27 avril 2015

Pas de nouveau festival cette semaine, c’est exceptionnel, c’est la faute au premier mai. Vous savez que la fête du travail est une des rares fêtes qui soient universelles. Certains Chinois par exemple travaillent tous les jours de l’année, sauf le jour du 1° de l’an chinois et le jour du 1° mai. On nous dit qu’il faudrait travailler comme des chinois pour devenir compétitifs. Et peut être qu’on leur dit à eux que pour le rester, il leur faudrait aussi travailler le 1° mai ? Je vous passe une photo prise un premier mai à Pékin, avec un authentique drapeau rouge.

Premier mai à Pékin

Pas tout à fait un festival mais presque : Bazar au Bazacle se déroulera du 30 avril au 3 mai au Parc des Sports du Bazacle (aux Amidonniers, pas loin du pont des Catalans). Un évènement sur 4 jours pour la convergence des luttes, organisé par des militant-es engagé-es. La manif est évidemment comprise dans le programme. Des groupes sont programmés tous les soirs, dont Brassens Not Dead et La Tormenta avec sa cumbia caliente.

Voici une semaine théâtrale qui s’annonce très riche, avec en particulier  :

Du 28 au 30 avril , le retour de Wajdi Mouawad au TNT avec la pièce “Soeurs”. Le texte de présentation est abscons et incite à se méfier. J’ai pourtant vu déjà au TNT “Incendies”, une pièce de ce même Mouawad et aussi le film du même nom tiré de la pièce et les deux étaient bien..

Et il y a plein d’autres choses cette semaine dans les bons théâtres habituels, pour lesquelles je n’ai pas d’info perso à vous donner, voyez vous mêmes.

Et la semaine prochaine, Festival Actoralle rendez-vous théâtral marseillais débarque à Toulouse pour s’installer dans les murs des théâtres Garonne et Sorano.

Dimanche 3 mai 2015, de 10 h 30 à 19 h 30, “Le réveil des Jardins du Museum”, gratuit et familial. L’anniversaire des 150 ans du Muséum et 20 ans de Rio Loco marqueront cette année l’ouverture de la saison des Jardins ! Pour célébrer cette belle entente entre générations, la journée « Amneye » – Déserts et musiques nomades – proposera des ateliers de calligraphies et contes musicaux, entre écoutes, rêveries et ballades dans les jardins… Et les serres municipales seront également ouvertes au public ce jour là.

Le lundi 4 mai, “La fête à Boby” par André Minvielle, à Odyssud. Je vous en avais parlé dans ma lettre du 25 février. Qu’est ce que je vous disais ? Qu’il fallait réserver. Vous croyez que je l’ai fait à temps ? Je me suis réveillé trop tard et c’était complet. Je me rends compte avec tristesse que ma lettre ne me sert à rien. Je ne suis pas un bon exemple pour vous.

Lundi 4 mai à 18h, Ombres Blanches : présentation de Manon Lescaut par Yves Le Pestipon, un type brillant. Je précise pour un de mes fils que Manon Lescaut n’est pas une jeune actrice de maintenant.

Mardi 5 mai, Emile Parisien avec son quartet à l’Espace Job.

Mercredi 6 mai, Kassé Mady Diabaté et Ballaké Sissoko à la salle Nougaro. Pour une fois, j’ai réservé, je ne veux pas les rater. Qui sont ces deux là ? Ces deux là sont des légendes de la merveilleuse musique mandingue. C’est qu’on s’y perd un peu dans les noms du Mali, on les confond facilement avec des joueurs de foot. Il n’y a pas là bas beaucoup de noms différents, c’est un pays pauvre et il n’y a pas suffisamment de noms pour tout le monde,  ce n’est pas comme chez nous où les riches peuvent avoir plusieurs noms pour eux, par exemple monsieur Bismuth.

