31 octobre 2016

Au 50 de la rue des Filatiers à Toulouse se trouve la maison Calas avec cette plaque dédiée A la mémoire de toutes les victimes de l’intolérance et du fanatisme. Sur cette affaire Calas, Voltaire a écrit son Traité sur la Tolérance en 1763. Et dans ce livre Voltaire parle des Toulousains comme d’un peuple superstitieux et emporté. Même si je suis assez d’accord avec lui, je me battrai jusqu’à la mort pour qu’on lui interdise de le dire. Et je ferais remarquer à ce Voltaire qu’on pourrait aujourd’hui le poursuivre pour incitation à la haine envers les Toulousains. La superstition n’est en effet qu’une forme primitive certes, mais honorable, de religion. Ça faisait longtemps que j’avais envie de clasher Voltaire …

Voltaire nous rappelle que des factions catholiques se sont opposées aux protestants, en 1562 à Toulouse. Ces violences ont provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et l’expulsion de tous les protestants. Et le massacre de la Saint Barthélémy a eu lieu à Paris en 1572. Il a fallu que Henri IV abjure sa foi protestante pour devenir roi et mettre fin avec l’Edit de Nantes de 1598 à plus de trente ans de guerres de religion. Ce qui n’a pas contenté l’ultra catholique Ravaillac qui l’a assassiné en 1610 pour lui apprendre à avoir cherché des accommodements raisonnables.

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Un an après le Bataclan, deux rendez-vous viennent nous parler de cette période lointaine. On ne pourra évidemment pas s’empêcher d’y voir des analogies avec les évènements récents. Mais on sait que l’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru.

Le lundi 7 novembre à 17h30, dans la librairie Ombres Blanches, Yves Le Pestipon nous parlera d’Agrippa d’Aubigné. Cet auteur à la fois poète, soldat, mystique et avant tout protestant, a participé les armes à la main à ces guerres de religion. Il peut être décrit comme un combattant de Dieu, poussé par l’inspiration biblique. Il est connu par un seul livre : les Tragiques. Le Pestipon nous expliquera en quoi cet ouvrage détonne dans la littérature classique et pourquoi il a du attendre le XIX° pour revenir en grâce.

Du 2 au 16 novembre, le Théâtre du Ring programme sa création phare de la saison : 1572 massacre à Paris. Cette pièce a été écrite par l’Anglais Christopher Marlowe en 1593. En écho à cette pièce, la Cave Poésie propose le 1° novembre une série de lectures et rencontres sur le thème de l’athéisme.

La pièce du Ring sera jouée dans le cadre du festival Des théâtres près de chez vous qui aura lieu cette année du 4 au 13 novembre. Neuf théâtres se regroupent à cette occasion pour nous proposer une trentaine de spectacles, dans une formule où la première place est au tarif normal et les places suivantes à trois euros. Ce ne sont pas les théâtres les plus médiatisés, et ça nous les rend d’autant plus sympathiques. En voici la liste : l’Agit Théâtre, la Cave Poésie, le Théâtre du Chien Blanc, le Théâtre du Fil à Plomb, le Théâtre du Grand Rond, le Théâtre Le Hangar, Mix’art Myrys, Le Théâtre du Pavé et le Théâtre du Ring. Le chapiteau de l’Agit sera installé place Saint Pierre et il sera le point central de rassemblement et d’information.

L’année dernière, l’édito du programme de ce festival protestait de manière virulente contre les baisses de subventions. L’édito de cette année ne mentionne rien de tel. Veulent ils eux aussi nous dire que ça va mieux cette année en France ? Je n’en suis pas certain … On se demande quand même comment font tous ces théâtres pour tenir le coup. C’est qu’ils se décarcassent vaillamment pour nous concocter des programmes attrayants et des formules originales qui excitent notre curiosité. A vous maintenant de vous déplacer pour aller voir leurs spectacles. Rien ne remplace le spectacle vivant.

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Le festival Graphéine en est à sa huitième édition et aura lieu cette année du 5 novembre au 8 décembre. Graphéine est organisé par le réseau Pinkpong qui fédère une vingtaine de structures autour de Toulouse pour la promotion de la création artistique contemporaine. Avec 14 structures, 54 artistes et toute une série de rendez-vous, Graphéine est le festival des arts graphiques et du dessin contemporain. Une particularité notable : le réseau Pinkpong met à disposition des navettes gratuites entre différents lieux partenaires de l’évènement. Les départs de bus sont prévus les 4, 19 et 26 novembre, il faut réserver sur leur site. Se retrouver dans un bus avec des personnes inconnues pour faire la tournée de lieux exotiques et dépaysants, voilà qui peut ressembler à un voyage pas commun.

