19 juin 2017

L’épreuve reine des jeux olympiques, la dernière programmée après toutes les autres, c’est le marathon. On peut presque en dire autant du Marathon des Mots qui se déroulera cette année du vendredi 23 au dimanche 25 juin et nous promènera entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Encore les Caraïbes, diront certains de mes lecteurs, bien obligés d’y passer régulièrement du temps à surveiller leurs affaires fiscales.

A ce Mundo Latino, le Marathon superpose de multiples thématiques complémentaires, comme La France de Profil, le Cycles de Correspondances aux Carmélites, les Conversations Méditerranéennes, … et pour cette année, une thématique Nouveau Uppercut consacrée à la boxe. Des boxeurs au Marathon des Mots ? Ils devraient trouver à qui parler.

Marathon des mots 2017

Vous connaissez la formule du Marathon. On déambule dans la ville en allant d’une rencontre à une lecture, entre auteurs et comédiens … Je ne me risquerai pas à vous indiquer mes préférences, chacun a les siennes, et les passionnés ont déjà programmé leur parcours et ils ont réservé. Je ne peux que vous conseiller de faire pareil.

Programmé en dehors du cadre du Marathon, le dessinateur Terreur Graphique sera présent le 24 juin à 17h à la librairie Ombres Blanches pour la dédicace de son dernier album « Ces gens là ». En admirateur assumé de Brétécher, Terreur Graphique fait ce qu’il appelle de la BD société. Avec son dessin qui se tortille, il nous montre des gens qui discutent, attentif au choix des mots qui marquent notre époque.

Terreur Graphique - Ces gens là

Il peut s’en trouver parmi vous qui ne se sentiront pas à l’aise dans le public du Marathon, peut être intimidés par la rencontre de quelques enseignantes retraitées. Ceux là pourront changer radicalement d’ambiance avec la Fête Nationale du Mojito qui se déroulera pour la première fois à Toulouse les 24 & 25 juin. Quel honneur pour notre ville ! Soyez-en digne en montrant que vous savez boire comme des trous avec modération.

Vous trouverez dans cette semaine encore pas mal de propositions de spectacles de rue. Avec la suite du programme ARTO :

– le 25 juin à 17h à Labège, les « Chansons à risques », un récital clownesque du Duo Bonito.

– le 28 juin à 19h, du théâtre de rue aux Mazades, « J’écris comme on se venge ».

Avec « Les Forains », un spectacle de la compagnie Le Périscope, les 23 et 24 juin à 21h à l’Usine de Tournefeuille. Venez découvrir le texte de Stephan Wojtowicz dans lequel il dresse le portrait de cinq personnages haut en couleurs : Eddie et ses colères maîtrisées, Jacky et sa gouaille attachante, Nono et son bon sens pratique… Vous accueillerez avec eux Hélène et Olivier, deux égarés de la vie quasi tombés du nid, qui ne sont pas au bout de leurs surprises en arrivant dans ce campement …

Les Forains - Cie Le Périscope (1024x778)

Avec le Festival des arts du cirque de Cugnaux sur la journée du samedi 24 juin. Pour cette septième édition, découvrez des spectacles pour toute la famille, programmés en continue sur la journée et une soirée festive, faisant la part belle à des artistes et compagnies d’envergure nationale.

Comme chaque année, le collectif Vertige propose, du 24 juin au 1° octobre, une exposition photographique en plein air au Camping Namasté de Puysségur. Intitulée [EtranGisme], composée de soixante images, je n’ai pas encore vu cette exposition, mais j’ai vu les expositions précédentes de ce collectif, toujours intéressantes. Escapade bucolique, exposition étrangiste dans les bois, et nuit sous la tente … voilà une occasion de sortir de l’ordinaire.

EtranGisme (731x1024)

Vous trouverez une brochette de stars sur la Place du Capitole pour la fête de la Musique le 21 juin. Que vous ne risquez donc pas de croiser à la fête de la musique de Beauregard dans le Lot. Et ni bien sûr à la traditionnelle Accordéonistade, qui se tiendra à la Maison Blanche le 23 juin.

Le samedi 24 juin à 21h, on retrouvera Magic Malick et la Fanfare XP (fusion jazz groove) au Taquin pour 10 €.

Les Siestes Electroniques auront lieu du 29 juin au 2 juillet. Je ne connais pas l’origine de cette appellation mais je suppose que les siestes électroniques, comme la cigarette électronique, sont moins nocives que les siestes ordinaires. Manifestation de niche et de cœur, qui a su se forger une place singulière dans le paysage festivalier français, les siestes continuent de se développer patiemment en suivant une ligne éditoriale ardue mais ô combien salutaire : exigence et convivialité, prétention et simplicité y font notamment bon ménage. Le programme musical, jusque là purement électro, s’ouvre cette année au rap, house, coldwave, pop & rock. Pour ceux qui ne capteraient pas le sens de tous ces genres musicaux, je vous passe un dessin qui vous aidera à vous situer.

