30 novembre 2015 : jeu des innovations insolites

Voici une semaine de décroissance et de slow life, raccord avec l’ouverture de la COP21. Je n’ai pas su y trouver des sorties suffisamment bien pour vous. Du coup, je vous propose la saison 2 du jeu des innovations insolites. Pour ceux ont raté la saison 1 de l’année passée, voici comment fonctionne ce jeu. Je collectionne les innovations insolites que je vois passer et quand je n’en vois pas, je les invente. Je vous soumets une liste de 20 innovations insolites de ma collection. Certaines sont des innovations véritables, elles existent. D’autres ne sont que des innovations virtuelles, et elles n’existent pas, ou pas encore. La règle du jeu est toute simple : il vous faut distinguer dans cette liste les innovations véritables des innovations virtuelles en cochant la case vrai ou faux. Voici le fichier excel. Attention : plus ça vous parait con, plus ça a des chances d’exister. Je vous donnerai les solutions la semaine prochaine. Je dois aussi rajouter qu’il n’y a rien à gagner. Bonne chance !

Innovations Détails VRAI FAUX
1 Souris de PC sur mesure Parfaitement adaptée à la taille de votre main
2 Bar à eau On peut y déguster plusieurs sortes de marques d’eau en bouteille
3 Pastis électronique On vapote le goût du pastis avec modération
4 Capteur UV en patch sur la peau Mesure son exposition au soleil = permet d’éviter les coups de soleil
5 Bombe pour empêcher le pain de durcir Dépose un film silicone sur la mie de pain
6 Lunette de WC chauffante Pour ne plus avoir froid aux fesses
7 Poussette à assistance électrique Pour les mamans fatiguées de tout
8 Régime pour chats trop gros Pour les kilos en trop du matou
9 Vin de couleur Un vin décoloré que l’on colore à sa guise avec un colorant artificiel
10 Un tapis de prière avec boussole Il indique la direction de La Mecque
11 Parapluie mains libres Avec un harnais que vous oubliez très vite
12 SMS en livre Vous êtes un écrivain, votre téléphone en est la preuve
13 Pataucho : les chaussures chauffantes Résistance chauffante et batterie alimentée par capteurs piézo
14 GPS pour clefs Permet de retrouver un objet perdu, par exemple des clefs
15 Ecran d’ordinateur à ultra violets On bronze au bureau
16 Facebook pour chats Ils ont soixante millions d’amis
17 Métrologie laser par smartphone Permet de prendre toutes les mesures sans mètre à ruban
18 Moule pour œufs carrés Permet d’empiler les œufs dans le frigo
19 Perruques bon marché Swatch de la tête = on peut en changer plusieurs fois par jour
20 Maillot de foot pour chien Pour les vrais supporters
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23 novembre 2015

« Si la culture existe, ce n’est pas du tout pour que les gens s’amusent » disait Malraux. Qui c’est ce Malraux d’abord, et qu’est ce qu’il y connait à la culture ? Parce que les amateurs de pop culture vont bien s’amuser avec le Toulouse Game Show des 28 et 29 novembre. Plus de 44 000 fans de jeux vidéo, de jeux de rôle, de comics, de mangas y sont attendus. Je vous renvoie au magazine Clutch de novembre qui nous a concocté un intéressant dossier sur ces gamers et sur cette culture geek. Si vous êtes un de ces noobs qui voudrait quand même suivre la conversation, voici pour vous quelques informations utiles. Les noobs ou les newbies, ce sont les débutants, ceux qui débarquent. Les geeks, on les imagine comme des fans de jeux vidéos qui passent un temps excessif terrés dans leur cagna connectée. « Ceux qui trouvent qu’installer Linux est compliqué n’ont pas essayé de sortir avec une fille » disent les geeks. Certains d’entre eux ont quand même fini par réussir à trouver le temps de faire des enfants et ils les envoient maintenant à la Cantine Numérique pour des “coding-goûter”. Il parait que le terme geek n’est maintenant plus tellement péjoratif, ils se sont fait dédiaboliser eux aussi.

