6 février 2017

Le sanskrit est un peu le latin des bouddhistes. Cette langue ne m’a pas l’air plus facile que l’hébreu ou le chinois. Imaginez un pauvre bouddhiste tibétain qui a sué pour apprendre le sanskrit, et à qui on demande en plus d’apprendre le chinois, parce que c’est quand même la langue du pays. Pour peu qu’il soit secrètement juif par sa mère, il devra se coltiner l’hébreu par dessus le marché. Et quand il montera au ciel, s’il ne lui reste plus de la place que dans le paradis d’Allah où tout est en arabe, on le plaint. Il y a pire pourtant : je pense à ce paysan du Lot qui a parlé patois toute sa vie et qui se rend peut être compte une fois arrivé là haut que tout le monde parle anglais, comme presque partout maintenant. Je lui dis bon courage de tout mon cœur.

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En sanskrit, le mot « thangka » désigne une « chose que l’on déroule ». Les thangkas sont des rouleaux peints verticaux caractéristiques de la culture bouddhiste tibétaine. Le musée Dupuy présente jusqu’au 31 mai une exceptionnelle exposition de 24 thangkas anciens, intitulée « de Foudre et de Diamant ».

La première partie de cette exposition est constituée par des photographies de Matthieu Ricard, le plus célèbre bouddhiste de France. On y voit des images immédiatement spectaculaires par leur caractère exotique et par leurs couleurs éclatantes. Cet univers de montagnes, de fumées, de vêtements et de coiffes merveilleuses pourrait être celui d’un film de pure heroïc-fantasy, et pourtant cet univers est bien réel. On n’imagine pas en effet Matthieu Ricard retoucher ses photos avec Photoshop.

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La deuxième partie présente donc cette collection de thangkas tibétains, acquis par le musée Georges-Labit. Ces thangkas ont été à l’origine réalisés comme support de visualisation pour des pratiques de méditation spirituelle. C’est peut être donner de la confiture aux cochons de pauvres matérialistes pressés que nous sommes que de nous les dévoiler. Comme moi probablement, la plupart des visiteurs de cette exposition resteront éloignés d’une pénétration profonde de ces œuvres. A les regarder de près, ces peintures dégagent néanmoins une fascination peu commune. Et on est d’abord frappé par la qualité de composition, où les parties constituent le tout, et par la qualité de l’exécution, dans laquelle on trouve le savoir-faire virtuose de la main de l’artiste. A l’arrivée, de très beaux objets, qui suscitent immédiatement l’admiration.

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Les détails ne sont pas les moins intéressants, comme ici les représentations des étreintes :

Ou ici les représentations de créatures farouches qui peuvent aussi bien être des démons bienveillants :

Langue sauce piquante, le blog des correcteurs du Monde, nous apprend qu’à l’annonce de son trépas le soir du 20 décembre, le nom de Michèle Morgan ne disait rien à la dizaine de jeunes rédacteurs qui peuplait encore l’open space du Monde. Et il conclut en disant qu’il faut s’habituer à cette idée : les jeunes générations semblent avoir peu de goût pour les livres, les films, les évènements, les mots qui ont compté pour celles qui les ont précédées (avec une aversion particulière pour les films en noir et blanc). Et effectivement, j’avais bien remarqué que mes enfants n’aiment pas grand chose de ce qui me plait. Au fait, quelqu’un pourrait me dire qui était Michèle Morgan ?

Voici justement une série de films en noir et blanc programmés par la cinémathèque. Dans le cadre du cycle Kurosawa jusqu’au 15 mars :

le 7 à 21h, Dode’s Ka Den
le 8 à 16h30, Les bas-fonds
le 8 à 21h, Le château de l’araignée
le 11 à 19h, Entre le ciel et l’enfer
le 19 à 16h, Les 7 Samouraïs

Dans le cadre du cycle Fenêtres sur cour, le 4 mars à 17h, Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir, sorti en 1936 sur un scénario de Jacques Prévert. Pour François Truffaut « Voilà encore le cas, fréquent chez Renoir, d’un film qui, à force de vérité même, devient vite purement féerique… Monsieur Lange est de tous les films de Renoir, le plus spontané, le plus dense en miracles de jeu et de caméra, le plus chargé de vérité et de beauté pure, un film que nous dirions touché par la grâce. »

Les passionnés d’aéronautique ne rateront pas le cycle La piste des géants, d’après le nom du projet de reconversion culturelle du site de Montaudran. A signaler en particulier le 11 février à 21h, Seuls les anges ont des ailes de Howard Hawks, une histoire tragique de rédemption. Et plus proche de notre passé toulousain, le 10 à 21h, Au Grand Balcon de Henri Decoin, le 11 à 19h Courrier Sud de Pierre Billon et le 12 à 16h une projection des documents.audiovisuels de l’INA sur l’aventure de l’aéropostale.

Et plein d’autres merveilles de  films à découvrir. La cinémathèque me pousse à la positive attitude : je m’efforce de ne pas en voir les défauts et à ne regarder que ses nombreux bons côtés.

Le festival de films LGBT « des images aux mots » aura lieu du du 6 au 12 février. Et la Saint Valentin, c’est le 14 février. A cette occasion, la Cave Poésie nous propose Love me Tender, 24 h non-stop de lectures de lettres d’amour. Tous les amours sont libres et égaux entre eux.

Olivia Ruiz, en voilà une bonne chanteuse, qui plait à la fois aux jeunes et aux vieux, à la fois au grand public et à vous, qui êtes si difficiles pourtant. Olivia Ruiz passe au Bikini le 9 février. Elle vient de sortir un nouveau disque, avec cette chanson, idéale pour la Saint Valentin, Mon corps mon amour. 

Les 9 et 10 février, Lorenzo Naccarato Trio passe au Bijou. Le concert que ce trio a donné en juin dernier à Poucharamet est cité comme un des chocs de l’année 2016 par la revue Jazz Magazine.

Voici pour terminer un dessin extrait de l’excellent album « Revue de Presse » par Dutreix & Bletner.

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Au risque de subir le même sort que ces pauvres dessinateurs, je vous laisse méditer ce poème bouddhique de ma fabrication :

Le Bouddha boudiné d’Abou Dhabi bout du nez
Boudu, le Bouddha boude
Bouddha bouillu, Bouddha foutu
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