25 septembre 2017

Si je vous dis « Evergétisme », pas de panique, pas besoin d’éloigner les enfants. Le mot désigne simplement le fait de faire profiter la collectivité de ses richesses. Une des façons pour les gens favorisés de rendre à la société un peu de ce qu’elle leur a donné. Par exemple, ma vieille tatie Irène a financé la rénovation de l’horloge du clocher de son village natal. S’il y a un Bon Dieu, Tatie Irène devrait se trouver à présent au paradis.

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L’horloge de Tatie Irène

Vous aimeriez vous aussi mériter le paradis et faire de la sorte la connaissance de ma tatie Irène ? Ce ne sont pas les idées qui manquent de vous faire passer pour un riche en donnant un peu de votre argent. Les occasions se multiplient avec la mode du financement participatif, autrement dit crowdfunding si vous préférez les mots anglais.

La mairie de Toulouse a par exemple besoin d’argent pour la la restauration des Orgues de Saint Sernin et celle des Cloches de la Daurade. Elle a eu l’idée de mettre en scène ces deux grandes causes toulousaines comme s’il s’agissait d’un match. Le match est ouvert jusqu’au 5 octobre.

Match Orgues Cloches

Une autre grande cause régionale consiste à sauver les arbres du canal du midi. Vous savez que les platanes sont à terme condamnés par une maladie incurable. Vous pouvez aider à financer la replantation des Platanes du Canal, en cliquant ici.

Normalement, vous devez maintenant interrompre votre lecture et aller sans délai signer un chèque.

Ca y est, c’est fait ? Non, pas encore ? Vous avez bien fait de différer la chose, dans l’attente de la vraie cause prioritaire que voilà : participer au financement de l’exposition « Mister Freeze 2017 ».

Mister Freeze est le nom de l’exposition d’art urbain à Toulouse dont la 5° édition aura lieu du 30 septembre au 8 octobre, dans un site exceptionnel, situé au 55 avenue Louis Bréguet, dans la quartier de Montaudran. L’endroit même où Latécoère fabriquait ses avions. Vous aviez remarqué que Gainsbourg fait rimer Latécoère avec Rastaquouère dans sa chanson ?

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L’art urbain, ou street art si vous persistez à préférer les mots anglais, vous savez ce que c’est, vous ne le confondez pas avec les arts de la rue, ça n’a rien à voir. L’art urbain, ce sont ces cochons de graffeurs quand ils font du l’art. Pour Mister Freeze, les artistes réalisent leurs fresques murales in situ, spécialement pour l’occasion. On y voit des choses fun et flashy, en très grand format. L’exposition est tout public, elle a un succès bien mérité. Ca vaut vraiment le coup de faire le déplacement.

Pour les afficionados, je rappelle que le festival Ciné España aura lieu du 29 septembre au 8 octobre. Le film Cria Cuervos sera projeté le 30 septembre à 21h en plein air, dans le square Charles de Gaulle. En voici la chanson Porque te Vas.

Le dimanche, on s’y ennuie souvent ou alors on y travaille, et c’est pas mieux. Freddy Morezon a la bonne idée de s’associer avec Le Taquin pour proposer un rendez-vous régulier, tous les premiers dimanches de chaque mois, à 17h. Première le dimanche 1er octobre avec les duos Bonvalet/Guionnet et Paris/Duscombs. On ne devrait pas s’y ennuyer.

Autre chose : je vous avais parlé de « Barricades », le spectacle de la troupe du Phün, quand il est passé en juin à Carbonne. J’étais allé le voir. Il repasse les vendredi 29 et samedi 30 septembre, à 18h30 et 21h à Borderouge. Ca fait quatre occasions de les voir, ne le ratez pas. Le spectacle est fait d’une collection de six univers plastiques habités, petites boîtes de curiosités, évoquant avec humour l’architecture, l’habitat, l’urbanisme, l’espace public. Chacun de ces univers est habité par un comédien différent. Ils sont tous très bons, mais il y a dans un de ces univers un comédien hors du commun, un oiseau rare zoziologue, qui provoque des fous-rire inextinguibles.

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Le Phün part du constat que dans quelques années la plupart des gens sur terre vivront dans des villes. Ils sont partisans du bien voisiner-ensemble et ils imaginent alors ce que pourrait être un urbanisme du futur, qui pour eux serait idéalement constitué de maisons rondes entassées. Ils ont beau faire, ce futur n’est pas pour moi très désirable. Au fond, je n’aimerais pas être jeune.

