15 janvier 2018

Ablaye Cissoko, le joueur de kora, vous me dites que vous le connaissez déjà ? Vous ne confondez pas avec Ballaké Sissoko, qu’on avait vu en 2015 avec Kassé Mady dans la salle Nougaro ? Ou avec Djelimady, le père de Ballaké ? Ou avec Boubacar ? Ou avec Lamine ? … Tous ceux là sont des joueurs de kora. Ou avec Moussa Sissoko, formé au TFC, qui joue en équipe de France ?

Le joueur de kora Ablaye Cissoko sera le 19 janvier au Centre Culturel Desbals en compagnie du batteur Simon Goubert, de la pianiste Sophia Domancich et du contrebassiste Jean-Philippe Viret.

Le projet African Roots de ce quartette est présenté comme la fusion réussie du jazz occidental et de la musique traditionnelle sénégalaise. La musique est à la fois un hommage au jazz de John Coltrane et au Sabar traditionnel. Leur disque a été élogieusement chroniqué par Katia Touré dans le numéro de novembre de Jazz Magazine : Musique lumineuse et envoutante / Lyrisme scintillant, générosité débordante, exquise légèreté / Fusion solide riche et cohérente mise en valeur par des instants de pure extase.

Ce concert n’est bizarrement signalé dans aucun des magazines d’information culturelle habituels. Ce serait dommage qu’il n’y ait pas grand monde. Ces musiciens, je les ai vus séparément, à droite et à gauche au fil des années et les voilà au Centre Culturel Desbals, presque dans la cour de ma maison. Simon Goubert est passé à Rio Loco en 2015, avec le joueur de cornemuse Patrick Molard. On peut le voir ici en duo avec Sophia Domancich à Berlin en 2017. Sophia Domancich est venue à Toulouse en 2013 dans le cadre de Piano aux Jacobins. Elle a aussi joué avec Robert Wyatt, ce qui est, parait-il, suffisant en France pour lui assurer une forme de célébrité.

Jean-Philippe Viret est lui aussi habitué aux collaborations singulières. Je l’ai vu en club à Paris il y a très longtemps. J’en ai gardé un disque qu’il avait fait avec le pianiste Edouard Ferlet. Encore merci à celle qui m’a offert cet été le beau disque que Edouard Ferlet a cuisiné à sa sauce avec la musique de Bach. Jean Philippe Viret a aussi contribué à « Paris Musette », ce qui devrait suffire pour lui assurer une forme de célébrité. Paris Musette est cette série de trois disques mythiques, édités dans les années 90, dans lesquels les plus grands accordéonistes de notre époque reprenaient les grands succès du patrimoine. Comment résister à cette Swing Valse interprétée par Michel Macias, avec Jean-Philippe Viret à la contrebasse ?

Paris Musette Vol 1

Je vous signale en passant que l’on pourra retrouver Ablaye Cissoko le 6 mars dans la salle Nougaro. Une rencontre des voix et cordes mandingues et persanes, en compagnie de l’ensemble Constantinople, composé de Kiya Tabassian, Patrick Graham et Pierre-Yves Martel.

Peut être encore une double découverte pour vous, avec le théâtre du Hangar et le spectacle « Le monde est rond » d’après Gertrude Stein par Lise Avignon, du 18 au 20 janvier. Sur le site d’ Un clou dans la Planche, la critique du spectacle par Marlene Pereira s’intitule « La Vie en Rose », je ne pouvais pas laisser passer ça. Le théâtre du Hangar se trouve rue des Cheminots, quartier Marengo.

La Cave Poésie nous invite à passer deux semaines en compagnie des Barbares, du 16 au 27 janvier. Depuis 2010, En compagnie des barbares fait entendre une écriture qui n’est pas nécessairement destinée au théâtre : poésie ancienne et contemporaine, fragments, listes, romans, témoignages, modes d’emploi érotiques… Ne le prenez pas mal, mais j’ai relevé spécialement pour vous cette « Konférans pour lé zilétré » du 17 au 20 janvier à 20h30. Vous avez la phobie des dictées ? Vous écrivez en langage sms ? Vous êtes arrivés récemment en France ? Ou au contraire vous êtes le prince de l’orthographe ? Ce spectacle est pour vous. Il est dédié à tous les zilétré, analfabèt, conpleksé, étranjé, imigré que nous sommes tous un jour face au français.