Kassé Mady, 65 ans cette année, possède une voix magnifique et Salif Keita qui s’y connait, l’a présenté comme « le plus grand chanteur du Mali ». Pourtant, hors de son pays, son nom apparaît à peine. Kassé Mady n’a même pas de notice Wikipédia. Il a fait ses débuts dans l’orchestre Las Maravillas, devenu par la suite le Badema National du Mali, l’orchestre officiel de la jeune république où il officiera pendant seize ans, rémunéré comme un fonctionnaire. Sur leur dernier disque de 1983, il y a Nama, une longue chanson douloureuse qui parle d’un drame arrivé en septembre 1971 : une pirogue coule lors de la traversée du Niger, faisant 14 morts.

Kassé Mady a enregistré son premier album solo à la fin des années 80. On le verra également impliqué dans de multiples projets, Songhai avec le groupe de flamenco espagnol Ketama, Koulandjan avec Taj Mahal et Toumani Diabaté, Mandekalou le super-groupe de griots réunis par le producteur Ibrahima Sylla, … Son enregistrement récent Kiriké a été produit par le violoncelliste Vincent Segal, et réunit autour de lui le joueur de kora Ballaké Sissoko, le balafoniste Lansiné Kouyaté et le joueur de ngoni Badjé Tounkara. Ce sont eux que l’on verra mercredi. Voici la chanson Hera tirée de ce dernier disque.  Il faut reconnaitre que la voix de Kassé Mady a un peu perdu de son étendue et de sa puissance. Voici ce qu’en dit néanmoins Vincent Segal :  « Tu peux essayer de chanter une chanson de Youssou N’Dour ou de Salif Keita comme Youssou ou Salif. Tu ne chanteras pas aussi bien qu’eux, mais tu peux. Avec Kassé Mady Diabaté, c’est impossible. C’est comme John Lee Hooker, Cheikha Rabia ou Cheikha Rimitti. Tu ne peux pas les imiter. Il y a une souplesse, un savoir-faire qui fait que c’est magique. »

Le joueur de kora Ballaké Sissoko est également une figure historique de cette musique mandingue. Il a enregistré à de nombreuses reprises avec son alter ego Toumani Diabaté, à commencer par le disque Nouvelles Cordes Anciennes, enregistré en 1997 près de 30 ans après l’album Cordes anciennes de leurs parents Sidiki Diabaté et Djélimady Sissoko. Plus récemment, il a également enregistré un disque avec Vincent Segal : Chamber Music

Les hasards du calendrier nous font rester au Mali, avec Boubacar Traoré qui passe le mardi 12 mai, toujours dans la salle Nougaro. J’ai peur que ce soit déjà complet. Boubacar Traoré est le maître du blues malien avec Ali Farka Touré aujourd’hui disparu. Né à Kayes en 1942, à l’ouest du Mali, dans une famille noble, Boubacar était un joueur de football exceptionnel, promis à une grande carrière, qu’une blessure au pied anéantit à la fin des années 50. Adieu le ballon : il ne garde que son surnom Kar-Kar, « le dribbleur ». Je ne sais pas si le foot a perdu quelque chose mais la musique y a gagné à coup sûr.

Voici Adieu Pierrette. Pierrette était sa femme française bien aimée. L’amour est comme le 1° mai, il est universel.

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Tribute Nino Ferrer pour le vendredi 24, à la salle bleue, c’est complet. En guise de consolation, voici un hommage perso à Nino, même s’il est moins chic qu’un vrai tribute.

Dans les années 70, Nino s’était établi dans une maison proche de Montcuq dans le Lot. Et c’est là que je l’ai presque connu, puisque j’ai eu la chance de grandir dans le coin et que j’y reviens souvent. Il faut que je fasse attention à ne pas trop m’en vanter, parce que Brassens parle aussi de Montcuq dans sa chanson “Les Imbéciles heureux” .

J’ai vu Nino une première fois en début des années 70, il avait fait un concert dans un festival près de Lauzerte. A cette époque, on avait de lui l’image d’un charlot de la variété et on ne l’avait pas applaudi plus que ça. Et Little Bob, le rocker du Havre, qui passait juste après lui, nous avait reproché notre manque d’enthousiasme, en nous engueulant sec, genre “bande de cons”. Et c’est vrai qu’on était un peu cons à l’époque, mais évidemment, on ne l’est plus du tout maintenant. Little Bob nous avait dit les choses franco et après ça, il avait chanté en anglais, ce couillon.

