23 octobre 2017

On dirait bien que c’est cool, la vie d’artiste ! A peine rentrés, les théâtres se remettent déjà en vacances pour Toussaint. Et l’actualité culturelle est un peu creuse cette semaine. Alors forcément quelqu’un a eu l’idée de profiter de la place libre. Cette idée, la voilà, c’est Octobière, le premier festival à Toulouse de la bière artisanale. La manifestation aura lieu du 25 au 28 octobre avec une quarantaine de brasseurs, des cavistes, des bars et probablement quelques buveurs immodérés. Il ne faudrait tout de même pas que ce festival vous détourne du vin et de ses bienfaits.

Les bienfaits du vin

Cette semaine, Loïc Lantoine sera au Bijou les 24, 25 et 26 octobre, avec Claude Delrieu & Eric Lareine. Loïc Lantoine avait l’an passé assuré le concert de clôture du festival Détours de Chant aux Mazades, accompagné par les 18 musiciens du The Very Big Experimental Toubifri Orchestra. Le magazine Franco Fans du mois d’octobre leur a consacré un gros article et nous annonce un nouveau disque pour le 20 octobre. Avec sa présence physique et vocale, sa voix grave et chaleureuse, ce chanteur dégage une humanité qui fait du bien. Avec ce trio, au Bijou, on peut s’attendre à ce qu’il se passe quelque chose de fort.

Toujours au Bijou, les 2 & 3 novembre, les frères Volo. Ceux là font de la chanson générationnelle intemporelle. Ecoutez leur nouveau titre Chanson Française

Et pour les mois qui viennent, voici le nec plus ultra de la fine fleur du dessus de mon panier :

Mathieu Boogaerts revient au Rex, le 16 novembre à 20h30. Il y était déjà venu l’an passé et je vous avais dit ici tout le bien que j’en pensais avant de l’avoir vu. Et maintenant que je l’ai vu, je reviens le voir cette année encore. Voici un de ses titres Avant que je m’ennuie

Le trio Parisien Peirani Portal le 20 novembre à Odyssud. L’ancêtre Michel Portal toujours vert avec les deux blancs-becs, qui sont aujourd’hui parmi les plus demandés des musiciens de jazz. Cet été, il fallait bien chercher pour trouver un festival qui n’avait pas invité Emile Parisien. Ces trois là se connaissent bien, on peut donc s’attendre à un concert de première catégorie.

Le Chapeau Rouge de Saint Cyprien nous propose une affiche exceptionnelle, qui m’aurait échappé si je n’avais pas fouiné dans le fond d’un programme des centres culturels : le joueur de kora Ablaye Cissoko, accompagné par Simon Goubert, Sophia Domancich et Jean Philippe Viret. Je ne connais pas spécialement Cissoko, mais je connais les trois autres. Sophia Domancich a par exemple enregistré Wilderness avec Robert Wyatt. Quand on les connait, on se précipite. Attention, le concert annoncé dans le programme pour le 24 novembre au Chapeau Rouge aura lieu en réalité le 19 janvier au Centre Culturel Desbals.

On retrouvera d’ailleurs Ablaye Cissoko le 6 mars, salle Nougaro, avec l’ensemble Constantinople.

Le 28 novembre au Bikini, Catherine Ringer. La grande Catherine ne risque pas de passer inaperçue au fond d’un programme de centre culturel.

Le dimanche 17 décembre Admiral T au Bikini. Je vous en avais parlé ici. L’occasion d’aller se rendre compte s’il a conservé cette présence sauvage sur scène qui m’avait tant impressionné quand je l’avais vu il y a maintenant plus de 10 ans. Et pourtant j’en ai vu d’autres, des sauvages.

Un conseil de Corinne Gaillard, la nouvelle directrice de la Place de la Danse qui remplace le CDC : allez voir Les Inconsolés, une chorégraphie de Alain Buffard, les 13 et 14 décembre au théâtre Garonne. C’est son premier conseil comme directrice, elle a probablement fait attention à ne pas se tromper.