Dédiabolisation - Libé 6 mai 17

J’aurai écrit une quarantaine de lettres cette saison. Cette lettre sera comme le dernier kilomètre de mon marathon. On se retrouvera normalement début septembre. Passez un bel été en attendant

12 juin 2017

Les jours de Rio Loco, on ne va pas ailleurs. Cette semaine, il n’y en a donc que pour Rio Loco. Rio Loco nous amène du 15 au 18 juin dans les îles de l’Océan Indien. Voilà qui va rappeler de bons souvenirs à ceux de mes lecteurs fortunés qui passent toutes leurs vacances d’hiver dans ces exotismes de cocotiers que sont l’archipel des Comores avec Mayotte, Les Mascareignes avec la Réunion, Maurice et Rodrigues, Madagascar, les Seychelles et Zanzibar.

Affiche Rio Loco 2017

Vous n’allez peut être à Rio Loco que pour la musique. On peut y aller aussi pour bien manger, sauf l’an passé où la cuisine était celte. Cette année, j’attends avec gourmandise les rougail saucisse, cary de poulet, bonbon piment, massala et combava de cette riche cuisine réunionnaise. Voici pour patienter Kizin’ Man, une recette d’on ne sait quoi chantée par René Lacaille.

Et pour ce qui est de la musique, alors ? Voici une sélection arbitraire dans un programme plein de trésors, plus ou moins bien connus.

Dès le début du premier jour, le jeudi 15 à 20h, ne ratez pas le Malgache Damily et son rythme Tsapiky. Transes et ululements, notes criardes et répétitives, amplis rafistolés et guitares déglinguées, voix suraigües et déhanchements des danseuses à vous faire tourner de l’œil … Le Tsapiky envoûte, ensorcelle, fait tomber et aide à se relever. Je l’ai écouté sur disque, ça promet.

Suivi à 21 h de Daniel Waro qu’on ne présente plus et plus tard de Lindigo. Ceux là portent haut le flambeau du maloya qui est, avec le séga, l’un des deux genres musicaux majeurs de la Réunion. Ecoutez Rest Là Maloya, la chanson de Alain Peters, ce poète chanteur réunionnais aujourd’hui disparu. Michel Kemper vient de faire un livre sur lui. La chanson a été reprise par à peu près tout le monde, et même par Bernard Lavilliers. Voici la version de Sages comme des Sauvages, ce drôle de duo qui nous a fait un beau concert justement consacré à Alain Peters, il y a deux semaines à la médiathèque Cabanis. Et pour faire bonne mesure, je rajoute l’instrumental de René Lacaille, la mélodie est si belle.

Damily (1024x576)

Encore un beau programme le lendemain, vendredi à 20 h, avec Christine Salem. Voici ce qu’en dit Pol Dodu : J’ai pris une claque à l’écoute de Tapaz,  le premier des quatre titres de Christine Salem. J’ai cru avoir affaire à une chanteuse soul des années 1970. Pourtant Christine Salem est originaire de La Réunion. Avec son groupe Salem Tradition, elle était présentée comme chanteuse de Maloya, mais en solo elle concocte une mixture personnelle, où j’entends notamment l’écho du rock le plus primitif de Bo Diddley. Il y a ces paroles en créole, d’autant plus fascinantes et mystérieuses pour moi à chaque fois que j’ai l’impression de saisir des bribes de sens.

A 21h15, on nous promet une belle découverte avec le quintette  réunionnais Grèn Sémé, lauréat d’un prix Charles Cros 2017, ce qui est une référence. Entre rock abrasif, chanson évocatrice, slam conscient et groove-dub électrique, son maloya, à la fois novateur et enraciné dans une créolité fertile essaie, à bâtons rompus, de se frayer un chemin sur la nouvelle scène française/francophone.

A 23h pour finir, Jaojoby, le roi du Salegy. Le salegy est avec la tsapiky un rythme typique de MadagascarEusèbe Jaojoby est sans aucun doute son interprète le plus renommé aussi bien à Madagascar que dans le monde entier.

Le samedi 17 à 22h, ne ratez pas le trio Toko Telo. Il est composé de D’Gary, Monika Njava et de Régis Givazo, qui sont trois légendes vivantes de Madagascar

Toko Telo

Dimanche 18 à 16h, le grand René Lacaille et ses potes. Et pour finir, à 18h30, Grand Bal de l’Afrique Enchantée.

Voici en souvenir de tout ça une photo médiocre d’un concert sensationnel donné sur les quais de la Daurade un dimanche midi de juin 2015 par René Lacaille, Régis Givazo, Lionel Suarez et un accordéoniste breton dont j’ai oublié le nom.