J’en profite pour vous soumettre le texte suivant : « Si  vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz  asusi  nu dôrle  de cvreeau.  Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en  snot  cpalabes. Je  n’en cyoaris pas mes  yuex  que je  sios  cabaple de  cdrpormendre ce  que je liasis. Le   povuoir phoémanénl  du  crveeau  huamin.  Soeln une rcheerche  fiat à  l’Unievristé de  Cmabridge, il  n’y a pas d’iromtpance sur  l’odrre  dnas  luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que  la  priremère et la derènire letrte  du mot siot  à  la bnone  palce.  La raoisn est que le  ceverau hmauin  ne lit pas les mtos  par  letrte  mias ptuôlt cmome un tuot. » 

Quant on voit sa, on ne comprand pas pour quelle raizon l’orthografe a pris la place démeuzurée qu’elle occupe dans l’ensaignement.

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8 janvier 2018

Il vous reste bien un peu de place pour quelques résolutions supplémentaires ? Ce n’est pas pour qu’elles servent, vous savez ce que c’est, c’est juste pour faire le début de l’année. Que nous reste-t-il à prendre comme résolution en matière culturelle ? La chanteuse Juliette nous dit que « La culture, c’est la mémoire de sa curiosité ». Prenons alors la résolution d’être curieux. En faisant toutes les semaines quelque chose que l’on n’a jamais fait. En allant dans des endroits où l’on n’est jamais allé.Pensées pour voir la Vie en Rose en 2018

Avec par exemple deux compagnies toulousaines peu connues, pour cette semaine encore calme :

– La Cie du Petit Matin m’a été signalée par un copain de Rodez. Elle sera du 11 au 13 janvier, au Pavé, pour la pièce « Migraaaants » de Matei Visniec. Une rencontre aura lieu  le 12 avec Avocats sans Frontières et avec la CIMADE. Le sujet des migrants est bien un peu lourd pour démarrer l’année, mais j’ai peur qu’il le reste encore pour un bout de temps.

– La Cie Petit Bois sera les 12 et 13 janvier à l’Estaminot, pour son spectacle Prodiges . L’écriture de Prodiges® est née du désir d’imaginer un spectacle en appartement, à jouer dans des espaces intimes, en sʼinspirant des « réunions Tupperware », où une vendeuse à domicile, invitée par une hôtesse, va présenter ses produits aux amis de cette dernière. Cette compagnie a été récemment programmée à la Cave Poésie et au Centre Desbals, pour « Blessée à mort », une lecture dans le prolongement de la journée du 25 novembre contre les violences faites aux femmes. L’Estaminot est une librairie-salon de thé, à découvrir au 8 rue du Pont Saint-Pierre.

Cie Petit Bois - Prodiges

Le Collectif Les Chiens de Navarre a acquis un début de célébrité, au théâtre comme au cinéma, en jouant sur une forme de mauvais goût et de férocité. Ils reviennent au Sorano du 10 au 13 janvier dans leur nouvelle pièce « Jusque dans nos bras ». Pour les footballeurs qui n’en connaissent pas les paroles, je précise que le titre fait référence à La Marseillaise. La pièce reprend le thème de l’identité nationale, souvent convoqué, jamais épuisé. Le collectif se politise, parfois naïvement, mais reste jouissif et décapant (Télérama). Humour social volontiers borderline (Libé).

Festival Cinéma et Droits de l'Homme

Les violences faites aux femmes, la tentative de reconstruction des enfants soldats en Ouganda, le non droit des patients en psychiatrie, la recherche de la paix en Palestine, les lobbies industriels aux effets néfastes en Argentine, au Brésil et en France, l’avenir du nucléaire militaire, la persécution des Rohingyas en Birmanie et toujours la situation des migrants … toutes ces thématiques seront au programme du prochain festival Cinéma et Droits de l’Homme. Soutenu par huit organisations (Amnesty International, CCFD Terre-Solidaire, Ligue des Droits de l’Homme, École des Droits de l’Homme, les Amis du Monde Diplomatique, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et l’ACAT), ce festival aura lieu à Toulouse et dans sa région du 13 au 25 janvier.

