30 janvier 2017

Pas de Vie en rose cette semaine.

Rendez-vous la semaine prochaine.

Publicités

23 janvier 2017

Philippe Pagès nous annonce 100% de découvertes. Longtemps patron du Bijou, Philippe Pagès est aujourd’hui coordonnateur du festival Détours de Chant qui aura lieu cette année du 24 janvier au 3 février et qui programme 45 artistes sur 23 lieux. Et en effet, on ne trouvera pas beaucoup de noms connus du grand public dans ce festival. La programmation fait la part belle à ce registre de la chanson à texte peu médiatisé mais soutenu par un fidèle public de passionnés. A Toulouse, ce registre est mis en avant par des lieux comme Le Bijou ou Chez Ta Mère. Et au delà, par des sites internet comme Nos Enchanteurs ou bien Chanter c’est lancer des balles, le site de la toulousaine Claude Fèvre. Ou bien par des revues papiers, comme le bimestriel Francofans, (difficilement) trouvable en kiosque, ou encore par le trimestriel Hexagone, nouveau venu disponible sur abonnement, la revue que personne ne lit sur des chanteurs que personne n’écoute. Si vous rentrez là dedans, vous allez découvrir un univers orthogonalement opposé à celui de la chanson que l’on connait par la télé ou par les hologrammes.

Il est difficile de faire un tri dans la liste des chanteurs programmés, tous familiers des références mentionnées plus haut. Voici quand même une sélection dans l’ordre chronologique d’apparition.

  • Le 25 à 21h, Batlik au Taquin et le 26 à 20h Chez Ta Mère
  • Le 26 à 19h30, Sages comme des Sauvages à Lalande, avec Mon commandant.
    Pour Patrick Engel, du site Les Enchanteurs : En deux coups de cuillère à pot, le duo fantasque et ses acolytes nous emmènent dans une amène sarabande sans frontière, quelque part entre maloya, chanson française et rebetiko, le tout sous les ombres tutélaires d’Alain Péters et de Danyel Waro.
    Pour Pol Dodu, le discophile érudit : le meilleur moment de l’année.
  • Le 27, Wally & Vincent Roca à Launaguet. On ne présente plus ces deux amoureux des mots et des jeux qui vont avec.
  • Le 28 à 21h, Amélie les Crayons à l’espace Bonnefoy, avec Mademoiselle Poux, un de ses titres déjà ancien.
  • Le 29 à 17h, Yves Jamait au Bascala, avec J’en veux encore, la chanson préférée de Laurent Berger de la CFDT.
  • Le 31 à 21h, Volo au Théâtre de la Brique rouge, la nouvelle salle d’Empalot, avec Dimanche, qui a presque fait un tube.
  • 2 février à 20h30 le trio Lo’Jo au Metronum avec l’inoxydable Denis Péan. Ce sont eux qui avaient fait Bruler la mêche
  •  Le 4 février à 20h30 aux Mazades, Loïc Lantoine avec 18 musiciens en soirée de clôture. Une humanité rugueuse et affectueuse à la fois, pour Catherine Laugier des Enchanteurs. Ecoutez ce titre Pierrot, en effet rugueux et affectueux.

Et d’autres encore qui piquent la curiosité, comme Bazbaz, Nicolas Jules, Jules Nectar, B comme Fontaine, Emilie Marsh, Bertrand Betsch, Camille Hardouin, Lucien la Movaiz Graine, Paamath avec Sandoval, Les Banquettes Arrières on ne s’arrêterait plus.

detours-de-chant

La salsa, il y a des gens pour qui c’est comme une addiction, il leur en faut périodiquement une dose. Le festival Cuba Hoy aura lieu à Tournefeuille du 27 au 29 janvier. Le festival est surtout tourné vers la musique latine, avec des incursions bienvenues vers la musique afro-haïtienne (Moonlight Benjamin le 27), vers la musique brésilienne (La Pifada le 28, avec Carlos Valverde, l’irrésistible propagandiste de la musique forro), vers la musique argentine … Et évidemment pour les aficionados en manque, la soirée du 28 janvier sera consacrée à la salsa 100% cubaine.

