23 décembre 2014 : le jeu des innovations insolites

Pour la dernière lettre de l’année, je vous propose un jeu de ma fabrication. Il se trouve que je collectionne les innovations insolites que je vois passer et quand je n’en vois pas, je les invente. Il y a d’ailleurs dans le tas plusieurs idées originales qui pourraient faire la fortune d’un entrepreneur très très courageux si elles étaient convenablement exploitées.
Je vous fais donc passer une liste de 20 innovations insolites de ma collection. Certaines sont des innovations véritables, elles existent. D’autres ne sont que des innovations virtuelles, et elles n’existent pas, ou pas encore. Et voici la règle du jeu, toute simple : il vous faut distinguer dans cette liste les innovations véritables des innovations virtuelles en cochant la case vrai ou faux, sans bien sûr vous faire aider par internet. Renvoyez moi votre copie si vous voulez connaitre la solution.

2014_12_Le jeu des innovations insolites #1

Et le tableau de George Grosz : Remember Uncle August Unhappy Inventor

Remember Uncle August Unhappy Inventor

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16 décembre 2014

La semaine dernière, j’ai passé quelques jours à Lyon pour la Fête des Lumières. C’est un évènement considérable, et il y a un monde fou, des embouteillages de piétons un peu partout dans cette ville qui est beaucoup plus grande que Toulouse. Après coup, j’ai appris que d’autres Lumières toulousaines étaient venues apporter leur contribution, d’où le succès.
Je vous passe un lien pour vous donner une idée, avec mes chouchous : les Anookis

Il faisait vraiment très froid, de quoi attraper la poilite. Vous ne savez pas ce que c’est que la poilite ? Je vous le dirai à la fin quand les enfants seront couchés.
Du coup, j’ai pris goût au vin chaud avec de la cannelle, j’en bois maintenant plusieurs verres tous les soirs avec modération.

Vous aimez la musique classique ? Le vendredi 19 décembre, à la Halle aux Grains, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse de Tugan Sokhiev, dans un programme contemporain avec Colin Currie aux percussions. Un connaisseur me dit que ce devrait être spectaculaire. J’y ai vu cet automne la symphonie n°1 de Mahler, c’était formidable. Je dois reconnaitre que la musique d’un grand orchestre en vrai dispense une espèce de bonheur. A la Halle aux Grains, je prends les places derrière l’orchestre, elles permettent de bien voir le chef d’orchestre et elles ne sont pas trop chères.

C’est la saison du cirque. Le cirque a l’inconvénient d’attirer les enfants. Mais on n’échappe pas facilement aux enfants, j’ai déjà vu des enseignants amener des enfants au musée pour leur faire dessiner du Soulages ! W.C. Fields disait que quelqu’un qui n’aime pas les enfants ne peut pas être tout à fait mauvais. Il faudrait avoir le courage d’interdire les enfants, les générations futures nous en seraient reconnaissantes.

Un amateur qui va voir des spectacles jusque dans l’ Ariège me recommande une compagnie petite mais vaillante qui s’appelle “Les Têtes en l’air” (souvenez vous “Le palais Nibo et ses pensionnaires”, c’étaient eux). Il  y a des jongleur et des acrobate (il n’ y a pas de s quand c’est au singulier), mais aussi Pierre Maurice Nouvel que les plus anciens se souviennent d’avoir vu à Saint Céré en au début des années 80. Il n’y a qu’un seul animal dans ce cirque : un escargot. Là où on voit qu’il y a du fond c’est qu’ils font un numéro extraordinaire à partir de la mythique course cycliste Bordeaux Paris abandonnée dans les années 80 aussi. Ca s’appelle “La parade des étonnés”. Ca passe à Toulouse du 20 décembre au 4 janvier sous chapiteau sur la zone verte des Argoulets.

Et puis les Acrostiches à la Grainerie de Balma jusqu’au 21 décembre.

Et puis “Circasseries théâtrales”, un cycle de quatre spectacles présentés à l’Usine de Tournefeuille et au théâtre Garonne du 16 au 28 décembre. On y trouve la famille Dromesko dans “Le jour du grand jour”. Ceux là, je les aime depuis longtemps, depuis leur Volière Dromesko avec l’oiseau marabout et les musiciens tsiganes, depuis même que j’ai vu Igor et son frère en dresseur de rats funambules au début des années 80, c’était le théâtre de Las Ratas, juste avant le cirque Aligre.