Rio Loco Juin 2015 - Suarez - Lacaille - Gizavo & Breton (1024x576)

Je vous signale pour finir qu’une rencontre avec Hervé Bordier, le responsable de Rio Loco, est programmée le samedi 24 à 9h30 à l’ISAT. Organisée dans les cadre des Réveils Créatifs, ce qui explique l’horaire, c’est gratuit mais il faut réserver.

Et enfin je félicite tous ceux qui ont réussi à lire jusque là, malgré tous les mots exotiques rencontrés. En voici un dernier, pour vous récompenser : coco-fesse. Ce mot désigne une espèce de noix de coco originaire des Seychelles et plus précisément de l’île Praslin. Elle serait d’ailleurs à l’origine de l’expression “cucul la praline”. Vous pouvez voir sur les photos que le coco-fesse ressemble étrangement à cette figure mathématique que l’on appelle Surface pouvant être munie de la géométrie sphérique, figure tirée du site Esthetopies – Variétés d’Espaces Sensibles. Les maths peuvent être assez exotiques elles aussi. Quand même pas au point de partir en vacances avec elles …

 

5 juin 2017

Il faudrait pouvoir abriter et chauffer les rues. Comme on le fait déjà pour les terrasses de café que l’on voit équipées de radiateurs, qui chauffent les clients et même les petits oiseaux. On peut quand même dire merci au président Trump qui s’active pour nous réchauffer le climat … Parce que pour le moment, la météo est le talon d’Achille des spectacles de rue. C’est comme ça que j’ai raté « Out ! », la série de spectacles de fin de saison au Sorano. Il y a eu la pluie, le froid, et aussi un peu la flemme, disons le.

Chaufferette (576x1024)

Avec sa saison itinérante de spectacles de rue, l’association ARTO, celle qui organise le festival de Ramonville, nous propose des séances de rattrapage. Voici leur prochaines dates :

– les 9 & 10 juin à 19h, place Olivier, « Vague ou la tentative des Cévennes », une performance poético-physique par la compagnie 1 Watt.

– le 25 juin à 17h à Labège, les Chansons à risques du Duo Bonito, un récital clownesque.

– le 28 juin à 19h aux Mazades, « J’écris comme on se venge », du théâtre de rue par les Arts Oseurs.

– le 1° juillet à 18h15, rue de Menton dans le quartier Empalot, Les Demi-frères Grumaux avec deux muscles et un cerveau. Ce sont ceux de Carnage Productions, mes chouchous, on peut leur faire confiance, sauf peut être pour le cerveau.

Franëck - ARTO 2017

Toujours dans le même genre de théâtre de rue, la saison de Pronomades a commencé en mai et se poursuit sur les territoires du département. A Carbonne, les vendredi (19h) samedi 10 (15h et 17h) et dimanche 11 (15h et 17h), la compagnie Le Phun présentera « Palissades », spectacle fait d’une collection de six univers plastiques habités, petites boîtes de curiosités, évoquant avec humour l’architecture, l’habitat, l’urbanisme, l’espace public. Quand on connait cette compagnie, on peut se déplacer jusqu’à Carbonne pour leurs spectacles.

Le Grand Rond fait son cirque de son côté, en partenariat avec le studio PACT, qui est le dispositif de création que la Grainerie mutualise avec le LIDO. Du 6 au 10 juin, on pourra y découvrir deux créations en cours : « 12 manières ou d’une autre » & « Lazuz » par la Collective du Biphasé

L’affiche de la saison ARTO est faite cette année par Franëck, ce jeune graphiste à qui on souhaite le même succès que son ainé Ronald Curchod. Vous connaissez sûrement Ronald Curchod pour ses multiples affiches de manifestations culturelles, dont le festival de Ramonville, Ciné Latino, …

En partenariat avec le MATOU, jusqu’au 17 septembre, Ronald Curchod fait l’objet d’une exposition à Cabanis intitulée « Sur tes lièvres ». Cette exposition donne un aperçu de la variété de ses interventions et vaut surtout pour les originaux des dessins qu’il a réalisés pour « La nuit quand je dors », un livre pour enfants. Un rêve sans paroles, où on retrouve ses thématiques fétiches, avec ses chimères mi hommes, mi bêtes et ses femmes-oiseaux.

Curchod - Femme et Oiseau

Qautre concerts au choix concentrés sur le 8 juin : la Mal Coiffée et ses polyphonies occitanes à la salle Nougaro, la chorale Le Cri du Choeur dirigé par Bruno Coffineau, avec ses polyphonies tournées vers les pays de l’Est au Bijou, Ida y Vuelta sur la péniche du Cri de la Mouette, allées de Brienne, ce groupe de salsa dura avec Alban du Futsal, et le groupe de jazz Un Poco Loco & co dans la cave d’Aminata Muscaria, en face du Château d’Eau.

