir sur ce site.

26 octobre 2015

Le dimanche à 14h30, sera projeté un film sur les « pionniers du folk » tourné à Varaire (Lot) à l’occasion d’un rassemblement de la fine fleur des vieux de la vieille du folk. La séance sera suivie d’une conversation avec des gens comme Xavier VidalBen fondateur du premier groupe folk français Grand-mère Funibus Folk, Dominique RegefAlain Cadeillan, co-fondateur du Perlinpinpin Folc … rien que du beau linge du folk canal historique que vous ne connaissez peut être pas. Il y en a quand même un que vous verrez dans le film et qu’il vous faut absolument connaitre, c’est Marc Perrone, voici sa Suite Irlandaise.

19 octobre 2015

Et le samedi 24, le groupe Forro Pifado jouera à l’Amanita (une cave toute proche du Château d’Eau elle aussi).

Seulement, le samedi 24, il y aura une Noche Cumbia à la Maison Blanche. Ecoutez donc ce morceau de Anibal Velasquez  Que Me Toquen una Cumbia El corazon me palpito.

Comment choisir entre forro et cumbia  ? Le Forro fait avec l’accordéon chromatique et la Cumbia avec l’accordéon diatonique, si ça peut vous aider.

5 octobre 2015

Enfin, vous pourrez voir Jean Pierre Tailhade et Didier Dulieux dans leur nouveau spectacle “ Mais si, tu sais bien “, du 6 au 17 octobre, à la Cave Poésie. Ma première lettre du 13 octobre 2014 leur était consacrée.

21 septembre 2015

La Maison Blanche est l’autre café associatif du quartier Arnaud Bernard, et celui-là se positionne sur un créneau “Musique du monde”, avec une programmation également très riche. Vous y trouverez jusqu’au 30 septembre une exposition de peintures de Junie Briffaz. Et j’apprends par un de mes informateurs qu’une rencontre d’accordéons aura lieu le 17 décembre, dans la continuité de l’accordéonistade qui avait eu lieu le jour de la fête de la musique. Mon envoyé spécial m’en avait alors dit monts et merveilles.

14 septembre 2015

Mediterraneo, le festival de musique de Portet, en bord de Garonne et toujours très sympa, aura lieu du 18 au 20 septembre. Lionel Suarez, accordéoniste champion, sera le parrain de cette édition et jouera le vendredi avec Origines Contrôlées (ceux de Zebda).

A propos d’accordéon, le festival Nuits de Nacre aura lieu à Tulle du 17 au 20 septembre. Tulle est la patrie des accordéons Maugein. Vous saviez que Laurent Koscielny le joueur de foot défenseur central d’Arsenal a volé financièrement au secours de cette manufacture corrézienne en grand péril ? Avec un nom pareil, on l’aurait plutôt vu boire son argent. Au programme cette année, Marcel Azzola en hommage à Gus Viseur. Le grand Marcel chauffe encore ! C’est lui probablement qui m’a inoculé le virus de l’accordéon il y a une cinquantaine d’années quand il est venu animer le bal jusque dans mon village natal. A cette époque un riche mécène payait pour le village des fêtes grandioses. J’aime les riches quand ils dépensent intelligemment leur argent pour l’accordéon. Moi-même, je ne manque jamais de donner une pièce aux accordéonistes de rue.

7 septembre 2015

Vous savez que j’aime beaucoup l’accordéon, qui est le piano du pauvre. Et j’aime aussi l’accordéon du riche, qui est donc le piano. Le festival Piano aux Jacobins aura lieu du 8 au 30 septembre. 

2 juin 2015

Dimanche, un hommage à Claude Nougaro avec les accordéonistes Lionel SuarezRené LacailleRégis Gizavo et Etienne Granjean, du très beau linge de l’accordéon

25 mai 2015

Le jeudi 28, le groupe La Pifada propose un bal forro occitan au café La Maison Blanche. Dans cette même famille Forro, le groupe Forro Pifado jouera le 29 au lieu associatif Amanita Muscaria, rue Viguerie, en face du Château d’Eau et le lendemain 30 Mai à la MJC Empalot. Forro Pifado vient de sortir un nouveau disque, Forro de Printemps, en voici une présentation dans le blog de l’Autre bistrot des accordéons, dont je tire cette vidéo d’un concert à la Dynamo.

