31 octobre 2016

Au 50 de la rue des Filatiers à Toulouse se trouve la maison Calas avec cette plaque dédiée A la mémoire de toutes les victimes de l’intolérance et du fanatisme. Sur cette affaire Calas, Voltaire a écrit son Traité sur la Tolérance en 1763. Et dans ce livre Voltaire parle des Toulousains comme d’un peuple superstitieux et emporté. Même si je suis assez d’accord avec lui, je me battrai jusqu’à la mort pour qu’on lui interdise de le dire. Et je ferais remarquer à ce Voltaire qu’on pourrait aujourd’hui le poursuivre pour incitation à la haine envers les Toulousains. La superstition n’est en effet qu’une forme primitive certes, mais honorable, de religion. Ça faisait longtemps que j’avais envie de clasher Voltaire …

Voltaire nous rappelle que des factions catholiques se sont opposées aux protestants, en 1562 à Toulouse. Ces violences ont provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes et l’expulsion de tous les protestants. Et le massacre de la Saint Barthélémy a eu lieu à Paris en 1572. Il a fallu que Henri IV abjure sa foi protestante pour devenir roi et mettre fin avec l’Edit de Nantes de 1598 à plus de trente ans de guerres de religion. Ce qui n’a pas contenté l’ultra catholique Ravaillac qui l’a assassiné en 1610 pour lui apprendre à avoir cherché des accommodements raisonnables.

maison-calas

Un an après le Bataclan, deux rendez-vous viennent nous parler de cette période lointaine. On ne pourra évidemment pas s’empêcher d’y voir des analogies avec les évènements récents. Mais on sait que l’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru.

Le lundi 7 novembre à 17h30, dans la librairie Ombres Blanches, Yves Le Pestipon nous parlera d’Agrippa d’Aubigné. Cet auteur à la fois poète, soldat, mystique et avant tout protestant, a participé les armes à la main à ces guerres de religion. Il peut être décrit comme un combattant de Dieu, poussé par l’inspiration biblique. Il est connu par un seul livre : les Tragiques. Le Pestipon nous expliquera en quoi cet ouvrage détonne dans la littérature classique et pourquoi il a du attendre le XIX° pour revenir en grâce.

Du 2 au 16 novembre, le Théâtre du Ring programme sa création phare de la saison : 1572 massacre à Paris. Cette pièce a été écrite par l’Anglais Christopher Marlowe en 1593. En écho à cette pièce, la Cave Poésie propose le 1° novembre une série de lectures et rencontres sur le thème de l’athéisme.

La pièce du Ring sera jouée dans le cadre du festival Des théâtres près de chez vous qui aura lieu cette année du 4 au 13 novembre. Neuf théâtres se regroupent à cette occasion pour nous proposer une trentaine de spectacles, dans une formule où la première place est au tarif normal et les places suivantes à trois euros. Ce ne sont pas les théâtres les plus médiatisés, et ça nous les rend d’autant plus sympathiques. En voici la liste : l’Agit Théâtre, la Cave Poésie, le Théâtre du Chien Blanc, le Théâtre du Fil à Plomb, le Théâtre du Grand Rond, le Théâtre Le Hangar, Mix’art Myrys, Le Théâtre du Pavé et le Théâtre du Ring. Le chapiteau de l’Agit sera installé place Saint Pierre et il sera le point central de rassemblement et d’information.

L’année dernière, l’édito du programme de ce festival protestait de manière virulente contre les baisses de subventions. L’édito de cette année ne mentionne rien de tel. Veulent ils eux aussi nous dire que ça va mieux cette année en France ? Je n’en suis pas certain … On se demande quand même comment font tous ces théâtres pour tenir le coup. C’est qu’ils se décarcassent vaillamment pour nous concocter des programmes attrayants et des formules originales qui excitent notre curiosité. A vous maintenant de vous déplacer pour aller voir leurs spectacles. Rien ne remplace le spectacle vivant.

 theatres-pres-de-chez-vous

Le festival Graphéine en est à sa huitième édition et aura lieu cette année du 5 novembre au 8 décembre. Graphéine est organisé par le réseau Pinkpong qui fédère une vingtaine de structures autour de Toulouse pour la promotion de la création artistique contemporaine. Avec 14 structures, 54 artistes et toute une série de rendez-vous, Graphéine est le festival des arts graphiques et du dessin contemporain. Une particularité notable : le réseau Pinkpong met à disposition des navettes gratuites entre différents lieux partenaires de l’évènement. Les départs de bus sont prévus les 4, 19 et 26 novembre, il faut réserver sur leur site. Se retrouver dans un bus avec des personnes inconnues pour faire la tournée de lieux exotiques et dépaysants, voilà qui peut ressembler à un voyage pas commun.

Au programme :
– du dessin et du film d’animation (Massinissa Selmani, mention spéciale à la 56ème biennale de Venise, 2015)
– des figures de l’art conceptuel (Roman Opalka, Lee Ufan, Robert Ryman)
– des détournements photographiques (Sylvie Bonnot, Marika Polasek, Ilias Georgiadis)
– des travaux relevant de l’univers du jeu vidéo (Paul Noble)
– de la bande-dessinée (Claire Braud, Jochen Gerner ou Miguelanxo Prado (Alph-Art du meilleur album étranger en 1991 et 1994)
– des artistes et designers qui vous feront esquisser un sourire (Jeff Koons, Céleste Boursier-Mougenot, Claude Closky, Ettore Sottsass)

L’exposition de Marika Polasek, au Majorat de Villeneuve-Tolosane jusqu’au 19 novembre, est intéressante. Ses dessins, d’une composition très structurée mais d’une apparence hasardeuse, sont un bon support à l’imagination. Elle expose également jusqu’à fin novembre à Rieux-Volvestre avec d’autres artistes graveurs de l’association Estampadura.

 marika-polasek-xylographie

Ettore Sottsass était un designer italien, mort en 2007 et connu pour avoir créé le groupe Memphis dans les années 80. N’ayant pas les moyens de l’acheter, j’ai depuis longtemps l’envie de reproduire son étagère emblématique.

 sottsass-etagere

Toujours dans le cadre de Graphéine, au BBB centre d’art (96 Rue Michel Ange), j’ai relevé une exposition dont le titre m’a intrigué : Superbe spectacle de l’amour. Le livre du physicien Etienne Klein intitulé Anagrammes renversantes nous apprend que ce titre est l’anagramme de La courbure de l’espace-temps. Je profite de cette courbure pour passer le bonjour à mes anciens collègues qui sont justement en train de s’efforcer de tester le Principe d’équivalence qui est à la base de la théorie de la relativité générale. Vont-ils réussir à clasher Einstein ? Bon courage en tout cas !

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3 commentaires sur “31 octobre 2016

  1. Bravo pour ce numéro ancré dans des prises de positions originales ! Bravo pour la partie voltairienne de l’article. S’il est possible d’avoir deux étagères lorsque notre rėdacteur préféré se lancera dans le bricolage, je suis preneuse !

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    • Un Voltaire ne devrait pas dire ça … et il a bien mérité que je lui reproche son intolérance. C’est du moins ce que j’ai appris dans mon école de journalisme 2.0 : racontez n’importe quoi, du moment que ça fait le buzz

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