25 novembre 2014

Serait-il possible qu’il n’y ait pas de nouveau festival cette semaine à Toulouse ? Non, je ne crois pas que ce soit possible …

Le festival bar-bars du 27 au 29 novembre, une vingtaine de bars toulousains, petits mais vaillants. Le genre  de musique est en général assez rock on va dire, pas vraiment mon truc, mais les bars en général, je les ai beaucoup fréquentés et aujourd’hui je fréquente les cafés. Mon fils dit que les bars c’est pour les beaufs et les cafés, c’est pour les bobos. Beauf, pour lui c’est un compliment.  Il me semble que bars et cafés sont un peu en voie de disparition, non ? Allez-y, vous boirez des coups en faisant pour une fois une bonne action. Vous trouverez le programme au jour le jour dans le magazine Clutch ou Intramuros.

J’en profite pour vous signaler ces trois magazines d’information culturelle, qui alimentent ma lettre pour partie. Ce sont des mensuels, ils sont gratuits et distribués un peu partout et ils sont classe, ce sont Clutch, Flash et Intramuros.

Cours Toujours, festival de courts métrages du 21 novembre au 7 décembre qui présente dans plus de 30 salles une sélection des meilleurs courts métrage de fiction ou d’animation, venus du monde entier. Pour ceux qui comme moi regardent d’abord combien de temps dure le film, passé deux heures je me méfie …

Le Toulouse Game Show du 29 au 30 novembre au Parc des expositions qui est le salon grand public du manga, jeux vidéo, culture asiatique. Il y a peut être de secrets amateurs parmi vous, qui sait ?

Et j’ai oublié de vous parler de Motor, festival du film roumain qui a eu lieu du 13 au 22 novembre. Je pense que vous n’y seriez pas allés de toute façon, je vous connais.

C’est vertigineux le nombre de festivals à Toulouse, il en sort de nouveaux tous les ans, on pourrait même faire un jeu en essayant de deviner quel sera le prochain qu’on va inventer. Il manque peut être encore quelque chose dans le genre du festival du cri de cochon à Trie sur Baïse ?

Il y a aussi le Festival Graphéine, jusqu’au 6 décembre.
Dix sept lieux sont impliqués pour nous présenter des choses en rapport avec les arts graphiques. C’est de l’art contemporain, vous avez bien raison de vous méfier de l’art contemporain et du charabia fumeux qui va avec (j’ai des preuves), mais il y a quand même des choses intéressantes.

La galerie Exprmntl, rue de la Bourse, présente l’exposition “Between two lines” / “Entre deux lignes” avec Fred Deux & Cécile Reims et avec d’autres artistes invités. Fred Deux a 90 ans, c’est un grand artiste à mes yeux, il est exposé chichement aux Abattoirs et on a là l’occasion d’en voir un peu plus. Dans ses œuvres les plus récentes, il travaille à partir de taches qu’il habille pour leur insuffler une vie mystérieusement organique qui donne à penser. J’ai essayé d’être fumeux moi aussi mais je vois bien que je n’y arrive pas aussi bien que les vrais, ça veut encore trop dire un petit quelque chose.

Dans l’Espace Ecureuil de la place du Capitole,  une exposition de Emilie Faïf. Pour faire court, ce sont des sculptures de tissus. Entrez, c’est gratuit, c’est bien … on y voit entre autres un cœur qui bat et des spermatozoïdes en coton. Pour ceux qui n’en ont jamais vu, je vous mets une photo.

Emilie Faïf (640x428)

Il y a d’autres expositions au Château d’eau, à l’espace Croix-Baragnon, à l’institut Cervantès, au Goethe Institut, à Colomiers … à vous de voir
Le Lieu Commun, rue d’Armagnac participe aussi à ce festival avec 8 artistes. Il y a une soirée de soutien le mercredi 3 décembre, encore une bonne action en perspective.

Du cirque maintenant : Acrostiche à la Grainerie de Balma, à partir du 28 novembre et puis Circus Incognitus au Sorano du 25 au 30 novembre, et puis le Cirque Eloise à Odyssud du 26 au 30 novembre. Le cirque ne me réussit pas, je vais vous dire pourquoi. Un jour, il y a longtemps, alors que mon commerce battait de l’aile, probablement pour une histoire de cuisse, j’ai tenté le tout pour le tout et j’ai proposé de l’emmener au cirque Pinder. Ce fut la ruine immédiate du commerce, elle s’appelait Hélène. Soyez prudents avec le cirque, même si vous y allez comme simples spectateurs et non pas comme acrobates.