J’ai revu Nino une seconde fois en 1994, à Montcuq même, où il avait donné un concert pour ses 60 ans. Seul en scène avec sa guitare, il avait un son et une présence hors du commun, c’est là enfin que j’ai compris qu’on avait affaire à un grand bonhomme.

Nino était aussi peintre, une de ses peintures est exposée dans l’escalier de la mairie de Montcuq. La blonde à poil qui tient la banderole est plutôt réjouissante.

Nino Ferrer à Montcuq (1280x1270)

Zaza Fournier au Bijou, c’était complet aussi. Petite consolation avec ce lien.

Voici deux festivals maintenant, qui ont en commun d’avoir un parfum militant et aussi d’être présents sur les quartiers périphériques. Ces festivals existent depuis longtemps, mais je ne les connais pas plus que ça, à ma grande honte. Le genre de festival qu’on regrette quand ils disparaissent, alors qu’on n’y a jamais mis les pieds.

Premièrement, le festival Alban S’agit(e) programmé dans le centre culturel Alban Minville. François Fehner est le père de cet AGIT, Association pour un Groupement d’Interventions Théâtrales. C’est aussi le père de Léa Fehner, celle qui a fait le super film “Qu’un seul tienne et les autres suivront”, l’histoire parallèle de trois vies pas faciles. Ce film est programmé pour le jeudi 23. A suivre ensuite :

– vendredi 24 : La boucherie de l’espérance de Kateb Yacine sur le conflit israélo-palestinien. Kateb Yacine est le père de Reda Kateb, l’acteur qu’on voit beaucoup en ce moment.

– samedi 25 : Sankara – Mitterrand rencontre de 1986. Thomas Sankara était président du Burkina Faso dans les années 80, il voulait faire annuler la dette de son pays, il a été abattu.

– samedi 25 à 16h et lundi 27 à 14h30 : Moha le fou Moha le sage de Tahar Ben Jelloun.

Secondement, le 23 avril, le Metronum accueille la première escale du festival Toucouleurs : Djazia Satour (influences black music et chaabi algérien) et Orange Blossom (musique électronique orientale), dont les critiques nous disent le plus grand bien.

A la Cinémathèque, une dernière occasion le mercredi 22 à 16h30 de voir “La vieille dame indigne” de René Allio.

Et puis aussi le jeudi 30 avril, “Le mystère Picasso” de Henri-Georges Clouzot. Clouzot est surtout connu pour Le Salaire de la peur et Les Diaboliques. Clouzot est l’un des rares à avoir remporté les trois récompenses suprêmes des principaux festivals européens à savoir le Lion d’or, la Palme d’or et l’Ours d’or. Il a donc aussi réalisé Le Mystère Picasso, en filmant Picasso derrière un papier transparent qui permet de voir le dessin en train de se faire. Ce documentaire a été déclaré trésor national par le gouvernement français.

A partir de mai la cinémathèque programme un cycle de films indiens, et ne comptez pas trop sur moi pour vous en parler. Le seul cinéaste indien que je connais, c’est Satyatjit Ray dont j’ai vu deux films magnifiques “La leçon de musique” et “La maison et le monde”. Mais ces deux films ne sont pas programmés. Du coup, je n’ai plus aucun repère. Mais il y en a qui justement préfèrent aller au cinéma sans savoir, les yeux fermés en quelque sorte.

J’ai vu aussi “Leopardi”, un film italien d’une facture classique mais bien, et surtout “Taxi Téhéran” de l’iranien Tafar Pahani, Ours d’or à Berlin.  Ce film repose sur une idée forte : puisqu’on lui interdit de tourner, le cinéaste a fait de son taxi un studio clandestin. Une fiction basée sur une matière documentaire qui nous montre des personnages pittoresques, attachants et bizarrement proches de nous.

Une exposition sur le Centre Spatial Guyanais est organisée par le CNES aux Mazades jusqu’au 29 avril. L’expo  est un peu réservée aux aficionados de la Guyane dont je fais partie. On y voit des maquettes de fusées et surtout des photos de quelques animaux de la forêt équatoriale. J’ai une fascination inépuisable pour toutes ces bestioles : il y en a des mimis comme ce singe-écureuil et d’autres moins mimis, des caïmans, des boas, des grenouilles vénéneuses … Mais tous ces animaux ont beaucoup plus à craindre de notre espèce que nous de la leur. En Guyane, le seul animal qui attaque l’homme délibérément, c’est le moustique.