cuba-hoy-735x1024

Organisé par le Centre de Développement Chorégraphique, le festival de danse contemporaine du CDC aura lieu du 23 janvier au 4 février. Interprètes des tensions contemporaines, les danseurs sont les sismographes des secousses qui agitent notre société pour Dominique Crebassol de la revue Le Brigadier. Je serais personnellement curieux d’aller voir le Congolais Faustin Linyekula, les 24 et 25 au TNT, dans son spectacle More, More, More, Future. Le spectacle est basé sur cette musique appelée Ndombolo, « bâtarde de la rumba, des rythmes traditionnels, des fanfares du dimanche à l’église et du funk sex machine ».

more more more... future, de Faustin Linykula

On ne présente plus James Thierrée, le petit-fils à papy. James Thierrée passe à Odyssud du 25 au 31 janvier, dans un spectacle intitulé La Grenouille avait raison. Pour Libération : un monde organique traversé de moments enchanteurs ; la Grenouille fait un effet boeuf.

La cinémathèque a la bonne idée de programmer une thématique Kurosawa, quelques mois seulement après l’Utopia. Le bon côté de ce télescopage malheureux, c’est que j’ai déjà vu pas mal de ces films et que je peux donc vous recommander chaudement d’aller voir les trois films qui passent cette semaine :

  • vendredi 27 janvier à 19h : Vivre dans la peur. Il faut se rappeler que 10 ans après Hiroshima et Nagasaki, la plupart des gens étaient persuadés qu’une future guerre atomique était inéluctable. Aujourd’hui, on n’en parle plus, ce doit être réglé.
  • vendredi 27 janvier à 21h : Yojimbo. Un mercenaire débarque dans un petit village en proie à une lutte sanglante entre deux clans. Ca ne vous rappelle rien ? Sergio Leone en a tiré son remake Pour une poignée de dollars.
  • dimanche 29 janvier à 18h, Dodes’ Kaden, une galerie de marginaux autour d’un bidonville. Affreux, sales et méchants à la japonaise. Un mélange de dépaysement exotique et d’humanité universelle. Mon préféré.

Je termine avec une pensée pour Pierre Barouh disparu récemment, le fondateur de la maison Saravah et l’auteur de La Bicyclette. Un grand bonhomme pour tous les amoureux comme moi de la chanson et du vélo.

16 janvier 2017

Dans le domaine culturel, comme dans celui du foot, il est courant de se plaindre d’un parisianisme excessif. Le dernier numéro de Beaux Arts Magazine dresse par exemple la liste des 60 expositions à ne pas rater en 2017. Les deux tiers des expositions françaises mentionnées sont situées en région parisienne et pas une seule dans la région toulousaine. C’en est presque vexant. Mais ne tombons pas dans cette querelle de clocher, elle est stérile. Surtout que si l’on ne veut pas du centralisme Jacobin, il faut alors que l’on soit Girondin. Et les Girondins, non merci, surtout s’ils sont de Bordeaux.

Il y a pourtant en ce moment, et jusqu’au 17 avril, une jolie exposition aux Augustins, intitulée « Fenêtres sur cours ». Sur le thème des cours intérieures, le musée réunit quatre-vingt-dix peintures du XVIe au XXe siècle sans exclusivité d’école ou de mouvement artistique. Certaines périodes bénéficieront d’un éclairage particulier : le XVIIe siècle nordique pour les cours de tavernes, de maisons ou de palais fantasmagoriques ; les peintres d’architecture italiens du XVIIIe siècle ; le XIXe siècle français pour les cloîtres reconstitués à la troubadour ou laissés à l’état de ruines, le goût néo-grec et ses atriums, les réalismes et leur regard chirurgical porté sur la misère urbaine ; l’orientalisme avec son appétence pour les patios ainsi que l’impressionnisme dans sa captation du plein air ; le XXe siècle enfin avec des visions décalées ou poétiques de ce lieu de toutes les mélancolies.

