29 janvier 2018

Pour une fois, ce sont les Grecs qui viennent se faire voir chez nous. L’exposition Rituels grecs, une expérience sensible, est visible au musée Saint Raymond jusqu’au 25 mars. Il n’est pas facile d’intéresser le grand public à la vie dans la Grèce ancienne. J’ai moi-même beaucoup de mal à retenir l’attention des gens quand je leur parle de ma jeunesse, une période historique qui n’est pourtant pas si lointaine et tellement passionnante. Par la qualité des pièces exposées, en provenance de grands musées, et par la qualité de la muséographie, cette exposition mérite pourtant le déplacement.

Rituels grecs - Vase corinthien

L’exposition est bâtie autour de quatre rituels, quatre temps forts de la vie des Grecs anciens : mariage, funérailles, sacrifices, symposiums. L’originalité de cette exposition repose sur cette « expérience sensible » mentionnée dans le titre. Malgré les difficultés et les limites de cet exercice, l’exposition s’efforce de recréer les sensations que pouvaient éprouver les grecs, en mettant les cinq sens à contribution. Pour ce qui est de l’ouïe par exemple, la possibilité nous est donnée d’écouter des musiques jouées sur des instruments d’époque reconstitués. Voici un Hymne à Apollon  joué par Petros Tabouris.

Coupe à figures rouges : scène de banquet

Le goût est malheureusement le parent pauvre de cette exploration. Seuls des raisins secs sont proposés au public. « On ne peut pas prendre de risque par rapport aux allergies » explique Évelyne Ugaglia, commissaire de l’exposition. La plus grande déception vient toutefois du fait qu’il n’y a rien à boire. Que le diable emporte Dyonisos ! Dyonisos est le Dieu du vin comme on sait, mais aussi, ce qu’on sait moins, celui de la transgression et du théâtre.

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Voici pour finir une blague de potache, qui rappellera de bons souvenirs à ceux qui ont pratiqué le grec ancien dans leur jeunesse, autour du IV° siècle av JC. La phrase grecque « Oυκ ελαβον πολιν αλλα γαρ ελπις εφη κακα » peut se traduire par « Ils ne prirent pas la ville car tout espoir (d’y arriver) s’était envolé ». Phonétiquement, elle se prononce « Ouk elabon Polin Alla gar elpis Ephe Kaka ». Entrainez-vous quand même à la prononcer à voix haute à la maison, avant de la ressortir pour frimer devant vos beaux-parents, eux qui commençaient juste à vous prendre au sérieux.

Comme souvent quand ils arrivent, les nouveaux directeurs commencent par faire valser les étiquettes. D’autant plus quand il s’agit du Centre de Développement Chorégraphique National, que la nouvelle directrice Corinne Gaillard s’est empressée de rebaptiser La Place de la Danse. Le festival La Place de la Danse aura lieu cette année du 23 janvier au 10 février. Seize compagnies sont programmées sur 7 lieux  pour 32 spectacles en 3 semaines. Avec par exemple « El Baile », la nouvelle pièce de Mathilde Monnier qui sera jouée au TNT les 9 et 10 février. La pièce a été créée à Buenos Aires, elle retrace par le biais de la musique et de la danse l’histoire de l’Argentine, de 1978, l’année de la coupe du monde, jusqu’à nos jours. Ca ne vous rappelle rien ? El Baile est en effet inspiré du Bal, la pièce créée en 1981 par Jean-Claude Penchenat, qui avait rencontré un immense succès en racontant par des tableaux dansés l’histoire sociale de la France d’après guerre. Ettore Scola en avait d’ailleurs tiré un joli film du même nom. Souvenez-vous avec ce titre T’es OK, du groupe Ottawan, qui remonte à la plus haute antiquité des années 80.

A l’occasion de cette pièce, l’association Tangopostale organise une rencontre autour du Tango, à Ombres Blanches le 10 février.

Dans l’actualité des scènes cette semaine, on trouve encore :

Sylvie Maury, qui poursuit au Pavé la suite du cycle de ses lectures accompagnées de Philippe Gelda, autour des légendes de la chanson française. Le 29 (séance supplémentaire) et 30 janvier vient enfin le tour de Georges Brassens.

Charles Aznavour sera le 30 janvier au Zénith. Le prix des places est compris entre 62 et 238 euros, c’est le prix pour une légende comme lui.

– Moins cher, moins connus, mais peut être les légendes d’aujourd’hui et de demain, dans la suite de la programmation du festival Détours de chant. Pour cette semaine, on trouvera entre autres : Fantazio et Théo Ceccaldi, Erwan Pinard, Emily Loiseau, Nosfell, Mathieu Lippé, Strange Enquête, Mon Côté Punk, … et j’en passe.