On se rend bien compte que les problèmes du monde n’ont pas encore pu être tous réglés. Peut être parce que quelques uns n’ont pas tenu leurs résolutions en 2017 ?

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11 décembre 2017

On dit que la tradition est un progrès qui a réussi. L’accordéonistade est en train de devenir une tradition : depuis plus de 6 ans maintenant, des accordéonistes de tous horizons se retrouvent tous les 6 mois, en juin et en décembre, pour le seul plaisir de jouer ensemble. La prochaine manifestation aura lieu le jeudi 14 décembre à la Maison Blanche, entre 20h et minuit. L’évènement est organisé par Jean-François le Glaunec, auteur des photographies d’accordéonistes sur ce site, et par les accordéonistes Corentin Restif et Florian Demonsant. L’affiche est de Junie Briffaz. En passant, je vous signale que ce même Jean-François expose au Taquin ”Les copains au Taquin”, ses photos des musiciens de l’endroit, avec un vernissage le dimanche 17 décembre à 19h.

Accordéonistade 2017

Voyez ici les musiciens de la cuvée 2016 en train de jouer l’Esperanza, qui est devenue l’hymne de l’accordéonistade. Cette vidéo, captée par un certain Jean Luc, illustre bien l’esprit de générosité et de spontanéité propre à l’accordéonistade. En plus des musiciens, vous trouverez sur place des filles faciles, disposées à se laisser entrainer dans la valse, comme on peut le voir ici. Venez nombreux, la petite Maison Blanche poussera les murs pour vous faire de la place.

Marc Perrone - Suite du Quercy

Vous savez que Marc Perronne est le compositeur de l’Esperanza. Est-ce que je vous ai déjà dit que son dernier disque Babel-Gomme est beau comme un cadeau de Noël ? Vous ne savez peut être pas que le musicien qui jouait de la vieille à roue sur son premier disque s’appelle Dominique Regef. Ce musicien est toujours actif dans divers registres, dont celui de l’improvisation et de la musique contemporaine. On peut avoir la bonne surprise de le croiser au hasard des rues de Toulouse. On pourra plus sûrement aller écouter Dominique Regef au Sénéchal le jeudi 21 décembre à midi trente, dans le cadre de la Pause musicale. Avec Marc Armengaud et Florent Tysseire, il nous entrainera cette fois ci dans des Transes Médiévales.

Faites attention au grand écart, il y a encore deux rendez-vous avec la danse dans le programme :

Avec Pixel, le spectacle du chorégraphe Mourad Merzouki, qui sera présenté à Odyssud du 12 au 17 décembre. Onze danseurs hip hop dans un époustouflant décor numérique 3D. Une session de rattrapage pour ceux comme moi qui l’ont raté en 2015.

Et avec Les Inconsolés, une chorégraphie de Alain Buffard, les 13 et 14 décembre au théâtre Garonne. « La pièce reste dans les mémoires comme l’une des plus fortes émotionnellement et des plus troublantes du chorégraphe » pour Dominique Crébassol du Brigadier. « La pièce est d’une beauté sauvage implacable. À trois, les danseurs sont tour à tour victimes et bourreaux, consentants et rebelles, enfants et adultes » pour Marie-Christine Vernay  de Libération.

Le chanteur Wally revient avec son projet Derli. Un projet d’humeur plus que d’humour, je ne sais pas si on va le reconnaitre, lui qui nous avait habitué à ses chansons courtes désopilantes. Il sera le 14 décembre à midi trente au Sénéchal (gratuit) et au Bijou les 13 et 14 décembre à 21h30.

Le trio RP3 du pianiste Rémi Panossian vient de sortir un nouveau disque Morning Smile. Il sera au Taquin les 15 et 16 décembre.