20161211_123747-707x1024

Le titre de cette exposition sonne comme une promesse de vision indiscrète sur l’intimité des espaces fermés. On peut fureter dans ces images et y découvrir des trésors d’humanité ancienne. Chacun de ces tableaux ou presque nous raconte une histoire. Désertes ou peuplées, ces cours sont une exploration poétique entre paysage, architecture réelle ou imaginée, grande et petites histoire(s) qui parlent essentiellement de l’humain.

fenetres-sur-cour-salpetriere-1024x710

Comme moi, vous ne saviez peut être pas qu’il existe un second cloître aux Augustins ? Il a fallu que j’en voie la peinture pour que je me rende compte de son existence. Il est pourtant facilement accessible.

cours_augustins_castex

Jacobin ou pas, personne ne peut contester que Toulouse reste l’une des capitales terrestres de l’Espace.  En partenariat avec le CNES et la Cité de l’espace, la cinémathèque propose trois films sur le thème de l’Odyssée de l’Espace. Le premier sera programmé le 18 janvier, c’est un film danois et muet, il s’appelle Le vaisseau du ciel. Réalisé trois ans après le début de la Première Guerre mondiale, Le Vaisseau du ciel tentait l’insensé pari de raisonner les peuples. À bord du vaisseau Excelsior, le professeur Planetaros et son équipage entament un long périple jusqu’à la planète Mars. Sur place, ils découvrent une communauté de martiens pacifistes et végétariens. La fille du leader martien accepte de les accompagner sur Terre afin de délivrer un message de paix. Si je comprends bien, le film date d’il y a cent ans et les Martiens étaient alors végétariens. Peut être une explication à leur disparition ? La séance sera suivie d’un échange avec Philippe Laudet, chef de projet au CNES pour un sismographe destiné à être déposé sur Mars. Ce même Philippe Laudet est connu des lecteurs attentifs de la Vie en rose pour ses talents de trompettiste et de musicien de jazz.

rabbi-jacob-2

Toujours dans cette thématique des hommes verts, Robinson Crusoé sur Mars sera programmé le 22 février et Total Recall le 29 mars.

Pour les amateurs de clarinette, je signale le concert qui aura lieu le 16 janvier à Saint Pierre des Cuisines. Au programme, deux quintettes fameux du répertoire pour clarinette et cordes, par des musiciens de l’Orchestre National du Capitole : Brahms opus 115 et Weber. Déjà programmé l’an passé, c’est magnifique.

Le Taquin lance une formule où un trio de base accompagne chaque soir un soliste différent. Le trio composé de Julien Duthu, Ton Ton Salut et Laurent Fickelson, accueillera Eric Barret (le 18 à 21h), Roland Baker (le 19), Samy Thiébault (les 20 et 21), Julien Alour (le 21) et Géraldine Laurent (le 22 à 18h).  Ambiance Blue Note et grande époque des clubs de jazz.

Le 19 janvier à 20h30, le groupe de jazz Initiative H fêtera ses cinq ans d’existence au Rex de l’avenue Honoré Serres. En invité spécial, Emile Parisien himself.

Thomas Fersen les 17 et 18 janvier à la salle Nougaro. Peut être pas martien, mais lunaire en tout cas.

 

 

9 janvier 2017

Quoi de neuf ? Wolinski ! On vient de sortir un livre sur Wolinski, qui s’appelle Le bonheur est mon métier. Quoi de mieux que du bonheur à vous souhaiter pour cette nouvelle année ? L’idée que Wolinski se faisait du bonheur pour la nouvelle année 1970 est toujours d’actualité. Le bonheur c’est de la rigolade.

wolinski-le-bonheur-cest-la-rigolade-1024x822

Il y a deux ans, il se faisait massacrer avec tous les autres de Charlie. On pense à eux !

