25 mai 2015

Pour cette semaine, voici 13 propositions hors du commun :

1) Ce mardi 26, à 20h, à la Fabrique culturelle du Mirail, quinze musiciens de la région toulousaine sous la direction de Christine Wodrascka pour une nouvelle interprétation d’In C de Terry Riley. C’est organisé par Un Pavé dans le Jazz, c’est gratuit et ça vaut quelques explications.

Christine Wodrascka est une pianiste de musique improvisée et musique contemporaine, elle est basée à Toulouse et on l’a vue par exemple cet automne à la salle bleue avec la formation Whahay. Ceux que je connais des quinze musiciens font également partie du beau linge des musiques aventureuses. Cet ensemble sera rejoint pour ce premier concert par dix étudiants de la filière jazz. Voilà donc une salle qui devrait être bien remplie avec la famille et les copains de ces nombreux musiciens. Terry Riley, né en 1935, est  considéré comme un des fondateurs de la musique minimaliste répétitive. La pièce In C composée en 1964 est emblématique de ce genre musical. In C présente un concept alors inédit : la partition est uniquement composée de 53 phrases musicales ; les musiciens doivent jouer chacun de ces motifs, et le répéter autant de fois qu’ils le veulent avant de passer au motif suivant. On a pu dire de ce genre de musique répétitive qu’elle est comparable à un ciel nuageux, on a l’impression que rien ne bouge sur le moment mais deux minutes plus tard, tout a changé. Attention, ce n’est pas vraiment de la musique pour les festayres.

Il n’est pas possible de parler de Terry Riley sans parler de Daniel Caux, critique musicologue & homme de radio. C’est Daniel Caux qui fit venir en 1970 aux Nuits de la Fondation Maeght, pour la première fois en France, Terry Riley, La Monte Young, Sun Ra et le saxophoniste Albert Ayler. Pour les jeunes qui ne le connaissent pas, Albert Ayler avait joué du saxo pour l’enterrement de Coltrane. Vous ne connaissez pas Coltrane non plus ? Il y a du boulot … Je vous passe In heart only, un morceau de cet Albert Ayler, les occasions de le faire sont rares, je sais bien que vous n’aimez pas le free jazz et pourtant, quelle puissance, quel lyrisme, quelle beauté dans ce morceau ! Un livre de Daniel Caux existe sous le titre “Le silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe”. On y trouve des articles sur les musiciens de ce courant minimaliste, sur Albert Ayler bien sûr, et sur tout un tas de musiciens bizarroïdes. Pour les fadas qui veulent en savoir plus, je peux vous prêter ce livre. Daniel Caux tenait également dans le Charlie Mensuel de la grande époque une rubrique consacrée à la musique arabe et intitulée “Ali Charlie”. Je peux aussi vous en passer une copie, si vous voulez être Ali Charlie vous aussi.

2) Du 27 au 31 mai aura lieu Africlap, le premier festival de cinéma africain. En ouverture de festival, le 27 mai à 14h30 sera présenté le film “Soleils”. Il est rassurant que de nouveaux festivals apparaissent dans cette période où on les voit plutôt disparaitre. En plus, les films africains sont généralement méconnus et c’est une très bonne chose que de les mettre davantage en valeur. On leur souhaite bonne chance et longue vie.

3) Du 27 au 31 mai, WE des Curiosités au Bikini. Le programme est très rock, très anglo-saxon. Ce genre de musique n’est pas trop mon truc, mais je vous en parle quand même parce qu’il ne faut pas juger les musiques d’après leur genre et parce que le Bikini est une bonne maison.

4) Du 26 au 30 mai, Lise Avignon au théâtre du Grand Rond dans son spectacle “Le monde est rond” d’après Gertrude Stein. Il se trouve que c’est la fille d’un copain qui devrait pourtant savoir que le monde n’est pas tout à fait rond. Voici les critiques de Sarah Authesserre  et celle de Marlène Pereira du site Un Clou dans la Planche qui s’intitule “La Vie en Rose”, une pure coïncidence.

