18 septembre 2017

Il y a tout juste un an, on pouvait encore voir Nano Sarko et le président François Groland défiler à Toulouse pour le Fifigrot.

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Aujourd’hui cette image donne l’impression de venir d’un passé bien lointain. Le Fifigrot lui est toujours là et il aura lieu cette année du 15 au 24 septembre. Fifigrot c’est d’abord un festival de films avec une centaine de projections, mais ce sont aussi des concerts, des rencontres, des expositions … le tout dans le plus impur esprit grolandais.

Il me semble que beaucoup ne savent pas si Groland existe toujours à la télévision, dans ce Canal Plus en décadence. Oui, Groland résiste encore, tous les samedi à 20h30, en clair. L’humour du Groland, j’en connais qui ne l’aiment pas, ils préfèrent un humour spirituel, qui les fait sourire finement. Groland, ce sont les plus proches parents de Hara Kiri, celui de l’humour bête et méchant. Cavanna disait que l’humour est un coup de poing dans la gueule, le dessin est de Topor.

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Topor justement … Celui là vient de faire l’objet d’une exposition à la BNF de Paris, Le monde selon Topor, dans laquelle on a pu voir l’étendue du talent de ce touche à tout. Ses dessins ne laissent pas indifférents, ils se soucient moins d’être « jolis » que que d’exprimer une idée-force ou de faire naître un malaise. Avec ses acolytes Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowski, Topor avait créé en 1962 le mouvement Panique, dans l’idée de se démarquer du surréalisme, qu’ils trouvaient autoritaire et d’un âge révolu, en bannissant toute idée de sérieux et de hiérarchie. Le Fifigrot a la bonne idée cette année de rendre hommage à ce mouvement, avec une exposition consacrée à Topor du 17 au 24 septembre aux Abattoirs et avec la projection de trois films culte : « J’irai comme un cheval fou », de et en présence de Arrabal, « La montagne sacrée » de Jodorowski et « La planète sauvage », le chef d’œuvre de Topor et Laloux.  Dans la liste, je ne vois malheureusement pas le film « Viva la Muerte » réalisé par Arrabal avec un générique de Topor. Voici pour se consoler Ekkoleg, la chanson du film, une chanson magique venue de nulle part, en bonne place dans ma collection de musiques des bonheurs lointains.

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Le samedi 16 à 17h, une rencontre aura lieu avec Frédérick Pajak dans la librairie Ombres Blanches. Frédéric Pajak dirige la collection Les Cahiers Dessinés, qui édite beaucoup des grands dessinateurs de notre époque, dont Topor, et en particulier le catalogue de son exposition de la BNF. Un grand bonhomme à coup sûr.

Parmi les nombreuses propositions alléchantes de ce Fifigrot que vous trouverez dans le programme, voici trois suggestions  :

– la projection de la trilogie Nous les vivants de Roy Anderson, comprenant cet OVNI « Un pigeon philosophait sur une branche », dont je vous avais parlé ici.

– le film « Willy 1° » de L. et Z. Boukherma, amphore d’or 2016, dont je vous avais parlé ici.

– le film « Le Fils de Néandertal » au Museum pour une séance unique le 21 septembre à 18h30. On s’en doutait déjà, mais vous y trouverez la preuve que les préhistoriques n’ont pas tous disparu.

Enfin, je vous transmets une recommandation de mon confrère grolandais de « La vie en cirrhose » :

Buvez du vin

La 13° édition du festival MediterraneO’ aura lieu à Portet les 22, 23 & 24 septembre. Un festival sympa, sur la promenade de Portet en bord de Garonne, avec 13 concerts gratuits. L’accent est mis cette année sur la culture hispanique – de la scène Barcelonaise à l’Amérique du Sud – tout en conservant un large éventail de musiques orientales et occidentales.

Geneviève Demereau exposera au Salon, 274 rue Henri Desbals, le 22 septembre de 18h à 22h. J’ai déjà vu à plusieurs reprises le travail de cette artiste et j’aime les lumières des noirs et blancs qu’elle arrive à tirer de sa technique de pierre noire.

Geneviève Demereau - Exquisitus (détail 3)

Le musicien Marc Démereau, (Le Tigre des Platanes, La Friture Moderne … et accessoirement le frère de Geneviève), interviendra du 26 au 30 septembre à la Cave Poésie pour une série de concerts et de lectures inspirés par l’œuvre de Tom Waits.

Les « Classiques au détail » reprennent le lundi 18 septembre, 17h30, toujours dans la librairie Ombres Blanches, toujours animés par Yves Le Pestipon. Il commence par « Un animal dans la lune », une fable de La Fontaine, un de ses auteurs favoris.

Les 20, 21 et 22 septembre au Bijou, Camille Hardouin viendra nous présenter son premier album « Mille Bouches », un album entre chanson poétique et folk tellurique, qui fait l’objet d’un gros article dans le magazine Hexagone de cet été.

