28 septembre 2015

Il y a quelque chose d’étonnant dans les graffitis, les tags ou les graffs … on en voit partout, on ne sait pas d’où ils sortent et pourtant on ne connait personne qui en fait. On parle maintenant de ces pratiques en les désignant par Street Art, c’est plus chic. Mais n’est ce pas faire injure à ces cochons de tagueurs ou de graffeurs que de les réduire à n’être que du l’art ? Et d’ailleurs, est ce bien du l’art ?  On serait tenté de répondre oui avec Duchamp, puisque le Street Art est maintenant exposé dans les musées. Il y a d’ailleurs des choses dans les musées « qu’on ne voit pas où on pourrait les mettre autre part ». On pourrait plus simplement dire que l’art est ce qui procure des émotions et qui ne sert à rien d’autre. Mais à ce compte là, mes enfants aussi sont de l’art … Passons.

J’ai trouvé dans la revue Beaux Arts une image étonnante. El Macro Mural : ce sont  209 maisons d’un village mexicain qui ont été peintes de couleurs vives. C’est efficace contre la violence, paraît-t-il.

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Le graff est en tout cas une discipline pour laquelle Toulouse connaît une belle effervescence et qui voit évoluer bon nombre de graffeurs de talents. Deux manifestations cet automne à Toulouse en relation avec le Street Art :

La 3° édition de Mister Freeze aura lieu du 26 sept au 3 octobre dans un nouveau lieu : le 50cinq est un ancien bâtiment industriel réhabilité qu’il faut aller chercher au fond de la zone artisanale de Montaudran, au 55 avenue Breguet. Avec 31 artistes internationaux réunis, cette exposition organisée par le graffeur Reso est présentée comme la plus grande de France et fait de Toulouse la capitale du street art, c’est La Dépêche qui le dit.

Le festival WOPS ! est lui organisé par l’artiste toulousaine Fafi du 12 au 18 octobre avec le soutien de la municipalité : « l’objectif est de donner un cadre légal à cette pratique tout en consacrant Toulouse comme une place forte du graffiti ». La ville a déjà mis à disposition plusieurs espaces publics pour le graff, et d’autres devraient être disponibles en octobre pour servir au festival.

Un festival de culture urbaine est également prévu pour juin prochain, il répondra au nom de « Rose Béton ». De plus, l’implantation d’un Graff-Park aux abords de la Cartoucherie est à l’étude. Le parc serait composé de plusieurs murs sur lesquels amateurs et confirmés pourraient exercer leur passion pour le graffiti. Un Bus Tour des graffitis devrait également voir le jour, d’ici juin prochain.

On peut trouver un peu louche l’intérêt de la municipalité et des institutions pour le Street Art. Dans un autre temps, on aurait parlé de récupération de l’underground et de la contre culture. Le mieux est encore d’ouvrir les yeux et de regarder avec intérêt (ou pas) ces milliers de graffs anonymes qui poussent sur les murs dans leur milieu naturel. Vous trouverez par exemple comme une galerie de graffitis à ciel ouvert dans la rue Gramat, au cœur du quartier Arnaud Bernard.

Encore sur le thème de la lettre et de ses déclinaisons, mais rien à voir avec les tags, l’association Estampadura organise une exposition d’estampes contemporaines « Lettre Signe Vivant » du 29 sept au 10 oct, dans la maison des associations (ancienne caserne Niel). La société humaine, le monde, l’homme tout entier est dans l’alphabet. Ce n’est pas facile à comprendre mais c’est du Victor Hugo.

Le festival de la Bohème  pour les 2 et 3 octobre à Muret est annoncé comme un festival Road Music sans frontières, nomade, hybride, festif, c’est un festival qui vous ressemble, vous qui êtes peut être déjà à moitié bohème.

On y verra entre autres cette Argentine, La Yegros qui a fait un tube avec sa superbe cumbia sentimentale Viene de Mi. Le Connexion affichait complet quand j’avais voulu aller la voir en 2014. C’est qu’elle est connue, vous savez !

Et puis il y aura aussi Boban et Marko Markovic. Peut être pas de vrais bohémiens de Bohème mais de vrais Rom de Serbie. Boban et Marco, on les a vus au festival Rio Loco de 2008, qui était cette année là consacré aux Balkans. Il y avait vraiment eu beaucoup de monde et ça fait toujours plaisir quand il y a du monde aux Balkans.

