26 septembre 2016

Le Printemps de Septembre, quel drôle de nom pour un printemps ! A l’origine de ce dérèglement climatique, on trouve la rencontre de Cahors avec le couple Alain Dominique et Marie Thérèse Perrin. Lui est le PDG d’un groupe suisse de luxe, célèbre pour les montres que je ne porte pas. Il est aussi président de la fondation Cartier pour l’Art Contemporain et il est propriétaire du château Lagrézette dans le vignoble cadurcien. Avec l’argent et le luxe, on trouve bien souvent l’art contemporain et le vin. Regardez Bernard Arnault (sans qui le film Merci Patron ! n’aurait pas pu exister) et François Pinault. Et donc Marie Thérèse Perrin a créé à Cahors dans les années 90 un festival de photos contemporaines, le Printemps de Cahors.

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Mais au bout de quelque temps, les choses se sont gâtées avec la municipalité de Cahors. Peut être parce que les Cadurciens, dont les origines remontent aux hommes préhistoriques, ont largement eu le temps de voir passer de l’art contemporain depuis 30 000 ans et qu’ils commencent à être blasés. Dans leurs grottes déjà, le meilleur moment, c’était le vernissage.

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Le Printemps est allé chercher ailleurs une municipalité plus accueillante et il a déménagé en 2001 à Toulouse avec un créneau à l’automne. D’où le nom de Printemps de Septembre, quand même bien trouvé. Cette manifestation a eu à Toulouse des hauts et des bas. Le festival avait besoin d’être requinqué, ayant souffert de changements d’identité erratiques et inappropriés. Un nouveau commissaire Christian Bernard est arrivé cette année, avec dans l’idée de le relancer en l’ancrant dans le territoire. On lui souhaite bonne chance

Le festival 2016 aura lieu du 23 septembre au 23 octobre. Je ne connais rigoureusement personne dans le programme, pourtant touffu. Je ne sais pas trop par quel bout le prendre. Comme souvent, les textes de présentation ne sont pas très explicites. L’art contemporain est aisé, mais la critique est difficile. Dans le meilleur des cas ces textes sont mystérieusement évocateurs d’un secret qu’il ne nous reste plus qu’à prendre le risque d’aller découvrir.

Je vais quand même trahir un peu du secret de l’exposition de Hans Op de Beeck aux Jacobins. Elle nous est présentée dans le programme comme un étrange paysage monochrome qui convie les visiteurs à une escale tantôt silencieuse, tantôt chuchotée, invitation à la méditation et à la rêverie. Et j’ai vu passer dans La Dépêche une annonce pour recruter des figurants bénévoles pour ce spectacle, à qui on aurait demandé d’habiter silencieusement le paysage conçu par le plasticien, à la manière des moines zen bouddhistes. Hélas, les figurants ne sont pas au rendez-vous et je trouve que c’est dommage.

Et en clôture, le samedi 22 octobre au CDC (5 avenue E. Billières), j’ai relevé un Bal en hommage à Dada. La présentation nous promet quelque chose de festif et de poétique. C’est comme qui dirait spécialement fait pour vous. Et si vous ne savez pas danser, ce sera encore mieux pour un hommage à Dada. Pour les jeunes qui n’auraient pas connu Dada, je dirais que c’est un peu comme les Zazous.

Toujours dans le domaine de l’art contemporain, je vous signale que l’Espace Ecureuil a ré-ouvert le 1° septembre. Cet Espace se trouve place du Capitole et présente gratuitement des expositions de bonne tenue. J’ai eu la chance d’assister à la soirée d’inauguration, avec un opéra dansé de la compagnie Vulpès. Une des choses les plus fascinantes que j’ai vues depuis la rentrée. Cet espace est dirigé par Sylvie Corroler qui donne des conférences sur l’art contemporain.

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Il se peut très bien que vous ayez besoin de vous remettre de l’art contemporain. Je vous conseille alors quelque chose de plus récréatif, avec la 4eme édition de l’exposition Mister Freeze, dédiée au graffiti et au Street Art, qui se déroulera du 27 septembre au 9 octobre prochain à Toulouse, sur le site du 50cinq, ancien bâtiment industriel au 55 avenue Louis Bréguet, sur le quartier de Montaudran. J’y suis allé l’an passé et l’expo très spectaculaire valait vraiment le déplacement.

