10 octobre 2016

Le jazz, c’est comme les bananes, ça se consomme sur place, disait Sartre. Oui, mais c’est où sur place ? Pour les bananes, c’est en Islande qui est le premier producteur européen de bananes, véridique. Pour le jazz, c’est à Toulouse, du 8 au 23 octobre pour le festival de Jazz sur son 31. Ce festival depuis 30 ans nous offre une programmation diversifiée et équilibrée et à la portée de toutes les bourses. Avec des grands noms bien sûr, et aussi les autres moins connus, mais peut être plus excitants.

Et parmi ceux là, profitez de ceux qui passent tous les soirs à 18h30, au tarif de 5 euros, sous le chapiteau de l’Automne Club installé dans la cour du conseil départemental. La programmation de cette année tourne Autour du Jazz Français, et il y a beaucoup de découvertes à faire. Puisqu’il faut bien en choisir au moins un, le mardi 18 octobre je vous recommande Leïla Martial en trio : Soutenues par un groupe hors-pair, ses acrobaties vocales sont au centre de chansons atypiques et exaltantes, aux virages imprévisibles, entre séduction et inquiétude, lyrisme et effervescence. Leïla Martial est mise en avant par Katia Touré dans le dernier numéro de Jazz Magazine. Elle y est soumise à un blind test où elle se montre impressionnante de culture musicale et de sensibilité. Son dernier disque vient de sortir, avec la contribution d’Emile Parisien, son condisciple de l’école de jazz de Marciac. En passant, je vous signale que les derniers disques d’Emile Parisien et de André Minvielle sont chroniqués dans ce même numéro. J’ai entendu récemment Leïla Martial en duo, dans la cadre de la Pause Musicale. Je rajouterai juste qu’elle dégage quelque chose d’à la fois sympa et émouvant.

Attention, certains des concerts sont déjà complets. Pour aller plus loin, je vous renvoie au bel article de Greg Lamazères dont j’ai tiré la photo N&B du chapiteau de l’Automne Club.

jazz-sur-son-31-automne-club

Je ne sais pas si vous connaissez la formule des Réveils Créatifs. Ces Réveils sont programmés une fois par mois à Toulouse, ça se passe à 8h30 le matin et ça mérite l’effort d’y aller quand on peut. C’est gratuit et le petit déjeuner est offert. Il faut s’inscrire sur leur site. Organisés par les éditions Milan, les Réveils Créatifs sont de courtes présentations (20 minutes) suivies d’un échange autour d’une personnalité au profil créatif, charismatique et enthousiaste. La rencontre du lundi 17 octobre sera consacrée aux musiciens Pierre Pollet et Romain Quartier. Ces deux là font partie d’une équipe plus large qui participe à de nombreux projets tels que Initiative H, MMCC, les Brassen’s Not Dead, Stabat Akish, Humanophones, la Fanfare P4, Logilo & the Supersoul Brothers …

Vous savez que le club de jazz Le Mandala de la rue des Amidonniers a dû fermer mais l’association Le Mandala Bouge maintient la flamme hors les murs. Le 18 octobre, à 21h, au Centre Culturel Desbals, cette association nous propose une de ses leçons de jazz, consacrée pour cette fois au Hip Hop, avec Logilo et Ferdinand Doumerc : immergé dans la scène rap, Logilo n’oublie pas que le hip hop puise ses racines dans le jazz, entretenant avec lui des connexions musicales et spirituelles. La même séance sera proposée le 20 octobre aux Metronum mais il parait que c’est complet.

J’en ai fini avec le jazz pour cette semaine, et encore j’en ai laissé de côté. Si avec tout ça, on vient encore me dire que Toulouse n’est pas une ville de jazz, alors c’est que l’Islande n’est pas non plus un pays de bananes.

Et justement, l’ancien Mandala vient de réouvrir avec une nouvelle équipe sous le nom du Taquin. Le vendredi 14 octobre à 21h sera programmé le groupe Forro Pifado avec ses invités. La maman d’un des musiciens de ce groupe trouve qu’ils font une musique chaleureuse. Qui mieux qu’une maman peut porter un regard objectif sur son fils et trouver le mot juste le concernant ?

Autre chose : Séquence Court-Métrage investit l’auditorium du Musée des Abattoirs pour une sélection décalée de films courts issus du meilleur de la production actuelle en fiction et en animation. Il se trouve que j’ai un copain qui dans sa jeunesse s’est intensément investi dans le théâtre. Quarante ans après avoir joué Antigone et Brecht sur la scène parisienne, il vient enfin de trouver un nouvel engagement et son court métrage sera projeté le 16 octobre à 15h30 aux Abattoirs. On lui souhaite enfin le succès qu’il mérite depuis si longtemps.

Pour ses 20 ans, le festival Toulouse les Orgues met à l’honneur le dialogue des cultures. Ce festival dépoussière l’image un peu trop classique de l’orgue d’église et propose jusqu’au 16 octobre des rencontres qui sortent des sentiers battus. Le ton est donné par l’affiche que l’on doit à Plonk et Replonk, ce mystérieux collectif de créateurs et d’éditeurs suisse, que vous connaissez forcément par ses cartes postales farfelues. Fin 2013, ils nous ont régalé avec une exposition dans l’espace Croix Baragnon. C’est là que j’ai découvert Au royaume des Plonk, une série de courtes vidéos loufoques avec la voix d’Antoine de Caunes.

Le directeur de ce festival Yves Rechsteiner se présente comme un organiste explorateur, apprenti rockeur. J’ai raté la séance du Réveil Créatif qui lui était dernièrement consacrée, c’est bien dommage. Voici comment il nous parle de sa passion : Instrument traditionnel de l’église, mais aussi orchestre à lui tout seul, le monde de l’orgue est un univers de sensations magiques. J’aime enrichir le répertoire avec des arrangements, des transcriptions, confronter ce merveilleux outil musical à de multiples esthétiques musicales : Rameau et Mozart mais aussi Frank Zappa ou Pink Floyd !

Encore un musicien classique qui nous donne le plaisir gentiment audacieux de dépasser les frontières. La référence à Zappa est assez marrante. Zappa, il a quand même fait cette chanson qui nous parle de la castapiane : Why Does it Hurt when I Pee. A l’orgue d’église, ça pourrait piquer les yeux.

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4 commentaires sur “10 octobre 2016

  1. Merci pour ces infos créatives .. et récréatives .

    Matinales ou nocturnes

    J ‘apprécie cet article facile à lire , à mémoriser .. Avec ses clins d ‘oeil et ses tuyaux . Le jazz c ‘est comme les bananes . .. Sylvie

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  2. Merci pour ces infos créatives .. et récréatives .

    Matinales ou nocturnes

    J ‘apprécie cet article facile à lire , à mémoriser .. Avec ses clins d ‘oeil et ses tuyaux .
    Le jazz c ‘est comme les bananes . ..
    Sylvie

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  3. Merci Mimi de mettre La vie en rose au service des jeunes créatrices. C’était pas Antigone et Brecht mais Shakespeare et Aristophane, mais ça ne devrait pas se voir. Bonne nuit.

    Joël.

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  4. Après Plonk et rePlonk, Bach et reBach ! On en veut encore. Cette chronique éclectique et éclairée est rafraîchissante et revigorante.

    On va finir par la guetter dans nos boîtes à mails, et le jour où elle va s’interrompre … je n’ose pas y penser.

    Merci, merci ! Continue Michel.

    JB

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