Le festival Occitania se poursuit avec deux rendez vous pour cette semaine :

Le jeudi 1° octobre, Joan Maria Carlotti sera l’invité de la Pause Musicale de 12h30 à l’Ostal d’Occitania. JM Carlotti était le chanteur du groupe provençal Mont-Joia qui a enchanté le milieu folk de la fin des années 70. Le voici dans Anem veire l’enfanton.

Jeudi 15 octobre dans l’église St Pierre des Cuisines, une soirée avec Anaïs Constant et l’orchestre Mozart Toulouse Midi-Pyrénées, qui nous permettra en particulier d’entendre les Chants d’Auvergne de Joseph Canteloube. Ce monsieur Canteloube, natif du nord du Lot, a recueilli dans toute la France au début du XX° quatre volumes de chants traditionnels, qui deviendront la bible des folkeux. Dans les années 30, il harmonise ces chants d’Auvergne qui font maintenant partie du répertoire lyrique de la grande musique. Voici la belle mélodie de Baïlero, qui évoque les grands espaces auvergnats.

Daphné et Clarika seront ensemble sur la scène de la Salle Nougaro le jeudi 1° octobre. De la chanson française de très bonne tenue. Ecoutez Bien Mérité de Clarika, la chanson est d’actualité .

Un lecteur me signale un lieu que je ne connaissais pas : la Cavalette (près du village de Lavalette, route de Lavaur), qui programme des concerts les premiers WE du mois. Le vendredi 2 octobre passe le groupe Cafe con Leite, c’est de la musique brésilienne.

Enfin il peut se trouver un graffeur qui tomberait par hasard sur La Vie en Rose. J’en profite pour lui dire que j’ai chez moi un mur de béton brut qui ne demanderait pas mieux que d’accueillir un joli graff.

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21 septembre 2015

En matière culturelle comme ailleurs, vous avez les grandes surfaces, les grands magasins et les petites boutiques. Sans dénigrer les grands magasins qui ont leurs qualités, j’ai un faible pour les petites boutiques. Et on sait bien que ce n’est pas la taille qui compte, là non plus. Pour les néo-toulousains qui débarquent et peut être aussi pour d’autres qui ne les connaissent pas, voici une sélection de 13 bonnes adresses. J’en laisse évidemment beaucoup de côté, et non des moindres, tellement cette ville foisonne en propositions de toutes sortes. Et puis vous avez certainement vos propres adresses, que vous pouvez peut être nous conseiller ?

1) Les Réveils Créatifs sont programmés une fois par mois à Toulouse, dans un lieu public du centre ville, ça se passe à 8h30 et ça mérite de faire l’effort d’y aller de si bon matin quand on peut. C’est gratuit et le petit déjeuner est offert. Organisés par les éditions Milan, les Réveils Créatifs  sont de courtes présentations (20 minutes) suivies d’un échange autour d’une personnalité au profil créatif, charismatique et enthousiaste.  L’invité de juin  était François Delarozière, le directeur de la compagnie La Machine basée à Tournefeuille et à Nantes. Cette compagnie réalise ces impressionnantes machines de spectacles (souvenez vous du Royal de Luxe), que l’on verra si tout va bien dans la halle construite récemment à Montaudran. Un grand bonhomme adorable et passionnant. Nous avons également rencontré fin mai Jacques Sierpinski, le directeur du festival de photographie Manifesto. Et ce dernier vendredi, j’y ai vu Sylvie Corroler qui dirige la Fondation Espace Écureuil pour l’art contemporain depuis janvier 2004. Le prochain rendez vous aura lieu en octobre autour d’un dessinateur mystère.

2) Cette Fondation Espace Ecureuil se trouve Place du Capitole et organise régulièrement des expositions d’art contemporain, bien souvent remarquables. On peut parfois ne pas aimer, mais comme c’est gratuit et qu’il n’y a pas un gros détour à faire, on est mal placé pour trouver à critiquer. De toutes façons, la fondation est fermée jusqu’en mai 2016 pour travaux. Mais alors pourquoi je vous en parle ? Parce que les expositions se poursuivent au 42 rue du Languedoc avec un premier évènement Minimal Nature ! du 2 octobre au 30 décembre : exposition collective réunissant des grands noms de l’art conceptuel et minimaliste associés à des œuvres d’artistes contemporains et des tableaux de paysage de maîtres prêtés par le Musée des Augustins. Si vous ne comprenez rien à l’art contemporain, vous pouvez vous faire instruire en assistant aux Conférences que donne cette Syvie Corroler, une lectrice m’a assuré qu’elles sont intéressantes.