Au programme :
– du dessin et du film d’animation (Massinissa Selmani, mention spéciale à la 56ème biennale de Venise, 2015)
– des figures de l’art conceptuel (Roman Opalka, Lee Ufan, Robert Ryman)
– des détournements photographiques (Sylvie Bonnot, Marika Polasek, Ilias Georgiadis)
– des travaux relevant de l’univers du jeu vidéo (Paul Noble)
– de la bande-dessinée (Claire Braud, Jochen Gerner ou Miguelanxo Prado (Alph-Art du meilleur album étranger en 1991 et 1994)
– des artistes et designers qui vous feront esquisser un sourire (Jeff Koons, Céleste Boursier-Mougenot, Claude Closky, Ettore Sottsass)

L’exposition de Marika Polasek, au Majorat de Villeneuve-Tolosane jusqu’au 19 novembre, est intéressante. Ses dessins, d’une composition très structurée mais d’une apparence hasardeuse, sont un bon support à l’imagination. Elle expose également jusqu’à fin novembre à Rieux-Volvestre avec d’autres artistes graveurs de l’association Estampadura.

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Ettore Sottsass était un designer italien, mort en 2007 et connu pour avoir créé le groupe Memphis dans les années 80. N’ayant pas les moyens de l’acheter, j’ai depuis longtemps l’envie de reproduire son étagère emblématique.

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Toujours dans le cadre de Graphéine, au BBB centre d’art (96 Rue Michel Ange), j’ai relevé une exposition dont le titre m’a intrigué : Superbe spectacle de l’amour. Le livre du physicien Etienne Klein intitulé Anagrammes renversantes nous apprend que ce titre est l’anagramme de La courbure de l’espace-temps. Je profite de cette courbure pour passer le bonjour à mes anciens collègues qui sont justement en train de s’efforcer de tester le Principe d’équivalence qui est à la base de la théorie de la relativité générale. Vont-ils réussir à clasher Einstein ? Bon courage en tout cas !

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17 octobre 2016

Voici les vacances scolaires qui reviennent avec leur lot d’inconvénients. Et parmi ceux là, la question de savoir qui va garder les enfants ? Le Muséum peut vous aider avec ses deux expositions temporaires, toutes les deux consacrées aux animaux, toutes les deux jusqu’en juin 2017.

L’une d’elle s’intitule “Chiens & Chats”. Les chiens et les chats sont très populaires, il parait qu’on décompte en France 7 millions de chiens et 11 millions de chats. Et malgré ce nombre impressionnant, l’émission 30 millions d’amis a été arrêtée en juin après 40 ans d’existence, c’était la plus vieille du PAF. Je ne l’ai jamais regardée, mais je la regrette quand même. Cette exposition du Muséum demande une participation active. L’affiche nous prévient en nous disant : Vous en sortirez moins bête. Attention, il y a des enfants qui risquent de tourner les talons s’ils reniflent une intention pédagogique.

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La seconde exposition s’intitule “Les Nouveaux Animaux de Compagnie”, autrement dit les NAC. Un NAC désigne une espèce autre que le chien ou le chat que l’homme accueille chez lui pour son simple agrément. La liste est longue, elle va des plus classiques comme les perroquets et les tortues aux plus exotiques comme les caméléons et les iguanes, en passant par les mygales et les piranhas, qui ne sont au fond qu’une sorte de poisson rouge. A mon goût, cette exposition est plus intéressante que la première, on y voit plein de bestioles naturalisées et mises en scène. Elles ne sont pas forcément toutes très mimi, regardez :

Je vous mets néanmoins en garde : les enfants peuvent sortir de ces expositions avec l’envie d’adopter un animal. Et ils risquent alors de tourner Punk à chien, Gothique à rat ou Hipster à hamster. Saint Exupéry nous prévient lui aussi : tu deviens pour toujours responsable de ce que tu as apprivoisé. Au pire, prenez une poule de compagnie, une poule de luxe si vous avez les moyens. Ou alors un simple cochon d’Inde. Dans tous les cochons, il y a un homme qui sommeille. Une alternative serait d’adopter un NAC virtuel, un Pokémon par exemple. Et mieux encore, vous pourriez plus facilement amener vos enfants au musée en leur faisant croire qu’ils y trouveront des Pokémons rares.