Enfin, si vous le pouvez, ne ratez pas le 2 février au Bascala, l’humoriste Nora Hamzawi. Elle a été programmée la saison dernière à Toulouse par le festival Les Fous Rire de Toulouse. J’ai eu la chance de la voir un peu par hasard à Paris il y a quelques mois. Je l’ai trouvée très, très forte. Mais peut être la connaissez-vous déjà par un de ces rituels modernes qu’on voit à la télé ?

 

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22 janvier 2018

Les Belges appellent ça de la chanson à paroles. Les Français parlent plutôt de la chanson à textes. Pour Guy Béart, la chanson est l’union de l’aveugle – la musique – et du paralytique – le texte. Aucun des deux ne peut aller bien loin sans l’autre. L’évènement des deux semaines qui viennent, c’est bien sûr le festival Détours de chant, qui aura lieu du mardi 23 janvier au samedi 3 février. L’année dernière, je vous ai déjà presque tout dit ici sur ce festival. Cette année, je passe en plus un coucou à tous les bénévoles …

Détours de Chant 2018

La chanteuse Juliette est la tête d’affiche du festival. Le 9 février sortira son prochain album « j’aime pas la chanson » ; en voici un premier extrait « Météo marine » . Le titre de cet album est un clin d’œil à l’émission de radio « j’aime pas la chanson, mais … » que Juliette avait faite en automne 2015. La programmation en était délicieusement disparate, avec l’envie de faire découvrir des choses non formatées. C’était trop beau, l’émission n’a pas tenue longtemps. On peut néanmoins la retrouver en podcast sur France Inter. Juliette sera le vendredi 2 février à la Halle aux Grains.

Dans la programmation, on connait encore Paris Combo, au Bascala de Bruguières le 26, et Emilie Loizeau à l’Escale de Tournefeuille le 31 janvier. Passé ceux-là qui sont un peu connus, on entre dans un monde de découvertes. Il faut quand même pas mal de curiosité pour avoir entendu parler des artistes programmés. Il faut fréquenter le Bijou, lire les magazines FrancoFans ou Hexagone, fouiner sur le site Nos Enchanteurs, ou encore s’intéresser au palmarès de l’Académie Charles Cros.

J’ai réservé pour les artistes suivants, que je ne veux pas rater :

– Fantazio et Théo Ceccaldi qui a réuni autour de lui quelques jeunes pousses du jazz hexagonal, au Metronum le 30 janvier.

– Leila Huissoud au Bijou les 25 et 26 janvier. Dans son titre Mon Français, elle évoque la violette et puis Brassens, Reggiani et Moustaki, alors forcément …

– Léopoldine HH au Bijou les 23 et 24 janvier. Coup de cœur de l’académie Charles Cros en avril 17, son univers singulier fait l’unanimité des critiques. Ecoutez son titre Zozo lala. Vous ne pourrez plus vous l’enlever de la tête, ne me remerciez pas. La musique est de Michel Valmer, les paroles sont de Topor : Quand on d’mandait à la Madone / Comment t’as fait ton petit gars / Elle répondait en langue teuto-onne / Je me l’suis fait zozo lala

Léopoldine HH

Et beaucoup d’autres font envie, sans pouvoir les citer tous, et pardonnez-moi si vos préférés ne sont pas dans la liste : Nosfell, Erwan Pinard, coup de coeur Charles Cros, Victoria Delarozière, Camu, Strange Enquête, ce duo tchache contrebasse avec un accent tarnais, Jane for Tea et son ukulélé, Jeff Moran le Québécois, « confidentiel mais essentiel », écoutez son « Merveilleux ». Sans oublier Jimmy Oihid, présenté comme le James Brown algérien, le 27 janvier au Metronum. Et Le Choeur Voix Express, dirigé par Hervé Suhubiette, suivi de Presque Oui. Déjà coup de cœur de l’Académie en 2015 pour son CD « De toute évidence », Presque Oui (Thibaud Defever) a reçu en novembre 17 le Grand Prix de l’académie Charles Cros dans la catégorie Disques pour enfants.

De tous les artistes programmés, Mon Côté Punk est le seul dont j’ai trouvé le disque bien en vue dans les gondoles de la FNAC. Dans leur dernier opus Picaflor, le groupe a invité des gens comme René Lacaille, Loïc Lantoine et André Minvielle. Mon Côté Punk fera la clôture du festival le 3 février aux Mazades. Voici leur titre Lalala, avec André Minvielle qui pose sa voix. Des fois qu’il lui prendrait l’envie de venir faire un tour sur scène, on ne sait jamais.

L’actualité théâtrale est marquée par la reprise de la pièce « J’espère qu’on se souviendra de moi », du 24 au 26 janvier au Sorano. Ecrite par Jean-Marie Piemme, mise en scène par Sébastien Bournac, jouée par la compagnie Tabula Rasa, la pièce fait le récit d’un meurtre au travers de différents témoignages ; se succèdent sur scène le père, l’employeur, un témoin, la mère, l’épouse et le meurtrier lui-même. J’ai vu cette pièce l’an passé, elle secoue.

