25 mai 2015

Pour cette semaine, voici 13 propositions hors du commun :

1) Ce mardi 26, à 20h, à la Fabrique culturelle du Mirail, quinze musiciens de la région toulousaine sous la direction de Christine Wodrascka pour une nouvelle interprétation d’In C de Terry Riley. C’est organisé par Un Pavé dans le Jazz, c’est gratuit et ça vaut quelques explications.

Christine Wodrascka est une pianiste de musique improvisée et musique contemporaine, elle est basée à Toulouse et on l’a vue par exemple cet automne à la salle bleue avec la formation Whahay. Ceux que je connais des quinze musiciens font également partie du beau linge des musiques aventureuses. Cet ensemble sera rejoint pour ce premier concert par dix étudiants de la filière jazz. Voilà donc une salle qui devrait être bien remplie avec la famille et les copains de ces nombreux musiciens. Terry Riley, né en 1935, est  considéré comme un des fondateurs de la musique minimaliste répétitive. La pièce In C composée en 1964 est emblématique de ce genre musical. In C présente un concept alors inédit : la partition est uniquement composée de 53 phrases musicales ; les musiciens doivent jouer chacun de ces motifs, et le répéter autant de fois qu’ils le veulent avant de passer au motif suivant. On a pu dire de ce genre de musique répétitive qu’elle est comparable à un ciel nuageux, on a l’impression que rien ne bouge sur le moment mais deux minutes plus tard, tout a changé. Attention, ce n’est pas vraiment de la musique pour les festayres.

Il n’est pas possible de parler de Terry Riley sans parler de Daniel Caux, critique musicologue & homme de radio. C’est Daniel Caux qui fit venir en 1970 aux Nuits de la Fondation Maeght, pour la première fois en France, Terry Riley, La Monte Young, Sun Ra et le saxophoniste Albert Ayler. Pour les jeunes qui ne le connaissent pas, Albert Ayler avait joué du saxo pour l’enterrement de Coltrane. Vous ne connaissez pas Coltrane non plus ? Il y a du boulot … Je vous passe In heart only, un morceau de cet Albert Ayler, les occasions de le faire sont rares, je sais bien que vous n’aimez pas le free jazz et pourtant, quelle puissance, quel lyrisme, quelle beauté dans ce morceau ! Un livre de Daniel Caux existe sous le titre “Le silence, les couleurs du prisme et la mécanique du temps qui passe”. On y trouve des articles sur les musiciens de ce courant minimaliste, sur Albert Ayler bien sûr, et sur tout un tas de musiciens bizarroïdes. Pour les fadas qui veulent en savoir plus, je peux vous prêter ce livre. Daniel Caux tenait également dans le Charlie Mensuel de la grande époque une rubrique consacrée à la musique arabe et intitulée “Ali Charlie”. Je peux aussi vous en passer une copie, si vous voulez être Ali Charlie vous aussi.

2) Du 27 au 31 mai aura lieu Africlap, le premier festival de cinéma africain. En ouverture de festival, le 27 mai à 14h30 sera présenté le film “Soleils”. Il est rassurant que de nouveaux festivals apparaissent dans cette période où on les voit plutôt disparaitre. En plus, les films africains sont généralement méconnus et c’est une très bonne chose que de les mettre davantage en valeur. On leur souhaite bonne chance et longue vie.

3) Du 27 au 31 mai, WE des Curiosités au Bikini. Le programme est très rock, très anglo-saxon. Ce genre de musique n’est pas trop mon truc, mais je vous en parle quand même parce qu’il ne faut pas juger les musiques d’après leur genre et parce que le Bikini est une bonne maison.

4) Du 26 au 30 mai, Lise Avignon au théâtre du Grand Rond dans son spectacle “Le monde est rond” d’après Gertrude Stein. Il se trouve que c’est la fille d’un copain qui devrait pourtant savoir que le monde n’est pas tout à fait rond. Voici les critiques de Sarah Authesserre  et celle de Marlène Pereira du site Un Clou dans la Planche qui s’intitule “La Vie en Rose”, une pure coïncidence.

Toujours au Grand Rond, du 2 au 6 juin, Helmut Von Karglass dans son numéro de jongleur, clown, acrobate. Je vous en avais déjà parlé dans ma lettre du 30 mars.

5) Le 25 mai 1665, l’évêque de Montauban célébrait la première messe abritée par l’église Saint-Exupère. La construction de ce monument venait juste d’être achevée. Pour célébrer cet anniversaire, l’association des amis de Saint-Exupère présente une vidéo conférence le mercredi 27 mai de 18 heures à 19 heures dans l’église du même nom, allée Jules Guesde à côté du Sorano. Cette église est rarement ouverte, profitez-en, elle a un riche passé et aussi une décoration de gypseries (à ne pas confondre avec des stucs) classée Monument Historique.

