3 février 2015

Le CNES se porte beaucoup mieux depuis que j’en suis parti, c’est net, en voici trois exemples :

1) Les deux chefs de projet,  l’une pour le cargo spatial ATV, l’autre pour Rosetta et Philaé sur la comète Tchouri, figurent dans le palmarès des toulousains de l’année, et pourtant ce palmarès était largement manipulé en faveur des sportifs.

2) Les ballons du Cnes se lancent dans le projet Loon en partenariat avec Google, en vue de connecter le monde à l’internet, rien que ça.

3) Et enfin Xavier Passot se trouvera le 10 février à la cinémathèque. Xavier Passot, c’est le responsable au Cnes du GEIPAN, le groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés, en clair c’est le monsieur OVNI du Cnes. Il sera là pour répondre à toutes vos interrogations, à toutes les questions qui vous brûlent les lèvres sur le sujet. Auparavant il vous faudra néanmoins vous appuyer un film de Robert Zemeckis, qui s’appelle “Contact”.

Pour rester dans le sujet, je vous passe un grand classique du dessin d’humour sur les extraterrestres, du Vuillemin tout à fait raffiné et de bon goût, comme il se doit dans cette lettre.

Du 2 au 8 février aura lieu la 8° édition du festival de films LGBT (Lesbien Gay Bi Trans). Peut être l’occasion de sortir du placard ? Justement je vous fais un coming out avec une histoire de placard : j’ai fait deux mois de prison à cause de Charlie. C’était il y a quarante ans, pendant mon service militaire. Charlie était interdit dans les casernes et ils ont trouvé un numéro dans mon placard. J’ai pris deux mois pour cause de propagande anti-militariste. L’histoire est en réalité un peu plus entortillée mais en gros, c’est le seul motif concret. J’en profite pour rendre hommage à la justice militaire, rapide sans être expéditive, sachant prononcer une sanction proportionnée au délit, à la fois incontestable, pédagogique et dissuasive. Comment c’était la prison ? J’étais dans une petite cellule, avec juste un lit et pas de table. Il fallait taper à la porte pour aller pisser. Ca devait être terrible ? Je vais vous décevoir parce que finalement, j’ai bien aimé. D’abord, c’était l’hiver, j’étais au chaud pendant que mes camarades devaient se lever tôt pour saluer le drapeau dans le froid. J’avais de quoi lire et écouter la radio. Et puis, j’ai un gros défaut, celui d’avoir besoin de beaucoup de sommeil. Dans cette situation, ce défaut s’est métamorphosé en qualité. En conclusion, chauffé, nourri, reposé et dans la tranquillité d’esprit, je n’étais pas si loin que ça de mon idéal de vie. Merci Cabu !

Quitte à risquer deux mois de trou supplémentaires, je vous fais passer ce grand classique de la chanson anti-militariste : Ancien Combattant par le musicien congolais Zao. J’envie ceux qui ne la connaissent pas encore parce que ça va leur faire drôle.

Mais beaucoup d’entre vous la connaissent déjà. Savez vous que si la chanson a été popularisée en Europe par Zao, la chanson d’origine fut composée en 1969 par le malien Idrissa Soumaoro ? Et l’orchestre guinéen Balla et ses Balladins en a fait une version en 1973, le son est un peu pourri, dommage. Pour rendre justice aux Balladins, je vous mets un de leur succès, Paulette. Une de ces merveilles de musiques mandingues qui évoquent le paradis perdu.

Pardon, je vous raconte ma vie, pardon. Ce que vous voulez, ce sont des infos utiles pour vos sorties. Les voici :

Demain mercredi, Dimoné à la Dynamo. Un bel article sur lui dans Intra Muros : Celui-là, depuis l’temps qu’on lui prédit un avenir radieux…Et puis, il allait devoir faire mieux que l’extraordinaire “Madame Blanche” écouté et usé sur notre platine… Alors, depuis 2009 nous nous languissions,nous contentant des messages Facebook du bonhomme qui n’est pas avare de ce côté-ci de la toile. Et le voilà cet opus qui va lui faire rencontrer le “grand” public, celui qui lui vaudra peut-être la quatrième de couv’ de “Libé” et une belle chronique dans “Télérama”… dans ce cas-là y’a des gars y z’écrivent « le disque de la maturité ». Sauf que mature, le Dimoné l’est depuis déjà longtemps et qu’il n’a pas attendu le Rihanna ère pour se tirer sur la nouille. Pensez donc, nous le suivons depuis 1999 le Montpelliérain, son époque post-moustache où il commençait sérieusement à exceller dans le rôle du poète désabusé.