Le 30 janvier, Charles Aznavour au Zénith. Aznavour a fait ses débuts en 1946 ! A son propos, on peut parler d’une légende vivante. Patience, votre tour viendra peut être un jour. Un détail : le prix des places est compris entre 62 et 238 euros. Pourquoi j’aime Aznavour ? Pour cette chanson Comme ils disent, entre autres.

Boubacar Traoré à la salle Nougaro le 17 mai. Il y était passé en mai 2015, accompagné de Vincent Bucher à l’harmonica. Quand on a vu ça, on y revient.

Le festival Détours de Chant aura lieu cette année du 23 janvier au 3 février. The place to be, pour ceux qui aiment comme moi la chanson française. La programmation n’est pas encore finalisée, on aura évidemment l’occasion d’en reparler. D’ores et déjà, je vous signale deux attractions :

– Fantazio & Théo Ceccaldi, le 30 janvier au Metronum, avec Peplum, leur projet commun. Fantazio est unique, je l’ai vu au festival Pink Paradise de mars, accompagné de sa seule contrebasse, il chante d’une voix très aigüe ou très grave c’est selon, dans un yaourt un peu français, un peu italien. Théo Ceccaldi, je vous en ai parlé ici, il est assurément l’un des jeunes musiciens les plus stimulants du moment.

Le groupe Mon Côté Punk est programmé en clôture de festival, samedi 3 février aux Mazades. Je ne les connaissais pas il y a deux mois encore. Je les ai découverts cet automne via le festival La Bohème de Muret, avec leur super titre Youssef. Début novembre, ils vont sortir Picaflor, leur nouveau disque, avec des invités comme René Lacaille, André Minvielle, et Loïc Lantoine, tiens, tiens. Voici de nouveau Loïc Lantoine avec Mon Côté Punk

Minvielle nous amène naturellement à Marc Perrone, qui lui aussi sort un nouvel album pour le 20 octobre, Babel Gomme. On y retrouvera les amis fidèles, Marie-Odile Chantran bien sûr, André Minvielle, Marcel Azzola, Bernard Lubat … Depuis le mythique 33 tours Gabriel Valse de 1974, l’accordéon de Marc Perrone ne me quitte pas. Voici son Esperanza l’aranesa avec Minvielle justement.  Marc Perrone est le seul musicien avec Robert Wyatt dont j’ai acheté tous les disques, vinyles et CD. Me ruiner pour ces deux-là a fait mon bonheur.

Marc Perrone - Babel Gomme

La semaine prochaine, avec la fête de la bière, je n’aurai pas le temps de vous écrire.

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16 octobre 2017

Encore la Colombie ? Et encore les Abattoirs ? C’est que nous sommes dans une année France – Colombie et que le musée des Abattoirs propose jusqu’au 21 janvier l’exposition “Medellin, une histoire colombienne”. L’histoire colombienne, c’est celle du conflit entre les FARC et le Gouvernement qui a déchiré le pays pendant plus de cinquante ans et auquel un accord a mis fin en 2016, prix Nobel de la Paix à la clef. Inaugurée en grande pompe en présence de l’ambassadeur, l’exposition présente les œuvres d’une quarantaine d’artistes marquées par ce contexte historique.

Fernando Botero est le plus connu des artistes exposés. Botero possède en effet une qualité qui a fait sa notoriété : dans ses tableaux, tous les personnages sont gros et les femmes sont belles comme ça. Avec lui, même Jésus est gros. Et pourquoi Bouddha aurait-il le droit d’être gros et pas Jésus ?