Le festival Match & Fuse en est à sa deuxième édition. Après sa première édition française à Mix’Art Myrys en 2015, le festival européen Match&Fuse repose ses bagages cet automne à Toulouse : 3 jours, 5 lieux, 8 pays représentés par 16 groupes de musiques audacieuses. Ils ont l’air bien sympa, mais je ne capte pas tout ce qui se cache derrière des mots comme Electronica Pop, Apocalyptic Space Funk, Post Punk Jazz, Abstract Hip Hop … Il y a quand même là dedans deux propositions de jazz que je vous recommande :

– Le jeudi 29, à 12h30, gratuit, la Pause Musicale accueille Leïla Martial & Valentin Ceccaldi dans la maison de l’Occitanie, 11 rue Malcousinat. Deux poètes en symbiose. Est-il pertinent de qualifier Leïla Martial de chanteuse ? On en doute. C’était bien trop ovniesque. Sa voix ? Quelque chose de céleste. De non identifié. Technique et extrêmement précis pourtant. Les syllabes d’un langage qui nous est inconnu. Et qui nous conte bien des choses. Des onomatopées déconcertantes de par leur originalité. Elle exhale des émotions façonnées avec dextérité. D’un coup sec parfois ou alors en jouant sur des sinuosités. C’est délicieusement déjanté. Une douce folie intensifiée quand, le lendemain, elle présente le projet “Baabox” avec le batteur Éric Perez et le guitariste Pierre Tereygol. Et justement on retrouvera Leïla Martial avec cette formule de trio dans la cadre de Jazz sur son 31. Ca se passera le mardi 18 octobre à 18h30 dans la cour du Conseil départemental.

– Le samedi 1° octobre, à 20h30, Mix’Art Myrys, en association avec Un Pavé dans la Jazz, le concert Shore to Shore dans la cadre de la formule Bridge. Cette formule qui en est à son numéro 4, consiste à faire jouer ensemble et dans divers endroits des deux côtés de l’océan deux musiciens français avec deux musiciens de Chicago. On assistera là au match retour.

Le festival Ciné Espana se déroulera du 30 septembre au 9 octobre. Ce festival est parait-il le plus important d’Europe hors Espagne. Il souffre lui aussi d’une baisse de subventions. En plus des apéro-concerts qui vous permettront de les soutenir sans trop vous forcer, je vous signale trois rendez-vous intéressants :

– Le lundi 3 octobre à 18h, rencontre à l’ABC avec Albert Serra suivie d’une projection en avant première de son dernier film La mort de Louis XIV avec Jean Pierre Léaud dans le rôle du roi-soleil.

– Le vendredi 7 à 21h30 à la cinémathèque, projection en présence de Sergi Lopez du film Le labyrinthe de Pan réalisé par Guillermo del Toro. Un magnifique film fantastique, un enchantement visuel dans le contexte oppressant de l’Espagne franquiste.

– Le vendredi 30 en ouverture à 21 h à la cinémathèque (et repris le samedi et mercredi), le film Sexo, Maracas y Chihuahuas qui raconte l’histoire de Xavier Cugat, le roi du mambo, de la rumba et du chachacha. Le nom de Xavier Cugat est cité dans les paroles de Joe le Taxi, la chanson de Vanessa Paradis.

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Aurélien Bory, le metteur en scène, vous le connaissez. Avec sa Compagnie 111, il nous a proposé des spectacles merveilleux comme Plan B, Plus ou moins l’infini, …  Il a été récemment chargé de remonter le théâtre de la Digue. Son onzième spectacle, Espæce, inspiré de Georges Pérec, a été créé au festival d’Avignon de 2016. Ce spectacle est programmé au TNT du 13 au 17 décembre. En attendant, vous pouvez aller voir son installation Spectacula visible au TNT du 30 septembre au 15 octobre, entrée libre.

Benjamin Millepied, le danseur, vous le connaissez peut être par Relève : histoire d’une création, ce documentaire récent qui le montre à la tête du ballet de l’Opéra de Paris en train de préparer un spectacle. Dans ce film, on découvre un bonhomme très attachant et absolument charmant. Il fait passer un vent de fraicheur dans une institution qui n’en avait pas l’habitude. Tellement que la greffe n’a pas pris et que ce Millepied est depuis parti danser ailleurs. Et par exemple à Odyssud avec son L.A. Dance Project les 4 et 5 octobre à 20h30.