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18 septembre 2017

Il y a tout juste un an, on pouvait encore voir Nano Sarko et le président François Groland défiler à Toulouse pour le Fifigrot.

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Aujourd’hui cette image donne l’impression de venir d’un passé bien lointain. Le Fifigrot lui est toujours là et il aura lieu cette année du 15 au 24 septembre. Fifigrot c’est d’abord un festival de films avec une centaine de projections, mais ce sont aussi des concerts, des rencontres, des expositions … le tout dans le plus impur esprit grolandais.

Il me semble que beaucoup ne savent pas si Groland existe toujours à la télévision, dans ce Canal Plus en décadence. Oui, Groland résiste encore, tous les samedi à 20h30, en clair. L’humour du Groland, j’en connais qui ne l’aiment pas, ils préfèrent un humour spirituel, qui les fait sourire finement. Groland, ce sont les plus proches parents de Hara Kiri, celui de l’humour bête et méchant. Cavanna disait que l’humour est un coup de poing dans la gueule, le dessin est de Topor.

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Topor justement … Celui là vient de faire l’objet d’une exposition à la BNF de Paris, Le monde selon Topor, dans laquelle on a pu voir l’étendue du talent de ce touche à tout. Ses dessins ne laissent pas indifférents, ils se soucient moins d’être « jolis » que que d’exprimer une idée-force ou de faire naître un malaise. Avec ses acolytes Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowski, Topor avait créé en 1962 le mouvement Panique, dans l’idée de se démarquer du surréalisme, qu’ils trouvaient autoritaire et d’un âge révolu, en bannissant toute idée de sérieux et de hiérarchie. Le Fifigrot a la bonne idée cette année de rendre hommage à ce mouvement, avec une exposition consacrée à Topor du 17 au 24 septembre aux Abattoirs et avec la projection de trois films culte : « J’irai comme un cheval fou », de et en présence de Arrabal, « La montagne sacrée » de Jodorowski et « La planète sauvage », le chef d’œuvre de Topor et Laloux.  Dans la liste, je ne vois malheureusement pas le film « Viva la Muerte » réalisé par Arrabal avec un générique de Topor. Voici pour se consoler Ekkoleg, la chanson du film, une chanson magique venue de nulle part, en bonne place dans ma collection de musiques des bonheurs lointains.

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Le samedi 16 à 17h, une rencontre aura lieu avec Frédérick Pajak dans la librairie Ombres Blanches. Frédéric Pajak dirige la collection Les Cahiers Dessinés, qui édite beaucoup des grands dessinateurs de notre époque, dont Topor, et en particulier le catalogue de son exposition de la BNF. Un grand bonhomme à coup sûr.

Parmi les nombreuses propositions alléchantes de ce Fifigrot que vous trouverez dans le programme, voici trois suggestions  :

– la projection de la trilogie Nous les vivants de Roy Anderson, comprenant cet OVNI « Un pigeon philosophait sur une branche », dont je vous avais parlé ici.

– le film « Willy 1° » de L. et Z. Boukherma, amphore d’or 2016, dont je vous avais parlé ici.

– le film « Le Fils de Néandertal » au Museum pour une séance unique le 21 septembre à 18h30. On s’en doutait déjà, mais vous y trouverez la preuve que les préhistoriques n’ont pas tous disparu.

Enfin, je vous transmets une recommandation de mon confrère grolandais de « La vie en cirrhose » :

Buvez du vin

La 13° édition du festival MediterraneO’ aura lieu à Portet les 22, 23 & 24 septembre. Un festival sympa, sur la promenade de Portet en bord de Garonne, avec 13 concerts gratuits. L’accent est mis cette année sur la culture hispanique – de la scène Barcelonaise à l’Amérique du Sud – tout en conservant un large éventail de musiques orientales et occidentales.

Geneviève Demereau exposera au Salon, 274 rue Henri Desbals, le 22 septembre de 18h à 22h. J’ai déjà vu à plusieurs reprises le travail de cette artiste et j’aime les lumières des noirs et blancs qu’elle arrive à tirer de sa technique de pierre noire.

Geneviève Demereau - Mappemonde

Le musicien Marc Démereau, (Le Tigre des Platanes, La Friture Moderne … et accessoirement le frère de Geneviève), interviendra du 26 au 30 septembre à la Cave Poésie pour une série de concerts et de lectures inspirés par l’œuvre de Tom Waits.