Toujours au Grand Rond, du 2 au 6 juin, Helmut Von Karglass dans son numéro de jongleur, clown, acrobate. Je vous en avais déjà parlé dans ma lettre du 30 mars.

5) Le 25 mai 1665, l’évêque de Montauban célébrait la première messe abritée par l’église Saint-Exupère. La construction de ce monument venait juste d’être achevée. Pour célébrer cet anniversaire, l’association des amis de Saint-Exupère présente une vidéo conférence le mercredi 27 mai de 18 heures à 19 heures dans l’église du même nom, allée Jules Guesde à côté du Sorano. Cette église est rarement ouverte, profitez-en, elle a un riche passé et aussi une décoration de gypseries (à ne pas confondre avec des stucs) classée Monument Historique.

Eglise Saint Exupère (1280x855)

6) Le jeudi 28, le groupe La Pifada propose un bal forro occitan au café La Maison Blanche. Dans cette même famille Forro, le groupe Forro Pifado jouera le 29 au lieu associatif Amanita Muscaria, rue Viguerie, en face du Château d’Eau et le lendemain 30 Mai à la MJC Empalot. Forro Pifado vient de sortir un nouveau disque, Forro de Printemps, en voici une présentation dans le blog de l’Autre bistrot des accordéons, dont je tire cette vidéo d’un concert à la Dynamo.

7) Les expos que j’ai vues du festival Indélébile sont bien. En voici trois que je vous recommande :

  • “Boutures Cosmiques”, de Benjamin Ferré au centre culturel Bellegarde, du moment que c’est cosmique, ça devrait vous plaire et peut être même donner à certains l’idée d’une mission spatiale.

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  • Une année comme les autres” de Mazen Kerbaj, un dessinateur, peintre et trompettiste libanais, à la librairie Ombres Blanches. Il a fait un dessin tous les jours pendant une année, et ses dessins ne sont pas comme ceux des autres.
  • “Les guerrières” de Junie Briffaz à la Maison Blanche : une série de miniatures, reposant sur un même principe : une monture, une arme et une combattante !

Et tant que j’y suis, je vous recommande l’exposition organisée par l’association Estampadura dans la librairie Privat, un bel ensemble d’estampes réalisées par une quinzaine d’artistes. On se fera un plaisir sur place de vous expliquer ce que sont les différentes sortes d’estampes.

8) Les lundi 8 et mardi 9 juin, Café Tango à l’Escale de Tournefeuille, avec Omar Hasan, Gregory Daltin et l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Omar Hasan est un joueur de rugby international argentin qui a joué au Stade, que le putschiste ne me dise pas qu’il ne le connait pas. Il s’est reconverti en chanteur baryton, dans un répertoire de classiques du tango, avec Carlos Gardel en bonne place comme il se doit.

Ce même Orchestre de Chambre de Toulouse sera le jeudi 28 mai au centre culturel Desbals pour un programme autour de Mozart : “Les dissonnances

9) Le vendredi 29 mai, à 19h, la Maison du Vélo & le Museum organisent une conférence intitulée “vers une cité végétale et une mobilité douce” avec Luc Schuiten, architecte et illustrateur, souvent associé à son frère François, celui des “Cités Obscures” et de peintures murales, comme celle ci à Lyon. La conférence sera suivie d’une balade nocturne à vélo avec l’association 2P2R qui attend votre adhésion. Je suis un de leurs militants !

Schuiten - Lyon

10) Un copain me recommande la soirée du samedi 30 mai aux Mazades, dans Le Cadre du Festival « Passe ton Bach d’abord » : La clarinettiste Cirla et le contrebassiste Trolonge invitent le chœur et les musiciens de l’Ensemble Baroque de Toulouse pour imaginer ensemble cette « Cantate Singulière » à partir d’une idée de battle entre différents univers. La réalisation de ce projet porte sur une passion commune pour le son et une envie de mélanger différents langages : baroque, jazz, folk, improvisation.