Je vous signale également la 9° édition du Festival de la Bohème qui aura lieu à Muret du 30 septembre au 1° octobre. Ils nous disent que La Bohème est l’un de ces festivals à « taille humaine », où les échanges et la convivialité sont des priorités, il n’en demeure pas moins que la programmation est digne des « gros ». Mais je n’y suis encore jamais allé.

Ce mardi 27 septembre, le Bijou accueille l’exposition de photos de Jean François Le Glaunec consacrées au monde de l’accordéon. Pour l’occasion, des accordéonistes viendront de 18h à 19h « refiler un peu d’air dans les poumons de l’accordéon ».

Et encore deux sorties pointues pour cette semaine chargée :

– Le mercredi 28 septembre à 18h, la médiathèque Cabanis programme le sextet toulousain Stabat Akish, emmené depuis 2007 par le contrebassiste Maxime Delporte. Ce groupe est présenté comme influencé par le rock progressif des années 70. Pour les avoir entendus, je parlerais plutôt d’un jazz énergique et expressionniste, sans la virtuosité tape à l’œil et grandiloquente que l’on a pu reprocher au rock progressif contaminé à mon goût par une sorte de symphonyphilis.

– Les 27, 28, 29 septembre à 19h30 et les 30 septembre et 1° octobre à 20h, le théâtre du Vent des Signes nous propose la pièce de Anne LefèvreJe dirai qu’il est trop tard quand je serai morte”.

Anne Lefèvre, je l’ai vue l’an passé dans son spectacle solo “Et toi”. Ce n’était pas anodin. Le genre de spectacle qui tient à peu de choses pour être génial ou tête à claques, un peu comme Brigitte Fontaine. Un spectacle autour du monde de ses émotions et de ses fêlures, confrontées à la réalité têtue du terre à terre. Le réel, c’est quand on se cogne, disait Lacan. Et elle voulait savoir si nous aussi on avait des trucs qui clochent. Dit comme ça, forcément on en trouve.

Le théâtre du Vent des Signes, normalement vous ne savez pas où il se trouve, à moins d’être un fondu de théâtre ou un lecteur attentif de la Vie en rose. Le Vent des Signes se trouve au fond de l’impasse de Varsovie, proche du marché Saint Cyprien. Ca me donne l’idée de vous préparer un genre de quizz, pour savoir si vous méritez tant que ça la fierté que vous éprouvez peut être à vous sentir un toulousain cultivé.

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19 septembre 2016

Cette semaine, nos voisins Grolandais débarquent pour le Fifigrot du lundi 19 au dimanche 25 septembre. Fifigrot, c’est avant tout un festival de films grolandais. Un cinéma sauvage, primitif. Pour tout dire, indicible. Qui fait si peur qu’on en rit. C’est aussi l’occasion d’assister à quelques manifestations insolites dont seuls les Grolandais ont le secret. L’an passé par exemple, on y avait vu le président Salengro prendre un bain de foule dans son Bain Force One. Et juste avant son bain, Salengro est allé tout seul incognito sous mes yeux s’enquiller un verre de vin blanc à l’Esquille. On y a vu aussi des choses moins raffinées, comme la parade des motards presque nus sur leurs motos pétaradantes. On aurait dit la fête du slip.

Défilé du président Christophe Salengro Compagnie du petit vélo Fifigrot 2015, Toulouse @Fabien Espinasse contact fabien.espinasse@gmail.com
@Fabien Espinasse

Le festival en est déjà à la fin de son premier quinquennat. Le jury est sous la présidence de Pierre Etaix, le réalisateur d’un humour si chic qu’on ne le savait pas apparenté à Groland. On y trouve aussi Yolande Moreau, Vincent Lacoste (que vous pouvez voir en ce moment jouer le rôle d’un personnage craquant dans le film Victoria), Willis from Tunis (qui a gagné cette année le prix Couilles au Cul, et que vous avez peut être vue exposée à la Maison Blanche), Jean Bernard Pouy (celui du Poulpe et des Papous dans la Tête), Jules Edouard Moustic et Jean Pierre Bouyxou (cinéaste et journaliste, entre autre pour la rubrique cinéma de Siné mensuel). Que du beau linge !