Les « Classiques au détail » reprennent le lundi 18 septembre, 17h30, toujours dans la librairie Ombres Blanches, toujours animés par Yves Le Pestipon. Il commence par « Un animal dans la lune », une fable de La Fontaine, un de ses auteurs favoris.

Les 20, 21 et 22 septembre au Bijou, Camille Hardouin viendra nous présenter son premier album « Mille Bouches », un album entre chanson poétique et folk tellurique, qui fait l’objet d’un gros article dans le magazine Hexagone de cet été.

Camille Hardouin - Pochette Mille Bouches

Le Bijou justement fête cette année ses trente ans d’existence. Cette structure a réussi à garder son âme après le départ des fondateurs Patrick Kohlpoth et Philippe Pagès, et ce n’est pas le cas partout. Merci donc à Pascal et Emma Chauvet qui ont vaillamment repris le flambeau. Anniversaire oblige, la programmation est particulièrement stimulante. A venir par exemple Volo, Loïc Lantoine, Clarika, Wally

Il parait que le Bijou a attiré 10 000 spectateurs l’année passée. La capacité du Zénith est elle de 11 000 spectateurs, et ils programment cet automne des gens comme Christophe Maé, Florent Pagny, Julien Doré, Serge Lama ou Michel Sardou qui arrivent à le remplir.  Reconnaissons qu’il n’y a pas de justice. Que fait le gouvernement ? On va finir par regretter Sarkozy et Hollande.

11 septembre 2017

Musique de cloître pour le Piano aux Jacobins & Théâtre de rue à Ramonville, tout ou presque oppose les deux grands festivals de la rentrée.

Chez les uns, le moindre bruit dérange. Dans la chapelle du cloître des Jacobins, le silence se doit d’être religieux. Une sonnerie de portable pendant un concert et c’est la honte à perpétuité. Vous voilà tricard à jamais de la musique classique. Le festival Piano aux Jacobins se déroulera du 6 au 29 septembre. Comme tous les ans, le programme nous propose une brochette d’interprètes au CV prestigieux pour un peu toujours les mêmes compositeurs qu’on ne présente plus. L’endroit est magnifique, mais il souffre quand même des inconvénients du plein air pour ce genre de musique.

Le festival est mâtiné d’une dose homéopathique de jazz. On pourra par exemple découvrir Laurent Coulondre le lundi 18 septembre à 20h au Connexion. Son dernier disque Gravity Zerø est un des chocs de Jazz Magazine.

Chez les autres, le bruit de la rue fait partie de l’ambiance. Le festival de rue de Ramonville se déroulera le week-end du 16 & 17 septembre. Se trouvera-t-il quelqu’un pour aller à la fois aux Jacobins et à Ramonville ? Quelqu’un d’assez macroniste pour aimer en même temps le piano du riche et le piano du pauvre ? Pour porter en même temps son pull sur les épaules à la façon d’un bordelais et un sarouel pantalon bouffant, pour boire en même temps du champagne avec des petits fours et se nourrir de street food vegan ?  ?

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Deux propositions intéressantes, en préambule d’avant week-end :

  • le 14 septembre à 21h30, vous pourrez voir La grande saga de la Françafrique, déjà programmé l’an passé. Une leçon d’histoire au vitriol sur les relations de la France avec les pays africains. Des relations pas très jolies-jolies, on s’en doute. Voici à titre d’illustration  la chanson Giscard Bongo, tirée du blog inépuisable de Pol Dodu.
  • le 15 septembre à 22h45, vous pourrez participer au Grand Déballage du groupe Pulcinella. Ceux là, vous les connaissez comme un groupe de jazz. Mais un jour, sur un malentendu, quelqu’un les a annoncés comme faisant un bal jazzy musette, et il a bien fallu qu’ils se débrouillent pour faire danser. Et ils ont depuis pris goût aux valses, paso-dobles, cercles circassiens, forro, danse bulgare (?) et autres tarentelles … Mes envoyés spéciaux qui les ont vus cet été les ont trouvés super dans ce nouveau genre de bal Jifoutou.

Une trentaine de spectacles seront présentés le samedi et le dimanche, avec des compagnies invitées, des compagnies découvertes et des compagnies Off. L’ensemble de la programmation vaut qu’on s’y intéresse. L’affiche de cette année est de Fräneck.