Camille Hardouin - Pochette Mille Bouches

Le Bijou justement fête cette année ses trente ans d’existence. Cette structure a réussi à garder son âme après le départ des fondateurs Patrick Kohlpoth et Philippe Pagès, et ce n’est pas le cas partout. Merci donc à Pascal et Emma Chauvet qui ont vaillamment repris le flambeau. Anniversaire oblige, la programmation est particulièrement stimulante. A venir par exemple Volo, Loïc Lantoine, Clarika, Wally

Il parait que le Bijou a attiré 10 000 spectateurs l’année passée. La capacité du Zénith est elle de 11 000 spectateurs, et ils programment cet automne des gens comme Christophe Maé, Florent Pagny, Julien Doré, Serge Lama ou Michel Sardou qui arrivent à le remplir.  Reconnaissons qu’il n’y a pas de justice. Que fait le gouvernement ? On va finir par regretter Sarkozy et Hollande.

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11 septembre 2017

Musique de cloître pour le Piano aux Jacobins & Théâtre de rue à Ramonville, tout ou presque oppose les deux grands festivals de la rentrée.

Chez les uns, le moindre bruit dérange. Dans la chapelle du cloître des Jacobins, le silence se doit d’être religieux. Une sonnerie de portable pendant un concert et c’est la honte à perpétuité. Vous voilà tricard à jamais de la musique classique. Le festival Piano aux Jacobins se déroulera du 6 au 29 septembre. Comme tous les ans, le programme nous propose une brochette d’interprètes au CV prestigieux pour un peu toujours les mêmes compositeurs qu’on ne présente plus. L’endroit est magnifique, mais il souffre quand même des inconvénients du plein air pour ce genre de musique.

Le festival est mâtiné d’une dose homéopathique de jazz. On pourra par exemple découvrir Laurent Coulondre le lundi 18 septembre à 20h au Connexion. Son dernier disque Gravity Zerø est un des chocs de Jazz Magazine.

Chez les autres, le bruit de la rue fait partie de l’ambiance. Le festival de rue de Ramonville se déroulera le week-end du 16 & 17 septembre. Se trouvera-t-il quelqu’un pour aller à la fois aux Jacobins et à Ramonville ? Quelqu’un d’assez macroniste pour aimer en même temps le piano du riche et le piano du pauvre ? Pour porter en même temps son pull sur les épaules à la façon d’un bordelais et un sarouel pantalon bouffant, pour boire en même temps du champagne avec des petits fours et se nourrir de street food vegan ?  ?

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Deux propositions intéressantes, en préambule d’avant week-end :

  • le 14 septembre à 21h30, vous pourrez voir La grande saga de la Françafrique, déjà programmé l’an passé. Une leçon d’histoire au vitriol sur les relations de la France avec les pays africains. Des relations pas très jolies-jolies, on s’en doute. Voici à titre d’illustration  la chanson Giscard Bongo, tirée du blog inépuisable de Pol Dodu.
  • le 15 septembre à 22h45, vous pourrez participer au Grand Déballage du groupe Pulcinella. Ceux là, vous les connaissez comme un groupe de jazz. Mais un jour, sur un malentendu, quelqu’un les a annoncés comme faisant un bal jazzy musette, et il a bien fallu qu’ils se débrouillent pour faire danser. Et ils ont depuis pris goût aux valses, paso-dobles, cercles circassiens, forro, danse bulgare (?) et autres tarentelles … Mes envoyés spéciaux qui les ont vus cet été les ont trouvés super dans ce nouveau genre de bal Jifoutou.

Une trentaine de spectacles seront présentés le samedi et le dimanche, avec des compagnies invitées, des compagnies découvertes et des compagnies Off. L’ensemble de la programmation vaut qu’on s’y intéresse. L’affiche de cette année est de Fräneck.

Ramonville 2017

Je vous recommande particulièrement les deux spectacles invités pour le 30° anniversaire :

  • Le premier est proposé par la Cie Thé à la Rue, sous la forme d’interventions (im)prévues sur les deux jours. Cette compagnie m’avait l’an passé absolument emballé avec son spectacle Dévétu[e]. Une série d’expériences sensorielles, troublantes, déstabilisantes et immersives dont on ne sort pas intact.
  • Le deuxième s’intitule Radio Ramon, avec Diane Bonnot (Spectralex) et Stan Hilairet ( Josepk K), celui là même qu’on avait vu en 2015 pour une déambulation inoubliable, à la gloire du maire de Ramonville dont on a tendance à oublier le nom.