11 mai 2015

Si quand même, j’y vois Thierry Roques, un des très bons accordéonistes de la région, le fils d’André Roques de Cahors qui jouait de l’accordéon dans un orchestre de bal. Il faut vous dire que j’ai grandi avec l’accordéon musette, avant que la musique traditionnelle ne rébiscole. Le musette, c’est ma tradition à moi, et on ne s’en remet jamais. Rien à voir avec Trad’ Envie, mais je ne résiste pas au plaisir pervers de vous mettre une vidéo de Roques le père, ça s’appelle Los Burianos . On y voit des couples qui dansent le paso doble à Barraqueville au son d’un accordéon Maugein fabriqué à Tulle. 

6 avril 2015

Nous avons le plaisir d’assister à la naissance du festival “Printemps du Forro”, le premier festival de forró em Toulouse ! Le nouveau-né sera présenté au public du 10 au 12 avril, à la MJC du Pont des Demoiselles. Le forró, quezaco ? Le forró désigne un ensemble de musiques originaires du sertao, cette zone du Nordeste brésilien au climat semi-aride et aux traditions très riches. Cette musique trouve, paraît-il, quelques racines lointaines chez les troubadours occitans et influence en retour nos toulousains des Trobadors et des Bombes de Bal qui adorent le forró. Le forró est joué à la base par un trio de tambourin, accordéon et triangle, vous savez, ce petit machin métallique qui donne une pulsation d’enfer. Le forró pourrait bien devenir à la mode un de ces jours, aussi je vous donne un maximum d’informations pour que vous puissiez continuer à faire bonne figure chez les branchés :

  • Une photo de joueurs de forró issue de ma collection de figurines à accordéons.

  • La chanson “Asa Branca” de Luiz Gonzaga qui date de 1947 et qui est considérée comme l’hymne du Nordeste par les danseurs de forró. Dédicacée à celle qui connait la chanson par cœur et qui se reconnaitra.
  • Une captation éclair pendant un apéro-concert de Ciné Latino du groupe Forro Pifado. Ce groupe est programmé pour le samedi 11.
  • Et le livre de David Rassent, dont je vous ai déjà parlé, si vous voulez en savoir plus sur la Musique Populaire Brésilienne.
  • Et puis une excellente compile sur You Tube, cette musique vous mettra de bonne humeur.

9 mars 2015

La Salle Bleue + le groupe Pulcinella + le professeur de funk Ferdinand Doumerc + l’accordéoniste gaillacois Floriant Demonsant, ça fait quatre bonnes raisons d’y aller.

2 mars 2015

Le duo Montanaro-Cavez qui sera au Bijou les mardi 10 et mercredi 11 mars. Ce Montanaro là m’a tout l’air d’être le fils de Miqueu Montanaro, le spécialiste de la musique traditionnelle provençale qui joue du galoubet-tambourin. Miqueu ne s’est pas cantonné à la musique provençale, il a fait plein d’autres choses diverses et intéressantes. Le fils de Miqueu, plus une accordéoniste, ça doit être bien.

23 février 2015

André Minvielle, en voilà un qui mériterait d’être élu toulousain de l’année. L’énergumène est dans mon panthéon depuis longtemps. Je lui ai serré la main dans le métro récemment en lui disant que j’étais fan. Il était tout content et moi aussi. Quel est le rapport avec ce qui précède ? Il se trouve que André Minvielle fait lui aussi partie des adorateurs de Boby. Et il sera en concert le lundi 4 mai à Odyssud pour un spectacle qui s’appelle “La fête à Boby”. Pour une fois, je vous avertis assez tôt pour que vous puissiez réserver. Et voici “De dame et d’homme”, une chanson de lui sur une musique de Marc Perrone, avec Lionel Suarez à l’accordéon. S’il y avait une justice, la chanson aurait fait un malheur. Mais les malheurs, il y en a bien assez comme ça en ce moment.

Les 26 et 27 février encore, Grégory Daltin trio à la salle bleue de l’Espace Croix Baragnon. Accordéon et salle bleue, deux bonnes raisons d’y aller.

16 janvier 2015

Enfin, le blog « l’autre bistrot de l’accordéon » nous signale que Richard Galliano va sortir un album en duo avec Sylvain Luc, intitulé « La vie en rose » .