Une rencontre avec Jean-Marie Piemme et Sébastien Bournac aura lieu le vendredi 26 à 18h à Ombres Blanches.

J'espère qu'on se souviendra de moi

Et marquée par la nouvelle création de Jonathan Capdevielle, « A nous deux maintenant », tirée d’un roman policier de Bernanos, au théâtre Garonne du 26 au 3 février. Né en 1976 à Tarbes, Jonathan Capdevielle est connu pour ses deux pièces Saga et Adishatz / Adieu, dans lesquelles il raconte son adolescence d’un jeune gars des Pyrénées. De ceux qui ont grandi près de Lourdes, on attend forcément quelques miracles.

15 janvier 2018

Ablaye Cissoko, le joueur de kora, vous me dites que vous le connaissez déjà ? Vous ne confondez pas avec Ballaké Sissoko, qu’on avait vu en 2015 avec Kassé Mady dans la salle Nougaro ? Ou avec Djelimady, le père de Ballaké ? Ou avec Boubacar ? Ou avec Lamine ? … Tous ceux là sont des joueurs de kora. Ou avec Moussa Sissoko, formé au TFC, qui joue en équipe de France ?

Le joueur de kora Ablaye Cissoko sera le 19 janvier au Centre Culturel Desbals en compagnie du batteur Simon Goubert, de la pianiste Sophia Domancich et du contrebassiste Jean-Philippe Viret.

Le projet African Roots de ce quartette est présenté comme la fusion réussie du jazz occidental et de la musique traditionnelle sénégalaise. La musique est à la fois un hommage au jazz de John Coltrane et au Sabar traditionnel. Leur disque a été élogieusement chroniqué par Katia Touré dans le numéro de novembre de Jazz Magazine : Musique lumineuse et envoutante / Lyrisme scintillant, générosité débordante, exquise légèreté / Fusion solide riche et cohérente mise en valeur par des instants de pure extase.

Ce concert n’est bizarrement signalé dans aucun des magazines d’information culturelle habituels. Ce serait dommage qu’il n’y ait pas grand monde. Ces musiciens, je les ai vus séparément, à droite et à gauche au fil des années et les voilà au Centre Culturel Desbals, presque dans la cour de ma maison. Simon Goubert est passé à Rio Loco en 2015, avec le joueur de cornemuse Patrick Molard. On peut le voir ici en duo avec Sophia Domancich à Berlin en 2017. Sophia Domancich est venue à Toulouse en 2013 dans le cadre de Piano aux Jacobins. Elle a aussi joué avec Robert Wyatt, ce qui est, parait-il, suffisant en France pour lui assurer une forme de célébrité.

Jean-Philippe Viret est lui aussi habitué aux collaborations singulières. Je l’ai vu en club à Paris il y a très longtemps. J’en ai gardé un disque qu’il avait fait avec le pianiste Edouard Ferlet. Encore merci à celle qui m’a offert cet été le beau disque que Edouard Ferlet a cuisiné à sa sauce avec la musique de Bach. Jean Philippe Viret a aussi contribué à « Paris Musette », ce qui devrait suffire pour lui assurer une forme de célébrité. Paris Musette est cette série de trois disques mythiques, édités dans les années 90, dans lesquels les plus grands accordéonistes de notre époque reprenaient les grands succès du patrimoine. Comment résister à cette Swing Valse interprétée par Michel Macias, avec Jean-Philippe Viret à la contrebasse ?

Paris Musette Vol 1

Je vous signale en passant que l’on pourra retrouver Ablaye Cissoko le 6 mars dans la salle Nougaro. Une rencontre des voix et cordes mandingues et persanes, en compagnie de l’ensemble Constantinople, composé de Kiya Tabassian, Patrick Graham et Pierre-Yves Martel.

Peut être encore une double découverte pour vous, avec le théâtre du Hangar et le spectacle « Le monde est rond » d’après Gertrude Stein par Lise Avignon, du 18 au 20 janvier. Sur le site d’ Un clou dans la Planche, la critique du spectacle par Marlene Pereira s’intitule « La Vie en Rose », je ne pouvais pas laisser passer ça. Le théâtre du Hangar se trouve rue des Cheminots, quartier Marengo.

La Cave Poésie nous invite à passer deux semaines en compagnie des Barbares, du 16 au 27 janvier. Depuis 2010, En compagnie des barbares fait entendre une écriture qui n’est pas nécessairement destinée au théâtre : poésie ancienne et contemporaine, fragments, listes, romans, témoignages, modes d’emploi érotiques… Ne le prenez pas mal, mais j’ai relevé spécialement pour vous cette « Konférans pour lé zilétré » du 17 au 20 janvier à 20h30. Vous avez la phobie des dictées ? Vous écrivez en langage sms ? Vous êtes arrivés récemment en France ? Ou au contraire vous êtes le prince de l’orthographe ? Ce spectacle est pour vous. Il est dédié à tous les zilétré, analfabèt, conpleksé, étranjé, imigré que nous sommes tous un jour face au français.