Il y a une deuxième exposition aux Abattoirs consacrée à Hessie, visible jusqu’au 4 mars. On parle moins de cette exposition, même si elle fait l’objet d’un bel article de Clémentine Mercier dans Libération. Et pourtant c’est celle qui m’a le plus touché. Hessie est d’origine cubaine, elle a épousé le peintre Dado avec qui elle est venue vivre en France dans les années 60 et elle a maintenant 80 ans. Pour l’essentiel, l’exposition nous montre le travail qu’elle a réalisé tout au long de sa vie par le simple moyen de fils et d’aiguilles. On y voit des tissus aux transparences délicates recouverts de signes mystérieux, comme les broderies obsessionnelles d’une araignée hallucinée. J’aime les artistes quand ils nous laissent croire qu’on pourrait en faire autant. Mais Hessie a manifestement mis sa vie dans ces œuvres et le titre de l’exposition Survival Art nous laisse imaginer les combats qu’elle a dû mener. On voit cette vieille dame nous parler dans une vidéo récente, comme un petit animal affaibli muni d’une grande force intérieure.

Comme chaque mois, le magazine Intra Muros nous propose cinq rendez-vous. En voici un aperçu pour ce qui concerne les quatre premiers. Sapho : le rock électro croise l’Orient / Lysistrata : vous prenez du rock, de la trance, du dub, vieux films samplés … naviguant entre post-rock, noise et math-rock / Burning Heads : groupe français de punk-rock … exploration de hardcore, reggae, électro-dub, drum and bass / Tristesse Contemporaine : Less is More appliqué à la pop musique façon new-wave. Je ne vois pas cet univers anglo-saxon globalisé d’une très bonne oreille.

Le cinquième rendez-vous a l’air heureusement bien français, lui. Vous en Voulez ? est un spectacle de rue de la compagnie La Française de Comptage qui donne à voir la réalisation d’un feuilleton télévisé façon “télé-réalité”. Je me rends compte que c’est déjà passé, dommage.

La Française de Comptage

Bien  français encore, Sylvie Maury accompagnée de Philippe Gelda, poursuit son cycle de lectures musicales consacrées aux grands noms de la chanson française. Démarrage avec Serge Gainsbourg le 17 octobre au théâtre du Pavé. A venir, Barbara le 28 novembre, Brassens le 30 janvier, Catherine Ringer le 20 février, Léo Ferré le 6 mars et Brigitte Fontaine le 3 avril. Notez bien les dates, je ne vous le répèterai pas.

Le comédien Denis Lavant accompagné de Laurent Paris et de Camille Secheppet sera du 17 au 21 octobre à la Cave Poésie pour une lecture musicale de La Ballade de la prison de Reading d’Oscar Wilde. Je l’ai raté l’an passé pour ne pas avoir réservé assez tôt. Je dis ça, je dis rien …

Je me réveille un peu tard pour vous parler du festival Européenne de Cirque organisé par la Grainerie de Balma, puisqu’il a commencé depuis le 13 octobre. Vous pouvez encore en profiter jusqu’au samedi 21 octobre. Le magazine Clutch a fait un joli dossier sur le cirque, où l’on apprend entre autres que l’Occitanie est une région championne de cirque, avec plus de 300 compagnies professionnelles. Sans compter ses deux clubs de foot en Ligue 1 …

To Be or not To Be, le chef d’œuvre d’Ernst Lubitsch de 1942, passe à la cinémathèque le 21 octobre à 17h. Durant la Seconde Guerre mondiale, une troupe de comédiens juifs sur le fil du rasoir parmi les méchants nazis. Un trépidant jeu de faux-semblants et duperies à la prodigieuse subtilité d’écriture. L’art comique à sa perfection.

C’était la question de la semaine passée : trois Russes ont un frère. Ce frère meurt sans laisser de frère. Comment est-ce possible ? C’est que les trois Russes sont trois sœurs, comme dans la pièce de Tchékhov.

J’apprends que Hessie nous a quitté ce samedi. Bon voyage à elle, sur le chemin des retrouvailles avec son Dado.