9 décembre 2014

Vendredi 12 décembre, 20h30, au Centre Desbals, une histoire de famille à la campagne, du théâtre qui raconte quelques épisodes grotesques et décalés de la vie d’une famille nombreuse, ponctués de tubes inoubliables de la chanson française, avec Jean Luc Amestoy à l’accordéon,  ça se tente mais ce n’est peut-être pas aussi bien que ça en a l’air ?

25 novembre 2014

Le vendredi 28 novembre, à 12h30, le duo Demonsant/Doumerc,  respectivement accordéon et saxo du groupe Pulcinella entre autres, passe à la Bibliothèque de la rue du Périgord.

17 octobre 2014

Sinon, je vais mardi soir voir Parisien/Peirani, vendredi Daniel Mille et samedi René Lacaille. Je vais écouter surtout de l’accordéon, c’est de mon âge, et à 18h30 dans la cour du conseil général, parce que je n’aime pas me coucher tard.

13 octobre 2014

Lettres à nos hommes qui sont là-bas
Création Jean-Pierre Tailhade et Didier Dulieux. Mise en scène de Michel Mathieu. Musique Didier Dulieux, accordéon.

3 septembre 2018

C’est Hervé Bordier qui a eu cette drôle d’idée, de consacrer une saison entière au musicien Moondog. The Story of Moondog nous sera proposée du 8 septembre au 29 juin. Moondog qui ça ? Connu de seulement quelques curieux, comme par exemple les lecteurs de Rock & Folk de la grande époque, il a fait parler de lui avec un disque au début des années 70. On y trouve Bird’s Lament, un titre en hommage à Charlie Parker, le seul morceau qui a réussi à s’échapper des sous-sols de l’underground. 

Moondog - Disque 980 x 945

Moondog,  de son vrai nom Louis Thomas Hardin, est un musicien US né en 1916 et mort le 8 septembre 1999. Il a acquis un statut de musicien culte, tant est longue la liste de ses singularités, à commencer par son accoutrement de Viking. Moondog est souvent qualifié de « Clochard Céleste », autrement dit un allumé sans le sou, ou bien un dingue sans le pognon de dingue.

Moondog - 6th avenue

 Je vous donne quelques références pour en savoir un peu plus, au-delà du folklore superficiel. Le musicologue Daniel Caux nous parlait de sa musique à l’occasion de sa mort en 1999 : musique originale, colorée et pleine de fraicheur / courtes pièces qui comme les haïkus surprennent dans leur simplicité, par la force immédiate de leur charme / il fusionne univers imaginaire avec existence quotidienne / diversité d’inspiration / fait mouche à tous les coups / Moondog se considère comme un néo-classique. Plus récemment, l’excellent Mathieu Conquet lui a consacré une émission sur France Culture, dans laquelle il a invité Amaury Cornut, qui est l’architecte de cette saison Moondog à Toulouse. Et aussi une émission sur Arte.TV dans lequel il déchiffre la mélodie de Bird’s Lament. Et je vous renvoie enfin au site du spécialiste Amaury Cornut. Que l’on pourra rencontrer le samedi 8 septembre à 17h à la librairie Ombres Blanches. Sans trop forcer, vous voilà maintenant expert de niveau mondial en Moondog.

Le programme de la saison est impressionnant par sa richesse. Peut-être même un peu disproportionné, pour ceux qui doutent de la véritable importance du bonhomme. Mais faisons une nouvelle fois confiance à Hervé Bordier. La saison sera ouverte le samedi 8 septembre à St Pierre des Cuisines, avec Nicolas Horvath dans le cadre du festival Piano aux Jacobins, où Moondog s’y trouvera, selon ses mots, comme une petite grenouille dans la grande mare de la musique classique. L’hommage se poursuivra tout au long de l’année dans différents lieux, différents festivals, avec des noms comme Jean François Zygel, David Hauchedry, Katia Labèque … La saison sera clôturée le 29 juin par un concert de l’Orchestre National du Capitole, avec au programme de larges extraits du disque dont je vous parlais plus haut. Voici par exemple Stamping Ground, le morceau que nous a passé Hervé Bordier à l’occasion d’une rencontre en octobre 17.