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Hipster – Hilda Lindström

Le muséum accompagne pendant toute l’année ces expositions d’une série de 14 rendez-vous à l’intitulé alléchant, par exemple dans la liste :

le 17 novembre : Punk à chien, un binôme inconnu

Le 1° décembre : Médor forever, Ever, copier-cloner son animal

Le 8 décembre : Doit-on se méfier des personnes qui aiment leur animal ?

Autre chose : la compagnie Le Phün fête ses trente ans d’existence le 21 octobre à partir de 18h & le 22 à partir de 16h, à l’Usine de Tournefeuille, 6 impasse Marcel Paul. Je me souviens avoir vu leur Train Phantôme il y a dix ans. Je n’en suis pas encore complètement remis. Du gore à l’épouvante, tout y est, grâce à un savant mélange de cinéma, de vidéo, d’attraction foraine, d’arts plastiques et de théâtre de rue.

Au programme du weekend :

Une ambiance : L’espace de l’Usine scénographié, allumé et habité par les artistes du PHUN. Des spectacles : Attifa de Yambolé, La femme à barbe, Memento Mori, Feminem, …. Des concerts : Les Bransons, The Basset Band, Georges profonde. Un grand magasin : Où acquérir des œuvres des artistes du PHUN, des objets des spectacles et autres curiosités.

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 Et encore quatre rendez-vous que je vous recommande :

Le 22 octobre, Philippe Laudet trio au Rest’Ô Jazz, rue Amélie. Son père a joué avec Boris Vian dans les caves de Saint Germain, leur duo s’appelait Laudet-Vian. A moins que ce ne soit que de l’humour de jazzman. En tout cas, Philippe Laudet est un trompettiste de première.

Le 25 octobre à 18 h, Serge Joncour sera aux Ombres Blanches pour son livre Repose toi sur moi. Serge Joncour fait partie de la bande des Papous dans la Tête, une émission diffusée sur France Culture tous les dimanche à partir de 12h45. Ils nous régalent de leurs jeux sur les mots et sur le langage.

Le 28 octobre, Krakow night ! à 20h au Goethe Institut, organisé par Un Pavé dans le Jazz.

Le 29 octobre à 21h, le groupe La Recette invite Magic Malik au Taquin (ex Mandala, rue des Amidonniers). Magik Malik est un flutiste à l’énergie chaleureuse et contagieuse.

Pour finir, je vous avais parlé en octobre 2015 de ce documentaire, Les pionniers du Folk qui est passé l’an dernier dans le cadre du festival Peuples et Musiques au Cinéma. Peut être pour vous comme pour comme moi, c’était complet. Une seconde chance nous est donnée le mercredi 19 octobre à la maison de l’Occitanie, rue Malcousinat, à 19h30. Et pour moi, une seconde occasion de vous passer un air de Brassens joué par le grand Marc Perrone que l’on verra dans ce documentaire : La Marine. Ca date de 40 ans, Marc Perrone avait à l’époque reçu un mot de Brassens pour le féliciter. Des félicitations venant de Brassens, ça vaut la légion d’honneur.

Encore une conséquence des vacances : il n’y aura pas de Vie en rose la semaine prochaine.

 

10 octobre 2016

Le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place, disait Sartre. Oui, mais c’est où sur place ? Pour les bananes, c’est en Islande qui est le premier producteur européen de bananes, véridique. Pour le jazz, c’est à Toulouse, du 8 au 23 octobre pour le festival de Jazz sur son 31. Ce festival depuis 30 ans nous offre une programmation diversifiée et équilibrée et à la portée de toutes les bourses. Avec des grands noms bien sûr, et aussi les autres moins connus, mais peut être plus excitants.