9 octobre 2017

Le théâtre est un luxe à votre portée dont vous ne profitez pas assez. Vous n’y allez qu’une fois de temps en temps, et encore. Vous êtes de ceux qui font du lèche-vitrine mais qui ne rentrent pas souvent dans le magasin. Vous avez finalement de la chance, puisque vous faites justement partie de ceux que l’on voudrait faire venir plus souvent au théâtre. Regardons par exemple ce que le TNT a mis ce trimestre en devanture pour nous séduire.

La rentrée du TNT s’est faite début octobre avec la pièce de Laurent Pelly sur Jacques Prévert, et elle sera jouée jusqu’au 14 octobre. Une rentrée un peu tardive, peut être par solidarité avec l’auteur du Cancre “. Qui a dit que la rentrée théâtrale de septembre a désormais lieu en octobre, dans l’impunité la plus décontractée. ” En ajoutant que l’excuse des scènes nationales ou des théâtres municipaux consiste à nous faire croire à un durcissement économique (un tic décidément) ”. Probablement un de ces élus de Béziers ou du Gard, à rebours de la pensée unique bobo ? Non, c’est le journal Libération qui met les pieds dans le plat, très remonté contre les structures culturelles nationales.

Jacques Prévert (768x1024)

Pour ce trimestre, le TNT nous propose en suivant le samedi 14 octobre, la projection du film Octobre d’Eisenstein, un film muet de 1926 accompagné au piano par Michel Lehmann. En écho à la révolution soviétique de 1917, dont vous avez surement entendu parler, en bien ou en mal. Et puis Les Trois Soeurs “, une pièce de Tchékhov en langue russe des signes qui dure 4h15. Et puis une pièce de Pirandellosur le déni et l’impossibilité du deuil face à la mort d’un enfant. Et puis une pièce créée à partir d’un écrit de jeunesse de Marcel Proust. Et puis deux films muets de René Clair et une pièce en écho à Marcel Proust. Et puis Le Roman de Renart “, réservé aux scolaires, ça leur apprendra. Vous trouverez ici l’analyse de la programmation de la saison complète par Robinson Destouches.

Vu de loin, reconnaissons que la programmation du TNT a l’air d’être faite pour les purs intellos, fondus de théâtre. Le même programme aux 3 T, il n’y aurait personne. Et pourtant, la grande salle du TNT était pleine pour la présentation de saison. Je suis aussi allé aux présentations de saison du Sorano (voir ici l’analyse de Robinson Destouches) et du Garonne (voir ici l’analyse de Cécile Brochard et ici celle de Jérome Gac). J’en suis ressorti avec une faim de théâtre. Il y a à Toulouse un grand nombre de théâtres de toutes sortes, pour tous les goûts, avec des formules économiques. Je crois que le meilleur moyen d’aller plus souvent au théâtre, c’est quand même de réserver plusieurs spectacles. Si on ne le fait pas, on se laisse trop facilement arrêter par la flemme de ressortir.

Deux spectacles à vous conseiller pour la semaine qui vient :

Le mercredi 11 octobre à 20h30, le théâtre du Ring programme la pièce 1572, Massacre à Paris “ (dont je vous avais déjà parlé ici) pour une représentation unique, ne la ratez pas si vous pouvez. L’emplacement du Ring un peu excentré, route de Blagnac, ne doit pas vous rebuter, puisqu’on peut s’y garer facilement.

1572 - Massacre à Paris

Et je vous rappelle le spectacle d’Anne Lefevre, Et Toi ? le 10 octobre à 17h30 au Centre Culturel Alban Minville .

Dans le reste de l’actualité, déjà bien occupée par la suite des festivals Jazz sur son 31 et Toulouse les Orgues, on trouve deux expositions :

Dessins de Graveurs “,  du 3 au 28 octobre 2017, à la librairie Privat, avec une quinzaine d’artistes de l’association Estampadura, qui œuvre pour la promotion de l’estampe contemporaine.

Anaïs Barrachina, aux Folles Saisons jusqu’au 30 octobre. Jeune graphiste toulousaine, elle a fait entre autres les dessins de Louise Michel et de René Gouzenne pour les couvertures des programmes de la Cave Poésie.