Je vous sens encore un peu hésitants à fréquenter le TGS. Allez y donc déguisés si vous ne voulez pas être reconnus. Mais on risque alors de vous confondre avec un cosplayer, un de ces fans qui jouent le rôle de leur personnage favori en imitant le costume et le look. En voici quelques exemples :

Certains de ces personnages sont inspirés du jeu League of Legends. Peut être faites vous partie des quelques 70 millions d’adeptes de ce jeu dans le monde ? Avez vous participé au rassemblement du 31 octobre où 3000 spectateurs se sont retrouvés au Zénith pour la retransmission de la finale opposant deux équipes coréennes à Berlin ? Il parait qu’un bon joueur de LoL a moins de 23 ans. Si vous avez passé l’âge, vous pouvez vous tourner vers le retrogaming, qui consiste à retrouver des émotions d’enfance avec des jeux vintage comme Space Invader ou Pac-Man. Souvenez-vous de la petite musique ... Je suis moi même un adepte du retrogaming puisque je ne rate pas les concours de belote à Saint Pantaléon dans le Lot. J’en ai fait un en octobre où je n’ai pas brillé, le prochain est pour le 4 décembre.

Il y en a peut être parmi vous qui ont des sympathies geek et qui ne supportent pas que je puisse caricaturer l’objet de leur adoration, pour ne pas dire de leur dévotion. Je m’attends à des réactions outragées. Je peux le comprendre, il m’est à moi aussi arrivé de mal réagir quand on me parle de Brigitte Fontaine. Le jeudi 26, à la salle bleue de l’espace Croix Baragnon, quatre musiciens toulousains seront réunis pour l’occasion d’une création : B comme Fontaine. Ils nous promettent de “recuisiner” l’univers de Brigitte Fontaine. On ne voit pourtant pas Brigitte Fontaine faisant la cuisine. Voici Les Dieux sont dingues pour patienter.

Toujours à la salle bleue, le mardi 24, le pianiste Philippe Cassard nous propose ses Notes du Traducteur autour de la célébrissime Sonate au Clair de Lune, de qui déjà ?

Le samedi 28, l’espace Croix Baragnon programme également l’ensemble “Doulce Mémoire” avec un répertoire des ménétriers du XVI° dans le cadre des rencontres de musiques anciennes et traditionnelles. Il y aura entre autres Xavier Vidal au violon. Attention, ça se passe à l’Auditorium St Pierre des Cuisines.

Du 24 au 28 novembre à Odyssud, le chorégraphe Mourad Merzouki présente son spectacle Pixel. Onze danseurs hip-hop évoluent dans un étonnant décor numérique en 3D, tels des personnages de jeu vidéo justement. On en dit beaucoup de bien,  par exemple : une magistrale rêverie visuelle ! 

Du 25 au 28 novembre encore, la troupe du Groupe Merci présentera sa nouvelle pièce Trust, une radiographie des psychismes d’aujourd’hui que l’on contemple à la loupe. Programmée par le théâtre Sorano, la pièce sera jouée dans un nouveau lieu, le Multiple au 27 bis allées Maurice Sarrault. Implanté à Toulouse et dirigé par Solange Oswald, le Groupe Merci existe depuis 1996.

A partir du 26 et jusqu’au 5 décembre, le théâtre du Pavé programme Barbara et moi, un projet théâtral et musical autour de la chanteuse Barbara, mis en scène par Laurent Pérez, avec Agnès Claverie, Sylvie Maury et Philippe Gelda (arrangements et piano). Barbara plus ceux là, on peut s’attendre à quelque chose de bien.

Le dimanche 29, GiedRé passe au Rex à 20h30. GiedRé est une jeune chanteuse qui déménage, avec des textes qui n’ont pas froid aux yeux. Voici Pisser Debout et tant qu’on y est Vie de Merde.

Si vous n’avez toujours pas trouvé votre bonheur dans tout ce qui précède, il ne vous reste plus qu’à vous tourner vers le Festival Culture Bar-Bars du 26 au 28, en partenariat avec Kronenbourg. Je ne sais pas ce que Malraux en aurait pensé.