Un Poco Loco - Aminata

Vous connaissez probablement l’histoire de ce petit colibri, qui était le seul à s’activer en allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour éteindre un incendie de forêt. Et peut être que vous aussi, avec votre petit bec, vous vous activez pour prendre votre part, aussi minime soit-elle, à la marche du monde. Le Chant des Colibris, c’est une tournée de rassemblements citoyens et de concerts pour tous ceux qui veulent remettre l’écologie et l’humain au cœur des préoccupations politiques. La tournée passera par le Bikini le samedi 10 juin. Au programme : une conférence de Pierre Rabhi, initiateur du mouvement des Colibris, le matin à 11h,  et un concert à 20h avec des grands noms comme Arthur H, Izia, Alain Souchon, Zaz, Albin de la Simone, … tout ça pour 12,5 euros seulement.

Toujours au Bikini, le 15 juin, Benjamin Biolay pour 34 euros. C’est un tarif de vieux pour un confort de jeunes, puisque les places ne sont pas assises. Benjamin Biolay vient de sortir un nouvel album, « Volver », dans le prolongement de son « Palermo Hollywood », qui a été à mon goût un des plus beaux disques de l’année passée.

Les présentations de la prochaine saison démarrent. Avec celle du théâtre Garonne le lundi 12 à 19h (Résa 05 62 48 54 77) et celle du théâtre Sorano le mercredi 14 à 19h (Résa 05 32 09 32 35). Allez-y vous faire une idée par vous mêmes, vous n’allez quand même pas rester dépendants d’une lettre d’information qui commence en disant merci à Donald Trump.

Donald

29 mai 2017

Accrochez-vous, la semaine commence avec Blaise Pascal. Pour mon fils de la semaine dernière, je précise que Blaise est le prénom, qu’il est mort depuis longtemps et qu’on ne sait toujours pas s’il a gagné son pari. Le lundi 29 mai à 17h30 à la librairie Ombres Blanches, Yves Le Pestipon nous présentera le « Mystère de Jésus », un extrait des « Pensées » de Pascal. Le Pestipon nous invitera à méditer cette méditation, en tentant de percevoir comment, parfois, « il faut s’arracher de ses plus proches et des plus intimes ». Cette lecture est destinée à nous préparer à  la « Passion selon saint Matthieu », qui sera jouée dimanche 4 juin, dans le cadre de « Passe ton Bach d’abord ».

Organisé par l’Ensemble Baroque de Toulouse, animé par Michel Brun, le festival « Passe ton Bach d’abord » aura lieu cette année les 2, 3 et 4 juin. Le festival toulousain le plus déjanté et le plus créatif qui soit célèbre sa première décennie. Ce long week-end annuel consacré au père de la musique occidentale rassemble depuis sa création les publics les plus divers autour de son œuvre et de ses nombreuses déclinaisons.

Œuvres jouées souvent sous des formes inattendues dans une trentaine de lieux de la ville (bars, églises, chapelle, théâtre, musée, cour d’hôtel particulier, jardins, librairie…) lors de courts concerts d’une demi-heure. Mélange des genres assumé et voulu par l’équipe du festival, des conférences, des lectures, des ateliers, de l’accordéon, du tuba, du flamenco, des musiques et danses traditionnelles, un « Bal Bach » dans les Jardins du Muséum à Borderouge, du « heavy vocal », la belle violoniste roumaine Clara Cernat et bien d’autres propositions où l’insolite côtoie la tradition dans des lieux parfois improbables qui donnent au passage l’occasion de redécouvrir la ville.

Avec une formule comparable à celle du Marathon des Mots, ce festival remporte un beau succès et réalise l’exploit, souvent tenté mais rarement réussi, de mettre la musique classique à la portée de tous. Il faut quand même dire que Bach est assez universel, même si sa musique a l’air de sortir d’une église et donne l’impression qu’il faut croire en Dieu pour l’aimer tout à fait. Dans un programme diversifié, j’ai évidemment relevé deux accordéonistes :

Michel Macias, qui ambitionne de nous faire danser Menuets, Sarabandes, Allemandes, Gigues, Courantes … le 3 juin à 20h  à Ombres Blanches & le 4 juin à 13h à l’Hôtel Dieu.

Gregory Daltin avec Sylvain Picard au tuba, le 3 juin à 16h à l’Hôtel Dieu et le 4 juin à 14 h dans l’église Saint Pierre des Chartreux.

Et bien sûr cette fameuse « Passion selon saint Matthieu », le 4 juin à 17h à la Halle aux Grains.