3) Je vous signale également les Conférences du Museum. Il n’existe pas beaucoup de manifestations pour le grand public dédiées à la culture scientifique et technique et je trouve personnellement que ce genre de culture n’est pas suffisamment reconnu et mis en valeur. Et en plus, on nous supprime La Novela ! Les premières dates du Museum portent le 23 septembre sur les araignées, le 1° octobre sur les reptiles et les amphibiens, … avouez que ça démarre fort.

Dans ce même genre scientifique, une lectrice me fait passer le programme de La nuit des chercheurs qui aura lieu le vendredi 25 sept : venez à la cité de l’espace à partir de 18h rencontrer plus de 150 chercheurs de toutes disciplines pour partager avec eux leur passion pour la recherche autour d’expériences et d’activités ludiques. Je me méfie quand j’entends le mot ludique. En matière de science, je suis comme le Micromégas de Voltaire : “Je ne veux pas qu’on me plaise, je veux qu’on m’instruise”.

4) Sous la direction récente de Yann Valade, la Cave Poésie démarre une saison sous le signe de la curiosité et de la découverte. Un programme qui se recentre cette année sur le mot “Poésie”, avec du changement dans la continuité. Plein de choses qui font envie, je vous en reparlerai le moment venu. Dans le court terme, je vous signale Les Rugissants de la Cave Poésie, qui auront lieu tous les mardi à 19h30. La nouveauté cette année est que les lectures seront systématiquement croisées, ouvertes aux auteurs et éditeurs régionaux et adaptées aux non voyants (le programme est en braille) et périodiquement en langue des signes. Ca commence le 22 septembre avec Mamie Rôtie d’Yvan Corbineau. Peut être pas un inconnu pour vous ?

L’art contemporain, la culture scientifique, la poésie …  j’ai vraiment commencé par le plus ingrat. Je rassure les quelques lecteurs qui ont tenu jusque là : le plus dur est fait.

5) Tout le monde connaît la librairie Ombres Blanches. Vous savez qu’elle fait aussi un magnifique travail d’animation culturelle qui est détaillé dans leur programme mensuel. Par exemple, dans le proche avenir, vous pourrez y trouver :

– des rencontres avec les écrivains Atiq Rahimi le 29 sept, Alain Mabangkou le 23 sept et Wole Sonyinka en personne le 7 oct. Un prix Goncourt, un prix Renaudot et même le prix Nobel de 1986, en voilà des people !

– la suite des conférences Classiques au Détail par Yves Le Pestipon, avec Les Tragiques, d’ Agrippa d’Aubigné pour le lundi 5 octobre, à 17h30.

– une exposition d’estampes jusqu’au 2 octobre : un collectif de 8 jeunes artistes groupé sous le nom Les Estampes Mobiles.

Les Estampes Mobiles

6) Je vous ai déjà parlé de La Pause Musicale du jeudi midi trente. Je fais court, voici le programme. Ce jeudi 24 sept, Le Chant des Brûlés, chanson de geste pour Montségur. On va peut être encore souffrir des méchants français si la future région s’appelait Occitanie ? Personnellement j’ai voté pour Midi-Languedoc, on ne sait jamais.

Et justement, le festival Occitania se déroule du 18 septembre au 4 novembre. Pour le samedi 26, j’ai relevé Oc around the Cloc, une sorte des 24h de l’Occitania. Il y aura à cette occasion un Questions pour un Champion en occitan. L’essentiel est de participer, comme disent ceux qui ne passent pas le premier tour.

7) L’association La Gargouille organise tous les mois des visites guidées des quartiers périphériques de Toulouse. On y apprend plein de choses. Prochain rendez-vous le jeudi 24 sept à 14h30 pour la visite du quartier Arnaud Bernard

Je vais maintenant à l’essentiel avec une liste de mes petites salles préférées. Catherine Lara à qui on demandait si elle aimait les petites salles a répondu qu’elle préférait les grandes propres.