Au théâtre du Pavé, En attendant Godot, passe du mardi 25 au 29 novembre 2014.
Sans doute est-ce un spectacle qui déroute certains et enthousiasme d’autres … c’est bien cela, le théâtre, donner à chacun de s’en faire un voyage intérieur …”
Il y a un bar au théâtre du Pavé, vous pouvez aussi y attendre un godet. Mercredi 26, demain donc, le tenancier sera un des lecteurs de cette lettre et il sera particulièrement zélé pour vous servir sans vous faire attendre.

Le vendredi 28 novembre, à 12h30, le duo Demonsant/Doumerc,  respectivement accordéon et saxo du groupe Pulcinella entre autres, passe à la Bibliothèque de la rue du Périgord. Ce jour là, à midi aussi, je reçois la médaille du travail.

Le vendredi encore, à 20h30 à Limayrac, Jazz Cats : on me dit qu’il y aura des nouveautés dans le répertoire et pourtant on ne s’en lassait pas.

A la cinémathèque, le lundi 1° décembre à 20h30 passe Laura de Otto Preminger, un classique de 1944. Le thème musical du film est devenu un standard pour les musiciens. Le rôle de Laura fut d’ailleurs proposé à une certaine Hedy Lamarr qui le refusa et qui déclara par la suite qu’elle aurait accepté si on lui avait présenté la partition au lieu du scénario.

Le mardi 2 décembre à 18h30 au Centre Desbals, vernissage de l’exposition “Sur les routes”, ce sont des photographies de la collection du Château d’Eau. Je ne rate pas ces vernissages parce que les expos sont toujours bien et aussi parce que ce n’est pas loin de chez moi et que j’y rencontre des amis. Mais ce jour là, je ne peux pas y aller. Ca m’embête de demander ça à celle qui s’occupe de ces expos, alors que c’est la première fois que je lui envoie cette lettre, mais ça m’arrangerait si elle pouvait décaler la date de son vernissage.

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19 novembre 2014

Je suis presque certain que la richesse et la qualité de la vie culturelle toulousaine commençait à manquer à ceux qui viennent de passer quelques jours à Paris, non ? Pas même La Dépêche, le Tef et le Stade ?

Ce soir mercredi, je file voir Dick Annegarn à la Halle aux Grains. Le jeudi 20 & le vendredi 21 novembre, Whahay à la salle bleue de l’espace Croix Baragnon, c’est du jazz. Le groupe est composé de trois musiciens toulousains, “ce trio de musiciens décloisonnés et aux parcours respectifs impressionnants s’est réuni autour de la musique de Charles Mingus, qui se fait le quatrième homme de cette explosive croisée des chemins. Invité pour la première fois à l’Espace Croix-Baragnon, Whahay profite de l’occasion pour célébrer à Toulouse la sortie de son disque et, pour bien faire, s’offre la joie d’une rencontre avec deux figures majeures de la musique improvisée, la pianiste Christine Wodrascka et le guitariste Jean-Yves Evrard”. Trois bonnes raisons de ne pas rater ça :
– Leur disque est classé comme “choc du mois” dans la revue Jazz Mag
– La programmation jazz de la salle bleue est toujours excellente
– Un de mes experts-conseil en jazz me le recommande vivement
– J’y vais le vendredi.

Marionnettissimo bien sûr, qui a commencé le 18 novembre. Je crois qu’il vaut mieux réserver, mais vous pensez bien que je ne l’ai pas encore fait. Il y a les cigales et il y a les fourmis …

L’expo toulousaine du moment c’est Benjamin Constant au musée des Augustins. L’Orient comme on le peignait à l’époque, c’est très exotique et très spectaculaire, il y a des scènes de harem avec des femmes nues et des scènes de guerre avec des cadavres …

Benjamin Constant

Je préfère vous montrer une image de guerre, je ne veux pas qu’il m’arrive la même chose qu’à ce pauvre gamin dessiné par Reiser. Reiser, c’est comme La Fontaine, il a une histoire pour illustrer chacune des péripéties de la vie, c’est l’autre génie du 20° siècle. Tant que vous êtes sur place ne manquez pas la salle des chapiteaux romans, mise en scène par Jorge Pardo, c’est fun et coloré, pour du roman ça fait moderne.