Passe ton Bach 2017

Faisons un break après le Bach. Avec peut être encore un bon accordéoniste du coin, Claude Delrieu qui accompagnera une lecture de Jean Pierre Borredon le 30 mai à 19h30 à la Cave Poésie ?

A la Cave Poésie toujours, les 2 et 3 juin à 20h30, le groupe Chunquituy, emmené par Jean Pierre Laffite, notre spécialiste des flûtes de roseau, pour une musique des hauts plateaux de Bolivie.

Un festival de musique africaine qui m’avait échappé jusque là, ça ne pouvait pas durer. Le festival Afriqu’à Muret aura lieu du 1° au 4 juin. Au programme : ateliers, danses africaines, contes, défilé de mode, concerts et soirées afro DJ. A cette occasion, le film « Félicité » de Alain Gomis sera projeté le jeudi 1° à 20h30 au cinéma le VEO de Muret. L’histoire d’une Mère Courage, chanteuse de bar à Kinshasa, dans une Afrique où il faut des miracles de débrouillardise pour s’en sortir à peu près. Recommandé à mes amis de Muret et même d’ailleurs.

Si vous n’aimez pas Bach, ni l’accordéon ni la musique africaine, vous pouvez peut être vous rabattre sur le Week End des Curiosités, les 2, 3 et 4 juin. Organisé par le Bikini, avec le genre de musique qui va avec.

« Gardarem lo Larzac », en voilà un beau slogan. C’est aussi le titre d’une exposition consacrée à cette célèbre lutte contre l’extension du camp du Larzac. L’exposition est visible à la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de la rue du Périgord jusqu’au 9 septembre. Cette BEP est un superbe bâtiment Art Déco, construit par Montariol en 1935 et fera l’objet d’une visite guidée le 10 juin à 11h.

Tout le monde connait cette histoire extraordinaire du Larzac : une poignée de paysans aveyronnais, donc forcément un peu catholiques et de droite, a réussi à fédérer tout ce que le pays comptait de hippies, anarchistes, non-violents, occitanistes, écolos, … Autant de qualités que l’on pouvait d’ailleurs retrouver dans une seule et même personne. Et le plus étonnant, c’est qu’ils ont gagné à la fin. L’exposition, sans être spectaculaire, nous montre quand même pas mal de documents d’époque qui rappelleront de vieux souvenirs à ceux qui comme moi ont vécu tout ça d’un peu près. Encore un ancien combattant, vous vous dites. Hé ho, respectez s’il vous plait mes galons d’anti-militariste si durement gagnés.

Gardarem lo Larzac

22 mai 2017

Longtemps je me suis vu comme un Français moyen. J’ai en effet une taille moyenne, une pointure de chaussure dans la moyenne et un nombre d’enfants dans la moyenne. L’un d’eux me faisait cependant remarquer que pour être un Français moyen, il ne suffit pas d’avoir un physique moyen, il faut aussi en avoir le mode de vie. Il faut en particulier se montrer pantouflard et habitué à son canapé. A partir de là, j’ai arrêté d’avoir envie qu’on me voie comme un Français moyen. Et pour bien montrer que je ne suis pas pantouflard, j’ai décidé, pour cette semaine, de me lancer dans une enquête de terrain. Et je suis parti à la rencontre des jeunes.

Alors attention, je ne vous considère pas, vous, fidèles lecteurs, comme des vieux. Nous sommes tous jeunes, au moins intérieurement. Et puis d’abord, c’est celui qui le dit qui l’est ! Mais là, j’ai voulu rencontrer un vrai jeune. Un qui sait utiliser Snapchat et Twitter. Un qui n’a jamais vu de près ou de loin la cinémathèque. Un qui ne se considère pas jeune, juste dans sa tête. Un vrai jeune. Je suis donc sorti de mon canapé et je suis parti à la recherche du meilleur jeune que je connais : mon fils. Je me suis alors souvenu qu’il habitait à Paris et que c’était un peu loin. Et j’ai donc cherché en ville mon autre fils. Mais, après plusieurs heures de recherches, je n’ai pas su le trouver. Ce n’est qu’en rentrant à la maison que je l’ai vu : affalé sur le canapé. Mon interview pouvait commencer.

– Bonjour Manu ! Les lecteurs de la Vie en rose te connaissent par ton putsch du 18 mai 2015, qui a fait un tabac. Mais sinon tu restes quelqu’un d’assez mystérieux pour nous. Tu es l’exemple même du mec célèbre mais pas connu. Alors, je commence par une première question. Qu’est ce qui t’a donné l’envie de t’exprimer de nouveau ?

– J’y suis obligé par un pari que j’ai perdu. J’avais parié que Fillon n’arriverait pas en 3° position. Je misais beaucoup sur Asselineau. C’était le candidat qui montait, malgré le silence des médias. Comme la deuxième partie de sa phrase était juste, je me suis dit que la première devait l’être aussi.