Il y a de tout dans le programme … Je vous laisse le plaisir de fouiner. La traditionnelle parade sera menée cette année par deux candidats prétendants au trône présidentiel : François Groland et Nanosarko. Ils sont attendus pour un bain de foule le samedi après-midi, de la place du Capitole à Saint-Sernin.

Des films en hommage à l’équipe de Charlie seront projetés le 22 septembre dans la cour de l’ESAV sur Choron (Choron dernière, à 17h15), sur Siné (Mourir ? Plutôt crever ! à 22h15) et sur Honoré (Monsieur Honoré, à 16h). Une exposition dédiée au dessinateur Tignous sera installée à l’ABC. Je vous recommande particulièrement le film sur Choron, où on voit l’animal déployer son talent d’entrepreneur un peu spécial. Et bien sûr le film “Cavanna, jusqu’à la dernière seconde j’écrirai” de Denis et Nina Robert. Ce film passera le vendredi 23 septembre à 20h30 à la médiathèque de Fenouillet en présence de Denis Robert. Dans ce film on voit Cavanna quelques temps avant sa mort nous parler de cette formidable aventure qu’a été Hara Kiri et porter un regard un peu désabusé sur les évolutions d’un Charlie Hebdo dirigé par Philippe Val. Groland est évidemment le Hara Kiri de maintenant. Comme Hara Kiri, Groland est aussi aimé par des gens qui ne font pas tous très bien la différence entre gros déconneur et abruti.

Mais qui sont au fond ces Grolandais ? Dans son édito du programme, Benoit Delépine nous dit qu’ils ont le chromosome de la grosse feignasse, la base azotée de l’alcoolisme, le génome du geignard, le glucide du pervers, le polymère du lâche, l’enzyme du voyeur. Bel exemple de génétique pour les nuls qui nous éclaire enfin sur la nature des relations entre génotypes et phénotypes ! En tant que bénévole du Fifigrot, vous avez peut être accueilli chez vous un Grolandais de souche. Vous constatez qu’il a en plus le gène du sans-gêne. Et vous découvrez en quoi il est si différent de vous : il n’aime pas les courgettes ni tellement le poisson. Il met ses os de poulet sur la table. Il prend pour lui le pot de crème anglaise qui accompagne le gâteau. Il garde la même chemise plusieurs jours de suite. Il a l’habitude de pisser dehors. Et encore plus choquant, il serait prêt à revoter pour son président bien aimé.

Qu’allez vous faire de lui ? Par chance, le collectif Culture bars-bars est partenaire du festival. Amenez le dans un de ces bars grolandais-friendly où vous pourrez passer commande en toute simplicité comme le faisait le regretté Charlie Schlingo :

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Les Occitans eux mêmes nous disent maintenant Volem Viure al Groland ! Le festival Occitania aura lieu du 9 sept au 4 novembre.  Il y a beaucoup de choses dans le programme, je vous en reparlerai le moment venu. Dans le court terme, je vous recommande Pop in NY, un spectacle avec la Police Occitane de Proximité, ces trois gendarmes du bon vieux temps que l’on a vu déambuler dans les allées de Rio Loco. Ca se passe le samedi 24 septembre à 20h30 dans la cour de l’ESAV rue du Taur.

Et maintenant, place aux vieux pour une fois :

Bernard Lavilliers sera en concert à la Halle aux Grains le mardi 27 septembre. Prix des places 54 € quand même. Pour avoir chanté « Les mains d’or  »  il lui sera beaucoup pardonné.

Juliette Gréco devait passer le 22 septembre à Odyssud. Mais le concert est reporté et il vous faudra attendre jusqu’au 24 avril pour la voir. Elle me fait penser à Compay Secundo ce musicien cubain que j’étais allé écouter jusqu’à Lavelanet en m’imaginant que ce serait la dernière occasion vu son grand âge. Et dans les dix ans qui ont suivi, notre Compay est encore revenu plusieurs fois dans le coin nous passer le bonjour du haut de ses 90 ans. Mais Juliette nous assure que c’est sa dernière tournée … Voici pour patienter un de ses succès « Si tu t’imagines » sur des paroles de Raymond Queneau.