Barrachina - Cave Poésie

Un concert, le 14 octobre à 20h à Saint Pierre des Cuisines, avec le duo Brotto – Lopez. De la musique traditionnelle du Quercy et de la Gascogne, arrangée par un pianiste de jazz et accompagnées par une harmonie d’une cinquantaine de musiciens. On demande à voir.

Le plus dur est pour la fin. Le 12 octobre au Village by CA, 31 allées Jules Guesde, une rencontre avec Hervé Bordier organisée par le Réveil Créatif. Hervé Bordier est le responsable des musiques actuelles pour la ville de Toulouse, il est aussi le directeur de Rio Loco. C’est donc un homme considérable, et aussi un vrai passionné qu’on peut voir très discret dans les endroits où il n’y a pas grand monde à part nous autres. Où est le plus dur là dedans ? C’est que ça se passe à 8h30 du matin.

J’ai gardé pour finir une énigme pour vous, en écho au programme du TNT : trois Russes ont un frère, ce frère meurt sans laisser de frère. Comment est-ce possible ?

2 octobre 2017

Il y a des gens que ça gêne d’être nombreux à aimer la même chose. C’est vrai par exemple dans le monde du jazz, où on trouve quand même beaucoup de chapelles. Qui dit chapelles dit controverses, hérésies, schismes et excommunications. On connait la controverse de la fin des années 40 qui a finalement rendu célèbre le nom de Hugues Panassié, pape du jazz traditionnel, adversaire du moderne bebop défendu par Boris Vian. On trouvera la trace de cette controverse dans les indispensables « Chroniques de Jazz »  de Boris Vian rassemblées par le critique Lucien Malson. Ironie de l’histoire, Lucien Malson s’est lui même fait étriller par Delfeil de Ton qui lui reprochait en 1973 d’avoir mal parlé d’un concert de Sun Ra.

Boris Vian - Chroniques de Jazz - Miles Davis

Le festival Jazz sur son 31 ne prend pas le risque de la polémique. Tous les fidèles de la maison commune du jazz devraient trouver leur bonheur dans cette programmation, œcuménique justement. Du 6 au 22 octobre, on pourra en effet faire le grand écart sur un siècle de jazz, entre le jazz Nouvelle Orléans du groupe Contreband et le jazz contemporain de Craig Taborn.

Le groupe Contreband passera le 13 octobre à 20h30, au Burgaud, et rendra hommage à Brassens, un hommage absolument légitime de leur part quand on connait leur passion pour le grand Georges, une passion déjà saluée ici. On peut sinon écouter ce groupe, toujours excellent malgré sa longévité, tous les mardi soir au restaurant Le Carson de la place Olivier.

Craig Taborn 4tet jouera lui le 20 octobre. La musique brille de mille feux au rythme des improvisations du claviériste et des propositions de ses partenaires, tissant une toile de Minneapolis à New York sur laquelle le jazz se colore de musiques électroniques et world. Dynamique et ambiance spectrale, groove et inflexion mélodique, toutes ces impulsions convergent dans Daylight Ghosts leur dernier disque. Ce musicien avait été programmé en mars 2015 par un Pavé dans le Jazz aux Abattoirs, le concert était complet ce qui est exceptionnel pour ce genre de musique.

Dans le programme, on ne manquera pas non plus Michel Portal en trio, le 9 octobre, aujourd’hui devenu un classique, si le mot a un sens dans son cas. On y trouvera encore des grands noms comme Kyle Eastwood, Dianne Reeves, Youn Sun Nah … Des jazzmen français comme Thibaud Dufoy, Wax’In, Pierrick Pedron, Fred Nardin, Julien Alour … et un focus sur le Jazz de La Havane.