– Peux-tu nous en dire davantage sur tes passions ?

Je suis féru d’art contemporain, spécialement la sculpture post-modernisme d’Asie de l’Est.

– Euh… tu sais que tu ne seras pas jugé sur tes passions. Tu peux nous dire quelles sont tes véritables passions ?

Ah ! Alors je suis passionné de foot, de Pokémon et du TFC.

– Bien. Alors par exemple, le foot, peux tu nous expliquer en quoi c’est mieux que l’art contemporain ?

– Il n’y a pas de buts à la dernière seconde en art contemporain. Il n’y a même pas de but tout court ! Peut-on m’expliquer dans quel autre endroit qu’au stade peut on réellement crier sans avoir l’air idiot. Et puis, lors d’un but important, la joie est tellement immense qu’on peut se jeter dans les bras des voisins. Ca ne m’est jamais arrivé au cinéma ! Et au football, on ne sait jamais comment ca va finir. On sait juste qu’il y aura à peu près autant d’heureux que de malheureux, alors qu’ils ont tous vu le même match.

– Tu as d’autre passions. Notamment Pokémon ? C’est passé de mode, non ?

– C’est effectivement moins à la mode, mais je n’aime pas sortir pour ne rien faire. Grâce à Pokémon, j’en profite pour me balader dans les parcs, flâner, tout en trouvant des Pokémons. Et puis, c’est un jeu qui permet de faire des rencontres. J’en profite.

– Il parait que tu joues aussi de temps en temps à l’Euromillion. C’est bizarre, non ? Toi qui aime les statistiques, tu sais que le vrai gagnant des jeux de hasard, c’est l’organisateur, non ?

– Je vois ça autrement. Quand j’achète un ticket Euromillion, je m’achète le droit de rêver jusqu’au tirage. Pour un ticket acheté, je peux imaginer ce que je ferais si je gagnais. 2€50 pour pouvoir rêver, je trouve ca plutôt rentable.

– A part ca, tu aurais un livre de jeune à nous conseiller ?

– Je ne lis que les livres que j’ai déjà lus. Donc j’ai pas vraiment de nouveauté à conseiller ! Mais j’ai récemment dragué une fille grâce au film « Lion » que j’ai adoré. Il est tiré d’un livre. « Je voulais retrouver ma mère » de Saroo Brierley. Je ne l’ai pas lu, mais je suppose qu’il est bien.

– Enfin, il y’a souvent des idées de sortie dans la Vie en rose. Ca serait dommage qu’il n y en ait aucune dans celle-ci. Une idée ?

– J’ai un ami qui fait de la mandoline, je ne l’ai jamais vraiment vu jouer mais je sais que Julien Martineau, son professeur, a joué lors des Victoires de la musique classique. Il joue le 7 juin à 20h30 à l’église Saint Jérôme.

– Bien, un dernier mot pour finir l’interview ?

– Euh… je voudrais pas trop qu’on pense que je suis un jeune inculturé, je vais donc trouver une citation qui à l’air intelligente. Euh… alors je crois que Descartes disait quelque chose en latin ou en grec. « Mundi placet et spiritus minima ». Ca n’a aucun sens mais on pourrait bien imaginer une traduction du type « le roseau plie, mais ne cède qu’en cas de pépin ». Ce qui ne veut rien dire non plus. C’est pas Descartes en fait, c’est le roi Loth, dans la série Kaamelott. Ca aussi c’est vraiment une de mes passions !

Merci beaucoup. C’était Michel, pour la Vie en rose. A lundi prochain !

15 mai 2017

Dans notre région occitane, on aurait pu appeler un Cat, un Catou. Le CAT, qui était le Centre de l’Affiche de Toulouse est maintenant devenu le MATOU, le Musée de l’Affiche de Toulouse. Ce nouveau MATOU  a été inauguré fin avril et il présente jusqu’au 27 août une intéressante exposition d’affiches de Roger Broders sur le thème du voyage. Réalisées dans les années 20, presqu’un siècle déjà, pour la Compagnie PLM, qui amenait les riches sur la Côte d’Azur, en Corse, à Tunis ou Constantinople. Il faut voir ces affiches, dans leur style Art Déco, éclatantes de couleurs fun & flashy. Les voyages se sont depuis démocratisés, et les Français même pas très riches vont aujourd’hui plus loin que les nantis de l’époque. Il arrive heureusement un moment où l’on a assez voyagé pour savoir que l’on peut s’en passer.