Et parmi ceux là, profitez de ceux qui passent tous les soirs à 18h30, au tarif de 5 euros, sous le chapiteau de l’Automne Club installé dans la cour du conseil départemental. La programmation de cette année tourne Autour du Jazz Français, et il y a beaucoup de découvertes à faire. Puisqu’il faut bien en choisir au moins un, le mardi 18 octobre je vous recommande Leïla Martial en trio : Soutenues par un groupe hors-pair, ses acrobaties vocales sont au centre de chansons atypiques et exaltantes, aux virages imprévisibles, entre séduction et inquiétude, lyrisme et effervescence. Leïla Martial est mise en avant par Katia Touré dans le dernier numéro de Jazz Magazine. Elle y est soumise à un blind test où elle se montre impressionnante de culture musicale et de sensibilité. Son dernier disque vient de sortir, avec la contribution d’Emile Parisien, son condisciple de l’école de jazz de Marciac. En passant, je vous signale que les derniers disques d’Emile Parisien et de André Minvielle sont chroniqués dans ce même numéro. J’ai entendu récemment Leïla Martial en duo, dans la cadre de la Pause Musicale. Je rajouterai juste qu’elle dégage quelque chose d’à la fois sympa et émouvant.

Attention, certains des concerts sont déjà complets. Pour aller plus loin, je vous renvoie au bel article de Greg Lamazères dont j’ai tiré la photo N&B du chapiteau de l’Automne Club.

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Je ne sais pas si vous connaissez la formule des Réveils Créatifs. Ces Réveils sont programmés une fois par mois à Toulouse, ça se passe à 8h30 le matin et ça mérite l’effort d’y aller quand on peut. C’est gratuit et le petit déjeuner est offert. Il faut s’inscrire sur leur site. Organisés par les éditions Milan, les Réveils Créatifs sont de courtes présentations (20 minutes) suivies d’un échange autour d’une personnalité au profil créatif, charismatique et enthousiaste. La rencontre du lundi 17 octobre sera consacrée aux musiciens Pierre Pollet et Romain Quartier. Ces deux là font partie d’une équipe plus large qui participe à de nombreux projets tels que Initiative H, MMCC, les Brassen’s Not Dead, Stabat Akish, Humanophones, la Fanfare P4, Logilo & the Supersoul Brothers …

Vous savez que le club de jazz Le Mandala de la rue des Amidonniers a dû fermer mais l’association Le Mandala Bouge maintient la flamme hors les murs. Le 18 octobre, à 21h, au Centre Culturel Desbals, cette association nous propose une de ses leçons de jazz, consacrée pour cette fois au Hip Hop, avec Logilo et Ferdinand Doumerc : immergé dans la scène rap, Logilo n’oublie pas que le hip hop puise ses racines dans le jazz, entretenant avec lui des connexions musicales et spirituelles. La même séance sera proposée le 20 octobre aux Metronum mais il parait que c’est complet.

J’en ai fini avec le jazz pour cette semaine, et encore j’en ai laissé de côté. Si avec tout ça, on vient encore me dire que Toulouse n’est pas une ville de jazz, alors c’est que l’Islande n’est pas non plus un pays de bananes.

Et justement, l’ancien Mandala vient de réouvrir avec une nouvelle équipe sous le nom du Taquin. Le vendredi 14 octobre à 21h sera programmé le groupe Forro Pifado avec ses invités. La maman d’un des musiciens de ce groupe trouve qu’ils font une musique chaleureuse. Qui mieux qu’une maman peut porter un regard objectif sur son fils et trouver le mot juste le concernant ?

Autre chose : Séquence Court-Métrage investit l’auditorium du Musée des Abattoirs pour une sélection décalée de films courts issus du meilleur de la production actuelle en fiction et en animation. Il se trouve que j’ai un copain qui dans sa jeunesse s’est intensément investi dans le théâtre. Quarante ans après avoir joué Antigone et Brecht sur la scène parisienne, il vient enfin de trouver un nouvel engagement et son court métrage sera projeté le 16 octobre à 15h30 aux Abattoirs. On lui souhaite enfin le succès qu’il mérite depuis si longtemps.

Pour ses 20 ans, le festival Toulouse les Orgues met à l’honneur le dialogue des cultures. Ce festival dépoussière l’image un peu trop classique de l’orgue d’église et propose jusqu’au 16 octobre des rencontres qui sortent des sentiers battus. Le ton est donné par l’affiche que l’on doit à Plonk et Replonk, ce mystérieux collectif de créateurs et d’éditeurs suisse, que vous connaissez forcément par ses cartes postales farfelues. Fin 2013, ils nous ont régalé avec une exposition dans l’espace Croix Baragnon. C’est là que j’ai découvert Au royaume des Plonk, une série de courtes vidéos loufoques avec la voix d’Antoine de Caunes.