16 novembre

Des images étonnantes qui vous feront voyager et découvrir le monde comme vous ne l’avez jamais vu … Et à quel endroit ces merveilles ? A la cinémathèque du 10 au 28 novembre, qui programme un cycle de films sur le thème de l’exploration. On y verra des films tournés dans la période qui va des années 20 aux années 50, un temps où l’homme finissait de découvrir les espaces vierges et les civilisations inconnues. Et de nos jours, vous avez des gens qui vous disent comme ça : il y a des endroits encore authentiques et préservés, dépêchez vous d’y aller pendant qu’il est encore temps … Allez plutôt au cinéma et faites des voyages immobiles dans votre tête. Les titres des films programmés me font penser à ceux des romans de Bob Morane l’aventurier, que vous connaissez au moins par la chanson d’Indochine. Saurez vous distinguer les titres des films de ceux des romans dans la liste suivante : L’éternel silence / L’aventure sans retour / les noces de Palo / Chez les coupeurs de têtes / L’enfer blanc / les titans de la mer / La vallée infernale / Le tigre des lagunes / Les géants de la Taïga / Les démons des cataractes / L’orchidée noire …

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Cette programmation est pour la cinémathèque une occasion de rendre hommage à tous ces découvreurs de nouvelles terres, ces chercheurs d’humanité et ces scientifiques insatiables. Et dans le même temps, le Festival Terres d’Ailleurs vous propose, lui, de partir à la découverte des expéditions scientifiques et des grandes explorations qui ont jalonné et façonné le monde que nous connaissons. Ce festival est organisé du 18 au 22 novembre en partenariat avec l’association Délires D’encre et le Muséum de Toulouse. On dirait qu’il y a eu comme un embouteillage chez les explorateurs … mais aussi, ils partent tous à la même heure pour aller bosser, et après, on a des bouchons sur le pont de singes du périph.

Boucq - Les pionniers

On n’en a pas fini avec les embouteillages, il y a bizarrement un très grand nombre de festivals de cinéma qui se bousculent dans les deux semaines qui viennent :

La septième édition des “Latino Docs”, festival de films documentaires sur l’Amérique latine et les Caraïbes, se tiendra à Toulouse du 17 au 23 novembre. À travers une série de documentaires récents ou plus anciens, “Latino Docs” cherche à « faire parler » de sujets d’actualité en Amérique Latine et aux Caraïbes. Projections-débats, repas traditionnels, danses et concerts de musiques latines permettent de sensibiliser le grand public aux enjeux politiques, sociaux, environnementaux et culturels rencontrés dans tous les pays du sous-continent. Ce festival est hébergé par la Bourse du Travail, place Saint Sernin. Le groupe Forro Pifado clôturera la soirée du samedi 21. Je vous recommande cet excellent groupe, il dégage une belle énergie qui donne la patate (douce) et la banane. Vous pourrez aussi y danser le forro, ça m’a l’air d’être à la portée de tout le monde ou presque.

Le festival Séquence Court-Métrage aura lieu du 18 au 22 novembre et il ambitionne de montrer l’art du court-métrage sous toutes ses formes (fiction, animation, documentaire, expérimental) avec une sélection de films venus du monde entier. Leur objctf : dire bcp en peu de tps.

Du 20 au 22 novembre, Festival du Film de Muret. A signaler entre autres la présence de Jean Pierre Daroussin. Et la projection en avant première de « Les Ogres », le deuxième film de Léa Fehner, la fille de François, celle qui avait déjà fait le magnifique « Qu’un seul tienne et les autres suivront ».

Et encore  pour la semaine qui vient, le Festival du Film Archéologique et CINE-PALESTINE …

Et pour la semaine prochaine, A propos d’Elle(s) et les 11èmes Rencontres du Cinéma Italien à Toulouse du 27 novembre au 6 décembre.

Dans le reste de l’actualité hors cinéma :

Mardi 17, Yves Jamait à la salle Nougaro.