Certains centres culturels proposent ce qu’ils appellent des itinéraires associés à cette exposition Constant. Toujours sur le thème de l’Orient, on peut voir des carnets de voyage contemporains, c’est un registre toujours d’actualité, et je suis assez fasciné par ces gens qui ont ce talent de saisir en direct les scènes de la vie. J’ai vu l’expo du centre Desbals avec la jeune Amandine K au Maroc, c’est bien, et j’ai vu celle du centre Bellegarde, avec trois exposants dont les dessins de la Turquie, du Caire, … ont davantage de densité et de maturité.

Dans le genre voyage encore, le festival “Terres d’Ailleurs” du 19 au 23 novembre, “des rencontres avec des explorateurs, des carnettistes de voyage, des auteurs, … tous partis à la rencontre du monde en quête de savoir et de partage” … c’est une autre façon de voyager sous les yourtes mongoles et sur les routes persanes, tout à fait low cost celle là.

Au cinéma, je vous recommande deux films :
A girl at my door”, un film coréen qui secoue. Dépêchez vous, il ne passe (à l’Utopia) que jusqu’au 24 novembre
Le garçon et le monde”, un merveilleux film d’animation brésilien. Vous n’aimez peut être pas les dessins animés ? Vous n’avez pas su garder votre âme d’enfant ? Pourtant j’en connais qui …  passons.

Et pour finir avec du fun, du plaisir et de l’agrément, un lien vers une chronique de Sophia Aram qui passe les lundi matin sur France Inter.

12 novembre 2014

Cette semaine, une nouvelle lectrice toute jeune découvre cette lettre, je vais essayer d’être à la hauteur avec des sujets tournés vers le futur …

Gong, pour commencer, qui passe au Metronum le vendredi 14 novembre avec Daevid Allen himself. Gong est le groupe emblématique des hippies du début des années 70’s en France et Daevid Allen, 76 ans cette année, était le pape des babas. A l’époque je les ai vus en concert à Bordeaux, Daevid Allen fumait des bananes, ça planait pas mal, ceux qui s’en souviennent ne l’ont pas vécu … Je cherche quelqu’un pour aller les voir avec moi, discrétion assurée. Et si en plus vous pouviez me procurer un peu d’herbe pour l’occasion …

Planant dans un autre genre, le Festival « Des Etoiles et des Ailes » se déroulera du 13 au 16 novembre à la Cité de l’Espace.

A l’espace « Des collages du Sud » Jean Pierre Condat présentera les « Détournements d’avions« . Jean Pierre est quelqu’un qui fait des collages sur des sujets le plus souvent en rapport avec le monde des avions. J’ai déjà vu son expo sur le site d’Airbus, il détourne des tableaux connus ou moins connus pour y introduire une composante aéronautique, c’est super bien fait. Jean Pierre est très connu dans le milieu de l’aviation, j’ai eu la surprise de voir que certains de ses tableaux sont accrochés au musée de l’aéropostale à Saint Louis du Sénégal, et dans bien d’autres endroits, comme par exemple chez mon médecin, qui est fana.
Le jeudi 13 à 14h30 en salle Altaïr, Catherine Durand et Jean-Michel Duc animeront une conférence en images faisant le lien entre les tableaux des grands maitres de la peinture et ceux de Jean Pierre.

Festival BD de Colomiers, samedi 15 et dimanche, tourné vers la BD d’auteurs et vers l’édition indépendante, comme on les aime. Pleins de stands, d’expos et de spectacles. Cette année, Jon Mc Naught et Lorenzo Mattotti (un fantastique coloriste) sont à l’honneur parmi d’autres. Et puis on y découvre les productions de ces éditeurs indépendants, en général petits et vaillants eux aussi, qui nous concoctent des livres ou des revues qui sortent de l’ordinaire.

J’étais jeudi soir à la Cave Poésie pour l’inauguration du festival “des théâtres près de chez vous”. Je ne vous y ai pas vus, un seul d’entre vous avait une excuse valable, quoique improbable : il tenait le bar du théâtre du Pavé. Et bien, vous avez raté quelque chose. D’abord il y avait beaucoup de jeunes et quelques vieux, rien entre les deux, comme une distribution bimodale si vous voulez. On a eu droit à la présentation des spectacles pour commencer et puis ensuite le bal Dulieux – Boccalini. Un bal tendance folk du monde, un peu de tout comme morceaux et le fameux cercle circasien quand même, avec explication des figures. Sinon les danseurs d’aujourd’hui sont plutôt free style. Les soixante dix huitards étaient davantage appliqués. Avec l’âge on ne peut pas s’empêcher de donner des conseils, alors je vous le répète, il est utile de savoir danser la valse et de savoir couper le poulet rôti.