Le directeur de ce festival Yves Rechsteiner se présente comme un organiste explorateur, apprenti rockeur. J’ai raté la séance du Réveil Créatif qui lui était dernièrement consacrée, c’est bien dommage. Voici comment il nous parle de sa passion : Instrument traditionnel de l’église, mais aussi orchestre à lui tout seul, le monde de l’orgue est un univers de sensations magiques. J’aime enrichir le répertoire avec des arrangements, des transcriptions, confronter ce merveilleux outil musical à de multiples esthétiques musicales : Rameau et Mozart mais aussi Frank Zappa ou Pink Floyd !

Encore un musicien classique qui nous donne le plaisir gentiment audacieux de dépasser les frontières. La référence à Zappa est assez marrante. Zappa, il a quand même fait cette chanson qui nous parle de la castapiane : Why Does it Hurt when I Pee. A l’orgue d’église, ça pourrait piquer les yeux.

3 octobre 2016

Siné disait préférer les chats aux chiens parce qu’il n’y a pas de chat policier. Il existe des romans policiers et j’ai remarqué que certains qui n’aiment pas trop la police aiment bien les polars quand même. Mystère et boule de gomme … Le festival Toulouse Polars du Sud aura lieu ce weekend du 7 au 9 octobre.

Comme chaque année depuis 8 ans, ce festival propose de nombreuses animations : une trentaine de rencontres avec des auteurs venus d’horizons lointains et différents, des expositions, des apéros polars au théâtre du Grand Rond … Cette année le festival est parrainé par l’auteur chinois Qiu Xiaolong. Lisons ce que nous en dit le toulousain Jean Marc Lahérerre dans son excellent blog Actu du noir : Xiaolong Qiu continue sa double chronique : D’un côté celle de la mémoire de la Révolution culturelle, de ses ravages, que les nouveaux dirigeants, les nouveaux riches, les messieurs Gros-Sous, et la jeunesse branchée de Shanghai veulent oublier. De l’autre, celle de l’évolution vertigineuse de la Chine en général, et de Shanghai en particulier, où des fortunes colossales sont en train de se forger, alors que la majorité des gens s’enfonce peu à peu dans la misère. Une Chine nouvelle qui découvre des inégalités sociales faramineuses, qui lui font parfois regretter l’égalitarisme et la sécurité économique du temps … de Mao.

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Il y a malgré tout un mystère dans le monde du polar toulousain, puisqu’une association dissidente Polar sur Garonne a déjà organisé son propre festival à Toulouse les 26 et 28 et à Lisle sur Tarn les 24 et 25 septembre. Ce festival Lisle Noir rassemblait les amateurs de polars et ceux du vin, ce qui peut commencer à faire du monde.

Le festival « Jardins Synthétiques » se déroulera du 6 au 9 octobre, avec prolongation jusqu’au 23. Autour de la musique, la danse et des arts plastiques, cette septième édition questionnera nos vies contemporaines à travers le thème : « Desseins de modes : Protection et projection de soi ». Personnellement, j’aime bien cette idée de jardin synthétique qui m’éviterait la corvée d’avoir à demander à mon épouse de tondre la pelouse. Le 15 octobre à 16h30 dans la Chapelle des Carmélites aura lieu un défilé de 21 manteaux extravagants de Chantal Fochesato, que vous avez peut être vus exposés dans les locaux de la Caisse d’Epargne. Les mannequins n’ont pas l’air trop maigres, tant mieux.

La première édition des Saisons d’Elles aura lieu les 7, 8 et 9 octobre, organisée par l’équipe des Folles Saisons, ce (bon) restaurant alternatif des Pradettes. A signaler dans le programme Anne Sylvestre le 7 octobre et Orlando Trio le 8. Vous avez certainement déjà eu affaire à Anne Sylvestre, que ce soit dans le rôle des enfants ou dans celui des parents.

Ca fait longtemps que je ne suis pas allé au cirque, si je ne compte pas les sortes de cirque qu’on peut voir sur les plateaux de télé. Le magazine Ramdam nous a concocté un dossier sur le cirque, où on découvre le dynamisme de cette discipline dans la région, dans le creuset du Lido, de la Grainerie ou de CIRCa. Le festival du cirque actuel CIRCa aura lieu à Auch du 21 au 29 octobre. La Grainerie de Balma 61 rue Saint Jean nous propose de son côté une Européenne des Cirques qui se déroulera du 5 au 22 octobre et qui constitue le temps fort de sa saison.