8) Le Bijou : Sous l’impulsion de Pascal et Emma Chauvet cette salle nous promet encore de belles soirées pour cette saison. Une nouveauté : le Pass Découverte qui vous permettra de voir tous les concerts Découverte (en fait la plupart des concerts de la saison) pour 60 euros seulement. Une autre nouveauté : le Bijou accueille les migrantes Leçons de Jazz, chassées de leur Mandala d’origine. Premier rendez-vous le 13 octobre pour une leçon de Herbie Hancock par Ferdinand Doumerc, un excellent pédagogue.

Eric Lareine, qui n’est plus une découverte, revisite le rock du mardi 22 au vendredi 25 septembre et fera découvrir Leonard Cohen ou Neil Young aux plus jeunes. Et puis Didier Super est programmé du mercredi 27 au vendredi 29 janvier dans le cadre du festival Détours de Chant. Pour l’avoir vu au festival de rue de Ramonville, je peux vous assurer que c’est un phénomène qui déménage. Je vous en reparlerai.

9) Le Grand Rond : Je n’ai pas encore assisté à la présentation du programme de leur saison, mais on peut leur faire confiance. Ils organisent avant les spectacles des apéros-concerts où on peut trouver à boire et à manger.

10) Le Théâtre du Pavé : Présentée par Francis Azéma et par Pierre Marty, la saison s’annonce riche en propositions. La pièce En attendant Godot de Samuel Beckett est reprogrammée du 13 au 17 octobre avec Francis Azéma et Denis Rey : je vous en avais parlé ici. Une figure de la critique toulousaine me dit que c’est un des plus beaux textes de théâtre.

Le Théâtre du Pavé accueille la plupart des concerts de jazz et de musiques aventureuses proposés par l’association Un Pavé dans le Jazz. Le premier concert de la saison a eu lieu samedi dernier, le prochain aura lieu le 3 octobre à Mixart Myris.

11) La Cave Poésie, je vous en ai parlé plus haut, mais elle mérite bien une seconde fois.

12) Chez Ta Mère est ce café associatif du quartier Arnaud Bernard qui nous propose depuis 3 ans une programmation orientée « Chanson ». Deux rendez-vous dans le court terme :

– Les 25, 26 et 27 septembre, Les Fils de ta Mère chantent Boby Lapointe. Quand on fait partie de la secte des adorateurs de Boby, on ne rate pas ça.

– Le 30 septembre on y verra Frank Monnet, qui fut un des chouchous du magazine les Inrockuptibles, ce qui ne l’a pas rendu tellement plus célèbre que d’être cité par la Vie en Rose. Frank Monnet a enregistré ce Dithyrambos avec ses collègues Dick Annegarn & JP Nataf de l’écurie Tôt ou Tard ; on voit qu’il a de bonnes fréquentations. JP Nataf était le chanteur du groupe “Les Innocents” ; ce groupe s’est récemment reconstitué et on le verra en concert au Metronum le 16 décembre.

13) La Maison Blanche est l’autre café associatif du quartier Arnaud Bernard, et celui là se positionne sur un créneau “Musique du monde”, avec une programmation également très riche. Vous y trouverez jusqu’au 30 septembre une exposition de peintures de Junie Briffaz. Et j’apprends par un de mes informateurs qu’une rencontre d’accordéons aura lieu le 17 décembre, dans la continuité de l’accordéonistade qui avait eu lieu le jour de la fête de la musique. Mon envoyé spécial m’en avait alors dit monts et merveilles.

Junie Briffaz - Maison Blanche

14) Pour ne pas rester treize à table, je donne une dernière information utile aux néo-toulousains : on ne dit plus “pain au chocolat”, dites maintenant “chocolatine”.

14 septembre 2015

Es muy facilo, el espagnolo. La photo, comme la langue espagnole, comme la peinture abstraite, comme écrire des bêtises dans un blog, c’est facile, tout le monde peut s’y mettre. Seulement dans la photo comme ailleurs, il y a les champions, les excellents, et puis il y a les très bons et on n’échappe pas aux comparaisons. Une saison photo à Toulouse s’étale sur les mois de septembre et octobre et fédère plusieurs manifestations dédiées à la photographie. Vous allez donc pouvoir trouver cet automne un grand nombre d’expositions disséminées un peu partout dans la ville. En voici une sélection :

La manifestation MAP est consacrée au portrait. Depuis 1994, le journal Libération tire dans sa dernière page le portrait des gens qui font l’actualité, ce qui représente à l’arrivée un casting géant de plus de 4000 personnes. Au 231 avenue de Muret sont exposées un (trop) petit nombre de ces portraits. Dans ce même endroit j’ai surtout aimé les portraits réalisés par Richard Dumas, le photographe des stars, avec un beau travail de la lumière sur les visages de people venus du monde de la musique ou du cinéma.

