12 juin 2017

Les jours de Rio Loco, on ne va pas ailleurs. Cette semaine, il n’y en a donc que pour Rio Loco. Rio Loco nous amène du 15 au 18 juin dans les îles de l’Océan Indien. Voilà qui va rappeler de bons souvenirs à ceux de mes lecteurs fortunés qui passent toutes leurs vacances d’hiver dans ces exotismes de cocotiers que sont l’archipel des Comores avec Mayotte, Les Mascareignes avec la Réunion, Maurice et Rodrigues, Madagascar, les Seychelles et Zanzibar.

Affiche Rio Loco 2017

Vous n’allez peut être à Rio Loco que pour la musique. On peut y aller aussi pour bien manger, sauf l’an passé où la cuisine était celte. Cette année, j’attends avec gourmandise les rougail saucisse, cary de poulet, bonbon piment, massala et combava de cette riche cuisine réunionnaise. Voici pour patienter Kizin’ Man, une recette d’on ne sait quoi chantée par René Lacaille.

Et pour ce qui est de la musique, alors ? Voici une sélection arbitraire dans un programme plein de trésors, plus ou moins bien connus.

Dès le début du premier jour, le jeudi 15 à 20h, ne ratez pas le Malgache Damily et son rythme Tsapiky. Transes et ululements, notes criardes et répétitives, amplis rafistolés et guitares déglinguées, voix suraigües et déhanchements des danseuses à vous faire tourner de l’œil … Le Tsapiky envoûte, ensorcelle, fait tomber et aide à se relever. Je l’ai écouté sur disque, ça promet.

Suivi à 21 h de Daniel Waro qu’on ne présente plus et plus tard de Lindigo. Ceux là portent haut le flambeau du maloya qui est, avec le séga, l’un des deux genres musicaux majeurs de la Réunion. Ecoutez Rest Là Maloya, la chanson de Alain Peters, ce poète chanteur réunionnais aujourd’hui disparu. Michel Kemper vient de faire un livre sur lui. La chanson a été reprise par à peu près tout le monde, et même par Bernard Lavilliers. Voici la version de Sages comme des Sauvages, ce drôle de duo qui nous a fait un beau concert justement consacré à Alain Peters, il y a deux semaines à la médiathèque Cabanis. Et pour faire bonne mesure, je rajoute l’instrumental de René Lacaille, la mélodie est si belle.

Damily (1024x576)

Encore un beau programme le lendemain, vendredi à 20 h, avec Christine Salem. Voici ce qu’en dit Pol Dodu : J’ai pris une claque à l’écoute de Tapaz,  le premier des quatre titres de Christine Salem. J’ai cru avoir affaire à une chanteuse soul des années 1970. Pourtant Christine Salem est originaire de La Réunion. Avec son groupe Salem Tradition, elle était présentée comme chanteuse de Maloya, mais en solo elle concocte une mixture personnelle, où j’entends notamment l’écho du rock le plus primitif de Bo Diddley. Il y a ces paroles en créole, d’autant plus fascinantes et mystérieuses pour moi à chaque fois que j’ai l’impression de saisir des bribes de sens.

A 21h15, on nous promet une belle découverte avec le quintette  réunionnais Grèn Sémé, lauréat d’un prix Charles Cros 2017, ce qui est une référence. Entre rock abrasif, chanson évocatrice, slam conscient et groove-dub électrique, son maloya, à la fois novateur et enraciné dans une créolité fertile essaie, à bâtons rompus, de se frayer un chemin sur la nouvelle scène française/francophone.

A 23h pour finir, Jaojoby, le roi du Salegy. Le salegy est avec la tsapiky un rythme typique de MadagascarEusèbe Jaojoby est sans aucun doute son interprète le plus renommé aussi bien à Madagascar que dans le monde entier.

Le samedi 17 à 22h, ne ratez pas le trio Toko Telo. Il est composé de D’Gary, Monika Njava et de Régis Givazo, qui sont trois légendes vivantes de Madagascar

Toko Telo

Dimanche 18 à 16h, le grand René Lacaille et ses potes. Et pour finir, à 18h30, Grand Bal de l’Afrique Enchantée.

Voici en souvenir de tout ça une photo médiocre d’un concert sensationnel donné sur les quais de la Daurade un dimanche midi de juin 2015 par René Lacaille, Régis Givazo, Lionel Suarez et un accordéoniste breton dont j’ai oublié le nom.

Rio Loco Juin 2015 - Suarez - Lacaille - Gizavo & Breton (1024x576)

Je vous signale pour finir qu’une rencontre avec Hervé Bordier, le responsable de Rio Loco, est programmée le samedi 24 à 9h30 à l’ISAT. Organisée dans les cadre des Réveils Créatifs, ce qui explique l’horaire, c’est gratuit mais il faut réserver.

Et enfin je félicite tous ceux qui ont réussi à lire jusque là, malgré tous les mots exotiques rencontrés. En voici un dernier, pour vous récompenser : coco-fesse. Ce mot désigne une espèce de noix de coco originaire des Seychelles et plus précisément de l’île Praslin. Elle serait d’ailleurs à l’origine de l’expression “cucul la praline”. Vous pouvez voir sur les photos que le coco-fesse ressemble étrangement à cette figure mathématique que l’on appelle Surface pouvant être munie de la géométrie sphérique, figure tirée du site Esthetopies – Variétés d’Espaces Sensibles. Les maths peuvent être assez exotiques elles aussi. Quand même pas au point de partir en vacances avec elles …

 

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