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J’en profite pour vous signaler le blog de Loïc Mangin qui nous montre tous les jours la photo d’une bestiole différente.

13 avril 2015

Voilà la famille qui débarque à Toulouse, qu’est ce que je vais pouvoir en faire ? La question m’a été posée par un ami. De me demander conseil sur un sujet aussi délicat, voilà une belle preuve de confiance de sa part.

Emmenez les à la cinémathèque voir l’exposition d’affiches de cinéma faites par les dessinateurs morts ou vifs de Charlie. On y voit les affiches de Wolinski, Cabu, Reiser, Gébé, Charb, Tignous, et d’autres encore bien vivants. Delfeil de Ton parlait de l’affiche de Reiser pour La Grande Bouffe dans Charlie en mai 1973 : Si vous n’avez pas remarqué les publicités de Reiser pour ce film, c’est que vous n’avez pas souvent ouvert un journal ces temps-ci. Elles se remarquent. Elles se remarquent d’autant plus que c’est la première fois que Reiser accepte de faire de la publicité payée.

Reiser - Affiche La Grande Bouffe

Puisque vous êtes à la cinémathèque, allez voir “Khamsa”, le film de Karim Dridi, dont je vous ai déjà parlé, pour une séance unique le mardi 14 avril.

Et puis ne ratez pas “La vieille dame indigne” le film de René Allio qui passe vendredi 17 à 21h et mercredi 22 à 16h30. La vieille dame, qui se retrouve veuve, en profite pour enfin vivre sa vie comme elle l’entend, au grand dam de ses enfants. Ca nous change des enfants qui n’en font qu’à leur tête sans s’occuper de ce que peuvent dire les parents. On y entend la chanson si émouvante de Jean Ferrat : On ne voit pas le temps passer

Merci pour ta proposition, Michel, mais j’ai affaire à la Tatie Yvonne qui arrive de Lourdes où elle est bénévole pour le diocèse. Elle veut bien être Charlie, mais il ne faut pas trop lui en demander. Il lui faudrait un menu de substitution, en quelque sorte. Alors quoi de mieux pour elle que de lui faire visiter l’église des Jacobins ? Vous lui ferez d’abord admirer le célèbre palmier. Et elle sera certainement ravie de l’effet rendu par le miroir au pied de ce palmier, on y voit la voute de l’église à l’envers, un peu comme si on avait une église renversée au fond d’une piscine. Vous lui direz alors que Reiser avait eue l’idée insolite de transformer les églises en piscine. Montrez lui le dessin, Reiser avait pensé à elle :

reiser-la-frequentation-des-eglises

Ce ne serait pas la première fois qu’on détournerait les églises de leur fonction première. L’église des Récollets, proche d’Empalot, construite au XV°siècle, avait été transformée en salle de cinéma pendant la guerre. Ce n’est qu’en 1950 qu’elle redevient un lieu de culte. Elle en a gardé une disposition atypique avec une entrée et un balcon construits pour la salle de cinéma. Plus récemment, sur les allées Jean Jaurès, l’immeuble de l’ancienne église Notre Dame des Grâces a été entièrement restauré par le promoteur Kaufmann & Broad qui va y installer son siège régional. Je me demande ce que le promoteur a pu dire à la vieille dame pieuse de Reiser.

De l’église, vous passez par le cloître pour aller dans le couvent des Jacobins voir une belle exposition de 170 photos issues de la collection du Château d’ Eau. Cette exposition a pour titre “Etonnantes Affinités” et le texte de présentation met l’accent sur les liens, les correspondances, les ponts, les dialogues, les parentés, les échos, les croisements, … entre les différentes photographies. Je n’ai personnellement pas bien saisi la nature de toutes ces relations, ce qui n’enlève rien à la qualité des photos.