Jeudi 19 à midi trente au Sénéchal : le groupe Aller Simple, musique et vidéo interactive en compagnie de six musiciens dont Didier Dulieux (accordéon) et Guy Laffite (instruments en roseau). Le spectacle est présenté comme un voyage sans valise.

Jeudi 19 à 20h30, Jazz à la Salle Bleue avec Donkey Monkey, je ne connais pas mais on peut faire confiance à la programmation de la salle bleue.

Jeudi 19 à 20h30 au Sorano, la pièce Les amours inutiles à partir de 4 nouvelles de Maupassant. Mise en scène par Eric Vanelle avec les comédiens de la compagnie de l’Inutile que j’ai vus récemment au Pavé dans Les Temps Difficiles. Je les ai trouvés excellents.

Vous savez que le club de jazz Le Mandala de la rue des Amidonniers a dû fermer mais l’association Le Mandala Bouge entretient la flamme. Cette association a trouvé un point de chute pour leurs concerts, il s’agit de La Maquina Tanguera qui est un nouveau lieu situé 1 rue des Braves, près de la Patte d’oie. Premier concert le vendredi 20 à 20h30 avec Rémi Panossian. Prenez le métro et descendez à Pé d’auqua.

L’Orchestre de Poche sera ce dimanche 22 novembre au cabaret « Le Kalinka » à Toulouse pour tourner son deuxième vidéoclip. Ambiance Broadway, atmosphère cabaret, crooning et solo trompette. Vous pouvez participer à ce vidéoclip en tant que membre du public en leur envoyant un message sur Facebook. Je les aime bien ceux là, ils font une musique entre Pascal Comelade et Nino Rota.

On n’a plus les Guignols mais il nous reste heureusement le festival Marionnettissimo qui aura lieu du 17 au 22 novembre. Cinq catégories pour cette édition : Fabriqué in France, Tremplin, Balcon sur l’Espagne, Fenêtre sur le Québec et Jeune Public. Parmi les Québécois, je vous recommande le Théâtre de la Pire Espèce. Ceux là recherchent un effet max avec les ressources réduites du théâtre d’objets. Cette année, ils présentent deux spectacles : Petit Bonhomme et Ubu sur la table. Celui là, je l’ai vu deux fois, il vaut évidemment pour le Père Ubu, il vaut aussi pour l’inventivité des canadiens qui déchainent leurs personnages bricolés avec des ustensiles de cuisine et avec des légumes. Ubu sur la Table sera présenté trois fois : le 17 à 20h à l’Excale (la rhumerie de la rue des Blanchers, gratuit), le 18 à 21h à l’ENAC (gratuit) et le 19 à 20h30 au Centre Culturel de Ramonville.

Pour finir, je vous refais passer un lien vers une vidéo en rapport avec les formes animées que sont les marionnettes. Les monstres que l’on voit sur la plage ne sont animés que par le vent. Mais on a vu ce vendredi qu’il en existe d’autres qui peuvent être animés par la folie.

9 novembre 2015

Novembre 1970 : Hara Kiri hebdo est interdit. Pour quelle raison ? Tout le monde pense à cette fameuse couverture « Bal tragique à Colombey : un mort ». Mais du côté du pouvoir, on avait invoqué le caractère de plus en plus licencieux, voire outrageant pour les bonnes mœurs du journal pour justifier cette interdiction. Je vous ressors ce dessin de Willem d’avant l’interdiction pour vous donner un aperçu de cette pornographie old school qui outrageait les bonnes mœurs. Pas trop déçus ? C’est que la pornographie de ce temps là ne ressemble pas à celle d’aujourd’hui, on a fait beaucoup de progrès depuis, vous avez certainement pu le constater par vous mêmes. Mais déjà à l’époque, il se trouvait quand même des gens pour dire qu’ils avaient un peu cherché ce qui leur arrivait.