Vous ne raterez pas non plus « Ta vie sera plus moche que la mienne », un classique de Didier Super, programmé le 17 septembre à 22h. Tout le monde n’aime pas l’humour de Didier Super. Par exemple Michel Kemper sur le site de Nos Enchanteurs : « Si le rire est le propre de l’Homme, il est le sale de Didier Super. » Un reproche éternel, qui sonne comme un compliment puisqu’on le faisait déjà à Hara Kiri et à Coluche. Bien sûr Didier Super est trash, mais il nous fait éclater de rire, un fou rire, un bon gros rire qui ne court pas les rues. Et le rire est quand même le principal dans l’humour. C’est bien simple, Didier Super, je l’ai vu à 4 reprises durant la saison passée.

Mix et Remix

Mix et Remix

Du 12 au 27 septembre, la Cinémathèque programme 14 films, dont ils nous disent « qu’il faut les avoir vus », et que justement nous n’avons jamais vus. Tous ces films font quand même bien envie, avec leur parfum de haute culture cinéphile.

Pour commencer, La règle du jeu de Jean Renoir sera projeté le mardi 12 à à 19h et le mercredi à 16h30. Ce film de 1939 est une peinture de mœurs de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie ainsi que des domestiques qui les servent, à la fin des années 1930. Jean Renoir porte sur le fonctionnement de cette société un regard hautement critique mais aussi résolument humaniste. « Ce qui est terrible sur cette terre, c’est que tout le monde a ses raisons », nous dit-il.

Je vous rappelle que la présentation du programme de la saison de la Cinémathèque aura lieu le 14 septembre à18h. Et celle du Théâtre du Pavé aura lieu le 15 septembre à 18h30. Et toujours au Pavé, le 16 septembre à 20h30, le groupe Le Grand Piak ouvrira la saison de la programmation du Pavé dans le Jazz. Du Solo au Tutti, les acolytes de Florian Nastorg, fine fleur de la nouvelle génération du jazz improvisé toulousain, nous emmèneront dans le sillage des grands orchestres de free. Les grands orchestres de free ? Certains vont se méfier un peu, forcément.

Grand-Piak - Walkind-Rodriguez

Le mercredi 13, le groupe Cafe com Leite i Cachaça jouera dans la cave de l’Amanita Muscaria, avant de partir présenter leur projet aux Nuits de Nacre. Le duo accordéon / pandeiro est maintenant boosté par le son électronique d’un troisième larron aux machines. Le son électronique des machines ? Je me méfie un peu, forcément …

Enfin, le festival photographique Manifesto aura lieu du 15 au 30 septembre. C’est sur la Place Saint Pierre, et non pas sur le cours Dillon, que vous retrouverez cette année leurs containers (ou conteneurs ?). La manifestation s’associe avec Le Château d’Eau pour accueillir l’exposition « Charades » du photographe toulousain Philippe-Gérard Dupuy. Un ensemble de photomontages loufoques réalisés à partir de voitures anciennes accidentées.  Vous avez aussi l’exposition [IndusTrips] du collectif Vertige à la Maison des associations (ex caserne Niel), mais je ne l’ai pas encore vue.

Pour finir en restant avec le Château d’Eau, je vous mets une photo tirée de leur précédente exposition. Cette photo a été prise par August Sander en 1928 et représente un instituteur allemand. La légende ne précise pas qui de l’homme ou du chien est le véritable instituteur. Bon courage à tous ceux qui subissent la rentrée des classes !

Young Teacher c. 1928 by August Sander 1876-1964

 

4 septembre 2017

Je ne sais pas si vous avez réussi un jour à connaître le bonheur, ce n’est pas donné à tout le monde. Parce que tout se passe comme si on pouvait s’approcher du bonheur, sans jamais l’atteindre tout à fait. Comme si le bonheur était une asymptote.

Ou alors comme si le bonheur était en lui même un malheur. C’est un peu ce que nous raconte l’exposition intitulée « The pleasure of being sad », visible aux Abattoirs jusqu’au 26 novembre. L’artiste imagine un monde futuriste où la tristesse et la dépression auraient été éradiquées au profit d’un bonheur total. Constatant que la tristesse et la peine restaient dans ce monde-là aussi nécessaires à l’être humain que la joie et le bonheur, les autorités ont dû y inventer une machine pour aider les gens à pleurer de nouveau. Je n’ai personnellement pas réussi à pleurer, la machine devait être détraquée ce jour là. Victor Hugo disait lui que le bonheur d’être triste, c’est la mélancolie.

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« The pleasure of being sad » est une œuvre du toulousain Antoine Catala et elle fait partie de la grande exposition de l’été des Abattoirs, « Suspended animation », qui tourne autour de la réalité virtuelle, pour faire court.