Renaud est complet pour le 21 novembre, il reviendra au Zénith le 17 mars. Renaud ne s’arrange pas. Mon confrère grolandais de « La vie en cirrhose » nous a pourtant bien mis en garde contre les dangers que courent ceux qui veulent arrêter l’alcool.

Vous pouvez aussi réserver pour Jamel Debbouze qui passe à la Comédie de Toulouse du 6 au 8 décembre. On a appris cet été que le Canal Plus de Bolloré a pris une part de 50% dans la société de production de Jamel. Avec cette opération, Canal s’adjoint les services d’un humoriste qu’il connait bien et qu’il estime coller parfaitement avec le « nouvel esprit Canal : un mélange d’humour et de dérision sans méchanceté ».

Un humour sans méchanceté ? Et pourquoi pas sans bêtise tant qu’on y est ? Peut être que Canal souhaite éradiquer l’humour bête et méchant. Alors Groland n’aurait plus qu’à bien se tenir … mais heureusement ils en ont l’air bien incapables. Banzaï !

12 septembre 2016

J’ai la manie de faire des listes, vous aussi j’espère. Pour le cinéma, je m’aide avec un livre qui dresse la liste des 1001 films à voir avant de mourir. Dans les deux prochains mois, la cinémathèque en programme cinq qui rentrent dans cette catégorie, ce qui n’est au fond pas si mal. A ce rythme, il faudrait donc plus de 30 ans avant de pouvoir mourir tranquille. C’est jouable à condition de ne pas trop trainer. Alors ne manquez pas les cinq qui se présentent :

Dans la thématique des Savants Fous qui aura lieu du 13 au 28 septembre, vous avez Les yeux sans visage (le 15 à 21h et le 17 à 17h), un film fantastique de Franju qui date de 1955. Et puis La Mouche (le 16 à 19h et le 27 à 19h), un film de Cronenberg. Cette thématique nous offre d’autres propositions alléchantes. J’aime beaucoup les savants fous, tant que ça reste du cinéma.

Et puis Pulp Fiction de Tarantino, le samedi 17 septembre à Labège, dans le cadre du festival Drive-in.

Dans la thématique Jean Charles Fitoussi du 11 au 16 octobre, je n’en vois pas.

Dans la thématique Abel Ferrara, du 15 au 27 octobre, il y a Kings of New York, que je n’ai pas vu. J’ai vu par contre Bad Lieutenant qui raconte la descente aux enfers d’un flic, c’est hard.

Et puis Les Lumières de la Ville, un Charlot de 1931, les samedi 15 et dimanche 16 octobre, à l’Escale de Tournefeuille. Le film sera accompagné par un orchestre, je ne sais pas si c’est une bonne idée. Victor Hugo ne voulait pas qu’on mette de musique sur ses poèmes, certains l’ont fait et heureusement.

On aurait tort de se cantonner à cette liste, il y a plein d’autres choses intéressantes dans le programme. Le programme papier est maintenant revenu, au prix du soutien un peu encombrant d’un sponsor en béton ; vous ne vous étiez peut être pas rendu compte qu’il avait disparu le printemps dernier. Et il faut reconnaitre que la cinémathèque fait des efforts pour diversifier son public de vieilles dames cultivées, avec une exposition d’affiches dont voilà un spécimen. Et en bonus la chanson que Dario Moreno a faite à la gloire de Brigitte Bardot, on n’en fait plus beaucoup des comme ça.

20160818_Brigitte Bardot

Le samedi 17, vous pourrez rencontrer Xavier Dolan en tournée de promotion pour son nouveau film Juste la fin du monde. Dolan est ce jeune Canadien de 27 ans dont le dernier film Mommy a fait un tabac. Voici les rendez-vous : Utopia Tournefeuille 16h15, ABC 20h45, UGC 21h45 et Gaumont 22h45.

Le jeudi 22 septembre à Ombres Blanches à 18h, une rencontre aura lieu avec Jean Louis Comolli à propos de son dernier ouvrage Daech, le cinéma et la mort. Comolli a fait beaucoup de choses, il a été critique de cinéma puis réalisateur, notamment des films La Cécilia et L’ombre rouge, mis en musique par Michel Portal. Il a aussi écrit avec Philippe Carles le livre Free Jazz / Black Power dont la couverture a été dessinée par Reiser.