12) Trois films remarquables :

  • Titli un film indien qui raconte l’histoire très rude d’un jeune qui est mal parti. On se demande pendant tout le film s’il va s’enfoncer davantage ou s’il va s’en sortir. Pour comprendre ce film, il est utile de savoir que 300 000 roupies correspondent à 4200 euros.
  • La loi du marché de Stéphane Brizé. De lui, vous avez peut être déjà vu “Le bleu des villes”, “Je ne suis pas là pour être aimé” et son dernier “Quelques heures de printemps”. Le film sonne exceptionnellement juste, avec un Vincent Lindon impressionnant qui a bien mérité son prix d’interprétation à Cannes. Les scènes sont parfaitement construites, avec sobriété. On voit que chacun à sa place fait son boulot du mieux qu’il peut là où il est, et le résultat est implacable, plus efficace que bien des discours, pour montrer toute la dureté de ce système.
  • Un pigeon perché sur une branche, Lion d’or à Venise, un OVNI suédois, un ensemble de saynètes en plan fixe construites comme des tableaux aux couleurs gustaviennes, lugubre et drôle à la fois, délicieusement bizarre, tout ce que j’aime.

13) Le lundi 1° juin, à 17h30, librairie Ombres Blanches dans le cadre des Classiques au Détail, Le Pestipon nous parlera de La Fontaine. On sort de ces conférences charmés, souvent éblouis, un peu grisés et parfois même enfumés. Que les supporters ultra de La Fontaine (dont je fais partie) arrivent à l’avance, la salle de 30 personnes est vite pleine.

Je vois bien que ces propositions vont rester un peu trop confidentielles pour certains, malgré leur qualité. Je m’expose à un nouveau putsch. Ce serait avec plaisir, du moment que c’est bien fait.

 

 

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21 mai 2015 : retour de putsch

Je reprends la main après une tentative de putsch orchestrée par un de mes enfants. Vous avez donc cette semaine de quoi vous occuper à Toulouse avec un match du TFC et des soirées télé. Je suis étonné que Manuel ne vous ai pas parlé du spectacle de Vincent Moscato au Casino Barrière, un peu trop bobo pour lui sans doute.

Il est vrai qu’il faudrait que je réponde davantage aux attentes de mes lecteurs jeunes, modernes, nombreux et légèrement beaufs. Et je rajoute donc un mot à l’intention des festayres, eux qui réunissent quand même un peu de toutes ces qualités à la fois. Vous savez que la saison des festayres a commencé. Le festival des bandas de Condom a eu lieu du 8 au 10 mai. Et je voulais vous signaler la Feria de Pentecôte à Vic avec bandas, bodegas et corridas au programme du prochain week end. Les bandas ont ma préférence. Je respecte néanmoins ceux qui mettent les bodegas en priorité, beaucoup vont dans ces férias attirés par la perspective d’une soûlographie. Je les respecte, et même je les admire, puisqu’il y en a qui réussissent à faire avec la même pendant trois jours ; mais je ne cherche pas spécialement leur compagnie, j’ai assez de mauvaises fréquentations comme ça. Quant aux corridas, je ne les ai jamais aimées.

J’ai traversé autrefois une période tournée vers la musique des fanfares, des bandas et des pasodobles. Aimer les pasodobles sans aimer les corridas, c’est difficile à concilier, c’est un peu comme aimer Toulouse sans aimer le rugby, on s’expose à des incompréhensions. Il fut une époque où mon amour des pasodobles m’a desservi d’un point de vue relationnel, car ce n’est pas tout le monde qui le partage. Certaines se sont éloignées de moi, alors que j’étais dans l’espérance de leurs faveurs. Les vrais supporters disent : mon ex m’a demandé de choisir entre le PSG ou moi … Cette vanne m’a été soufflée par mon fils avant qu’il ne me trahisse.