Je ne sais pas si vous connaissez Mix’Art Myrys, ce lieu alternatif situé au 12 rue Ferdinand Lassalle, vers le boulevard de Suisse. Cette structure propose des espaces de travail à des artistes venant de tous les horizons. Je ne sais pas si vous connaissez l’association Un Archet dans le Yucca, qui organise des concerts qu’on peut aussi qualifier d’alternatifs. Vous aurez l’occasion de faire leur connaissance avec Le Grand Bal organisé par Un Archet dans le Yucca le samedi 16 décembre dans les locaux de Mix’Art Myrys. Dans le large plateau musical proposé, on relève une création du groupe Derinëgolem, le groupe de Mégi Xexo. Et on remarque la présence du groupe In Love With, avec Sylvain Darrifourq, Théo et Valentin Ceccaldi, dont je vous ai déjà parlé ici et . Entre temps, sont passées les Victoires du Jazz 2017 : La catégorie Artiste Révélation a changé de nomination et s’appelle désormais « Artiste qui monte ». Le trophée est revenu à un jeune musicien fougueux, créatif et décapant, le violoniste Théo Ceccaldi, 31 ans, issu du classique, qui s’est lancé avec gourmandise dans les musiques actuelles.

Un archet dans le yucca

Encore deux rendez-vous pour bien terminer l’année :

le 31 décembre, Magyd Cherfi sera au Fil à Plomb.

Le samedi 30 à 17h et le dimanche 31 à 18h, le théâtre Garonne nous propose Jazz à 360°, avec William Parker et son quartet Rob Brown / Cooper Moore / Hamid Drake, avec Daunik Lazro, Benjamin Duboc, Didier Lasserre, Marc Demereau … la fine fleur des musiques aventureuses pour ceux qui les aiment.

William Parker

Vous aurez bien besoin du réveillon pour vous en remettre. Bonnes fêtes ! A l’année prochaine !

4 décembre 2017

On a envie de les traiter de rapaces et de tous les noms d’oiseaux. Ceux qui veulent nous construire la tour Occitanie avec tous les mots qu’il faut pour nous plaire : quartier d’affaires Matabiau, hôtel Hilton cinq étoiles, appartements de luxe, promoteurs privés et 56° fortune de France … Cette tour serait haute de 150 m, on pourra la voir de loin et les riches pourront nous voir de haut. Peut être un bon moyen pour observer enfin cette fameuse théorie du ruissellement. Mais même végétalisée, même déguisée en bonne élève écolo, cette tour va dénaturer la ville. Pour en savoir plus sur cette aberration urbanistique, reportez-vous à la page Facebook du collectif Non au Gratte Ciel de Toulouse et encore mieux, à la pétition en ligne.

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Il existe heureusement d’autres sortes rapaces, qui eux aussi habitent le ciel et nous voient de haut. Ils n’ont pas toujours bonne réputation, mais Victor Hugo disait « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie – Parce qu’on les hait ». Et justement, le Museum nous propose une belle exposition sur le thème des rapaces, visible jusqu’au 29 avril 2018. Vous y serez accueillis comme si vous étiez le roi de Prusse par le Grand Duc en personne.

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L’exposition vaut d’abord pour ses oiseaux naturalisés, avec un grand nombre de spécimens de rapaces diurnes et nocturnes. Je vous ai sélectionné quelques mauvaises têtes de vautours :

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Et quelques chouettes têtes de hibous :

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L’exposition est enrichie par un ensemble de vitrines interactives à vocation pédagogique. On peut par exemple comparer sa vision à celle d’un aigle, on peut éprouver la pression exercée par les serres de ces bestioles … On découvre qu’un monde symbolique très riche est attaché aux rapaces. On sera étonné par le film du déchiquetage d’un cadavre de vache. Et on sera embarqué avec une caméra sur le dos d’un aigle volant au milieu des Pyrénées. 

Cette exposition devrait plaire aux adultes comme aux enfants, qui sont bien souvent fascinés par les animaux sauvages. Une blague classique pour les mettre en condition : Quel est l’animal le plus heureux ? C’est le hibou … puisque sa femme est chouette.