Le festival Piano aux Jacobins aura lieu du 5 au 29 septembre. Des interprètes au CV long comme le bras pour une vingtaine de compositeurs classiques, un peu toujours les mêmes. Chopin arrive cette année en première position avec 7 apparitions. Debussy est bien placé, centième anniversaire oblige. Et curieusement, pas de Schubert cette année, ce qui est rarissime. Il serait intéressant de faire des vraies statistiques. Je pourrais les demander à l’INSEE, où j’ai des relations bien placées. Mais ils sont déjà occupés à prouver que je peux être vu comme un Français moyen, ce qui apparemment leur demande beaucoup de travail.

Cette lettre va maintenant s’interrompre pour une durée indéterminée. Que la vie reste néanmoins aussi rose que possible pour vous tous !

 

27 août 2018

Un séjour estival au pays du malbec et des cabécous m’a remis les idées en place. Me voici donc de retour dans un paysage culturel compliqué avec des idées claires. Disons même des idées lumineuses, pas de fausse modestie entre nous. Je comprends enfin et sur le tard que la vie est faite pour qu’on s’amuse. Donnons donc la priorité aux manifestations rigolotes et colorées. Il ne vous reste plus que quelques jours pour aller voir l’exposition Le MIAM en Vacances que le Centre d’Art Nomade (ex Croix-Baragnon) a invité dans Le Lieu Commun (Faubourg Bonnefoy) et à La Grainerie (Métro Balma). L’exposition est visible jusqu’au 2 septembre, du mercredi au dimanche inclus, de 14h à 19h30, entrée libre.

Le MIAM, Musée International des Arts Modestes, a été fondé à Sète en 2000 par les artistes Hervé Di Rosa et Bernard Belluc. Et il se trouve qu’en matière de modestie, je suis moi-même imbattable, comme disait Sacha Guitry. Hervé Di Rosa est relativement bien connu depuis le début des années 80 comme artiste peintre dans le genre Figuration Libre. Ses œuvres sont immédiatement reconnaissables avec leurs personnages caractéristiques de bande dessinée. Justement très colorées et rigolotes, elles rencontrent beaucoup de succès auprès du grand public comme moi. Voici par exemple une affiche qui orne les murs de mon séjour.

Di Rosa - Ils arrivent tous par air, terre, mer - 1983

Saviez-vous que Hervé Di Rosa a réalisé les sculptures de la station de métro Fontaine Lestang ? On pouvait y faire jouer les enfants, elles ont été malheureusement enlevées pour une raison inconnue mais que j’espère provisoire.

Le MIAM est spécialisé dans la création marginale et périphérique, favorisant la circulation entre les cultures savantes et populaires. L’Art Modeste est comme un empire qui regroupe de très nombreuses nations, comme l’art forain, les comics, les pochettes de disques, les châteaux de sable, les T-shirts … et l’art des collections, un immense territoire à lui tout seul que l’on pourrait également subdiviser presque à l’infini. Avec le MIAM, Hervé Di Rosa a élargi le périmètre de ce qu’on peut appeler une œuvre d’art. On peut en effet mettre beaucoup de choses dans l’Art Modeste. A ce train-là, tout et n’importe quoi va pouvoir être considéré comme de l’art, même un urinoir.

Le Lieu-Commun nous montre un choix d’œuvres autour du cinéma, dont l’essentiel est constitué par des affiches ghanéennes. Ces affiches sont directement peintes sur toile dans un style qu’on pourrait qualifier de naïf. Elles sont faites pour séduire les amateurs de films d’action et ne lésinent pas sur les effets les plus expressionnistes.

En entrant à La Grainerie, on trouve d’abord trois caravanes, chacune consacrée à une thématique particulière. Ces caravanes sont remplies du sol au plafond par des objets sans prétention, modestes si on veut mais dont l’accumulation donne le vertige. On s’y trouve immergé dans un fouillis de figurines, qui représentent des familles de monstres, des défilés de dinosaures, des guerriers intergalactiques avec leurs engins volants … Un paradis des jouets, dans une ambiance Toy Story un peu déjanté.

La grande salle est consacrée aux arts populaires mexicains. On remarque en entrant une barque de squelettes occupés à ramener de leurs filets une pêche miraculeuse. On verra dans cette salle un mélange hétéroclite où se côtoient Sainte Vierge, sculptures monstrueuses, arbres de vie et objets de culte de la mythologie mexicaine.