Dans la série des concerts programmés par “Un pavé dans le jazz”, jeudi 18,  La Fabrique Culturelle, 20H : Cappozzo-Cirotteau-Duboc-Don Moye-Pepin. Énergie, poésie, liberté et engagement, grooves venus des confins de l’Afrique ou matières sonores contemporaines, ce quintet venu d’ailleurs, à l’instrumentation atypique développe une musique sans frontières ni limites, confrontant les expériences et le vécu des uns et des autres. Don Moye aux percussions, c’est celui de l’Art Ensemble of Chicago. Je vous mets un lien pour la chanson de Brigitte Fontaine en souvenir, ce sont eux qui jouent dessus, vous le savez.

Suite de la programmation Glamour à la Cinémathèque jusqu’au 30 décembre. Presque tout fait envie … C’est ça le problème des programmations thématiques de la cinémathèque, on passe d’une période où rien ne nous attire à une période où on aurait envie de tout voir.

Je vous ai déjà conseillé Hantise,  il y a aussi Femmes du même George Cukor qui passe mercredi à 16h30, une bonne heure pour les retraités. C’est un film où on ne voit que des femmes. Ce film nous donne enfin accès aux secrets qu’elles se disent entre elles quand on n’est pas là. On découvre alors qu’elles en profitent pour manigancer et dire beaucoup de mal des autres.

Et puis du 24 décembre au 6 janvier, une série de 4 comédies british à l’Utopia. Personnellement et par patriotisme je me tiens à l’écart de l’humour anglais, sans y parvenir tout à fait.

Le film de la semaine, largement, c’est “Retour à Ithaque” de Laurent Cantet. Si vous avez la chance d’être une bande de potes autour de la soixantaine, que vous aimez vous retrouver pour picoler et pour dire des conneries, et qu’en plus vous avez de la sympathie pour Cuba, alors ce film est fait pour vous. Bien sûr vous savez que ça dérape forcément un peu et qu’on regarde parfois la poussière sous le tapis. Mais ça se passe à La Havane et on rajoute une couche plus compliquée, avec la dureté de la vie, l’exil des enfants, les désillusions politiques. Le film est captivant de bout en bout, on est touché de très près.

L’autre film de la semaine, largement aussi, c’est « Timbuktu« , bien plombant. Je vous mets une chronique de Nicole Ferroni là dessus. L’humour c’est quand on rigole quand même.

Et puis ce pauvre Mimi Lorenzini qui disparait … Il a fait un tube gauchiste avec le groupe Triangle, ça s’appelait “Peut être demain”.

La poilite, c’est quand les poils sont plus longs que la bite.

9 décembre 2014

Si je vous dis : économie coopérative, mutualisation et partage, initiative citoyenne, habitat participatif, co-working, crowd funding … et que vous tendez l’oreille, alors l’exposition “We-Traders / Sous la crise la ville” est faite pour vous. Ca se passe au Centre Méridional de l’Architecture et de la Ville, rue Saint Pantaléon proche de la place Salengro, du 13 novembre au 17 janvier. Cette expo présente 25 initiatives dans cinq villes européennes, dont Toulouse. A l’heure d’une crise générale économique, sociale et écologique, sont expérimentées partout en Europe de nouvelles formes d’échanges et de partages, qui par leur horizontalité, leur symétrie, et leur ouverture à tous, représentent de nouveaux marchés créateurs de valeurs et d’une urbanité nouvelle par delà la crise. Pour vous donner une idée un peu plus concrète, ont été sélectionnées à Toulouse : La Serre / Artilect (avec le Fab Lab), le potager de Camille en AMAP, AERA habitat social coopératif, Bois et Cie (insertion par la menuiserie), Mix Art Myris, le Carrefour Culturel Arnaud Bernard, … vous voyez un petit peu mieux de quoi on parle. Il y a aussi un programme d’animation, voici le lien.

Juste en face du CMAV, dans la boutique Lynx Optique, une jeune peintre, Elke Folz, expose quelques œuvres. Si vous êtes vraiment très très curieux, vous l’avez peut être vue exposée à Ombres Blanches ou bien dans la revue AaOo.

Cette rue Saint Pantaléon doit son nom à un médecin turc qui a sauvé un enfant de la morsure d’un serpent. Je vous montre en pièce jointe une photo de sa statue, elle dévoile le secret de ses capacités miraculeuses.

Saint Pantaléon (480x640)

Du mardi 9 au samedi 13 décembre à 20h, au Théâtre du Pavé, une lecture musicale : Calamity Jane avec Corinne Mariotto (comédienne) et Greg Lamazères (multi-instrumentiste). Corinne Mariotto, vous êtes peut être allés la voir dans la pièce “Les amours inutiles” dont je vous ai parlé la semaine dernière. Greg joue avec Jefferson Noizet, un groupe de folk blues, qui possède un excellent cornettiste. Greg est aussi ce journaliste qui fait une chronique sur la chaine TLT, mais je n’arrive pas à regarder TLT plus de cinq minutes d’affilée, je ne sais pas vous …

Acide lyrique, humour et grand répertoire, passe du 4 au 23 décembre au café-théâtre les 3T. Eliane est fan de ce qu’ils font, et c’est vrai que c’est un genre d’humour auquel elle n’est pas habituée à la maison. Un des gars du groupe a participé à Questions pour un Champion, je l’ai rencontré aux éliminatoires, on lui a demandé de chanter de l’opéra, je n’aurais pas aimé avoir à en faire autant.