Mercredi 15 et jeudi 16, Zaza Fournier au Bijou. Je l’y ai déjà vue une fois, elle chantait perchée en robe courte sur un tabouret, elle m’a plu.

Jeudi 16 et vendredi 17, Aurélien Bory, celui de la Compagnie 111, met en scène la chorégraphie de Stéphanie Fuster à l’Escale de Tournefeuille.

Et vendredi 24, Tribute Nino Ferrer, à la salle bleue de l’Espace Croix Baragnon. Il y aura du beau linge toulousain, il vous faut évidemment réserver, s’il est encore temps.

Vendredi 17 avril, Admiral T, le pape du dancehall au Metronum. Le dancehall, quézaco ? Un style musical très pêchu issu du reggae et du ragga, par exemple Sean Paul pour le plus connu. Admiral T s’est fait connaître par son morceau du début des années 2000 : Gwadada. Pour les antillais, Gwadada c’est la Guadeloupe et Madidina c’est la Martinique. Qu’est qui les distingue, ceux là ? Les uns aiment les grosses, les autres les maigres. C’est bon à savoir si vous devez y aller. J’ai vu Admiral T deux fois sur scène, dont une fois au Havana en février 2004, un concert d’anthologie. Admiral T fut l’objet d’une polémique, à cause de paroles homophobes. Pour me faire pardonner de lui faire de la publicité, je vous mets la chanson de Tryo : Brian Williamson

Le lundi 20, 20h30, à l’Utopia, projection du film australien “Walkabout” et concert exceptionnel de Dan Brodie. Recommandé par quelqu’un rencontré Chez Raymond, le restaurant de Saint Cyprien.

Tatie Yvonne n’aime pas le dancehall ni le rock ? Amenez la Chez Raymond, on y fait des rencontres sympas, elle y a sa place.

Lundi 20, 17h30, Ombres Blanches, lecture des Caractères de La Bruyère, dans la série “Classiques au détail”. Quelqu’une, admiratrice de La Fontaine, m’a un jour demandé pourquoi j’aimais La Bruyère. Je l’aime aussi parce qu’il a écrit ça : Il y a des âmes sales , pétries de boue et d’ordure, éprises du gain et de l’intérêt, comme les belles âmes le sont de la gloire et de la vertu ; capables d’une seule volupté, qui est celle d’acquérir ou de ne point perdre ; curieuses et avides du dernier dix ; uniquement occupées de leurs débiteurs ; toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnaies ; enfoncées et comme abîmées dans les contrats, les titres et les parchemins. De telles gens ne sont ni parents, ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut être des hommes : ils ont de l’argent.

6 avril 2015

Le service public de la radio est en grève, je prends donc cette semaine leur relais pour vous informer, vous instruire et vous divertir …

Nous avons le plaisir d’assister à la naissance du festival “Printemps du Forro”, le premier festival de forró em Toulouse ! Le nouveau né sera présenté au public du 10 au 12 avril, à la MJC du Pont des Demoiselles. Le forró, quezaco ? Le forró désigne un ensemble de musiques originaires du sertao, cette zone du Nordeste brésilien au climat semi aride et aux traditions très riches. Cette musique trouve, paraît-il, quelques racines lointaines chez les troubadours occitans et influence en retour nos toulousains des Trobadors et des Bombes de Bal qui adorent le forró. Le forró est joué à la base par un trio de tambourin, accordéon et triangle, vous savez, ce petit machin métallique qui donne une pulsation d’enfer. Le forró pourrait bien devenir à la mode un de ces jours, aussi je vous donne un maximum d’informations pour que vous puissiez continuer à faire bonne figure chez les branchés :

  • Une photo de joueurs de forró issue de ma collection de figurines à accordéons.20150401_164519_Forro (1280x720)
  • La chanson “Asa Branca” de Luiz Gonzaga qui date de 1947 et qui est considérée comme l’hymne du Nordeste par les danseurs de forró. Dédicacée à celle qui connait la chanson par cœur et qui se reconnaitra.
  • Une captation éclair pendant un apéro-concert de Ciné Latino du groupe Forro Pifado. Ce groupe est programmé pour le samedi 11.
  • Et le livre de David Rassent, dont je vous ai déjà parlé, si vous voulez en savoir plus sur la Musique Populaire Brésilienne.
  • Et puis une excellente compile sur You Tube, cette musique vous mettra de bonne humeur.

