5 décembre 2016

Une semaine exceptionnelle puisque je n’ai pas réussi à dénicher un nouveau festival. Nous entrons dans une sorte d’hibernation où les festivals vont se raréfier, pour repartir de plus belle au printemps. Difficile de faire le compte de tous les festivals à Toulouse … Il y en aurait une centaine par an selon moi et peut être le double selon les organisateurs. Il est donc très rare de trouver une semaine sans festival, presque aussi rare que de trouver une ville sans son festival d’été. Sempé en a pourtant trouvé une :

sempe-festival

Avis aux organisateurs : il y aurait donc un créneau dans cette semaine pour une de vos bonnes idées. Comme pour une primaire, un festival réussi nécessite de réunir quelques invités people, un jury qui maintient le suspense sur le gagnant et un maximum de couverture médiatique. La restauration bio ou vegan est quasiment obligatoire. Pour ceux qui s’en plaindraient, je rappellerais qu’il y a eu pire avec cette époque où on ne pouvait pas échapper au taboulé.

La cinémathèque nous propose en ce moment une série de films passionnants sur le thème du polar français. La cinémathèque, c’est un peu comme une campagne électorale pour Chirac : quand il voit un buffet, il va manger, quand il voit des toilettes, il va pisser. En clair, il faut profiter des occasions quand elles se présentent. Le même jour du mercredi 7 décembre, vous trouverez trois des films qui se trouvent dans mon livre des 1001 films à voir avant de mourir :

  • à 16h30, Le Samouraï de Jean Pierre Melville avec un Alain Delon plus vrai que nature,
  • à 19h, Le Boucher de Claude Chabrol, avec Stéphane Audran, une de mes premières émotions,
  • à 21h, Tirez sur le pianiste de François Truffaut avec un Charles Aznavour excellent. Ce film nous donne la rare occasion de voir Bobby Lapointe interpréter Avanie et Framboise. Rien que pour ça, le film vaut le déplacement.

« Moi, Antonin Artaud, j’ai donc à dire à la société qu’elle est une pute, et une pute salement armée… » On comprend bien que Antonin Artaud voulait casser la baraque lui aussi. Pour un jeune au tempérament révolté, Artaud peut être un auteur culte, et il peut le rester pour les plus âgés.  La Cave Poésie rend cette semaine hommage à Antonin Artaud. La compagnie Elektro Chok nous propose du 7 au 12 décembre un spectacle inspiré par la folie et le génie de ce « suicidé de la société ».

L’hommage sera poursuivi le 8 décembre à 21h à la cinémathèque par une projection de l’Opéra de Quat’ sous dans lequel Artaud joue le rôle d’un mendiant. Le film de Georg Wilhem Pabst date de 1931 et il est inspiré de la célèbre pièce de Bertolt Brecht avec la non moins célèbre musique de Kurt Weil. Vous en connaissez au moins la chanson de Mackie que voici sous le titre de Mack the Knife interprété par Louis Amstrong.

Et puis FMR 89,1 Mhz diffusera le 9 décembre à 23h la création radiophonique « Pour en finir avec le jugement de Dieu » très longtemps censurée.

Le théâtre Garonne programme la pièce Doreen du 8 au 15 décembre. Ce titre Doreen fait référence à Dorine, l’épouse chérie du journaliste André Gorz. En 2006 Gorz, alors agé de 83 ans, écrit Lettre à D. qui est une déclaration d’amour à la femme de sa vie atteinte d’une maladie incurable. En 2007, tous deux décident de mourir comme ils auront vécu durant 58 ans : ensemble.

Gorz n’est pas le premier venu. Il est entre autres le cofondateur du Nouvel Observateur et l’un des principaux théoriciens de l’écologie politique et de la décroissance. Son livre Ecologie et politique, qu’il a écrit en 1975 sous le pseudonyme de Michel Bosquet, a marqué les esprits. Selon André Gorz, on est pauvre au Viêt Nam quand on marche pieds nus, en Chine quand on n’a pas de vélo, en France quand on n’a pas de voiture, et aux États-Unis quand on n’en a qu’une petite. En revanche on est miséreux quand on n’a pas les moyens de satisfaire des besoins primaires : manger à sa faim, boire, se soigner, avoir un toit décent, se vêtir. À la différence de la misère, qui est l’insuffisance de ressources pour vivre, la pauvreté est par essence relative. Gorz considérait la sobriété, également appelée simplicité volontaire, comme une nécessité pour lutter contre la misère.

Deux rendez-vous pour finir :

Le 13 décembre, Giedré au Bikini, une chanteuse qui déménage. Elle est déjà venue l’an dernier au Rex à Toulouse, je l’ai ratée. Si elle revient, c’est qu’elle a laissé un bon souvenir.

giedre-au-rex-nov-15

Le 8 décembre, la traditionnelle Accordéonistade à la Maison Blanche. Les afficionados le savaient déjà. Je vous mets Antoine, un morceau de Florian Demonsant, l’un des organisateurs de cette rencontre. Je trouve qu’il manque à Toulouse un festival d’accordéon.

 

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2 commentaires sur “5 décembre 2016

    • Pan sur le bec ! Je suis passé à côté de ce festival, peut être parce qu’il avait déjà commencé depuis vendredi. Pourtant je suis allé dimanche à l’ABC voir Le jardin des Finzi-Contini de Vittorio de Sica … Et merci à ce festival d’avoir rendu hommage à Ettore Scola disparu en ce début d’année. Ettore Scola était lui même un admirateur de De Sica : dans son film Nous nous sommes tant aimés, il lui avait fait un clin d’œil en citant son film Le Voleur de Bicyclette. Deux chefs d’œuvre … Vive le cinéma italien !

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