Suite de la programmation “Glamour” à la cinémathèque, avec plein de films alléchants, par exemple Hantise de George Cukor, il passe le 17 dec à 19h.

Et aussi le film Elena pour une séance unique à l’Utopia Tournefeuille le 12 décembre à 20h30, par le russe qui a fait Léviathan, il s’appelle Andreï Zviaguintsev, il ne mérite pas qu’on ait du mal à se souvenir de son nom. Le genre de nom qu’on ne peut pas épeler et qu’il faut dire lettre par lettre.

Vendredi 12 décembre, 20h30, au Centre Desbals, une histoire de famille à la campagne, du théatre qui raconte quelques épisodes grotesques et décalés de la vie d’une famille nombreuse, ponctués de tubes inoubliables de la chanson française, avec Jean Luc Amestoy à l’accordéon,  ça se tente mais ce n’est peut être pas aussi bien que ça en a l’air ?

Copinage : Polyphonie corse au féminin à l’église des Minimes le 13 décembre à 20h30.  On me dit que ce groupe ne figure pas au top 50, c’est déjà bon signe.

Le 13 décembre encore, anniversaire de l’Ostal de Occitania de 14h à 18h, avec une carte blanche à Claude Marti. Claude Marti  a beaucoup contribué à modifier mon imaginaire dans les années 75’s. C’est un peu grâce à lui que j’ai arrêté de fantasmer sur la Californie pour me tourner vers le Languedoc, lo païs que vol viure. Dans mon panthéon des villes du monde, Narbonne a alors pris la place de San Francisco, avec Sète et Pézenas, les villes de Charles Trenet, Georges Brassens et Bobby Lapointe.

L’exposition faite de sculptures de tissus par Emilie Faïf à l’espace Ecureuil, dont je vous ai parlé il y a deux semaines, m’a donné l’idée de vous montrer ça pour finir :

corail reef

Admirez les formes merveilleuses et colorées de ces coraux en laine réalisés au crochet. Il y a derrière ces formes une association improbable de maths et de crochet. Je renvoie ceux qui veulent en savoir davantage à l’article du magazine Pour la Science à l’origine de ces informations.

Et pour aller encore plus loin dans les explications, regardez le lien en mettant les sous titres en français. Vous allez être étonnés par l’allure de la prof de maths qui fait du tricot …  comme quoi il faut se méfier des idées préconçues. Vous avez maintenant bien compris la différence entre un plan euclidien et un plan hyperbolique ?

Là, je ne sais pas s’il me reste encore des lecteurs …

Toujours à la suite de l’expo Emilie Faïf, un gynécologue de mes amis me passe ce lien vers des images étonnantes de spermatozoïdes et de leurs conséquences : un quart d’heure de plaisir dans le meilleur des cas, neuf mois de grossesse et vingt ans d’emmerdements, ce n’est pas dit clairement dans la vidéo mais il vaut mieux le savoir.

2 décembre 2014

Je mets un peu de glamour dans la lettre de cette semaine, avec dans l’idée de séduire de nouveaux lecteurs :

Glamour la thématique de la programmation de la cinémathèque jusqu’à Noël. Pour cette semaine, le 10 décembre à 21 h et le 13 à 19h, passe Ninotchka, un film de Ernst Lubitsch, j’ai beaucoup aimé ce film, avec Greta Garbo en commissaire soviétique, il ne peut pas être totalement anti-communiste.
A la cinémathèque aussi le film Deep Impact le 9 dec à 20h, avec une comète qui doit entrer en collision avec la terre, suivi d’un débat avec Philippe Gaudon, le chef de projet Cnes de la sonde Rosetta, je sais qu’il y a des fans parmi vous.

Glamour encore, le Festival du cinéma italien du 28 novembre au 7 décembre.
Les Italiens sont à l’international nos seuls véritables rivaux en amour, à nous les français. Qu’est ce qu’ils ont de plus que nous ? La vérité c’est que les italiens sont des français de bonne humeur, comme disait Jean Cocteau. Le voilà leur avantage compétitif, la bonne humeur. Ca m’énerve, tiens …

Du glamour avec des poils maintenant, quoique la mode serait plutôt pour les hommes à se laisser pousser la barbe et pour les femmes à se raser ailleurs, je veux parler du salon de l’érotisme Eropolis … Super, voilà les nouveaux lecteurs qui arrivent … Seulement c’était le week-end dernier, c’est passé maintenant. Les vrais amateurs n’avaient pas besoin de moi pour être au courant. Si vous pouviez me faire un compte rendu, avec des photos si possible, c’est pour servir dans ma lettre de l’année prochaine.