Dans l’actualité de la semaine :

Le 10 décembre, à la Halle aux Grains, un concert organisé par l’amicale des Arméniens au bénéfice de l’enfance en détresse avec le groupe Sirba Octet. Cet ensemble français de 8 musiciens, pour la plupart de formation classique, se consacre depuis 2004 à la merveilleuse musique traditionnelle d’Europe de l’Est, musique kletzmer, yiddisch & tsigane. Voici un de leur morceau  « Tantz ! ».

Le 10 décembre, au Métronum, la chanteuse Juliette Armanet, coqueluche de la critique et révélation de la scène. Voici « L’amour en solitaire ».

La Cave Poésie organise du 8 au 16 décembre une semaine dédiée à la poésie contemporaine. Parmi les nombreuses propositions de ce programme, j’ai relevé Jacques Bonnafé qui lira Serge Pey les 8 et 9 décembre. Et Michel Mathieu qui lira Michaux le 14 décembre. Poésie sauvage, insurgée, fraternelle, inclusive, sonore … tout ce qu’on veut, mais il serait imprudent d’y aller pour rigoler.

Le cirque ne sera pas la plus pénible des corvées qui vous attendent dans cette période de Noël. Deux possibilités dans la semaine et au delà :
– le Cirque Klaxon à la Grainerie de Balma jusqu’au 16 décembre, suivi par la compagnie Les Acrostiches au même endroit du 21 au 23 décembre.
– le Cirque Eloize à Odyssud du 6 au 10 décembre. 

27 novembre 2017

Allez voir sur le site du festival Terres d’Ailleurs si j’y suis. Et en effet, vous y trouverez ma photo, en compagnie de Monsieur Lapin, dessinateur-voyageur de son état. Je lui avais acheté un de ses carnets de voyage et vous le voyez en train de faire mon portrait avec une dédicace à l’un de mes fils, en guise de cadeau de Noël. Vous pouvez vous aussi vous faire portraicturer en dessin ou peinture, pour un prix très raisonnable, par Nicolas Borderies, un jeune peintre toulousain de mes connaissances. Il saura probablement rendre votre beauté intérieure, la seule qui compte vraiment.

Terre d'ailleurs 2016 - Dédicace Victor

Organisé par l’association Délires d’encre et par le Muséum de Toulouse, le festival Terres d’Ailleurs aura lieu cette année du 26 novembre au 3 décembre. Il propose à tous les publics de rencontrer des explorateurs, scientifiques et aventuriers d’exception partis au bout du monde pour mettre en lumière des territoires fascinants, méconnus. Nous vous embarquerons cette année pour des milieux aux conditions extrêmes : les lacs acides de Dallol, le froid glacial des pôles et de la Sibérie, la sècheresse et la chaleur des déserts Kalahari, ou la moiteur de la forêt tropicale de Papouasie et de l’Amazonie brésilienne ! Le festival insiste sur la nécessité de faire prendre conscience au grand public de préserver ces territoires. Le mieux pour cela serait à mon avis que ce grand public ait la sagesse de résister à l’envie d’aller faire un tour dans ces territoires. En quelque sorte, venez au festival mais n’allez pas voir ailleurs si vous y êtes  …

Amateurs de milieux extrêmes et de conquête spatiale, laisser vous plutôt tenter par le jeu d’évasion ou Escape Game que nous prépare Délires d’encre : Un débris vient de heurter l’ISS ; l’antenne de communication avec la Terre ne répond plus, alors qu’un appel de détresse d’un astronaute naufragé est détecté en provenance d’un capsule de survie. Pas la peine de m’y inviter, je n’ai toujours pas réussi à sortir du premier Escape Game dans lequel je suis entré.

Deux concerts en vue : Du 29 novembre au 2 décembre, à la Cave Poésie, Bernardo Sandoval avec Paamath. Ensemble, ils célèbrent les voix, le berceau, les terres arides et celles abondantes, les cœurs des hommes et leurs respirations. Deux voix profondes, timbrées aux couleurs du Monde.

