7 novembre 2016

“L’homme est bien insensé : il ne saurait forger un ciron et forge des dieux à la douzaine”. Pour bien comprendre cette profonde observation de Montaigne, il faut savoir que le ciron est une espèce d’acarien que l’on peut voir à l’œil nu. Et jusqu’à la mise au point des premiers microscopes un siècle plus tard, cette bestiole était considérée comme le plus petit animal connu.

Mais Montaigne ne connaissait peut être pas encore ces hommes ingénieux, capables de forger des créatures à qui ils donnent la vie en les manipulant. Les marionnettistes, car ce sont eux, réussissent à nous faire ressentir des sentiments d’empathie inattendus pour leurs créatures. Elles sont assez souvent humbles et modestes et elles doivent comme nous se démener pour vivre leur vie du mieux qu’elles peuvent. Ces pauvres bougres de rien du tout peuvent nous toucher aussi profondément que le faisait Charlot.

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Le festival Marionnettissimo aura lieu du 15 au 20 novembre. Il nous propose 17 spectacles “autour de la vieillesse et de la mort tout en restant joyeux”. Et malgré cette thématique difficile, tout fait envie à la lecture du programme,. Si vous avez du mal à vous décider, vous pouvez toujours taper dans leur rubrique “Fabriqué en France”.

 Restons encore un moment en compagnie des pauvres bougres, avec deux films remarquables :

Le premier est un film d’animation, dans la même famille donc que celle des marionnettes. Vous avez forcément entendu parler de Ma Vie de Courgette, vous l’avez peut être déjà vu. Les critiques sur ce film sont unanimement élogieuses. Et vous n’avez pas besoin de vous faire accompagner par des enfants pour aimer ce film.

Le second s’appelle Willy 1°. Je serais passé à côté s’il n’avait pas obtenu à la fois le prix du jury et le prix du public au dernier festival Fifigrot de Toulouse. C’est l’histoire d’un gars un peu débilot, la cinquantaine, qui se décide, à la mort de son jumeau, à vouloir enfin vivre sa vie à lui. Sans aucun doute un film dans l’esprit grolandais de par son attention pour les petites gens, mais on n’y trouvera pas l’humour de Groland comme on se le figure. Comme pour Ma vie de Courgette, l’histoire n’est pas rose du tout, elle est même sombre et éprouvante, mais les rayons de soleil qui percent à travers les nuages noirs sont les plus beaux. Et on en sort absolument touché par cette humanité bouleversante.

Quatre autres rendez-vous intéressants :

Samedi 12 novembre à 20h30 au Théâtre du Hangar, Claire Bergerault (voix & accordéon) et Will Guthrie (batterie & percussions), organisé par Un Pavé dans le Jazz. Donc un concert probablement assez singulier.

Mercredi 9 novembre, à 8h30, recontre avec Baptiste Ostré dans le cadre des Réveils Créatifs (il faut s’inscrire sur leur site). Baptiste Ostré est le directeur de Clutch, ce mensuel gratuit d’informations culturelles, qui fait un super boulot depuis quelques années pour nous faire découvrir une vie culturelle filtrée de toute ringardise. Inévitablement, ils aiment un peu trop les musiques avec des mots anglais, mais nobody’s perfect.

Mardi 8 novembre à 19h dans la librairie Terra Nova, rencontre avec Yves Dupont pour son livre Le sacrifice des paysans – Une catastrophe sociale et anthropologique. Michel Serres le constate : Le premier changement qui me parait le plus important dans le siècle qui précède, c’est le fait que nous étions 79% de paysans et aujourd’hui 1,1% seulement. Nous étions des paysans depuis le Néolithique et nous ne le sommes plus du tout. Il y  a là une transformation qu’on a en quelque sorte oubliée, mais qui est probablement un des plus profondes de notre société. 

Si vous aimez les paysans, vous pouvez aussi aller voir les belles photos de Arnaud Chochon exposées jusqu’à fin novembre dans le bar Le Cactus, sur le thème de la transmission et des racines. Comme il parait que nous avons tous un ancêtre paysan, vous auriez peut être pu comme moi figurer sur une de ces photos.

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Nadia Von Foutre expose du 29 octobre au 26 novembre à Mix’Art Myrys au 12 rue Ferdinand Lassalle. Le vernissage aura lieu le 18 novembre à 20h. Nadia est une jeune graphiste de la région, elle gravite dans la galaxie du collectif Indélébile, son travail a été récemment exposé au Centre Culturel Desbals, sous le patronyme de Nadia Ehrmann, davantage sortable que celui de Nadia Von Foutre, qui révèle quand même son intérêt pour les sujets à caractère sexuel. Nadia m’a l’air d’être une de ces filles qui n’ont pas froid aux yeux et qui fument, crénom de nom.

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Un commentaire sur “7 novembre 2016

  1. Et moi, j’ai eu la chance d’accompagner l’auteur de « La Vie en Rose » et de découvrir Arnaud Chochon et son travail! Une bien sympathique soirée qui avait commencé au Centre Culturel Henri Desbals (cité plus hau)t pour se prolonger au Fil à Plomb renaissant avant de finir « accroché » au Cactus: qui dit mieux?

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