On a la chance d’avoir à Toulouse une belle Cinémathèque, mais elle a un parti pris contestable, celui de fonctionner avec des programmations thématiques. Avec ça, on peut rester de longues semaines sans avoir envie d’y mettre les pieds et tout d’un coup, se réveiller parce qu’il y a une programmation du tonnerre qui donne envie de voir plusieurs films par jour. Marseille est le thème choisi pour ce début d’avril et beaucoup de très bons films sont programmés. Je n’y trouve pourtant pas la trilogie de Marcel Pagnol, heureusement que je l’ai déjà vue quand j’étais petit avec mon tonton Roger qui aimait beaucoup Raimu.

Rien à voir avec Marseille : le mardi 7 à 21h passe “Les Liaisons Dangereuses”, le film  de Stephen Frears, d’après le livre de Choderlos de Laclos. Dépêchez vous de le lire si ce n’est pas déjà fait, c’est le livre préféré de Brigitte Fontaine. Elle a d’ailleurs appelé son dernier disque “J’ai l’honneur d’être” en référence à leur façon polie de terminer leurs lettres assassines. Il y a dans ce disque la chanson  » Au Diable Dieu « , on ne peut pas mieux dire …

Dans la thématique, on me signale “La république de Marseille” de Denis Gheerbrant du 7 au 10 avril : un ensemble de 7 films de durée variable , qui compte autant de milieux sociaux pour découvrir Marseille et en donner un portrait où l’individu croise le collectif.

Et aussi, le mercredi 8 à 20h : l’Atlantide d’après Pierre Benoit, un film muet accompagné par Gregory Daltin, Laurent Guitton et Kiko Ruiz.

Et surtout ne ratez pas Khamsa, un film de Karim Dridi, pour une séance unique le mardi 14 avril. Le film se déroule dans le camp gitan de Mirabeau, près de Marseille, et décrit les tribulations d’un jeune gitan de 11 ans, échappé de sa famille d’accueil, qui cherche à trouver une place parmi les siens et à échapper à son destin. Simon Abkarian est extraordinaire  en gitan plus vrai que nature, il n’est curieusement pas cité dans la présentation du programme. Khamsa est un film hors du commun, au plus près d’une réalité dure et rude. Ce n’est pas un de ces films français où on nous raconte la vie difficile de gens qui travaillent dans une galerie d’art. Attention, je ne critique pas, il se trouve que j’ai une cousine qui s’occupe d’une galerie à Bruxelles. Et on pourrait aussi bien faire un film de son histoire.

Et puis, la cinémathèque présente du 7 avril au 31 mai une exposition en hommage à Cabu et à Wolinski. Je vous en reparlerai quand je l’aurai vue si elle n’est pas explosée d’ici là.

Mardi 7 avril au Lieu Commun rue d’Armagnac, Chamæleo Vulgaris programmé par un Pavé dans le Jazz, on leur fait confiance sans connaître.

Philippe Découflé à Odyssud du 8 au 11 avril dans son nouveau spectacle “Contact”.

Les 9, 10 et 11 avril au Sorano, Les Chiens de Navarre dans leur nouveau spectacle “Les armoires normandes”.

Jeudi 9 à midi trente au Sénéchal : De l’arbre au concert, un exposé sur la lutherie avec des musiciens du Capitole. Vous voilà informés d’une occasion de vous instruire tout en vous divertissant

Jeudi 9 avril à 19h chez Gibert, vernissage de la sortie du Clutch Art Book : un recueil des œuvres d’artistes exposés tous les mois par le magazine Clutch.

Jeudi 9 avril, Denis Rey, pour les Rugissants de la Cave Poésie, lira “Le feu” de Henri Barbusse. Denis Rey ce grand comédien qui a incarné d’une façon époustouflante Mitterrand dans ses dialogues avec Marguerite Duras. La voix, les intonations, la posture, les mouvements de sourcil, … il nous a comme qui dirait rendu tonton.