Le 1° décembre, à l’Escale Tournefeuille, Sweetest Choice, un duo composé de Sébastien Cirotteau et Benjamin Glibert. Sweetest Choice propose une relecture intimiste et instrumentale de pièces vocales, issues des répertoires baroques (Purcell, Bach), du XXeme siècle (Weill, Debussy, Nono) ou folkloriques (Ramirez, Piazzolla). Ces « speechless songs » – chansons sans paroles – sont mises à nu par le souffle de la trompette et l’épure d’une guitare 12 cordes. Une instrumentation sans artifice, souvent réduite par rapport aux originaux, pour faire entendre la force de ces mélodies. Je les ai entendus deux fois cette année, le plus doux des choix en effet. Ecoutez quelques extraits ici

Au théâtre Garonne, décembre annonce un florilège de propositions chorégraphiques et théâtrales intrépides. Nadia Beugré nous emmène aux confins de la Côte d’Ivoire pour y mener une fouille en mouvements, et redonner corps aux opprimés. C’est aussi le retour de Rodrigo Garcia : il se fait l’auteur d’un nouveau mythe qui promet d’être rocambolesque ! Alain Buffard est mis à l’honneur, quatre ans après sa disparition, avec Les Inconsolés, une de ses œuvres phare.

Au théâtre du Pavé, du 30 novembre au 2 décembre, Les Faiseurs de théâtre, une pièce mise en scène par Jean-Pierre Beauredon sur un texte de Thomas Bernhard. Avec la participation du musicien Claude Delrieu et du comédien Denis Rey, ce qui est normalement bon signe.

Organisé par le théâtre du Vent des Signes, le festival F/MM[+] aura lieu du 30 novembre au 9 décembre. Avec son allure d’écriture inclusive, F/MM[+] signifie Festival Insolite Musique Mots [et + si affinités]. On y trouve en particulier les spectacles de Charles Robinson, en résidence (les 30 et 1° et 8 décembre) et les 6 & 7 décembre, « Ca sent qu’on est au bord », le nouveau spectacle d’Anne Lefèvre.

Du 1er au 10 décembre 2017 se tiendra la 13e édition des rencontres du cinéma italien http://www.cinemaitalientoulouse.com/ à l’ABC de Toulouse. En avant-première, en compétition ou en panorama, les vingt-deux films choisis pour le festival présenteront le meilleur du cinéma italien de ces deux dernières années. Soyons aimables avec les Italiens, ils sont notre dernière chance de pouvoir encore gagner un match de rugby.

20 novembre 2017

J’espérais qu’ils pourraient faire le guignol à ma place cette semaine … Pas de chance, le festival Marionnettissimo, qui aura lieu du 21 au 26 novembre, souhaite se débarrasser de Guignol et de son image ringarde qui colle à la peau des marionnettes. Pas question non plus de faire le mariole, puisque ce mot, comme la marionnette, est apparenté à la vierge Marie … Le magazine Flash nous propose ce mois-ci un dossier sur les marionnettes et nous explique que cet art est en plein essor, prenant des formes multiples, hybridées par le théâtre, la musique, la danse, les arts plastiques et les nouvelles technologies. Ce qui donne envie d’aller y voir de plus près. Une sélection de 4 spectacles parmi la vingtaine proposés :  « Proteus » en ouverture par le Clan des Songes, « Fastoche » du Belge Pierre Tual, coup de cœur des organisatrices, Turak invité d’honneur, « Iago », un classique du Théâtre Mu … sans pouvoir garantir que vous n’allez pas y croiser des enfants.

Moins couru que le Marathon des Mots de juin, le Marathon d’Automne revient du 22 au 26 novembre. Fidèles de ce marathon, de nombreux comédiens comme Marianne Denicourt, Nicole Garcia, Dominique Pinon, Bruno Putzulu, Boris Terral, seront présents cette année encore. En clôture, le dimanche 26 novembre à 17h30, Clotilde Courau, accompagnée par l’accordéoniste Lionel Suarez, lira « Il était un piano noir », les mémoires de la chanteuse Barbara. On aura beaucoup parlé de Barbara cette année, on parle beaucoup de Corinne Mariotto aussi. Qui lira le 25 novembre à 16h au Pavillon Blanc de Colomiers « La pianiste » de Elfriede Jelinek. Et du 21 au 26 novembre, elle sera au Pavé pour nous lire et surtout pour nous faire « La cuisine de Marguerite ».