Willem 1 001

Je vous ai déjà parlé de mon admiration pour Willem dans ma lettre du 11 mai. Willem, qui a maintenant 75 ans, est pour moi un des plus grands dessinateurs de notre époque. Willem est une raison suffisante pour acheter les journaux dans lequel il publie : Charlie, Libération, Beaux Arts et Siné Mensuel. Willem est une légende vivante, et même survivante puisqu’il aurait dû être assassiné comme les autres s’il avait assisté aux conférences de rédaction de Charlie. Vous aurez ce dimanche une occasion de le voir en vrai dans le cadre du festival de BD de Colomiers. Une rencontre avec Willem et Baudoin aura lieu en effet le dimanche 15 novembre à 11h30, autour de leur exposition commune Jazz à deux.

Ce festival de BD se tiendra pendant tout le week end du 13 au 15 novembre et il est vraiment super. Il vaut d’abord par les nombreux stands de ces éditeurs indépendants qui se décarcassent pour vous concocter par le seul moyen du papier imprimé des objets graphiques étonnants. Il vaut aussi par ses expositions toujours intéressantes et par les rencontres que l’on peut faire avec les auteurs qui se feront un plaisir (?) de vous dédicacer leurs livres.

Le samedi à 14h, vous aurez en particulier l’occasion de rencontrer David B qui expose au Pavillon Blanc « Portraits de mon frère et du roi du Monde » jusqu’au 2 janvier.  Ses dessins ressemblent à des gravures sur bois avec des noirs et blancs magnifiques. Ce David B a fait une BD marquante qui s’appelle « L’ascension du haut Mal » et qui raconte en 6 tomes l’histoire de son frère épileptique.

Le dimanche à 14h, vous pourrez rencontrer Killoffer, un illustrateur prolifique, notamment dans Libé, et auteur de BD qui vient de sortir un album « Tel qu’en lui même enfin »  publié chez l’Association, une maison d’édition dont il est un des fondateurs. Dans cette BD autobiographique, Killofer, 49 ans, raconte ses problèmes de boisson, de clopes, de sexe … Dans cette liste, il y a peut être des défauts que vous partagez avec lui ? Ce Killofer sera également invité par la librairie Ombres Blanches le samedi à 16h.

Toujours dans le domaine du dessin, arts graphiques et édition, la 7e édition de du festival Graphéine a lieu du 3 novembre au 6 décembre 2015 dans 17 lieux de l’agglomération toulousaine. Ce festival des arts graphiques est organisé par Pinkpong, qui est un réseau des établissements de diffusion de l’art contemporain de Toulouse et son agglomération. J’ai vu l’exposition Histoire Naturelle de l’espace Croix Baragnon, qui montre des planches de François Malbreil réalisées à partir des trésors du Muséum, un complément intéressant à l’exposition des Savanturiers.

François Malbreil - X Ba

Je vous montre maintenant les objets originaux qui sont des poupées Litxoo des indiens du Brésil. Vous ne trouvez pas que ces poupées ont un caractère licencieux ? Allez les voir en vrai, vous serez étonnés.

Poupées Litxoo

Dans un genre différent, le festival « Des étoiles et des ailes » aura lieu du 13 au 15 novembre à la Cité de l’espace. Une nuit du cinéma dans la salle Imax, des conférences, des dédicaces, des animations, avec l’astronaute Michel Tognini et le cosmonaute Alexiei Leonov comme parrains du festival. Savez vous qu’il y a plusieurs mots différents pour désigner la même activité : aux USA, on dit astronaute, en Russie, on dit cosmonaute, en Chine on dit taïkonaute et en France, il faut dire spationaute.

Cette semaine encore, suite du festival Des théâtres près de chez vous dont je vous ai parlé la semaine dernière.

Le 13 novembre au Metronum, concert de Initiative H et de Headbangers, deux groupes de jazz toulousain qui viennent chacun de sortir un disque. Headbangers sera également en showcase à la FNAC Wilson le jeudi 12. Initiative H est passé récemment dans le cadre de Jazz sur son 31 mais leur concert était complet. J’en connais qui vont pouvoir se rattraper.