La bibliothèque d’étude et du patrimoine de la rue du Périgord, vous connaissez ? C’est un superbe bâtiment “art déco” de 1935, réalisé par Montariol qui était architecte de la ville de Toulouse dans les années 30 et 40. Il a fait plein de belles choses, comme la piscine Nakache, les premières Habitations Bon Marché rue du Férétra, des cités jardin, des écoles, … et le kiosque à musique de la place Pinel. Cette place fait l’objet d’un culte décalé de la part de Yves Le Pestipon, l’huluberlu que vous avez peut être vu organiser un lancer de terre devant le château de la Reynerie dans le cadre de la Novela. Une visite de ce bâtiment remarquable est organisée le samedi 6 décembre à 11h.

Au même endroit et le samedi 6 dec à 17 h,  “Set de Cant”, des chants de la tradition musicale de la grande Occitanie, pour ceux qui ne sont pas encore fatigués par l’occitan du métro, s’il en reste.
Et le 9 dec à 18h30, une lecture sur les “Les dames de la grande guerre”.
Dans ce même bâtiment vous trouverez une exposition sur la guerre de 14-18, “Fragments de vie”,  qui présente la vie quotidienne pendant la Grande Guerre, je l’ai vue trop vite cette expo.

Le jeudi 4 décembre, à la médiathèque, Clutchorama pour la sortie du numéro de décembre du magazine Clutch, dont je vous ai déjà parlé. Jeune, moderne, branché, c’est vraiment fait pour vous.

Au cinéma, Qui vive de Marianne Tardieu, avec Reda Kateb celui qui jouait dans le Prophète de Michel Audiard et plus récemment dans Hippocrate. C’est un film de banlieue, il y a des embrouilles, mais tout dépend de comment c’est fait et là, c’est bien fait. C’est un film juste, on est embarqué.

Du jazz les 4 et 5 décembre, à la salle bleue : Leila Martial Baa Box + Theo Ceccaldi Trio

Et le samedi 6 à 17h30, à la librairie Ombres Blanches, présentation de l’ouvrage “De briques et de jazz” de Charles Schaettel, sur l’histoire du jazz à Toulouse depuis les années 30. J’imagine qu’il parlera aussi du jazz à la Nouvelle Orléans d’avant les années 30, et peut être aussi de quelques uns d’entre vous ? Vous l’auriez mérité en tout cas.

Le samedi 6 décembre à 20h, un concert organisé par Un pavé dans le jazz au Théâtre du Pavé : A bout de souffle : Solo vocal improvisé et a cappella de Caroline Engremy et Sens Radiants : Daunik Lazro au saxophone baryton / Benjamin Duboc à la contrebasse / Didier Lasserre à la caisse claire & cymbale. Ce sont des musiques aventureuses, partez donc à l’aventure.

Deux spectacles hors du commun pour finir :

Le mercredi 3 décembre à 18h à la médiathèque, “Les amours inutiles”, du théâtre à partir de nouvelles de Maupassant,  en version bilingue français / langue des signes.
Cette pièce je l’ai vue à la Cave Poésie il y quelques années, sans le doublage en langue des signes. Les acteurs étaient super, je me souviens d’une Corinne Mariotto canon. Et Maupassant, il n’écrit pas pour faire joli, il dit les choses comme elles sont, et forcément, c’est rude. Son talent c’est d’être drôle avec une réalité cruelle, un peu comme Reiser. Giscard avait dit que Maupassant était un de ses auteurs favoris, et alors, comme on n’aimait pas Giscard, on s’était mis à ne pas aimer Maupassant. C’est un peu idiot, comme si on n’aimait pas Carla Bruni à cause de l’autre, là, comment il s’appelle déjà ? Giscard aimait aussi Toni Muréna, l’accordéoniste qui a composé “Indifférence”, cette valse merveilleuse.

Glamour, l’enfant de Bohème qui n’a jamais connu de loi, c’est le spectacle Carmen, Opéra sauvage, un opéra en langue des signes qui passe à Cugnaux le 12 décembre.
Je vous sens dubitatifs sur la notion d’opéra en langue des signes … Je l’ai vu il y a un an, il y a un sous titrage, une chanteuse quand même et surtout cette gestuelle fantastique qui fait qu’on est fasciné par ce spectacle, et une Carmen magnifiquement ronde. Et en ressortant du spectacle, ça fait tout chose de voir tous ces gens en grande conversation silencieuse.