La nouvelle année, c’est aussi la période des bonnes résolutions. Vous trouverez peut être dans le dessin de Reiser des idées de résolutions qui pourront vous servir :

reiser-boudin-blanc-458x1024

Quoi de neuf ? Molière ! On prête la formule à Sacha Guitry. Molière réussit l’exploit d’être un classique toujours moderne. Autrement dit, on ne s’en lasse pas. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi les prénoms des personnages de ses pièces ne sont pas revenus à la mode, à la façon des légumes anciens et oubliés. Dorine, Dorante, Alceste et Célimène … c’est joli pourtant. Molière est partout présent en ce début d’année.

Le théâtre du Sorano programme Les Molière de Vitez du 10 au 21 janvier. A la fin des années 70, Antoine Vitez montait simultanément quatre pièces de Molière avec un même groupe de jeunes comédiens. Quatre décennies plus tard, l’expérience se répète sous l’impulsion furieuse et radicale de Gwenaël Morin … Le théâtre y est brut et performatif, résolument vivant.

  • mardi : L’école des femmes
  • mercredi : Tartuffe
  • jeudi : Dom Juan
  • vendredi : Le misanthrope
  • samedi : Intégrale des quatre pièces

Quand on pense à Molière, on pense aussi à Bobby Lapointe qui partage avec lui Pézenas et L’Ami Zantrope que voici, un vrai bonheur.

Que diable allait-il faire dans cette galère ? Avec ce pendard de Turc ? Encore Molière avec Les Fourberies de Scapin, au programme d’Odyssud du 12 au 15 janvier. Denis Lavant, ce comédien trop rare, jouera le rôle de Scapin. Valet calamiteux à l’inventivité débordante, Scapin manipule avec satisfaction jeunes oiseux et vieux barbons. Denis Lavant endosse le costume de ce bouffon facétieux, prince des pauvres de ce monde. Il rend un hommage brillant au théâtre, temple de l’illusion.

Molière a toujours aimé la farce, qui est avant tout le plaisir de la rigolade, donc du bonheur selon Wolinski. On dit que le petit Molière allait à la foire avec son papa applaudir les joueurs de farces et les parades de charlatan. Du 10 au 21 janvier, au théâtre du Pavé, la troupe des Vagabonds reprend Joueurs de Farce. Cette pièce présente la particularité d’en superposer deux, enchâssées l’une dans l’autre. On pourrait à ce propos parler d’une mise en abyme, si on n’avait pas si peur de se servir d’un terme pédant en présence de Molière.

La première pièce est une authentique farce, la Farce de Frère Guillebert. Elle démarre de la sorte :

Foullando in calibistris,
intravit per bouchan ventris

Si vous avez lu Rabelais, vous reconnaitrez le mot calibistris, qui nous met en quelque sorte l’eau à la bouche. Je vous rassure, il n’est pas besoin d’avoir fait latin de cuisine première langue pour comprendre cette pièce.

La seconde pièce, écrite par Francis Azéma, raconte l’histoire de trois comédiens du XVI° siècle qui vont jouer cette Farce de Frère Guillebert de foire en foire. Emmenés par leur passion, mais un peu ébranlés tout de même par l’apparition d’un nouveau type de théâtre, justement celui de Molière. Et on devine que se joue également l’histoire véritable de ces trois comédiens, Francis Azéma, Corinne Mariotto et Denis Rey, tous les trois excellents dans cet émouvant hommage au théâtre de tréteaux. Voici la critique de Manon Ona du site Un Clou dans la Planche.

Montaigne est à la mode. Lire Montaigne n’est pas si facile pourtant. Avec l’aide de Yves Le Pestipon et de ses Classiques au détail, ça devrait aller mieux. Ca se passera le lundi 9 janvier, à 17h, dans la librairie Ombres Blanches. Commencer l’année avec Montaigne nous fera du bien.