Jeudi 12, à 19h30, au centre culturel Bellegarde, suite du cycle de lectures « Femmes et Artistes ». Cette semaine, Sylvie Maury, accompagnée aux claviers par Philippe Gelda, lira des extraits d’interview de Barbara.

Du jeudi 12 au 14, le chanteur Jacques Bertin passe à la Cave Poésie.

Septembre 1970 : Jimi Hendrix venait de mourir à l’âge de 28 ans et c’est à ce moment là que j’en ai entendu parler pour la première fois. Mardi 10 novembre, à 21h30 au Bijou, la seconde leçon de jazz de la saison lui sera consacrée. Je vous mets Voodoo Chile pour que vous puissiez réviser vos classiques un peu avant. Jimi Hendrix aurait aujourd’hui 74 ans, il serait donc à peu près du même âge que Willem. Mais ces deux n’ont pas d’âge, ils sont éternels.

Willem - 6 nov 15 001

2 novembre 2015

Il n’y aura qu’une capitale culturelle dans la future grande région et ce sera Montpellier. Bigre ! Ce scénario catastrophe est envisagé dans la brochure du festival Des théâtres près de chez vous, qui évoque une régression sociale et politique majeure. On n’est pas obligé de partager cette vision radicale soutenue à coup de points d’altérité fatigants, mais il est vrai que tout le monde râle à Toulouse contre la baisse des subventions culturelles. J’espère surtout qu’ils vous auront donné envie d’aller plus souvent au théâtre. Et justement, la 5° édition de ce festival vous en donnera l’occasion du 6 au 25 novembre. Vous en connaissez le principe : neuf salles parmi les plus sympas se regroupent pour une formule au prix unique de trois euros, une fois qu’on a achetée une première place au prix normal. Un peu l’inverse des formules d’abonnements des opérateurs téléphoniques.

Pour voir quoi ? Une trentaine de spectacles différents sont présentés, vous avez donc largement le choix. Voici une sélection avec un spectacle par lieu, forcément arbitraire et injuste pour les spectacles que je laisse de côté.

1- L’inauguration du festival aura lieu le 5 novembre au théâtre du Ring, route de Blagnac, avec de la musique électro et rock. Un genre bien différent de celui de l’année dernière à la cave Poésie, où on avait eu droit à un bal Dulieux – Boccalini tout à fait sensationnel. En voici une photo de Christian Carrère :

 Photo Dulieux Boccalini - Christian-Carrère

2- Du côté de l’AGIT théâtre, ne manquez pas le spectacle Sankara Mitterand qui passe le samedi 14. Je l’ai vu l’an passé et ce spectacle est fascinant. Il est basé sur la rencontre qui a eu lieu en 1986 à Ouagadougou entre Mitterand et Sankara. On nous montre d’ailleurs quelques images d’archives où l’on voit ce Sankara qui avait l’air d’être un sacré bonhomme. La pièce a été écrite par Jacques Jouet, un représentant de l’Oulipo qui fait partie de la bande des Papous dans la tête. La première trouvaille de ce Jouet, c’est d’imaginer un système aléatoire pour faire tourner la parole. Les protagonistes ont la bouche pleine de grains de maïs, et celui qui parle doit, au bout d’un certain temps, cracher dans une calebasse placée devant lui. Si la graine tombe dedans, il continue à parler. Sinon, il passe la parole. Un genre de tirage de Bernouilli si vous voulez, mais à la mode africaine. Les représentations sont de la sorte imprévisibles et on peut imaginer, même si c’est peu probable, que la parole soit conservée par le même acteur pendant toute la pièce. Jouet s’est amusé d’une contrainte supplémentaire, celle de transcrire la parole de Sankara en alexandrins. Son texte est vraiment superbe et n’élude aucune des grandes questions qui se posaient et se posent encore dans les rapports entre pays du Nord et pays du Sud.