Le festival Toulouse les Orgues s’étalera lui du 4 au 15 octobre, sur la même période donc que Jazz sur son 31. La musique d’orgue a une image de musique d’église, parfumée d’encens et pour tout dire, bien ennuyeuse. La programmation de ce festival fait de son mieux pour nous persuader du contraire. A commencer par l’affiche du graphiste Anthony Vitse, avec son côté surréaliste. Yves Rechsteiner, le directeur du festival, se demande lui si l’orgue ne rend pas fou … Bigre ! Comme si on n’avait déjà pas assez de raisons de devenir fou. Essayez par exemple de toucher le RSA tout en étant au RSI …

Toulouse les Orgues 2017

La 10 ° édition du Festival de la Bohème aura lieu à Muret les 6 & 7 octobre. La programmation est un peu métèque, un peu cosmopolite, tournée vers l’Est et vers les Balkans, un peu Bohème quoi. Pour vous donner une idée, on y trouvera des gens comme Tryo, Zoufris Maraca, les Grecs d’Iman Baildi …  et probablement quelques bobos.

Il ne faut pas confondre ce festival de La Bohème avec le collectif La Bohème. Il arrive que les gens se volent les bonnes idées de noms et de formules. Moi même, avec « La Vie en Rose », je peste contre tous ceux qui me chipent l’idée que j’ai eue de ce nom. Par exemple pour vendre du savon :

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Le collectif La Bohème se produira le 27 octobre au Rex. On retrouve dans ce collectif Bernardo Sandoval qui en est à l’origine, et entre autres, l’accordéoniste Yvan Kara, qu’on a pu voir par exemple lors de la dernière accordéonistade.

La crème des auteurs de littérature noire va se retrouver du 6 au 8 octobre pour le 9ème festival de Toulouse Polars du Sud. Giancarlo de Cataldo, le grand écrivain italien sera entouré de 55 auteurs venant de France et de nombreux pays étrangers. A noter, la présence de José Muñoz, l’auteur avec son compatriote argentin Carlos Sampayo de la série Alack Sinner, ce détective privé dont les aventures humaines, baignant dans le jazz, exposent les misères et la noblesse d’un New York si imaginaire qu’il en devient réel. Vous pourrez rencontrer José Munoz le 6 octobre à 16h30 dans la librairie de la Renaissance. Voici une image tirée du premier Alack Sinner, ce chef d’œuvre universel de la BD.

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Je vous rajoute un lien vers une interview de Jean Paul Vormus, le président du festival.

Jean-Paul Vormus

On n’en a pas encore  tout à fait fini avec la riche actualité culturelle de la semaine.

On retrouvera Anne Lefèvre, celle du Théâtre du Vent des Signes, au Centre Culturel Alban Minville le 5 et 7 octobre à 20h pour Je dirais qu’il sera trop tard quand je serai morte et le 10 octobre à 17h30 pour son solo Et Toi ? J’ai vu ces deux spectacles, c’est spécial, ça touche ou ça énerve, c’est fort en tout cas.

Le 6 octobre Carmen Maria Vega à la salle Nougaro. Elle y présentera son dernier album « Santa Maria », dans un spectacle explosif et presque mystique. « Santa Maria » est un voyage à la recherche de ses origines guatémaltèques d’enfant adoptée. Voici Le grand secret, un titre dans lequel elle dévoile un peu de son histoire compliquée.

Le 7 octobre à partir de 19h30 à la Cave Poésie, on pourra successivement écouter Jean Luc Amestoy, Didier Dulieux, Bernardo Sandoval & Serge Lopez. Pas mal, non ?

Le 8 octobre à 19h, au Théâtre du Pavé, concert dans le cadre de la formule The Bridge qui consiste à échanger musiciens américains et français. D’abord sWeenDL et ensuite Twins deux saxophones aux hélices de papillons, aux élytres de fusées, deux batteries diversifiées jusqu’à faire de toute surface des miroirs magiques. Cette lettre est déjà trop longue, il n’y a plus de place pour le débat, mais je dirais quand même : enfin un peu de vrai jazz !