3 septembre 2018

C’est Hervé Bordier qui a eu cette drôle d’idée, de consacrer une saison entière au musicien Moondog. The Story of Moondog nous sera proposée du 8 septembre au 29 juin. Moondog qui ça ? Connu de seulement quelques curieux, comme par exemple les lecteurs de Rock & Folk de la grande époque, il a fait parler de lui avec un disque au début des années 70. On y trouve Bird’s Lament, un titre en hommage à Charlie Parker, le seul morceau qui a réussi à s’échapper des sous-sols de l’underground. 

Moondog - Disque 980 x 945

Moondog,  de son vrai nom Louis Thomas Hardin, est un musicien US né en 1916 et mort le 8 septembre 1999. Il a acquis un statut de musicien culte, tant est longue la liste de ses singularités, à commencer par son accoutrement de Viking. Moondog est souvent qualifié de « Clochard Céleste », autrement dit un allumé sans le sou, ou bien un dingue sans le pognon de dingue.

Moondog - 6th avenue

 Je vous donne quelques références pour en savoir un peu plus, au-delà du folklore superficiel. Le musicologue Daniel Caux nous parlait de sa musique à l’occasion de sa mort en 1999 : musique originale, colorée et pleine de fraicheur / courtes pièces qui comme les haïkus surprennent dans leur simplicité, par la force immédiate de leur charme / il fusionne univers imaginaire avec existence quotidienne / diversité d’inspiration / fait mouche à tous les coups / Moondog se considère comme un néo-classique. Plus récemment, l’excellent Mathieu Conquet lui a consacré une émission sur France Culture, dans laquelle il a invité Amaury Cornut, qui est l’architecte de cette saison Moondog à Toulouse. Et aussi une émission sur Arte.TV dans lequel il déchiffre la mélodie de Bird’s Lament. Et je vous renvoie enfin au site du spécialiste Amaury Cornut. Que l’on pourra rencontrer le samedi 8 septembre à 17h à la librairie Ombres Blanches. Sans trop forcer, vous voilà maintenant expert de niveau mondial en Moondog.

Le programme de la saison est impressionnant par sa richesse. Peut-être même un peu disproportionné, pour ceux qui doutent de la véritable importance du bonhomme. Mais faisons une nouvelle fois confiance à Hervé Bordier. La saison sera ouverte le samedi 8 septembre à St Pierre des Cuisines, avec Nicolas Horvath dans le cadre du festival Piano aux Jacobins, où Moondog s’y trouvera, selon ses mots, comme une petite grenouille dans la grande mare de la musique classique. L’hommage se poursuivra tout au long de l’année dans différents lieux, différents festivals, avec des noms comme Jean François Zygel, David Hauchedry, Katia Labèque … La saison sera clôturée le 29 juin par un concert de l’Orchestre National du Capitole, avec au programme de larges extraits du disque dont je vous parlais plus haut. Voici par exemple Stamping Ground, le morceau que nous a passé Hervé Bordier à l’occasion d’une rencontre en octobre 17.

Le festival Piano aux Jacobins aura lieu du 5 au 29 septembre. Des interprètes au CV long comme le bras pour une vingtaine de compositeurs classiques, un peu toujours les mêmes. Chopin arrive cette année en première position avec 7 apparitions. Debussy est bien placé, centième anniversaire oblige. Et curieusement, pas de Schubert cette année, ce qui est rarissime. Il serait intéressant de faire des vraies statistiques. Je pourrais les demander à l’INSEE, où j’ai des relations bien placées. Mais ils sont déjà occupés à prouver que je peux être vu comme un Français moyen, ce qui apparemment leur demande beaucoup de travail.

Cette lettre va maintenant s’interrompre pour une durée indéterminée. Que la vie reste néanmoins aussi rose que possible pour vous tous !

 

Publicités