Vous êtes peut être tatoués, puisque c’est la mode ? Vous êtes probablement des braves types, mais reconnaissez que pendant longtemps le tatouage est resté l’apanage des mauvais garçons. Dans la Chapelle des Carmélites, vous trouverez une belle brochette de tatoués à l’air patibulaire : des prisonniers pris en photo par les autorités françaises jusqu’en 1930.

Sur le Quai de l’Exil Républicain (là où se trouve la grande roue), on peut voir Gueules Cassées, ce sont des portraits d’anciennes gloires du rugby photographiées longtemps après qu’elles ont raccroché les crampons. Si l’histoire du rugby a gardé leur nom, leur visage a gardé des traces.Walter Spanghero disait : on ne fera pas de beaux vieux. Mais si, Walter, vous êtes encore tout à fait magnifiques. Et puis ce n’est pas le moment de faire peur à nos jeunes qui attaquent la coupe du monde par la face Nord. Allez les petits !

Le cœur de la manifestation Manifesto se trouve sur le cours Dillon où les photos sont montrées dans des containers et elle se déroulera du 18 septembre au 3 octobre. D’autres photographes sont exposés ailleurs. Même si je ne l’ai pas encore vue, je vous recommande l’exposition de Marine Lupercale à la médiathèque de Tournefeuille. Marine Lupercale ne fait pas de la photo à proprement parler, elle travaille sur des compositions numériques, mêlant photographies, dessin et peinture. Elle glane des éléments du réel, les assemble, les installe et les photographie, en laissant patiemment la magie opérer et révéler leur nature fantastique. De ces manipulations graphiques, il en sort des chimères assez fascinantes. Elle explique son travail ici. Elle avait déjà exposé il y a deux ans dans le cadre de Manifesto et également au Centre Culturel Desbals. J’y avais acheté son Pan Satyricus : entre congénères on se tient maintenant compagnie.

Marine Lupercale - Pan Satyricus

Je vous recommande aussi l’exposition du collectif Vertiges sur la ville de Liverpool, qui se tiendra du 14 au 20 septembre dans la Maison des Associations (ancienne caserne Niel). Nous avons décidé de séjourner dans une ville de province de chaque pays de l’Union Européenne, et de photographier ce qui nous tombait sous le coin du regard. Une errance et un hasard absolument assumés, une apologie de la marche en milieu urbain, une philosophie de la rencontre spontanée et inattendue : une autre manière de voir, non formatée, libre comme la poésie ordinaire que nous revendiquons. J’ai eu la chance de voir ces photos accrochées aux arbres d’un petit bois du camping Namasté à Puysségur, dans une atmosphère pluvieuse raccord avec les ambiances anglaises rendues par des couleurs un peu dé-saturées. Jusqu’au 11 octobre au camping, ce collectif expose également  [AnimoZités] accompagnés de textes de Yves Le Pestipon, celui des conférences sur la littérature classique.

Vous trouverez encore plein d’autres expositions ailleurs, place du Capitole, au Grand Rond, à l’espace EDF Bazacle … et si en plus vous devez vous appuyer les photos du voyage de la tatie Yvonne, vous allez frôler l’overdose. Vous risquez bien de ne plus pouvoir voir la photo en peinture.

Le 4° festival Fifigrot se tiendra du 14 au 20 septembre, avec la projection de 80 films, une vingtaine de concerts et probablement pas mal de picolades puisqu’on a affaire à la bande des Grolandais. Plus de détails ici. Le jury sera présipauté par Benoit Poelvoorde, avec François Rollin (dont les chroniques matinales sur France Inter se sont malheureusement arrêtées en juin) et des collaborateurs de Siné Mensuel. On y verra le président Salengro qui prendra son bain de foule samedi place du Capitole. Et son acolyte Delépine qui devrait participer si tout va bien au Jeudi Jour de Joutes le jeudi 17 à 18h au Donjon derrière le Capitole ; c’est Dick Annegarn, l’instigateur de ces joutes, qui nous l’a promis.