Corinne Mariotto

Avec son nom, Corinne Mariotto pourrait bien être une fille d’immigré italien, comme le sont Bruno Putzulu et Grégory Daltin. Bruno Putzulu accompagné de l’accordéon de Grégory Daltin nous a transportés l’autre jour au Sénéchal avec sa lecture des « Ritals » de Cavanna. Bruno Putzulu revient le 22 novembre 18h à Cabanis pour une lecture de « L’ami retrouvé » de Fred Uhlman. Tant que j’y suis, je vous signale le spectacle « Italiens : quand les immigrés, c’étaient nous »  par le Gruppo Incanto le 9 février 2018, au Phare de Tournefeuille.

Bruno Putzulu

On a fini par s’habituer aux immigrés italiens. Il ne nous reste plus qu’à nous habituer aux autres. Deux chanteuses peuvent nous y aider. Michelle Bernard avec Maria Suzanna  et Clarika avec Bien Mérité. Michelle Bernard sera avec Monique Brun au Bijou le 24 novembre. Clarika sera dans ce même Bijou du 28 au 30 novembre.

Ceux là sont Brésiliens, une soirée en soutien à Carlos Valverde et Renata Franco est organisée le 24 novembre, à la MJC Pont des Demoiselles. Depuis six ans en France, ils sont aujourd’hui menacés d’expulsion, ce qui est absolument incompréhensible. Membre entre autres du Forro Pifado, Carlos Valverde est un infatigable et irrésistible propagateur du forro à Toulouse.

Ceux là sont Congolais, ils ne sont pas immigrés et pourtant ils déménagent quand ils sont sur une scène. Ils avaient été programmés pour l’inauguration du Métronum en mars 2014, ce qui n’est pas anodin, connaissant les exigences de Hervé Bordier, le directeur de la salle. Ils ont été de nouveau programmés pour le Rio Loco de 2015. Jupiter & Okwess International reviennent au Metronum le 22 novembre à 19h.

J’en vois qui prendraient bien un dernier verre, pour la route : le festival Culture Bars Bars se tiendra du 23 au 25 novembre. Dans un programme dominé par les groupes aimés par ceux qui boivent de la bière, vous  trouverez le 22 novembre Doolin à la Dynamo. Et Txupi Stardub Dub & Reggae le 24 novembre au Nasdrovia, rue Maletache. Vous pouvez y aller au moins pour admirer la superbe déco de Fräneck.

13 novembre 2017

Qu’avons-nous fait pour tant de biens ? Nous nous sommes donné la peine de naître dans les années 50, et rien de plus. Nous sommes les baby boomers et nous avons eu, parait-il, beaucoup de chance. On ne s’en est pas toujours rendu compte sur le moment. La libération sexuelle par exemple, c’était quand au juste ? Elle a dû tomber pendant l’année où j’ai eu la chance de faire mon service militaire. L’âge d’or de la BD franco-belge, par contre, je l’ai vécu à fond. Période bénie où foisonnaient les hebdomadaires et mensuels spécialisés. Et aujourd’hui encore, nous vivons sur les rentes de cet âge d’or, avec les franchises de tous ces classiques, Astérix, Lucky Lucke, Valérian, Corto Maltese … que l’on trouve en ce moment empilés chez les libraires.

Astérix (558x1024)

C’est là qu’on voit qu’on nous balade, parce que l’âge d’or de la BD, c’est encore maintenant. On n’a jamais autant que de nos jours publié et vendu de la BD, de toutes les sortes. Le dernier Astérix a été tiré à 2 millions d’exemplaires ! Avec 14% de parts de marché, la BD arrive en troisième position, après la littérature générale et la jeunesse. Les boutiques spécialisées, les festivals se sont multipliés. Le Festival de BD de Colomiers en est lui à sa 31° édition et se déroulera cette année du 17 au 19 novembre. Ce festival a la particularité sympathique de mettre en avant les éditions indépendantes, celles qui font les choses par passion et qui ne visent pas forcément les grands tirages.