Free Jazz Black Power - Reiser

Et pour en finir avec le cinéma, et si vous ne deviez voir qu’un seul film, à part le Charlot hors concours, ce sera Freaks le film de Todd Browning qui date de 1932. Ce film passe au Cosmo ex Utopia le mercredi 21 à 17h45. Il est évidemment en bonne place dans la liste des films à voir avant de mourir. Je vous en avais déjà parlé dans ma lettre du 2 mars 2015. De nouveau, et malgré tous les risques d’impopularité que cela comporte, je dégaine mon 49-3 et j’engage ma responsabilité sur ce film bouleversant.

La mairie de Toulouse parraine un certain nombre d’expositions regroupées sous la dénomination de Saison Photo à Toulouse. Dans le nombre, je vous signale particulièrement :

– Du 16 septembre au 1° octobre, le collectif Vertiges expose [Travel’In] dans la Maison des Associations ex caserne Niel. Je vous avais déjà parlé de ce collectif qui nous a montré des séries intéressantes, en particulier sur les villes de Liverpool et de Hambourg.

– Le rendez-vous traditionnel de Manifesto, également du 16 septembre au 1° octobre. Les photos sont exposées dans des conteneurs sur le cours Dillon, on change d’univers en changeant de container. On y voit de tout et même de très belles choses.

– L’exposition « Ailleurs »  dans le jardin Raymond VI (à côté des Abattoirs) jusqu’au 26 octobre. Plusieurs photographes sont exposés en grand format sur les murs du jardin, dont Marc Riboud le grand photographe récemment disparu. Il s’agit de la 14° et malheureusement dernière édition de ce genre organisée par l’association Biz’Art Pop.

Jardin Raymond VI

Et le mercredi 14 septembre à 18h, vernissage de l’exposition de Nadia Erhrmann (graphisme, collage) au Centre Culturel Desbals.

Du 13 au 17 septembre, Cabaret Méfisto par la Cie Séraphin à 21h au Grand Rond. Un hommage au cabaret munichois antinazi des années 30. A l’époque, il n’était pas bien difficile de distinguer les gentils des méchants, ce n’est pas comme aujourd’hui où on dirait que c’est plus compliqué, comme le montre ci-dessous le dessin de A4 Putevie. Et il s’en trouve même qui aimeraient bien passer l’éponge et donner une seconde chance aux méchants.

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Allez donc voir le spectacle pour y voir plus clair. Voici la chanson Veronika, der Lenz ist da par les Comedian Harmonist que vous entendrez dans le spectacle.

Les Journées du Patrimoine auront lieu les 17 et 18 septembre. C’est le moment de visiter un grand nombre de lieux qui ne sont en général pas ouverts au public. J’ai par exemple visité l’an passé l’Hôtel Saint Jean, rue de la Dalbade qui héberge la DRAC. Une bonne occasion de mieux comprendre l’histoire compliquée de ces Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem et des chevaliers de Malte.

Pour la première fois cette année, des féministes toulousaines vous proposent les Journées du Matrimoine : un circuit en six étapes sur les traces de femmes d’exception. Départ samedi et dimanche à 17h devant l’office de tourisme.

Ce même week-end, la manifestation Canal en Fête aura lieu au Port Saint Sauveur. Profitez en pour vous faire montrer le bassin de radoub proche du Pont des Demoiselles qui a été construit par Jean Polycarpe, un des tout premiers ingénieurs polytechniciens.

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Et encore ce week end, vous avez le festival Méditerranéo de Portet du vendredi 16 au dimanche 18. Un festival de musiques du Sud de l’Europe, dans un cadre sympa en bord de Garonne, qui nous propose 15 concerts gratuits. Soirée Balkans en folie le vendredi, musiques sans frontières le samedi et chansons encore plus métissées le dimanche.

C’est la rentrée aussi pour un Pavé dans le Jazz, cette association qui nous propose des concerts de musiques aventureuses sous l’impulsion de Jean Pierre Layrac. La présentation de la saison aura lieu le dimanche 18 septembre à 18h au Théâtre du Pavé. Suivie d’un concert de Marc Ducret  (guitare électrique, compositions) en quartet.  Après un solo mémorable en 2011 à Lieu Commun, Marc Ducret revient avec Journal Intime. Marc Ducret continue de décoller ces étiquettes que l’on colle trop facilement sur sa musique. Attention Génie !