MIAM 7

Il vous reste un peu plus de temps pour visiter l’exposition Même pas Peur : Vanités d’hier et d’aujourd’hui consacrée à la Collection de la baronne Henri de Rothschild (morte en 1926) et visible à la Fondation Bemberg jusqu’au 30 septembre (voir les articles de Michel Grialou et de Alice Lambert). Il est peut-être audacieux de rapprocher la collection de la baronne de Rothschild du registre de l’art modeste. Et pourtant, elle en a une double qualité. La baronne est d’abord une collectionneuse un peu allumée d’objets bizarres, elle entre donc parfaitement dans les critères … Et en plus elle collectionne des Vanités, des représentations de têtes de mort pour le dire plus simplement. Dans le domaine de l’art, la Vanité est une représentation allégorique du passage du temps, une œuvre qui nous rappelle que nous sommes tous mortels, un principe de figuration qui invite l’homme à la méditation sur sa propre finitude, résumé par la phrase latine Memento Mori : Souviens-toi que tu vas mourir. Il y a une forme de modestie à reconnaître que nous sommes tous mortels. D’ailleurs, je suis personnellement loin d’être favorable à la vie éternelle.

Bemberg 1

En plus de la collection de la baronne, l’exposition nous montre également des œuvres anciennes et modernes sur ce thème des Vanités, en les disséminant parmi les œuvres de la collection permanente.

Alberola

Alberola

Le bienfait des vacances aura finalement été éphémère. Comme souvent, on rentre gonflé à bloc, et il ne faut pas bien longtemps pour se retrouver à méditer sur une tête de mort nihiliste.

25 juin 2018

Ils mériteraient bien un carton jaune ! Le Marathon des Mots tombe cette année en plein mondial de foot et en plus, il met la langue portugaise en avant. Alors que nos principaux concurrents seront peut être le Portugal et le Brésil. C’est à croire que les vieilles dames cultivées qui lisent des livres, et qui forment une bonne partie du public du Marathon, ne mettent jamais les pieds dans un stade de foot.

Nicolas de Stael - Les footballeurs - 1952

Nicolas de Stael – Footballeurs – 1952

Le Marathon des Mots aura donc lieu cette année du 28 juin au 1° juillet. Vous en connaissez le principe : 4 jours d’un  large éventail de rencontres et de lectures, le plus souvent gratuites et d’une courte durée, disséminées dans différents lieux de la ville et de la périphérie. La manifestation rencontre un grand succès, avec l’inconvénient de devoir rester dehors quand c’est complet. On est alors obligé d’aller voir ailleurs quelque chose que l’on n’avait pas prévu … avec le risque de faire une découverte sensationnelle. C’est comme ça qu’un jour je me suis retrouvé à aller écouter le grand Aharon Appelfeld dont je n’avais jamais entendu parler.

Que vous conseiller dans le programme ? Chacun a ses goûts et il n’y a pas de hiérarchie. On peut préférer assister à une lecture ou à une rencontre, on peut privilégier le choix d’un comédien lecteur ou celui d’un auteur … N’oubliez pas que c’est un marathon et qu’il vaut mieux ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre et se ménager des moments de pause. J’ai personnellement réservé pour la lecture de Denis Lavant (on a pu le voir cet hiver à la Cave Poésie, il déménage …). J’ai réservé aussi pour la rencontre avec les quatre Prix Goncourt de la maison d’édition Actes Sud : Mathias Enard, Laurent Gaudé, Jérôme Ferrari et Eric Vuillard. J’ai préparé le Marathon en lisant un livre de chacun d’entre eux, je ne plaisante pas avec la littérature.

Je signale également que le chanteur canadien Pierre Lapointe sera le 29 juin au Sorano. Un peu cher (26 euros), dommage …

Le festival d’accordéon Les Nuits de Nacre aura lieu à Tulle du 29 juin au 1° juillet. Dans son joli programme, on trouve cette année deux légendes de l’aristocratie de l’accordéon : Marcel Azzola d’abord, qui sera invité le 29 juin par Sébastien Frage Quartet. Et Marc Perrone ensuite, qui sera présent le 30 Juin. Voici son morceau Quai des Vertus, extrait de son dernier disque Babel Gomme.