Tant que j’y suis, je vous signale les Fêtes de Bayonne du 29 juillet au 2 août. Ces fêtes réunissent plus d’un million de visiteurs, elles sont  parmi les plus importantes de France. Elles sont d’ailleurs inscrites à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Du point de vue de l’affluence, c’est quand même autre chose qu’un match du TFC.

Ceci dit, je ne suis jamais allé ni à Condom, ni à Vic, ni à Bayonne pour les fêtes. Ce qui me fait penser à un jeu, le jeu des déficiences. Le but pour le joueur est de citer une activité a priori fort répandue mais qu’à sa grande honte il n’a jamais pratiquée. Pour chaque autre joueur qui en revanche l’a pratiquée, on marque un point. Autrement dit, plus on marque des points, plus on passe pour un extra terrestre aux yeux des autres. Mais tout dépend de avec qui on joue : on peut gagner avec des fans de foot en disant que l’on n’est jamais allé au stadium ; on peut aussi gagner avec des ministres en disant qu’on a lu Zadig et Voltaire ou bien Modiano. Je vous proposerai d’y jouer un de ces jours, préparez vous. Tout le monde a ses chances, y compris les putschistes.

18 mai 2015 : putsch !

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent.
Mesdames et messieurs, sans que vous le sachiez a eu lieu cette semaine l’évènement le plus important de l’histoire récente de La vie en rose : un putsch.
Moi même, fidèle lecteur de la vie en rose, j’étais hebdomadairement déçu, tout comme vous j’imagine, en découvrant les évènements ayant lieu dans ma belle ville de Toulouse.
A chaque lecture de La vie en rose, le constat me paraissait accablant.
Comment une ville comme Toulouse ne pouvait accueillir que des chanteurs quasi inconnus ?

Prenons La vie en rose de la semaine dernière :
Le seul dans la liste que je connais est Boubacar Traoré. Et encore, je ne sais pas si le « Boubacar Traoré  » qu’on devait « filer voir salle Nougaro » est le même que le Boubacar Traoré qui m’a contacté par mail, la semaine dernière, m’expliquant qu’il a obtenu un énorme héritage en Cote d’Ivoire et qu’il compte sur moi pour l’aider à accéder à son compte bancaire.
(bon, il promet de me donner la moitié des 300 000 € bloqués sur le compte, mais il y a quelques papiers à remplir, je suis pas sûr de répondre favorablement à sa demande. Je sais pas, j’hésite …)

Mais à part lui, qui connaît Thierry Roques, Jean Pierre Armand ou René Laloux ?

Ah si, Michel parle de Willem. Lui, on l’a peut être oublié, mais son nom nous rappelle rapidement ses tubes.
Sauf qu’évidemment, Michel ne nous en parle pas. Il parle de lui comme si c’était un dessinateur. J’ai envie de dire lol.

J’ai fini par me dire que le problème ne venait pas de la ville de Toulouse, mais tout simplement du rédacteur de La vie en rose.
J’ose espérer qu’avec ce putsch, vous obtiendrez enfin, toutes les informations nécessaires pour passer du bon temps à Toulouse.

Et je commence par l’évènement de l’année. Un évènement qui va accueillir pas  moins de 20 000 personnes.
Je parle bien entendu du dernier match de la saison du TFC.
L’adversaire, Nice, n’est pas un grand du championnat. Mais ça vaut le coup quand même, de se déplacer au Stadium, au moins pour remercier nos valeureux Pitchouns de leur belle saison, qui les a vu se maintenir pour la 12e année consécutive en ligue 1.
Ce match, c’est pas sûr du tout que Michel vous en aurait parlé.
Vous aurez probablement l’occasion d’y voir Dominique Arribagé, l’entraîneur du club toulousain. Eh bien figurez vous qu’il est marié à … Laurence Arribagé, députée de la troisième circonscription de Haute Garonne.
Et si, dans la Mairie de Toulouse, il y a la femme de l’entraîneur du TFC, c’est bien la preuve que l’équipe municipale est bonne, non ?