Ramonville 2017

Je vous recommande particulièrement les deux spectacles invités pour le 30° anniversaire :

  • Le premier est proposé par la Cie Thé à la Rue, sous la forme d’interventions (im)prévues sur les deux jours. Cette compagnie m’avait l’an passé absolument emballé avec son spectacle Dévétu[e]. Une série d’expériences sensorielles, troublantes, déstabilisantes et immersives dont on ne sort pas intact.
  • Le deuxième s’intitule Radio Ramon, avec Diane Bonnot (Spectralex) et Stan Hilairet ( Josepk K), celui là même qu’on avait vu en 2015 pour une déambulation inoubliable, à la gloire du maire de Ramonville dont on a tendance à oublier le nom.

Vous ne raterez pas non plus « Ta vie sera plus moche que la mienne », un classique de Didier Super, programmé le 17 septembre à 22h. Tout le monde n’aime pas l’humour de Didier Super. Par exemple Michel Kemper sur le site de Nos Enchanteurs : « Si le rire est le propre de l’Homme, il est le sale de Didier Super. » Un reproche éternel, qui sonne comme un compliment puisqu’on le faisait déjà à Hara Kiri et à Coluche. Bien sûr Didier Super est trash, mais il nous fait éclater de rire, un fou rire, un bon gros rire qui ne court pas les rues. Et le rire est quand même le principal dans l’humour. C’est bien simple, Didier Super, je l’ai vu à 4 reprises durant la saison passée.

Mix et Remix

Mix et Remix

Du 12 au 27 septembre, la Cinémathèque programme 14 films, dont ils nous disent « qu’il faut les avoir vus », et que justement nous n’avons jamais vus. Tous ces films font quand même bien envie, avec leur parfum de haute culture cinéphile.

Pour commencer, La règle du jeu de Jean Renoir sera projeté le mardi 12 à à 19h et le mercredi à 16h30. Ce film de 1939 est une peinture de mœurs de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie ainsi que des domestiques qui les servent, à la fin des années 1930. Jean Renoir porte sur le fonctionnement de cette société un regard hautement critique mais aussi résolument humaniste. « Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons », nous dit-il.

Je vous rappelle que la présentation du programme de la saison de la Cinémathèque aura lieu le 14 septembre à18h. Et celle du Théâtre du Pavé aura lieu le 15 septembre à 18h30. Et toujours au Pavé, le 16 septembre à 20h30, le groupe Le Grand Piak ouvrira la saison de la programmation du Pavé dans le Jazz. Du Solo au Tutti, les acolytes de Florian Nastorg, fine fleur de la nouvelle génération du jazz improvisé toulousain, nous emmèneront dans le sillage des grands orchestres de free. Les grands orchestres de free ? Certains vont se méfier un peu, forcément.

Grand-Piak - Walkind-Rodriguez

Le mercredi 13, le groupe Cafe com Leite i Cachaça jouera dans la cave de l’Amanita Muscaria, avant de partir présenter leur projet aux Nuits de Nacre. Le duo accordéon / pandeiro est maintenant boosté par le son électronique d’un troisième larron aux machines. Le son électronique des machines ? Je me méfie un peu, forcément …

Enfin, le festival photographique Manifesto aura lieu du 15 au 30 septembre. C’est sur la Place Saint Pierre, et non pas sur le cours Dillon, que vous retrouverez cette année leurs containers (ou conteneurs ?). La manifestation s’associe avec Le Château d’Eau pour accueillir l’exposition « Charades » du photographe toulousain Philippe-Gérard Dupuy. Un ensemble de photomontages loufoques réalisés à partir de voitures anciennes accidentées.  Vous avez aussi l’exposition [IndusTrips] du collectif Vertige à la Maison des associations (ex caserne Niel), mais je ne l’ai pas encore vue.

Pour finir en restant avec le Château d’Eau, je vous mets une photo tirée de leur précédente exposition. Cette photo a été prise par August Sander en 1928 et représente un instituteur allemand. La légende ne précise pas qui de l’homme ou du chien est le véritable instituteur. Bon courage à tous ceux qui subissent la rentrée des classes !

Young Teacher c. 1928 by August Sander 1876-1964

 

4 septembre 2017

Je ne sais pas si vous avez réussi un jour à connaître le bonheur, ce n’est pas donné à tout le monde. Parce que tout se passe comme si on pouvait s’approcher du bonheur, sans jamais l’atteindre tout à fait. Comme si le bonheur était une asymptote.