Mediterraneo, le festival de musique de Portet, en bord de Garonne et toujours très sympa, aura lieu du 18 au 20 septembre. Lionel Suarez, accordéoniste champion, sera le parrain de cette édition et jouera le vendredi avec Origines Contrôlées (ceux de Zebda).

A propos d’accordéon, le festival Nuits de Nacre aura lieu à Tulle du 17 au 20 septembre. Tulle est la patrie des accordéons Maugein. Vous saviez que Laurent Koscielny le joueur de foot défenseur central d’Arsenal a volé financièrement au secours de cette manufacture corrézienne en grand péril ? Avec un nom pareil, on l’aurait plutôt vu boire son argent. Au programme cette année, Marcel Azzola en hommage à Gus Viseur. Le grand Marcel chauffe encore ! C’est lui probablement qui m’a inoculé le virus de l’accordéon il y a une cinquantaine d’années quand il est venu animer le bal jusque dans mon village natal. A cette époque un riche mécène payait pour le village des fêtes grandioses. J’aime les riches quand ils dépensent intelligemment leur argent pour l’accordéon. Moi même, je ne manque jamais de donner une pièce aux accordéonistes de rue.

Le Cartoon Festival aura lieu du 15 au 18 septembre. Cinq jours dédiés aux films d’animation, pour petits et grands. Il y aura des projections en plein air sur le parvis de Saint Sernin, avec en particulier le mardi 15 sept, à 20h30, la projection du film Le roi et l’oiseau, un film français de 1980 qui a fasciné les maîtres japonais de l’animation.

Du vendredi 18 au dimanche 20, la Cave Poésie fait sa rentrée avec Chez René, une rencontre de petits éditeurs indépendants, qu’ils appellent un Bazar Littéraire.

Beaucoup de trésors à découvrir à l’occasion des Journées du Patrimoine les samedi 19 et dimanche 20. Je vous conseille d’aller faire un tour au Palais Niel, qui abrite près du Grand Rond l’Etat Major des Armées. Ce palais est magnifique, on voit qu’il y a des militaires qui ont passé l’âge de camper. Vous aurez le plaisir assez rare d’être salué par des vrais soldats, ce qui probablement vous donnera l’impression d’être enfin considéré à votre juste valeur.

Le samedi 19 septembre, au Théâtre du Pavé, l’association Un Pavé dans le Jazz redémarre sa programmation sans tambour ni trompette avec le duo Ceccaldi (violon) / Chevillon (contrebasse). On dit que la contrebasse a le corps de maman et la voix de papa, c’est joli, non ? Mais ce soir là, il y aura aussi France – Italie avec probablement quelques coups de mandoline.

Enfin ce lundi 14, nous aurons à choisir entre le vernissage de l’exposition de Nicolas Borderies, un peintre de mes connaissances, à 18h à l’IUT Ponsan Paul Sabatier et Le Pestipon qui redémarre avec ses Classiques au Détail à 17h30 à la Librairie Ombres Blanches pour nous parler de Sade et de sa malheureuse Justine. Il y a quelque chose de sadique dans ce choix cornélien.

Une lettre un peu longue cette semaine, et pourtant je ne vous ai parlé que des champions, même si nos joueurs de rugby ne sont pas encore tout à fait champions du monde.

7 septembre 2015

Vous savez que j’aime beaucoup l’accordéon, qui est le piano du pauvre. Et j’aime aussi l’accordéon du riche qui est donc le piano. Le festival Piano aux Jacobins aura lieu du 8 au 30 septembre. Voici un papier de Jérome Gac qui vous aidera à en savoir plus. Deux possibilités pour choisir ses concerts : privilégier l’interprète ou bien le répertoire … Comme je ne distingue pas au delà d’un certain niveau les différentes qualités d’interprétation, j’ai choisi le répertoire. Voilà comment je pratique : je fais mon programme et je vais emprunter les disques à la médiathèque pour les écouter avant le concert. J’ai ainsi passé l’été avec Bach, Liszt, Schubert, Debussy, Chopin … Je précise pour mes enfants que ce sont des compositeurs et ils sont tous morts. Le merveilleux miracle avec la musique, c’est qu’on peut avoir du plaisir sans connaître quelque chose, sans même avoir une oreille musicale. Debussy nous le disait : « Il n’y a pas de théorie : il suffit d’entendre. Le plaisir est la règle. »  Voici pour vous un parfum de paso doble dans ce morceau de Debussy : Soirée dans Grenade. Et puis dans ces concerts, l’ambiance est quand même relax, c’est à peine si quelqu’un contrôle les billets pourtant pas donnés, et il n’y a personne pour fouiller votre sac et pour vous confisquer vos dangereuses bouteilles d’eau minérale … On n’est pas au stade.