Si vous êtes dans l’incapacité de vous rendre au Stade, rien ne vous empêche d’aller boire un Ricard par exemple, ou une boisson pas alcoolisée (un bon verre de vin ou de bière sera parfait) dans un bar qui retransmettra le match.
Ah ? On m’informe dans mon oreillette qu’aucun des évènements dont a parlé Michel depuis le début de sa vie en rose n’a un jour, été retransmis à la télévision ? Ça montre bien que ça n’intéressait personne.

La télévision ? Tiens, parlons en.
C’est un média que l’on regarde en moyenne presque 4h par jour en France. Pourtant, jamais Michel n’a un jour conseillé un programme télé.
Eh oui, Michel, il faut s’intéresser aux Français parfois !

Bon, je vais essayer de réparer ça. Du coup, dans la semaine, il y a la télé des inconnus mardi sur D8. Juste après Cyril Hanouna. C’est pratique, mardi, on restera sur la même chaîne toute la soirée.

Samedi, pendant que les hommes seront allés voir le match du TFC, j’ai pensé à vous les filles (oui, je suis pour que les femmes s’amusent autant que les hommes, je ne suis pas macho).
Je sais que vous aimez l’humour et je vous propose la grande soirée Simpson sur W9. C’est à 20h45, ce qui vous donne pile assez de temps pour finir la vaisselle. On dit Merci qui ?

Sinon, si vraiment vous voulez sortir, il y a Julien Clerc au Zénith le 22 Mai. Faites attention, c’est peut être complet.

Vous remarquerez peut être que je vous conseille des évènements qui remplissent les salles, ce que Michel est capable de faire.
MAIS, mon prédécesseur vous conseillait des artistes remplissant des petites salles. Il suffisait que l’artiste en question ramène sa famille et ses amis, et la salle se remplit très vite.
Même si Julien Clerc ou les joueurs du TFC ont peut être une grande famille, remplir le Stadium ou le Zénith n’est pas chose aisée. C’est une vraie preuve de succès.

Bon, si jamais il y’en a qui aimaient bien La vie en rose version oldschool, ou tout simplement qui aiment bien Michel, rassurez vous. Il va bien, il vous passe un bonjour, et si il reçoit des messages de fidèles lecteurs, il est fort probable qu’il revienne en bonne forme la semaine prochaine.

A bientôt !
Manuel

11 mai 2015

On vit une époque qui sera à la mode dans 20 ans.

Micaël

La tradition elle, par nature, passe par dessus les modes. Le festival Trad’ Envie aura lieu à Pavie dans le Gers, du 13 au 15 mai. Ce festival est tourné vers les musiques traditionnelles des Pays d’Oc mais il ne s’arrête pas à ces frontières. Je vous laisse découvrir le programme des 4 jours, il est copieux. En voici quelques mots clefs : Gascogne, Accordéon, Andalousie, Carnavalesque, Cornemuse, Irlande, Bourrée auvergnate, … Vous n’y voyez pas le mot « sabot » ni le mot « robe à fleurs » ? C’est que l’époque d’aujourd’hui n’est plus celle des soixantedixhuitards. Je n’y connais plus personne dans le programme. C’est bon signe d’ailleurs, un signe de vitalité et de renouvellement. Si quand même, j’y vois Thierry Roques, un des très bons accordéonistes de la région, le fils d’André Roques de Cahors qui jouait de l’accordéon dans un orchestre de bal. Il faut vous dire que j’ai grandi avec l’accordéon musette, avant que la musique traditionnelle ne rébiscole. Le musette, c’est ma tradition à moi, et on ne s’en remet jamais. Rien à voir avec Trad’ Envie, mais je ne résiste pas au plaisir pervers de vous mettre une vidéo de Roques le père, ça s’appelle Los Burianos . On y voit des couples qui dansent le paso doble à Barraqueville au son d’un accordéon Maugein fabriqué à Tulle. Quand on dit qu’il ne se passe jamais rien dans l’Aveyron … Dédicacée à celle qui a eu la chance de grandir là bas et à tous les Aveyronnais.