Vous connaissez le principe de ce festival, on paye la première place et ensuite on a un pass à 3 euros valable pour les sept théâtres. Que choisir parmi les spectacles proposés ?
J’ai vu “A tous ceux qui” au théâtre du Grand Rond, la comédienne joue tous les rôles d’une grande famille à table après guerre, elle est forte.
Et puis j’essaierais bien “Ubu Enchainé” au théâtre du Ring, parce que Ubu, c’est un délire hilarant qui ne ressemble à rien, c’est ubuesque pour de vrai.
En voici un extrait :
Père Ubu : Puisque nous sommes dans le pays où la liberté est égale à la fraternité, laquelle n’est comparable qu’à l’égalité de la légalité, et que je ne suis pas capable de faire comme tout le monde et que cela m’est égal d’être égal à tout le monde puisque c’est encore moi qui finirai par tuer tout le monde, je vais me mettre esclave, Mère Ubu !
Mère Ubu : Esclave ! mais tu es trop gros, Père Ubu !

5 novembre 2014

Dick Annegarn passe à la Halle aux Grains le mercredi 19 novembre. Ce n’est pas tout le monde qui aime Dick Annegarn. Eliane par exemple ne l’aime pas. Son père déjà n’aime pas Mozart, elle a de qui tenir. Pour moi, Dick Annegarn est dans le sommet du top, il faut l’avoir vu sur scène avec son allure d’ours des montagnes du plat pays batave, un hollandais volant non identifié. Il a des chansons poignantes. Son dernier disque est superbe, je vous en mets un morceau, un peu plombant certes.

Je vous avertis que les places sont un peu chères. D’habitude je ne vous parle pas de ce qui est cher, ni des gros spectacles dans les grandes salles, ce n’est pas ma came. Je préfère les structures à échelle humaine, et c’est aussi bien quand elles sont petites et vaillantes, là comme ailleurs.

Et justement, voilà sept théâtres parmi les plus sympas qui organisent un festival “des théâtres près de chez vous” du 7 au 16 novembre. Le principe c’est une place achetée et toutes les autres à 3 €.
Seulement, je n’y vois pas le théâtre du Pavé … Est ce que le monsieur du Pavé qui lit cette lettre peut néanmoins nous conseiller des spectacles de ses concurrents ?
Inauguration le jeudi 6, 19h30, à la Cave Po, avec le duo Dulieux – Boccalini, j’irais bien, c’est demain, il faut vite que je mette cette lettre à la poste si vous voulez venir.

Festival Extrême Cinéma à la cinémathèque du 4 au 8 novembre, pour ceux qui aiment les choses bizarres et pour ça, je veux bien me dénoncer en premier. “Scènes de chasse en Bavière” passe samedi à 17h, je l’ai vu il y a plus de 40 ans, et “Pixote, la loi du plus faible” passe samedi à 15h15.

Au cinéma encore 2 films à voir :

Bande de filles de Céline Sciamma : ce n’est pas un film qui illustre une histoire fabriquée, c’est un voyage en immersion dans cette bande (et ce ne sont pas des vraies blondes). On est chez elles, elles vivent leur vie sans faire attention à nous, du coup l’histoire est un peu elliptique. Quand on rentre à la maison, c’est comme si on avait vu du pays.

Le sel de la terre de Wim Wenders avec les photos de Sebastiao Salgado : même si vous ne connaissez pas le photographe, vous connaissez surement ses photos, elles sont marquantes.

Je signale à ceux que ça intéresse que la sonde Rosetta va atterrir sur la comète machin le 12 novembre, si les ingénieurs du Cnes ne font pas de bêtises, avec retransmission à la cité de l’espace de 10h à 20h.

Je sais qu’il y en a parmi vous qui sont davantage portés sur le sport que sur la culture … C’est en pensant à vous que je vous fait passer cette vidéo sportive, ça fera de cette lettre l’inverse de La Dépêche, c’est à dire un peu de sport noyé dans un océan de culture. Pour l’apprécier, il faut connaitre la règle du but compte double à l’extérieur, ce qui n’est pas forcément le cas de tous mes lecteurs (trices) et manifestement pas celui de notre commentateur.

Vous avez entendu ?  Le plus drôle est pour maintenant : vous savez ce qu’il est devenu le champion ? Il est devenu député … Il y a en un parmi vous qui pense que la politique c’est devenu de la comptabilité et que la comptabilité ne devrait être qu’une compétence mineure pour un politique (j’espère que je ne trahis pas sa pensée …). On est peut être encore trop optimiste si on croit qu’ils savent tous compter …