Marc Perrone

Je vous renvoie à ma lettre de septembre 2015 et à celle de octobre 2017 pour en savoir un peu plus sur les Nuits de Nacre, Marcel AzzolaMarc Perrone, … et sur Laurent Koscielny, joueur de foot et bienfaiteur des accordéons. Avec une pensée pour lui, qui est malheureusement privé du Mondial de foot pour cause de blessure.

Ce marathon termine maintenant pour moi la saison culturelle. Je vous donne normalement rendez-vous à la rentrée pour de nouvelles aventures spectaculaires.

18 juin 2018

On a bien vu que les Marcheurs se sont multipliés depuis quelques temps. Ces Marcheurs là ne sont pas tous des vrais marcheurs à pieds, et encore moins des pèlerins du chemin de Saint Jacques de Compostelle. « Immortelle randonnée » est le titre d’un livre de Jean Christophe Rufin paru en 2013. Médecin, écrivain et diplomate, Jean Christophe Rufin a été, entre autres, à l’origine de Médecins Sans Frontières, auteur du roman « Rouge Brésil », prix Goncourt en 2001, ambassadeur au Sénégal et finalement élu à l’académie française en 2008. A ne pas confondre avec François Ruffin, qui lui n’est pas spécialement connu pour être un ami des Marcheurs. Sous titré « Compostelle malgré moi », son livre nous raconte l’expérience qu’il a vécue  pendant plusieurs semaines en marchant sac à dos, comme un pèlerin lambda, sur les chemins de Saint Jacques. Il s’y décrit comme un académicien clochardisé. Un genre de pur esprit qui a eu mal aux pieds. Il évoque également une forme d’expérience bouddhiste en nous disant « je ne cherchais rien et je l’ai trouvé ».

Canard Enchainé - Aurel

Canard Enchainé – Aurel

A l’occasion du 20° anniversaire du classement par l’UNESCO des « Les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France » sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité, le couvent des Jacobins nous propose l’exposition Chemins de Compostelle, visible jusqu’au 2 septembre. Présentée comme immersive, ludique et pédagogique, cette exposition nous invite à nous mettre dans la peau d’un pèlerin du Moyen Age et à faire l’expérience du chemin. Je trouve que cette exposition ne tient malheureusement pas toutes ses promesses et j’en suis ressorti un peu déçu. Alors que j’étais censé être motivé par la dévotion, je suis tombé sur des reliques de pacotille. Allez-y quand même sans crainte, vous ne risquerez pas d’y attraper la foi.

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On y apprend que les riches de l’époque pouvaient faire un pèlerinage par procuration, en payant quelqu’un pour marcher à leur place. Je savais déjà que les riches d’autrefois pouvaient échapper au service militaire en se faisant remplacer par un pauvre bougre. Je savais que certains riches ont de nos jours encore une tendance à s’affranchir des obligations communes. Mais je ne savais pas qu’il y avait moyen de moyenner avec le Bon Dieu. Sinon, à part ça, je n’aurais personnellement rien contre le fait d’être riche.

Encore sur le thème de la marche et du chemin de Saint Jacques, vous pourrez rencontrer Jean Christophe Rufin  le mercredi 20 juin à 14 h invité des Journées Marcher pour Guérir, qui se tiendront les 19 et 20 juin à l’Hôtel Dieu Saint-Jacques. Ce même 20 juin, à 18h,  on le retrouvera dans la librairie Ombres Blanches pour présenter son dernier roman « Le suspendu de Conakry ». Vous ne pourrez de toutes façons pas échapper à Jean Christophe Rufin, puisqu’il sera également à l’honneur du prochain Marathon des Mots, avec en particulier quatre séances de lecture de son roman « Rouge Brésil ».

Je vous signale pour terminer qu’il est possible de se procurer une très belle affiche sérigraphiée dessinée par Pipocolor et intitulée « Les chemins de Compostelle ». Elle fait partie de la série d’affiches FabuLOT ! éditée par les gens de l’Imprimerie Trace, installée à Concots dans le Lot, qui font un superbe travail d’éditeur indépendant. On peut les commander sur leur site. 