Pour les allergiques à l’accordéon musette, et je sais bien qu’il en reste quelques uns, je vous propose un second plat au menu : le festival Jazz en Comminges à Saint Gaudens aura lieu du 13 au 15 mai. Je vous en ai déjà parlé la semaine dernière. Un festival sans accordéon donc, mais avec tambours et trompettes.

Indélébile est une association regroupant des petites structures d’éditions et des auteurs de bande dessinée & publications visuelles, qui ont pour point commun la recherche de nouvelles voies graphiques ou narratives. Le Festival Indélébile aura lieu du 15 au 17 mai. De nombreuses expositions sont organisées dans divers lieux de la ville. Ces expositions s’étalent sur une durée variable mais heureusement plus étendue que les 3 jours de festival proprement dit.

Parmi les évènements associés à ce festival, je vous signale la projection pour une séance unique le mardi 12 mai à 20h30 à l’Utopia du film d’animation La Planète Sauvage. Le film a été fait par René Laloux à partir des dessins de Topor, sur un scénario de science fiction. Topor était tout à la fois dessinateur, peintre, illustrateur, graveur, romancier, poète, chansonnier, cinéaste, acteur, metteur en scène, … il était aussi un des pionniers du Hara Kiri des années 60. Visuellement, le film est magnifique, il a récolté un prix spécial à Cannes en 1973. Dépêchez-vous, c’est demain.

Une vraie lectrice pour qui je suis le vrai Michel me signale l’existence d’un café culturel associatif implanté au cœur du quartier Arnaud Bernard. Vous pensez au café Chez ta mère ? Non, ce n’est pas lui, c’est un autre, il s’appelle La Maison Blanche. J’irais bien y faire un tour un de ces jours, il y a justement une expo d’un artiste indélébile. La programmation est très riche, avec des artistes locaux, un peu précisément sur le modèle du café Chez ta mère. Ces deux cafés associatifs pourraient quand même bien penser à s’associer … ou alors il y a eu comme une dissidence ?

Et voici ma sélection de la semaine dans l’ordre d’apparition :

Le lundi 11 et le mardi 12 mai, l’Orchestre de chambre de Toulouse se produira à l’Escale de Tournefeuille dans deux œuvres pour clarinette de Brahms et Mozart.

Mardi 12 mai à 18h30 au Centre Culturel Desbals, vernissage de l’exposition “Corps et Graphies”; ce sont des œuvres de la collection les Abattoirs. J’y donne rendez vous aux voisins de quartier. Avant de vite filer voir Boubacar Traoré salle Nougaro.

Dans cette même salle Nougaro, le lendemain 13 mai, Paolo Fresu quartet, un trompettiste de première catégorie.

Du 12 au 16 mai 2015 , L’autre Lautrec ou Toulouse-Lautrec, par le théâtre du Cornet à Dés de Jean Pierre Armand au théâtre du Pavé. Pas vu mais un a priori favorable

Et aussi les 13 et 14 mai, du cirque chorégraphique à 6 euros à l’Usine de Tournefeuille : The Baïna Trampa Fritz Fallen. Je ne sais absolument pas de quoi il s’agit, je vous en parle parce que j’aime tout à la fois ce titre mystérieux, le cirque, la chorégraphie, l’Usine … et même l’entreprise. Le prix de 6 euros est parfait dans sa modération, si c’était gratuit on se méfierait.