Ou alors comme si le bonheur était en lui même un malheur. C’est un peu ce que nous raconte l’exposition intitulée « The pleasure of being sad », visible aux Abattoirs jusqu’au 26 novembre. L’artiste imagine un monde futuriste où la tristesse et la dépression auraient été éradiquées au profit d’un bonheur total. Constatant que la tristesse et la peine restaient dans ce monde-là aussi nécessaires à l’être humain que la joie et le bonheur, les autorités ont dû y inventer une machine pour aider les gens à pleurer de nouveau. Je n’ai personnellement pas réussi à pleurer, la machine devait être détraquée ce jour là. Victor Hugo disait lui que le bonheur d’être triste, c’est la mélancolie.

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« The pleasure of being sad » est une œuvre du toulousain Antoine Catala et elle fait partie de la grande exposition de l’été des Abattoirs, « Suspended animation », qui tourne autour de la réalité virtuelle, pour faire court.

On y voit par exemple un faux discours de Barack Obama, plus vrai que nature. C’est assez bluffant d’imaginer que l’on pourrait avec les images de synthèse faire assez facilement croire que quelqu’un a réellement dit telle ou telle chose. Après tout, les dirigeants staliniens retouchaient bien les photos anciennes pour enlever les visages de ceux qui n’étaient plus dans la bonne ligne. Les Russes disaient alors que le passé était devenu aussi imprévisible que l’avenir.

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On y voit aussi des visages virtuels, finalement dérangeants par leur perfection.

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Cette exposition, c’est quand même de l’art contemporain. Vous en connaissez le principe : si vous arrivez à accrocher sur l’œuvre, il vous faudra encore faire une grande partie du boulot pour en tirer quelque chose. Et puis j’avais envie de vous parler du bonheur.

A peine rentrés, il vous faut quand même faire vite pour aller voir les deux autres expositions majeures de cet été :

« Le ciel devant soi », aux Jacobins, jusqu’au 17 septembre. Cette exposition photographique réunit les œuvres de huit artistes européens autour de l’architecture religieuse. Cette thématique singulière ne doit pas vous rebuter, elle ne nous parle pas de religion, elle confronte les regards de plusieurs artistes sur des lieux architecturaux qui ont un lien avec le sacré. Voici par exemple une photo de David Spero titrée « New Wine Church », c’est à dire l’église du vin nouveau. Ce qui peut faire une bonne raison pour certains de remettre les pieds dans une église. Je vous signale que Christian Bernard, qui est le commissaire de cette exposition, et par ailleurs le directeur du Printemps de Septembre, viendra nous en parler le jeudi 14 septembre à 19h dans la Librairie Ombres Blanches.

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« De Poussin à Cézanne », à la fondation Bemberg, jusqu’au 1° octobre. Cette exposition réunit une centaine de dessins de la collection Louis-Antoine Prat. L’une des plus belles et des plus cohérentes collections de dessins français du XVII° au XIX°. Il s’agit là d’une exposition prestigieuse, qui a fait l’objet d’une chronique dans un récent Télérama. Quand j’entends le mot « prestige », je fais demi-tour en général. C’est mon côté modérément rebelle. Cette exposition demande quand même un peu d’attention et de temps pour bien regarder les dessins. On peut aussi se concentrer sur quelques uns seulement. Comme par exemple sur « Le Burg » dessiné par Victor Hugo. Ou encore sur cet « Echantillon de beauté antique » par Baudelaire. Ca nous change de l’échantillon de beauté moderne que je vous ai montré plus haut.

Beaudelaire - Echantillon de beauté antique

Certaines salles de spectacles ont fait leur présentation de saison avant l’été. C’est le cas par exemple des théâtres Sorano, Garonne, TNT … La présentation du Bijou aura lieu le 7 septembre à 18h30. Le Bijou fête cette année ses 30 ans d’existence, avec une programmation à la hauteur de l’événement. Et pour bien commencer, Alexis HK est programmé pour les 12, 13 et 14 septembre. Alexis HK fait partie de mes chouchous, je vous en avais parlé dans ma lettre du 16 février 2015, je ne vous refais pas l’article.

La présentation du Pavé aura lieu le 15 septembre à 18h30, celle de la Cave Poésie le 12 septembre à 11h et celle de la Cinémathèque le 14 septembre à 18h. Allez-y, c’est gratuit, il suffit d’appeler pour réserver. Comme ça, vous en sortirez avec vos propres envies. Sinon, il vous faudra encore faire avec les miennes et vous ne pourrez pas venir vous plaindre.