L’autre grand évènement de cette rentrée, c’est le festival de théâtre de rue de Ramonville, qui aura lieu le week end du 12 au 13 septembre. Je ne sais pas trop quoi vous signaler comme spectacle … s’il y en a parmi vous qui ont des tuyaux, faites nous en profiter, vos commentaires seront les bienvenus. Pour vous être néanmoins utile, je peux vous conseiller de ne pas faire comme moi : avoir les yeux plus gros que le ventre en voulant tout voir, papillonner d’un spectacle à l’autre et rater le début, contrarier ceux qui vous accompagnent … ce festival peut vite se transformer en galère.

Alternatiba aura lieu les 12 et 13 septembre sur les allées Jules Guesde, il s’agit d’un forum des alternatives concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique, normalement vous ne pouvez pas être contre. Leur slogan : changer le système, pas le climat.

Vendredi 11 septembre à partir de 18h30 : présentation du programme du Pavé, entrée libre avec apéro offert. Je crois que ce sont les derniers à présenter leur saison, profitez en.

Je vous soumets maintenant une série de spectacles qui ont en commun d’être drôles, sauf un intrus que je vous laisse découvrir par vous mêmes :

1)  Nuit Blanche chez Francis au théâtre du Grand Rond jusqu’au 12 septembre. J’avais vu le spectacle au Pavé, quatre comédiens font revivre des morceaux choisis de Francis Blanche. Voici ce qu’en dit un lecteur de la Vie en rose : “ De l’humour bien sûr, de la musique classique « revisitée », des références à un danseur de Béjart… le tout servi par quatre comédiens/chanteurs et musiciens très en forme dans une mise en scène inventive et sans temps mort “. De Francis Blanche, je vous propose « Général à Vendre », une chanson un peu antimilitariste sur les bords, la mode s’en est hélas perdue.

2) La Cinémathèque à qui on peut quand même faire quelques reproches, se fait pardonner en programmant trois films mythiques des Monthy Python :

15 sept : La vie de Brian

27 sept : Sacré Graal

20 sept : Le sens de la vie

3) La Comédie de Toulouse débutera sa sixième saison le 10 septembre avec Jean-Marie Bigard « Nous les femmes ». Je vous aide pour l’intrus :  c’est lui.

4) Alexandre Astier, dans son spectacle « Réglons la question de la vie extraterrestre », je vous en avais parlé dans ma lettre du 6 janvier. Un conseil : branchez vous sur les extra terrestres, c’est un sujet d’avenir et il va probablement le rester longtemps. Cet Alexandre Astier repasse au Zénith les 4 et 5 octobre, les places vont de 38 à 51 €, je ne devrais normalement même pas vous en parler mais Alexandre Astier est celui de la série Kameloot. Cette série est génialement cultissime, avec un humour absurde, d’ailleurs apparenté à celui des Monthy Python. Ce sont mes fils qui me l’ont faite connaître ; en matière culturelle, je leur dois quand même pas mal de découvertes, davantage en tout cas que eux ne m’en concèdent. Il se trouve que le magazine Pour la Science parle dans son numéro d’août des vertus pédagogiques de Kameloot et nous conseille quelques vidéos désopilantes, dont celle de la règle du contre-sirop.

Ce numéro d’août est d’ailleurs particulièrement riche en articles passionnants. Avec par exemple un article de Frédérique Rémy la toulousaine et puis un article L’argent fait-il le bonheur ? qui me semble très moral. « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez le » disait Jules Renard.

5) Fifigrot le festival du film grolandais aura lieu du 14 au 20 septembre et  il sera présidé par Benoit Poelvoorde. Banzaï !

Spécial dédicace aux Guignols de l’Info qui ont été fusillés par Bolloré, l’homme du yacht. Ce serait quoi, le yacht du pauvre ?