Les chemins de Compostelle - Pipocolor

La prochaine Accordéonistade se déroulera le 20 juin 2018 dans un nouveau lieu : L’Itinéraire bis, situé au 22 rue de Périole, derrière la gare, à côté de la médiathèque. Je ne connais pas encore cet endroit qui se présente comme un café culturel et politique. Le lendemain jeudi, Fête de la Musique : beaucoup de concerts organisés par des bars pour vendre de la bière, mais pas que … A vous de voir.

ARTO, ceux du festival de Ramonville, programment deux spectacles le samedi 23 juin au Parc de Labège-Village, tout public, accès libre :

    • Libertivore, Solo de danse aérienne à 17h30
    • H.M.G, Géométrie circassienne à 18h30

On sentait bien que le Street Art avait fini par avoir pignon sur rue, si on peut dire, en s’éloignant de leurs cousins du Graffiti, qui ont gardé un parfum de vandalisme. Consécration suprême, le Street Art se met maintenant au service du commerce. Organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie, le festival #31Street  a pour mission de valoriser l’art urbain, tout en incitant le public à ré-investir les commerces du cœur de ville. L’évènement  se déroulera pendant 31 jours, du 15 juin au 15 juillet, avec des graffs exposés dans 31 lieux, commerces ou lieux publics. Des plans seront mis à la disposition des curieux qui pourront déambuler dans la ville à la découverte des 31 œuvres exposées. Peut être même que le Bon Dieu le leur comptera comme une forme de pèlerinage.

 

11 juin 2018


Le festival Rio Loco a la bonne idée de mettre la rumba à l’honneur. La rumba est une inconnue célèbre, tout le monde en a entendu parler mais presque personne ne sait vraiment ce que c’est. On pense d’abord à la rumba cubaine, qu’on ne distingue pas toujours de la salsa, dans cette diversité étourdissante des musiques afro-cubaines. Dans son titre « Rumba la Reina »,  Celia Cruz nous en fait la liste : Buena es la salsa, el merengue, la bomba, pero… El tamborito, la cumbia, el candombe, pero…  Ay, baila la rumba, rumba, rumbero, la rumba … El son jarocho, el bossa nova, el joropo, pero… Eh, la conga, la samba, la polka, pero … La rumba es la reina. Azúcar!

Après nous avoir convaincu que la rumba est la reine de toutes les musiques, Celia Cruz en rajoute une couche pour préciser que de toutes les rumbas, c’est la rumba de la Havane qu’elle préfère. Ecoutez « Dulce Habanera » avec Willie Colon au trombone. Nous n’alliez quand même pas continuer à lire sans avoir cliqué sur le lien ?

Celia Cruz - Recordando el Ayer

Compréhensif avec les accros de la rumba cubaine, le programme de Rio Loco nous en sert une dose quasi-quotidienne. Jeudi avec The Pedrito Martinez Group et son cocktail surpuissant de blues, rumba, flamenco et timba, Samedi avec le collectif The Afro Cuban All Stars et dimanche avec le tromboniste Fidel Fourneyron et son projet ¿Que Vola?, une transe de jazz improvisé sur les rythmiques afro-cubaines de trois percussionnistes hors-norme. Fidel Fourneyron est un de ces jeunes musiciens de jazz qui font feu de tout bois. Il vient de sortir « Animal », un disque récemment chroniqué dans Télérama, dans lequel son trio nous donne une vision d’un moderne carnaval des animaux. On a également vu Fidel Fourneyron il y a quelques mois éblouir trois pelés et deux barbus avec le groupe Un Poco Loco à l’Aminata.

Malgré toute la dévotion qu’on peut avoir pour Celia Cruz, on doit quand même lui reprocher de passer sous silence la rumba congolaise. Et pourtant … peut être moins connue que la rumba cubaine, cette musique des indépendances et du bonheur insouciant des années 60 a dominé la musique africaine dans son âge d’or. Avec pour les plus connus, Franco et son Tout Puissant OK Jazz, dont les paroles audacieuses comme « La femme que j’ai épousée avec mon argent ose me demander où j’ai passé la nuit » ne l’ont pas empêché d’être qualifié de Balzac de la rumba. Voici son « Mario » de 1985. Et aussi Le Seigneur Tabu Ley Rochereau, le père du rappeur Yossoupha. Le Seigneur avec le Tout Puissant ont réalisé un disque en duo, dont je vous extrais cette « Suite, lettre n°1 ».