Willem est  le le plus méconnu de tous les célèbres dessinateurs du Charlie de la grande époque et c’est aussi le seul survivant. Il dessine maintenant dans Libération, Charlie, Siné Mensuel et Beaux Arts et il est toujours aussi actif ; de lui on peut dire qu’il ne débande pas. Il est généralement publié par de petits éditeurs confidentiels, qu’il ne contribue d’ailleurs pas toujours à sauver de la faillite. Il vient de publier « Willem Akbar ! » un recueil de ses dessins sur l’actualité de ces derniers mois, actualité particulièrement plombante comme vous vous en êtes sûrement rendus compte.

Willem - Akbar !

Quoiqu’il faille rester prudent quand on se hasarde à parler de l’avenir, et surtout lorsque ça concerne le futur comme disait Pierre Dac, je crois que Willem restera comme le grand chroniqueur de notre époque. Il en saisit la dureté, la cruauté et la folie. On le classe parfois dans les humoristes mais ce n’est pas vraiment un rigolo ou alors un rigolo comme Goya avec ses Désastres de la Guerre. Willem a quelque chose de dérangeant et même d’un peu malsain qui le tient éloigné du grand public mais justement, c’est aussi pour ça que je l’aime. Je ne suis pas certain que Willem aimerait un jour être à la mode.

4 mai 2015

Vous n’auriez pas envie de vous lancer dans le Do It Yourself et de devenir un Maker ? Allez donc faire un tour au FabLab Festival de Toulouse qui se déroulera du 6 au 10 mai 2015 dans la halle de l’ancienne usine Anconnetti, sur les allées Maurice Sarrault. Le festival est gratuit, ouvert à tous les curieux,  profanes ou initiés. Plus de 3500 visiteurs sont attendus. Oui, mais c’est quoi un FabLab ? Les FabLabs, ou Laboratoires de Fabrication, sont des lieux qui regroupent toutes sortes d’outils et où les bricoleurs new look peuvent passer de l’idée à l’objet. Qu’est ce qu’ils ont alors de plus que Castorama ?

D’abord, il faut reconnaitre qu’ils ont beaucoup de choses en moins, les vrais bricoleurs comme mon beau-père risquent la déception. Les FabLabs sont avant tout tournés vers les outils de fabrication numérique, à commencer par leur emblématique imprimante 3D. Ils constituent aussi un espace de rencontre et de création collaborative, dans la mouvance logiciel libre & open data. Ils organisent formations & ateliers et ils enrobent leurs activités dans un discours qui laisse volontiers croire que la prochaine révolution est à portée de main. Plus de 500 FabLabs existent aujourd’hui sur tous les continents.

Au programme de ce festival, vous trouverez des conférences, avec en particulier celle de Neil A. Gershenfeld, professeur au MIT, qui est à l’initiative du concept du FabLab. Vous pourrez également participer à des ateliers et assister à des démonstrations des machines des FabLabs. Avec ces démonstrations, nous vous montrerons cette révolution locale qui aura un impact global : le DIY (Do It Yourself). Vous aurez l’occasion de discuter avec les experts makers qui utilisent tous les jours ces machines afin de fabriquer, prototyper, prouver qu’il est possible de devenir soit même maker avec les bons outils. Je vois dans ces FabLabs une des dernières chances pour moi de réussir tout à la fois à devenir bricoleur et à faire la révolution.

Dans un genre tout à fait différent, vous avez le festival Les Rencontres des Musiques Baroques et Anciennes qui aura lieu du 5 au 20 mai à Odyssud. On démarre le 5 mai par un programme de polyphonies ibériques avec Joël Suhubiette et ses Eléments. Voici la critique de Jérome Gac.

A l’invitation des théâtres Garonne et Sorano, le Festival Actoral fait escale à Toulouse du 4 au 7 mai 2015. Le pass pour 4 soirées est à 18 euros.