3- A la Cave Poésie, vous pourrez voir New York Jazz Poetry le mardi 12, avec le trio Un chat dans la table de nuit qui fera entendre Moins qu’un Chien, l’autobiographie de Charlie Mingus. Je connais à Tournefeuille un contrebassiste qui a pris Mingus comme pseudo. Le vrai Mingus est également un très bon contrebassiste et il raconte qu’il n’a pas eu une vie facile comme musicien dans les States des années 50. Et en plus il aurait pu être noir …

4- Le théâtre du Chien Blanc programme Le Gardien d’après Harold Pinter et le regard de Francis Azéma, du 12 au 14 novembre. J’ai un copain qui joue dans cette pièce, c’est un peu comme si vous le connaissiez aussi.

5- Le théâtre du Fil à Plomb se trouve rue de la Chaîne dans la quartier Arnaud Bernard. Je ne connais pas leurs spectacles. Par contre, ce théâtre partage sa cour avec la Kasbah, un des meilleurs restaurants de couscous de Toulouse.

6- Au théâtre du Grand Rond, du 10 au 14, vous pourrez aller boire l’apéro en écoutant le chanteur Chouf, qui viendra présenter son dernier album Hotel des fous. Chouf est passé avec un accordéoniste à la Cave Poésie en plein mois d’août, voici la critique de Claude Fevre

7- Mix’ Art Myris ? Je ne connais pas leurs spectacles mais il y a des soupes maison et une sélection de vins.

8- Au théâtre du Hangar, essayez Perdre Connaissance, qui passe les 6 et 7 novembre. La fille d’un copain joue dans cette pièce, c’est déjà bon signe.

9- Au théâtre du Pavé pour finir, je me laisserais tenter par Les temps difficiles, une pièce mise en scène par Eric Vanelle, du 10 au 14 novembre. Ecrite en 1934, « les Temps difficiles » est une pièce sur l’argent, son pouvoir sur les riches et les pauvres et sa capacité à corrompre les esprits. C’est une comédie où le rire franc vire au jaune et où la noirceur de l’âme humaine est un écrin parfait au cynisme joyeux et à l’écriture jubilatoire de Bourdet.

En 1934, ils avaient de la chance, puisque la crise était finie. En voici la preuve dans cette chanson d’Albert Préjean.

Dans l’actualité de la semaine, j’ai encore relevé :

Lundi à 18h30 dans la librairie Ombres Blanches, le rendez vous des Classiques au détail. Yves Le Pestipon viendra nous parler de Marivaux. Ce Marivaux a été ruiné par Law en 1720 et il dût se mettre à écrire des pièces de théâtre pour gagner sa brioche. Le théâtre quand même, il fut un temps où ça a eu payé …

Mardi à 18h30, à l’institut Cervantès, vernissage d’une exposition collective, dessinateurs ou peintres, en hommage à Manuel Vázquez Montalbán, celui de Pepe Carvalho, l’amoureux de Barcelone et de la bonne cuisine. Ecoutez L’Esquinade : dans cette chanson, André Minvielle évoque Pepe Carvalho en rendant hommage à ce restaurant toulousain. L’exposition sera visible jusqu’au 11 décembre. On y trouvera en particulier des peintures de Enrique Brickmann qu’on a vu récemment exposé par Jacques Roubert dans l’espace Croix Baragnon.

Enrique Brickmann

Mardi aussi, les affaires reprennent enfin à la Salle Bleue Croix Baragnon, avec le trio Catch autour de Beethoven.

Jeudi à midi trente, dans le cadre de la pause musicale salle du Sénéchal, J’ai rendez vous avec vous. Vous n’allez quand même pas poser un lapin à Georges Brassens ? Un hommage lui sera rendu par un trio guitares / contrebasse, dans lequel on trouve un certain Valentin Oustiakine … peut être le fils de cet adorable contrebassiste hélas disparu.

Pour terminer, revenons au commencement :

La ponctuation d’altérité, quézaco ? C’est un nouvel accord grammatical, inventé par une Toulousaine, qui consiste à mettre é-e-s à la fin des mots pour faire l’égalité entre masculin et féminin. En voici un exemple célèbre : « Motivés, motivées, soyons motivé-e-s ».

J’ai maintenant un nouvel abonné à Paris, capitale culturelle s’il en est. Je lui envoie des poutous.