Cette manifestation présentera des spectacles de jeunes compagnies généralement issues l’école de cirque du Lido. A suivre en particulier Oktobre les 14 et 15 octobre et la Cie Two le 22 octobre. Et dans le cadre d’une coopération franco-espagnole intitulée de Mar à Mar, vous pourrez découvrir l’artiste madrilène Nacho Flores le 20 octobre et la Cie catalane EIA les 21 et 22 octobre.

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Les théâtres font leur rentrée, les uns après les autres. Le Sorano programme du 6 au 14 octobre la première création de Sébastien Bournac, son nouveau directeur : J’espère qu’on se souviendra de moi avec la compagnie Tabula Rasa.

Le TNT attend le 15 novembre pour faire sa rentrée. Ils nous font patienter avec Spectaculae, une installation d’Aurélien Bory et avec une série de lectures sur le thème Et l’art ? Ça sert à quoi ?  les 7, 8, 9, 14 et 19 octobre, en entrée libre. Je ne sais pas si ils vont réussir à épuiser la question en seulement 5 séances.

Le théâtre du Pavé reprend Nunzio, la pièce dont je vous avais parlé dans ma lettre du 27 janvier 2015. Cette pièce sera cette année complété par Bar du même auteur italien Spiro Scimone. Bar sera jouée du 4 au 6 octobre et le dyptique Bar / Nunzio du 7 au 15 octobre. Je garde un super souvenir de Nunzio, j’irais bien les revoir.

« Le Gardien », d’Harold Pinter sera repris au Théâtre de la Brique Rouge, les 6, 7 et 8 octobre, à 20 heures. Il est joué par deux bénévoles du Pavé. Le Théâtre de la Brique Rouge est un magnifique petit théâtre, intime, de 50 places, dans une structure toute de bois … théâtre peu connu ; il fait partie du « complexe » du stade du Bazacle, issu du comité d’établissement d’EDF. La pièce, plus le théâtre, vous allez faire deux découvertes.

Initiative H le groupe de jazz toulousain sera le 7 octobre aux Mazades pour l’ouverture de saison. J’ai vu récemment ce groupe dans le cadre de Passe ton Bach d’abord, ils m’ont l’air capables de pouvoir tout jouer à leur façon.

Yves Le Pestipon aime nous parler des auteurs classiques et il en parle si bien. Le lundi 10 octobre à 17h30 à Ombres Blanches, il nous parlera de La Fontaine et de sa fable Le Rieur et les Poissons. La Fontaine est quand même plus rigolo qu’un Blaise Pascal ou un Agrippa d’Aubigné, profitez en pour venir essayer la formule.

L’automne est là, et comme les hirondelles vous voudriez peut être vous envoler vers les pays chauds, vers le printemps de l’hémisphère austral … Mais hélas, n’est pas oiseau migrateur qui veut. Heureusement certains voyagent à votre place et viennent ensuite nous en parler. Le Rendez vous des Voyageurs, 12 rue Mercadier, propose un programme régulier de conférences. Je vous signale celle que donnera Jean Pierre Condat le mardi 4 et le jeudi 20 octobre. Il fera le récit en images de son voyage en Patagonie, dans le parc des glaciers autour du Fitz Roy et du glacier Perito Moreno, le seul glacier qui avance malgré le réchauffement. Vous n’y verrez pas d’hirondelles mais vous y trouverez de superbes photos et un conférencier captivant.

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Je reviens aux polars. Le premier polar que j’ai lu était un San Antonio. On disait San-t-Antonio à l’époque. Pourquoi ce “t” insolite ? Encore un mystère non résolu … En tout cas, je l’ai lu tout jeune et je n’étais pas en état de tout capter, loin de là. Pour tout dire, je ne comprenais même pas ce qu’il entendait par le mot « souris ». Frédéric Dard écrivait comme on nous apprenait qu’il ne fallait pas le faire. Et pourtant, aujourd’hui, certains profs font étudier San Antonio à leurs élèves. Ca me fait penser à Berroyer qui raconte que Dali expliquait qu’il avait fait les Beaux Arts pour apprendre le classique et qu’il était tombé sur une période où les profs conseillaient à leurs élèves la révolte contre l’académisme : “ pour la révolte, je n’avais pas besoin d’eux “. Voilà pour finir une contrepèterie en hommage à tous les enseignants orthodoxes ou iconoclastes : quel beau métier professeur !