Encore une belle exposition à voir au Centre Culturel Bellegarde jusqu’au 31 mai : Tropismes / Papiers saccadés par Soïa et Timo Hateau. Des montagnes à gravir, des strates à creuser, des rondes à danser : les petits univers de Tropismes se découpent dans le papier et se parent de motifs colorés. Soia est illustratrice multifacette et Timo Hateau est animateur et vidéaste à paillettes. Les deux s’amusent de leurs paysages décalés, des mondes en maquette de papier, miniatures et foisonnants, d’où surgissent parfois de mystérieux personnages … Soia est une jeune graphiste et illustratrice, active dans la galaxie du collectif Indélébile, que les plus curieux d’entre vous ont pu voir dans l’exposition collective Astropical.

Soia - La loi de la jungle (991x1024)

Soia – La loi de la jungle

L’Histoire à Venir, voici un nouveau festival à l’initiative de la librairie Ombres Blanches, du Théâtre Garonne, de l’Université Jean Jaurès et des éditions Anacharsis. Ils ont l’ambition de réengager le savoir, mettre la recherche en lumière, renouer le dialogue citoyen avec la passé et l’histoire, renforcer le pacte entre la démocratie et la connaissance. On leur souhaite bonne chance, il y a du boulot. La première édition se tiendra du 18 au 21 mai, et proposera 65 évènements, conférences, débats, ateliers participatifs, performances dans toute la ville et pour tout le monde. Une bonne occasion de fréquenter quelques intellectuels, ça nous changera de nos copains. Une des thématiques du programme, intitulée Du Silex au Big Data, porte sur la question des vestiges et des archives. Que va-t-il rester de toute cette masse de données numériques qui est générée de nos jours ? Qui les garde et comment on les trie ? Et si quelqu’un retrouvait La Vie en rose dans 1000 ans ? Je m’empresse de lui dire que j’ai toujours été contre la guerre nucléaire et que j’ai beaucoup de sympathie pour les extra-terrestres.

Soia - L'attaque des cabécous volants

Soia – L’attaque des cabécous volants

Avec la belle saison, on dirait qu’il y a comme un passage de témoin entre les théâtres dans les murs et les théâtres de rue. Entre les théâtres du dedans et ceux du dehors. Le théâtre et son double, en quelque sorte. Le Sorano s’associe avec ARTO pour nous proposer OUT ! Trois jours de fêtes et de spectacles, du 18 au 20 mai. Six spectacles, comme un avant goût alléchant du festival de Ramonville à venir cet automne. Horizon, un voyage aérien à 6 mètres au dessus du sol ; Tieta, un solo déambulatoire ; Echappées belles, sept personnages sortis par erreur de la maison de repos ; La piste à dansoire ; Garniouze Inc, que l’on retrouvera le 31 mai à Gourdan Polignan et le 1° juin à Carbonne, dans le cadre du festival Pronomades ; et La Jurasienne de Réparation, un classique du théâtre de rue, qui est le seul spectacle payant dans le lot. Tout ça sur les allées Jules Guesde, devant le théâtre du Sorano.

Out ! Sorano

Encore quelques rendez-vous notables :

Le 21 mai à 16h, Le Bal Brotto Lopez sur l’esplanade Roguet, gratis. Les mêmes, le 3 juin à l’Escale de Tournefeuille.

Deux groupes de jazz qu’on ne présente plus, au Taquin : Initiative H les 18 et 19 mai, et Pulcinella le 24 mai.

Le lundi 15 mai à 17h, dans la librairie Ombres Blanches, la séance des Classiques au Détail sera consacrée à l’illustre Pierre de Fermat. En introduction, Le Pestipon nous lira un échange de lettres en latin. Une occasion de réfléchir sur la littérature latine en littérature française. C’est très intéressant, vous verrez.

Je finis en précisant que le catou, c’est le chat, en occitan. Et donc la catounière, c’est la chatière. Un joli mot d’ici, certes moins utile à connaître pour les néo-toulousains que chocolatine, mais qui fera de l’effet si vous trouvez à le placer. Il faut bien avouer que la pratique du latin ou de l’occitan n’est pas très utile pour voyager, mais elle est quand même dépaysante.

 

8 mai 2017

« Si tu es étudiant au Brésil, tu ne peux pas choper si tu ne danses pas le forro ». C’est du moins ce que prétend l’ami brésilien d’un de mes proches. Voilà peut être le secret de cet étudiant qui a réussi à choper sa prof et qui est aujourd’hui président : il doit savoir danser le forro. Et en tout cas la danse du centre. Le Printemps du Forro aura lieu du 11 au 14 mai. Ce festival existe depuis maintenant trois ans, et il a l’air de bien se porter. Quatre jours cette année, avec un programme copieux de concerts et de stages. Vous pouvez faire confiance aux organisateurs pour la qualité des artistes brésiliens invités, même s’ils sont peu connus par ici. Voici pour vous donner une idée une trop courte vidéo du concert d’un des groupes brésiliens invité l’an passé.