Eglise Saint Exupère (1280x855)

6) Le jeudi 28, le groupe La Pifada propose un bal forro occitan au café La Maison Blanche. Dans cette même famille Forro, le groupe Forro Pifado jouera le 29 au lieu associatif Amanita Muscaria, rue Viguerie, en face du Château d’Eau et le lendemain 30 Mai à la MJC Empalot. Forro Pifado vient de sortir un nouveau disque, Forro de Printemps, en voici une présentation dans le blog de l’Autre bistrot des accordéons, dont je tire cette vidéo d’un concert à la Dynamo.

7) Les expos que j’ai vues du festival Indélébile sont bien. En voici trois que je vous recommande :

  • “Boutures Cosmiques”, de Benjamin Ferré au centre culturel Bellegarde, du moment que c’est cosmique, ça devrait vous plaire et peut être même donner à certains l’idée d’une mission spatiale.

20150512_Benjamin Ferré (720x1280)

  • Une année comme les autres” de Mazen Kerbaj, un dessinateur, peintre et trompettiste libanais, à la librairie Ombres Blanches. Il a fait un dessin tous les jours pendant une année, et ses dessins ne sont pas comme ceux des autres.
  • “Les guerrières” de Junie Briffaz à la Maison Blanche : une série de miniatures, reposant sur un même principe : une monture, une arme et une combattante !

Et tant que j’y suis, je vous recommande l’exposition organisée par l’association Estampadura dans la librairie Privat, un bel ensemble d’estampes réalisées par une quinzaine d’artistes. On se fera un plaisir sur place de vous expliquer ce que sont les différentes sortes d’estampes.

8) Les lundi 8 et mardi 9 juin, Café Tango à l’Escale de Tournefeuille, avec Omar Hasan, Gregory Daltin et l’Orchestre de Chambre de Toulouse. Omar Hasan est un joueur de rugby international argentin qui a joué au Stade, que le putschiste ne me dise pas qu’il ne le connait pas. Il s’est reconverti en chanteur baryton, dans un répertoire de classiques du tango, avec Carlos Gardel en bonne place comme il se doit.

Ce même Orchestre de Chambre de Toulouse sera le jeudi 28 mai au centre culturel Desbals pour un programme autour de Mozart : “Les dissonnances

9) Le vendredi 29 mai, à 19h, la Maison du Vélo & le Museum organisent une conférence intitulée “vers une cité végétale et une mobilité douce” avec Luc Schuiten, architecte et illustrateur, souvent associé à son frère François, celui des “Cités Obscures” et de peintures murales, comme celle ci à Lyon. La conférence sera suivie d’une balade nocturne à vélo avec l’association 2P2R qui attend votre adhésion. Je suis un de leurs militants !

Schuiten - Lyon

10) Un copain me recommande la soirée du samedi 30 mai aux Mazades, dans Le Cadre du Festival « Passe ton Bach d’abord » : La clarinettiste Cirla et le contrebassiste Trolonge invitent le chœur et les musiciens de l’Ensemble Baroque de Toulouse pour imaginer ensemble cette « Cantate Singulière » à partir d’une idée de battle entre différents univers. La réalisation de ce projet porte sur une passion commune pour le son et une envie de mélanger différents langages : baroque, jazz, folk, improvisation.

12) Trois films remarquables :

  • Titli un film indien qui raconte l’histoire très rude d’un jeune qui est mal parti. On se demande pendant tout le film s’il va s’enfoncer davantage ou s’il va s’en sortir. Pour comprendre ce film, il est utile de savoir que 300 000 roupies correspondent à 4200 euros.
  • La loi du marché de Stéphane Brizé. De lui, vous avez peut être déjà vu “Le bleu des villes”, “Je ne suis pas là pour être aimé” et son dernier “Quelques heures de printemps”. Le film sonne exceptionnellement juste, avec un Vincent Lindon impressionnant qui a bien mérité son prix d’interprétation à Cannes. Les scènes sont parfaitement construites, avec sobriété. On voit que chacun à sa place fait son boulot du mieux qu’il peut là où il est, et le résultat est implacable, plus efficace que bien des discours, pour montrer toute la dureté de ce système.
  • Un pigeon perché sur une branche, Lion d’or à Venise, un OVNI suédois, un ensemble de saynètes en plan fixe construites comme des tableaux aux couleurs gustaviennes, lugubre et drôle à la fois, délicieusement bizarre, tout ce que j’aime.

13) Le lundi 1° juin, à 17h30, librairie Ombres Blanches dans le cadre des Classiques au Détail, Le Pestipon nous parlera de La Fontaine. On sort de ces conférences charmés, souvent éblouis, un peu grisés et parfois même enfumés. Que les supporters ultra de La Fontaine (dont je fais partie) arrivent à l’avance, la salle de 30 personnes est vite pleine.

Je vois bien que ces propositions vont rester un peu trop confidentielles pour certains, malgré leur qualité. Je m’expose à un nouveau putsch. Ce serait avec plaisir, du moment que c’est bien fait.

 

 

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