La rumba congolaise sera représentée le jeudi, d’abord par les vétérans de Bakolo Music International et ensuite par Baloji, la nouvelle coqueluche belge d’origine congolaise. Dimanche à 14h, les amateurs devront se lever de bonne heure pour ne pas rater l’Orchestre Les Mangelepa, groupe pionnier, fondé il y a 41 ans par des congolais exilés au Kenya, et gardien de la rumba congolaise des années 70.

Comme je ne veux pas avoir des embrouilles avec les Gitans, je n’oublie pas la rumba catalane, que je ne connais pas au delà des Gypsy Kings.

Affiche Rio Loco

La programmation du Rio Loco ne se limite pas à la seule  thématique rumba. Elle s’élargit dans ce qu’ils appellent un grand mix musical planétaire. On trouvera sur le site de FIP, la radio partenaire, une présentation exhaustive du programme.

Parmi les grands noms, on relève Ebo Taylor, né en 1936 au Ghana, dans le programme de vendredi. Sa musique, un trait d’union entre le higlife d’Accra et l’afrobeat de Lagos, a connu un âge d’or dans les années 70. Disparu des écrans radars pendant 30 ans, Ebo Taylor a fait son retour à 75 ans en 2010. Il est d’ailleurs passé à à Toulouse en 2013 mais je l’avais raté. On ne peut plus maintenant se permettre de rater trop souvent cette légende  vivante. Voici son « Love & Death ».

On relève également Johnny Osbourne, the Godfather of Dancehall, à presque un demi-siècle de carrière, qui passe le jeudi. On lui doit le riddim d’intro de la chanson « Le Bilan » des Neg’Marrons. Ce n’est pas rien …

Et en final du dimanche, la chanteuse malienne Oumou Sangaré. La reine ambassadrice du Wassoulou depuis 30 ans et maintenant femme d’affaires. Voici « Minata Waraba » extrait de son dernier album où on retrouve les ambiances que j’imagine être celles du désert. Avec une pensée pour son compatriote Kassé Mady Diabaté qui nous a quitté il y a un mois. J’ai un merveilleux souvenir de son concert en 2016 dans la salle Nougaro.

Oumou Sangaré - Mogoya

Rio Loco fait pas que programmer des noms connus. La grande qualité de ce festival est de nous faire découvrir des artistes en dehors des circuits du bizness mondialisé, de ceux qui nous laissent souvent sous le choc émotionnel de ce qu’on n’a jamais entendu ailleurs. Merci monsieur Hervé Bordier !

Difficile d’exister à côté de Rio Loco. Il faut aller dans le Tarn et Garonne, à Moissac, où le Festival des voix, des lieux et des mondes nous offre une très belle affiche. Dont un concert des Ogres de Barback avec le Bal Brotto Lopez, le 16 juin, dans le village de La Française. Un de mes collègues bloggeur prétend que Brotto est ce que le Lot a produit de meilleur depuis les cabécous. A vérifier sur place … Dont la chanteuse Camille le 25 juin. Camille vaut le déplacement.

Un peu de culture scientifique ne peut pas faire de mal pour finir. La finale nationale « Ma thèse en 180 secondes » aura lieu le 13 juin au TNT, organisée par le CNRS. On trouvera sur scène 16 doctorant.e.s de toute la France, qui s’efforceront de faire comprendre des années de recherche en 3 mn, en conjuguant les 3 C : contenu, clarté, charisme. Ce principe me rappelle un peu ces fameuses méthodes de lecture rapide qui ont permis à Woody Allen de lire « Guerre et Paix » en 20 mn. Il en a retenu que ça se passe en Russie.

Encore le CNRS au TNT, qui organise les 15 et 16 juin un forum sur le thème « Que reste-t-il à découvrir ? ». Une centaine de chercheurs viendront partager leurs découvertes et débattre autour des défis majeurs de la connaissance. Peut être une occasion pour inclure enfin dans le débat tout ce qui existe mais que les scientifiques officiels disent que ça n’existe pas parce qu’ils sont incapables de l’expliquer. Par exemple Numérologie, Cartomancie, Astrologie, Sourcier, Tables tournantes et autres Immaculée Conception … la liste est longue, ce ne sont pas les mystères qui manquent.