Printemps du Forro

Envie d’aller plus loin ? Mon proche ajoute que le forro à Toulouse connait à Toulouse une actualité régulière :
– les 2° et 4° jeudis du mois : atelier  et bal à La Candela de St Cyprien
– le 3° jeudi du mois, bal à La Maison Blanche de Arnaud Bernard
– le 1° dimanche du mois, bal au Hangar de la Cépière
On trouvera toutes les informations sur le groupe Facebook « Forro Toulouse ». Le forro reste néanmoins assez confidentiel en France. Au Brésil par contre, des bals de plusieurs milliers de personnes rassemblent les amateurs, comme on peut le voir sur la photo :

Printemps du Forro - Brasil

Pardon ? Et c’est maintenant seulement que vous me demandez c’est quoi, le forro ? Pour le savoir, je vous renvoie à ma lettre du 6 avril 2015.

Deux concerts de jazz comme je les aime, alors que ce n’est pas vraiment du jazz si on va par là. Le premier, le 11 mai à 12h30, dans l’Ostal d’Occitania, gratuit, le duo Sweetest Choice, avec Sébastien Cirotteau et Benjamin Glibert. Une relecture intimiste et instrumentale de pièces vocales, issues autant des répertoires baroques que XXème siècle et folkloriques. Ces « speechless songs »  sont mises à nu par le souffle de la trompette et l’épure d’une guitare 12 cordes. Je les ai vus récemment, j’irais bien les revoir.

Le deuxième, je vous en ai déjà parlé il y a quelques semaines, c’est le concert de Joëlle Léandre tentet aux Abattoirs le dimanche 14 mai à 18h. Le dernier concert de l’année organisé par un Pavé dans le Jazz, ils finissent fort. Il vaut mieux réserver, ce genre de concert avec des gens qui ne sont connus que de vous et moi peut très bien être complet.

Complet aussi je crois bien, le concert de Camille le 17 mai au Bikini. Comme c’est Camille quand même, on fera l’effort de vérifier s’il ne reste pas quelques places … Sinon, seconde chance pour le 18 février 2018 à la Halle aux Grains.

Il y a un peu de perversité à vous rappeler ce que disait en 2011 la députée UMP Brigitte Barèges, à propos d’un texte visant à autoriser le mariage homosexuel : « et pourquoi pas des unions avec des animaux ? » Jusque là, ça allait encore, mais elle a vraiment dépassé les bornes lorsqu’elle a décidé en 2014 de couper les subventions au festival Alors Chante de Montauban. Après quelques péripéties dont il vaut mieux ignorer les détails, l’idée d’un festival de chanson francophone a repris corps dans le festival Grain de Sel, qui aura lieu du 12 au 14 mai à Castelsarrasin. Dans la programmation composite, on retrouve des grands noms comme Catherine Ringer ou Christophe. Et aussi des gens comme Tryo, Zaza Fournier, … et aussi Claudio Capéo, qui a fait un carton l’an passé avec des chansons qui ne rentreront pas forcément dans mon panthéon, mais le bonhomme a l’air authentiquement sympa avec son accent gitan, son accordéon et son métier de menuisier.

Rappel : le festival des Fous Rires de Toulouse aura lieu du 10 au 12 mai. Avec entre autres pour cette semaine :

– Didier Super, le 10 mai, à la Comédie de Toulouse, 18 €

– Gaétan, dans son spectacle Ma Vie de Grenier, le 12 mai au Centre d’Animation Lalande, de 3 à 9 €

Le 12 mai 19h, au Chapeau Rouge espace Saint Cyprien, reprise de la pièce La cuisine de Marguerite par Corinne Mariotto. Elle nous parle tout en faisant la cuisine avec des recettes de Marguerite Duras, et ensuite elle nous fait goûter. Il parait que c’est très bon, comme spectacle …

Curieux, bricoleurs, familles, allez faire un tour le samedi 13 ou le dimanche 14 mai, au Fablab Festival, 27 allées Maurice Sarraut, métro Patte d’Oie. Vous y trouverez un mélange improbable de panneaux solaires en canettes recyclées, des chorégraphies de drones, de nourriture en impression 3D … Vos enfants pourront au choix apprendre à coder un circuit électronique ou bien à transformer des légumes en instruments de musique. Dans ces Fablabs, bricoleurs et geeks associent technologies numériques et culture alternative. Ils souhaitent transformer le monde par l’appropriation collective des outils de production, un peu comme Karl Marx au fond. Avec la fameuse imprimante 3D, ils nous font par exemple miroiter la possibilité de fabriquer n’importe quelle pièce cassée d’un appareil domestique. Ce qui m’aurait été très utile, moi qui ai dû coller un bout de bois sur le plastique du couvercle de mon frigo pour le réparer. Voyez la photo, on me dit que j’ai de l’or dans les mains.

Frigo (1024x768)