Mardi 5, le saxophoniste Emile Parisien fête ses dix ans de carrière avec son quartet à l’Espace Job.  Né à Cahors il y a 33 ans, Émile Parisien a intégré dès l’âge de 11 ans le collège jazz de Marciac. Après avoir fait ses gammes à la lumière musicale de Guy Laffitte et Tonton Salut, il a perfectionné son art au conservatoire de Toulouse et en a gardé une réelle affection pour la Ville rose. Cet Emile a illuminé l’automne de Jazz sur son 31, il a joué dans plusieurs configurations, avec son quartet, avec Humair, Celea et Kühn, en duo avec Vincent Peirani, et il était formidable à chaque fois.

Mercredi 6,  Kassé Mady et Ballaké Sissoko à la salle Nougaro.

Jeudi 7 mai à 20h, Alambic + Audrey Chen & Jean Yves Evrard au Théâtre du Hangar, 11 rue des Cheminots. Le concert est organisé par un Pavé dans le Jazz, les rendez-vous des musiques aventureuses, ce qui dit bien ce que ça veut dire.

Alambic : Autour des objets-sculptures-instruments surgis de l’imaginaire fantasque d’Hélène Sage, ancienne compagne de route de Bernard Vitet, Mark Topkins et autres aventuriers-inventeurs d’improbables ailleurs sonores, se croisent et se frottent les cordes sensibles des instruments traditionnels de Raphaël Sibertin-Blanc et Dominique Regef, derviches détourneurs distillant dans leurs fureteuses circonvolutions une musique serpentine et spiritueuse aux arômes délicats et aux effluves corsés, à consonner sans modération. Dominique Regef (vielle à roue, dilruba, violoncelle), une vieille connaissance des milieux du folk, jouait avec L’Orchestre de poche que j’ai vu fin mars à Desbals. Il n’est manifestement pas encore retraité.

Audrey Chen & Jean-Yves Evrard : Audrey Chen fait partie de ces artistes qui vous  » collent au mur  » dès la première écoute, un peu comme Iva Bitova ou Phil Minton. Jean-Yves Evrard est le plus belge, mais surtout le plus génialement déjanté des guitaristes français. Lorsque deux artistes aussi singuliers se rencontrent, il faut impérativement être au rendez-vous …

Enfin, pour la semaine prochaine, deux rendez-vous :

Lundi 11 et mardi 12 mai, l’Orchestre de Chambre de Toulouse se produira à l’Escale de Tournefeuille dans deux œuvres pour clarinette : le Quintette avec clarinette en Si mineur opus 115 de Johannes Brahms et le Concerto pour clarinette en La majeur KV 622 de Wolfgang Amadeus Mozart. Ne ratez pas ce programme, ces deux œuvres sont magnifiques. Vous pourrez également écouter ce même programme les 18 et 19 mai à Saint Pierre des Cuisines mais les places sont plus chères.

Le festival Jazz en Comminges à Saint Gaudens aura lieu du 13 au 15 mai, avec une très, très belle programmation à l’affiche :

Mercredi 13 mai : Joe de Francesco + Arturo Sandoval Sextet. Arturo Sandoval (à ne pas confondre avec Bernardo) est un trompettiste cubain, fondateur du groupe Irakéré, et protégé de Gillespie.
Jeudi 14 mai : Antoine Hervier trio invite Géraldine Laurent + un quartet all stars avec Richard Bona, Manu Katché, Stefano Di Battista et Eric Legnini.
Vendredi 15 mai : Omar Sosa + Jamie Cullum.

Et Patachou qui disparait à 96 ans. On ne savait pas qu’elle vivait encore, et pourtant on lui doit beaucoup de belles choses … Patachou est la première à avoir accueilli Brassens dans son cabaret. Ils ont d’ailleurs chanté Papa Maman en duo. Patachou a aussi chanté en 1969 Si qu’j’avais marié un Grec qui a eu beaucoup de succès. Pour comprendre cette chanson, il faut savoir que Jackie Kennedy, la veuve de John, venait d’épouser Onassis un richissime armateur grec. Epouser un grec pour son argent aussi, ce n’est plus aujourd’hui qu’on ferait ça.