Jeudi et vendredi, la Mal Coiffée à l’espace Croix Baragnon, un groupe vocal composé de 5 femmes qui font des polyphonies occitanes, je les avais vues au Bijou, c’est beau.

Vendredi et samedi, Christian Olivier des Têtes Raides, à la Cave Poésie. Il a fait une belle chanson en duo avec Olivia Ruiz.

Samedi, les Pistons Flingueurs au Métronum. Vous n’êtes jamais allés dans cette nouvelle salle ? Moi non plus, mais ça ne devrait pas tarder.

Dimanche, rien, je ne travaille pas encore le dimanche.

Lundi, concert au Théâtre du Pavé à 20 h : Khari B. (spoken word), Magic Malik (flûte, voix), Guillaume Orti (saxophones), Jeb Bishop (trombone), Frédéric Bargeon-Briet (contrebasse). Ce concert est organisé par Un Pavé dans le Jazz, dans le cadre du projet The Bridge qui associe musiciens français et américains pour des échanges trans-atlantiques. Magic Malik, je l’ai vu l’an passé, il dégage quelque chose de chaleureux qui donne la patate quand on en sort.

Et aussi le festival de danse contemporaine CDC qui continue jusqu’au 7 février.

Je vous recommande particulièrement le spectacle de Sylvie Maury qui passe du 3 au 7 février Grand Rond. Le spectacle s’appelle La Douleur, à partir du texte de Marguerite Duras. Ne vous laissez pas arrêter par un a priori négatif, ce n’est pas drôle en effet mais c’est tout à fait bouleversant. Avril 1945 : Marguerite attend dans un Paris ressuscité, printanier et lumineux, qui lui est indifférent, le retour de son mari, Robert Antelme, déporté politique à Dachau. Elle ignore s’il est encore en vie ou fusillé par l’ennemi en déroute, surpris par l’arrivée des Alliés. Les convois des prisonniers et des rescapés commencent à affluer tous les jours des camps de concentration d’Europe. L’auteur s’enfonce alors dans la douleur morale et physique de l’attente insupportable, du doute affreux qui rend fou ou indolent. Quand elle ne s’endort pas abasourdie de souffrance, découragée, avilie et refusant de s’alimenter, Marguerite erre fiévreuse, nauséeuse et sale dans les rues d’une capitale qui renait du chaos, heureuse de s’appartenir à nouveau (…)

Le Tournoi des six nations démarre le 6 février, avec un France-Ecosse le samedi 7 février à 18h. Cette semaine je laisse mes blagues au vestiaire pour laisser la place à un véritable pro de la critique rugbystique. Je vous mets le début, en réponse à ceux comme moi qui ne reconnaissent pas les Italiens comme une nation de rugby  :

Pendant longtemps, un match contre l’Italie était avant tout la perspective d’affronter 50% de joueurs complètement inconnus et 50% de joueurs du Stade Français. Une formalité donc. Aujourd’hui rien n’a changé, sauf que les 50% de joueurs inconnus ont prouvé qu’ils étaient parfois capables d’être bons et que le Stade Français est deuxième du meilleur championnat du monde ®.

Pour des raisons culturelles, le peuple de France continue tout de même à mépriser les « Ritals ». En effet, comment réellement estimer des mecs qui chialent pendant leur hymne comme de vulgaires Argentins ? Cet acte n’est-il pas la preuve de leur évidente infériorité ? Un aveu qui sonne comme une faiblesse, les joueurs reconnaissant par là même que jouer sous le maillot de leur équipe nationale est une consécration totale, et implicitement, une de leurs rares chances de passer à la télé et d’espérer être reconnus dans la rue. En France, les joueurs n’ont nul besoin de se faire remarquer sur la pelouse puisque, même s’ils ne sont pas sélectionnés, on a l’assurance de les voir dans une pub juste avant ou juste après.

Voyez la suite en suivant le lien.

Je vous informe que la vie en rose est maintenant lue à Paris, par un à qui je souhaite bon courage. Bientôt sûrement à l’international et un jour probablement sur la Lune, sur Mars ou dans la galaxie ? Il ne reste plus maintenant qu’à trouver des extra-terrestres avec leurs adresses mail. Là dessus je compte sur le CNES.

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