Vous êtes à peine rentrés qu’on vous propose déjà de sortir. Et il y a quand même beaucoup de choses cette semaine, dans la liste des choses à faire.

 

5 septembre 2016

Tout pour me plaire dans le théâtre de rue : les saltimbanques dans un coin de rue, la magie au bout d’une ficelle, une fanfare rutilante, Fellini et la Strada et Gelsomina. Déjà petit, il me suffisait d’un accordéon et d’une fille saltimbanque pour me rendre tout chose. Elle était dans une roulote tirée par un cheval, la roulote. J’aurais voulu épouser une saltimbanque.

Théâtre Amélie 001

Ne regrettons pas plus longtemps nos jeunes années et prenons le raccourci spatio-temporel qui nous amènera de Padirac 1977 (où cette photo a été prise) à Ramonville 2016. Le festival de rue de Ramonville se déroulera pendant le week end des 10 et 11 septembre. Depuis le Royal de Luxe qu’on y a vu il y a presque 30 ans, ce festival propose des spectacles hors du commun. L’an passé par exemple, j’y ai vu des merveilles. Carnage Production dans leurs deux spectacles : Les Tapas et Ma vie de grenier, un chef d’œuvre d’humanité, Didier Super, un chef d’œuvre de bestialité, Joseph K et sa contre visite guidée, une déambulation loufoque à la gloire du maire de Ramonville dont on a tendance à oublier le nom … j’ai vu aussi des choses moins bien.

Alors, comment choisir ? N’ayant heureusement pas épousé de saltimbanque, je n’ai pas d’informations privilégiées à vous donner. Mon seul conseil : choisir ses spectacles au feeling et arriver à l’avance. Vous pouvez aussi taper dans les compagnies invitées qui constituent l’ossature de la programmation. Les seuls que je connais pour les avoir vus au Grand Rond : Les Kag, un duo de filles qui déménage et qui fait du bien.

Les 10 et 11 septembre également, vous pourrez voir le spectacle « Robots » de la chorégraphe Bianca Li à l’Escale Tournefeuille pour seulement 2 euros. Moins, ce serait gratuit.

Pour les amateurs, je signale le festival Toulouse Electro Alternativ du 8 au 18 septembre. Voici le lien pour un article compétent de iMaestro. On y trouve trop de mots anglais à mon goût. That’s not my cup of tea.

Le lundi 12 septembre, Yves Le Pestipon attaque une nouvelle saison de ses Classiques au Détail, toujours à la librairie Ombres Blanches, toujours à 17h30. Pour cette première séance, il nous parlera de Clément Marot et de son Rondeau parfait à ses amis après sa délivrance. Clément Marot est né à Cahors, il a donné son nom au lycée, vous y avez peut être passé des moments difficiles. Il ne vous faut pas rester sur cette mauvaise impression, faites le premier pas pour renouer avec lui.

Tout le monde connait le chanteur de Zebda, mais on connait moins l’écrivain Magyd Cherfi. C’est un grand bonhomme je trouve. Vous aurez une occasion de le rencontrer le jeudi 8 septembre à 18h à la médiathèque Cabanis, pour la sortie de son nouveau livre : Ma part de Gaulois.

Rappel : le jeudi 8 également à 18h, présentation du programme du Bijou.

Et toujours organisées par Ombres Blanches, deux rencontres avec deux auteurs toulousains de premier plan. Le vendredi 16 à 18h avec Jean Paul Dubois pour La Succession. Jean Paul Dubois a écrit entre autres Une Vie Française, que je vous recommande et aussi La nouvelle vie de Paul Sneijder, dont on a récemment tiré un film avec un Thierry Lhermitte empathique. Et le mercredi 28 septembre avec Laurent Mauvignier pour Continuer. Attention, ça se passe au théâtre Garonne.

J’envoie un coucou affectueux à celle qui a réussi à épouser un saltimbanque. La photo jointe prouve combien il était irrésistible quand il exécutait ce qui pouvait être sa parade nuptiale. Et un coucou aussi à ma Gelsomina à moi.

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