BD Colomiers Affiche 2017

On peut passer pas mal de temps pour faire le tour de la richesse de ce festival. Le cœur de la manifestation bat dans le hall Comminges. On y déambule comme dans les rues d’un village, au milieu des stands d’une cinquantaine d’éditeurs. Loto Editions, par exemple, pour n’en citer qu’un seul, implanté à Concots, en terre lotoise, terre des merveilles. Vous pourrez y faire des rencontres, comme Mathieu Sapin, spécialisé dans la BD reportage, qui viendra présenter le documentaire Macadam Popcorn le 17 novembre à 20h30. Le festival vaut aussi pour ses nombreuses expositions, dont celle de Maïté Grandjouan qui a fait l’affiche de cette année. Et celle du Pavillon Blanc, où l’on trouvera une sélection d’œuvres des Abattoirs, dans un esprit BD évidemment.

BD Colomiers - Le lézard noir

Hors festival, une rencontre avec le dessinateur Pochep est programmée le 17 novembre à 18h à la médiathèque Grand M du Mirail. Pochep publie entre autres dans Fluide Glacial. Cette revue fondée par Gotlib est une des rares rescapées de la grande époque. Elle maintient encore brillamment l’esprit désopilant de ses origines.

Pochep Vieille peau

Dans l’actualité de la semaine encore, deux concerts, déjà signalés. Celui du trio Parisien / Peirani / Portal le 20 novembre à Odyssud . Et celui de Mathieu Boogaerts, le 16 novembre, au Rex.

Et une séries de spectacles de Christian Robinson, qui sera les 13 & 27 novembre au CIAM de l’Université Jean Jaurès au Mirail, le 6 décembre à la Maison Salvan de Labège et le 9 décembre au Vent des Signes. Je ne le connais pas, mais il a avec lui les sérieuses références de Anne Lefèvre, du Groupe Merci & de Sarah Autheserre, qui nous en parle ici. A essayer donc, au moins pour comprendre enfin ce que les gens de théâtre entendent par le mot « performatif ».

Marie-Jeanne Jarry nous donne une nouvelle occasion de voir le spectacle qu’elle a monté sur l’histoire de sa grand mère, « 1914, Germaine la femme et la guerre », le 19 novembre à 20h dans la salle San Subra à Saint Cyprien. Je vous en avais parlé ici.

Deux festivals pour terminer :

La 11° édition du festival du film archéologique Airchéo aura lieu les 17 & 18 novembre. Les films seront projetés dans la Salle Nougaro ou dans celle du Sénéchal, avec des titres qui font penser aux aventuriers de l’arche perdue. Le court-métrage « Néandertal à Bruniquel » nous parlera lui de ce site exceptionnel des gorges de l’Aveyron, où l’on a récemment découvert des structures de stalactites brisées et arrangées par l’homme de Neandertal, qui n’a donc pas attendu l’homo sapiens pour commencer à vandaliser la nature. Surprise : datées en 2014 de 176 500 ans, ce qui leur fait maintenant trois ans de plus, ces structures sont de loin les plus anciennes traces connues laissées par l’homme dans une grotte !

La 18ème édition du festival Peuples et Musique au Cinéma aura lieu du 17 au 19 novembre à la Cinémathèque. Comme chaque année, on y trouvera un programme foisonnant et disparate de films et de rencontres autour de musiques pas formatées, ce qui les rend d’autant plus passionnantes. Difficile d’isoler une pépite dans tous ces trésors, voici néanmoins deux rendez-vous :

– Le western camarguais « Un mariage au révolver » a été tourné en 1911 et cette curiosité sera projetée le vendredi à 20h30 et accompagnée en direct par Francis Cabrel.

– Le samedi 18 à 21h, un hommage sera rendu à Régis Gizavo, ce merveilleux accordéoniste malgache disparu cet été. Voici une courte vidéo (désolé pour la piètre qualité technique) prise à l’occasion de son passage à Rio Loco en juin dernier avec Toko Telo.

Regis Gizavo