J’en profite pour vous soumettre le texte suivant : « Si  vuos  pvueoz lrie ccei, vuos  aevz  asusi  nu dôrle  de cvreeau.  Seleuemnt  56  porsnenes sur cnet en  snot  cpalabes. Je  n’en cyoaris pas mes  yuex  que je  sios  cabaple de  cdrpormendre ce  que je liasis. Le   povuoir phoémanénl  du  crveeau  huamin.  Soeln une rcheerche  fiat à  l’Unievristé de  Cmabridge, il  n’y a pas d’iromtpance sur  l’odrre  dnas  luqeel les lerttes snot, la suele cohse imotprante est que  la  priremère et la derènire letrte  du mot siot  à  la bnone  palce.  La raoisn est que le  ceverau hmauin  ne lit pas les mtos  par  letrte  mias ptuôlt cmome un tuot. » 

Quant on voit sa, on ne comprand pas pour quelle raizon l’orthografe a pris la place démeuzurée qu’elle occupe dans l’ensaignement.

8 janvier 2018

Il vous reste bien un peu de place pour quelques résolutions supplémentaires ? Ce n’est pas pour qu’elles servent, vous savez ce que c’est, c’est juste pour faire le début de l’année. Que nous reste-t-il à prendre comme résolution en matière culturelle ? La chanteuse Juliette nous dit que « La culture, c’est la mémoire de sa curiosité ». Prenons alors la résolution d’être curieux. En faisant toutes les semaines quelque chose que l’on n’a jamais fait. En allant dans des endroits où l’on n’est jamais allé.Pensées pour voir la Vie en Rose en 2018

Avec par exemple deux compagnies toulousaines peu connues, pour cette semaine encore calme :

– La Cie du Petit Matin m’a été signalée par un copain de Rodez. Elle sera du 11 au 13 janvier, au Pavé, pour la pièce « Migraaaants » de Matei Visniec. Une rencontre aura lieu  le 12 avec Avocats sans Frontières et avec la CIMADE. Le sujet des migrants est bien un peu lourd pour démarrer l’année, mais j’ai peur qu’il le reste encore pour un bout de temps.

– La Cie Petit Bois sera les 12 et 13 janvier à l’Estaminot, pour son spectacle Prodiges . L’écriture de Prodiges® est née du désir d’imaginer un spectacle en appartement, à jouer dans des espaces intimes, en sʼinspirant des « réunions Tupperware », où une vendeuse à domicile, invitée par une hôtesse, va présenter ses produits aux amis de cette dernière. Cette compagnie a été récemment programmée à la Cave Poésie et au Centre Desbals, pour « Blessée à mort », une lecture dans le prolongement de la journée du 25 novembre contre les violences faites aux femmes. L’Estaminot est une librairie-salon de thé, à découvrir au 8 rue du Pont Saint-Pierre.

Cie Petit Bois - Prodiges

Le Collectif Les Chiens de Navarre a acquis un début de célébrité, au théâtre comme au cinéma, en jouant sur une forme de mauvais goût et de férocité. Ils reviennent au Sorano du 10 au 13 janvier dans leur nouvelle pièce « Jusque dans nos bras ». Pour les footballeurs qui n’en connaissent pas les paroles, je précise que le titre fait référence à La Marseillaise. La pièce reprend le thème de l’identité nationale, souvent convoqué, jamais épuisé. Le collectif se politise, parfois naïvement, mais reste jouissif et décapant (Télérama). Humour social volontiers borderline (Libé).

Festival Cinéma et Droits de l'Homme

Les violences faites aux femmes, la tentative de reconstruction des enfants soldats en Ouganda, le non droit des patients en psychiatrie, la recherche de la paix en Palestine, les lobbies industriels aux effets néfastes en Argentine, au Brésil et en France, l’avenir du nucléaire militaire, la persécution des Rohingyas en Birmanie et toujours la situation des migrants … toutes ces thématiques seront au programme du prochain festival Cinéma et Droits de l’Homme. Soutenu par huit organisations (Amnesty International, CCFD Terre-Solidaire, Ligue des Droits de l’Homme, École des Droits de l’Homme, les Amis du Monde Diplomatique, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et l’ACAT), ce festival aura lieu à Toulouse et dans sa région du 13 au 25 janvier.

On se rend bien compte que les problèmes du monde n’ont pas encore pu être tous réglés. Peut être parce que quelques uns n’ont pas tenu leurs résolutions en 2017 ?

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