On y voit par exemple un faux discours de Barack Obama, plus vrai que nature. C’est assez bluffant d’imaginer que l’on pourrait avec les images de synthèse faire assez facilement croire que quelqu’un a réellement dit telle ou telle chose. Après tout, les dirigeants staliniens retouchaient bien les photos anciennes pour enlever les visages de ceux qui n’étaient plus dans la bonne ligne. Les Russes disaient alors que le passé était devenu aussi imprévisible que l’avenir.

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On y voit aussi des visages virtuels, finalement dérangeants par leur perfection.

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Cette exposition, c’est quand même de l’art contemporain. Vous en connaissez le principe : si vous arrivez à accrocher sur l’œuvre, il vous faudra encore faire une grande partie du boulot pour en tirer quelque chose. Et puis j’avais envie de vous parler du bonheur.

A peine rentrés, il vous faut quand même faire vite pour aller voir les deux autres expositions majeures de cet été :

« Le ciel devant soi », aux Jacobins, jusqu’au 17 septembre. Cette exposition photographique réunit les œuvres de huit artistes européens autour de l’architecture religieuse. Cette thématique singulière ne doit pas vous rebuter, elle ne nous parle pas de religion, elle confronte les regards de plusieurs artistes sur des lieux architecturaux qui ont un lien avec le sacré. Voici par exemple une photo de David Spero titrée « New Wine Church », c’est à dire l’église du vin nouveau. Ce qui peut faire une bonne raison pour certains de remettre les pieds dans une église. Je vous signale que Christian Bernard, qui est le commissaire de cette exposition, et par ailleurs le directeur du Printemps de Septembre, viendra nous en parler le jeudi 14 septembre à 19h dans la Librairie Ombres Blanches.

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« De Poussin à Cézanne », à la fondation Bemberg, jusqu’au 1° octobre. Cette exposition réunit une centaine de dessins de la collection Louis-Antoine Prat. L’une des plus belles et des plus cohérentes collections de dessins français du XVII° au XIX°. Il s’agit là d’une exposition prestigieuse, qui a fait l’objet d’une chronique dans un récent Télérama. Quand j’entends le mot « prestige », je fais demi-tour en général. C’est mon côté modérément rebelle. Cette exposition demande quand même un peu d’attention et de temps pour bien regarder les dessins. On peut aussi se concentrer sur quelques uns seulement. Comme par exemple sur « Le Burg » dessiné par Victor Hugo. Ou encore sur cet « Echantillon de beauté antique » par Baudelaire. Ca nous change de l’échantillon de beauté moderne que je vous ai montré plus haut.

Beaudelaire - Echantillon de beauté antique

Certaines salles de spectacles ont fait leur présentation de saison avant l’été. C’est le cas par exemple des théâtres Sorano, Garonne, TNT … La présentation du Bijou aura lieu le 7 septembre à 18h30. Le Bijou fête cette année ses 30 ans d’existence, avec une programmation à la hauteur de l’événement. Et pour bien commencer, Alexis HK est programmé pour les 12, 13 et 14 septembre. Alexis HK fait partie de mes chouchous, je vous en avais parlé dans ma lettre du 16 février 2015, je ne vous refais pas l’article.

La présentation du Pavé aura lieu le 15 septembre à 18h30, celle de la Cave Poésie le 12 septembre à 11h et celle de la Cinémathèque le 14 septembre à 18h. Allez-y, c’est gratuit, il suffit d’appeler pour réserver. Comme ça, vous en sortirez avec vos propres envies. Sinon, il vous faudra encore faire avec les miennes et vous ne pourrez pas venir vous plaindre.

19 juin 2017

L’épreuve reine des jeux olympiques, la dernière programmée après toutes les autres, c’est le marathon. On peut presque en dire autant du Marathon des Mots qui se déroulera cette année du vendredi 23 au dimanche 25 juin et nous promènera entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Encore les Caraïbes, diront certains de mes lecteurs, bien obligés d’y passer régulièrement du temps à surveiller leurs affaires fiscales.

A ce Mundo Latino, le Marathon superpose de multiples thématiques complémentaires, comme La France de Profil, le Cycles de Correspondances aux Carmélites, les Conversations Méditerranéennes, … et pour cette année, une thématique Nouveau Uppercut consacrée à la boxe. Des boxeurs au Marathon des Mots ? Ils devraient trouver à qui parler.

Marathon des mots 2017

Vous connaissez la formule du Marathon. On déambule dans la ville en allant d’une rencontre à une lecture, entre auteurs et comédiens … Je ne me risquerai pas à vous indiquer mes préférences, chacun a les siennes, et les passionnés ont déjà programmé leur parcours et ils ont réservé. Je ne peux que vous conseiller de faire pareil.

Programmé en dehors du cadre du Marathon, le dessinateur Terreur Graphique sera présent le 24 juin à 17h à la librairie Ombres Blanches pour la dédicace de son dernier album « Ces gens là ». En admirateur assumé de Brétécher, Terreur Graphique fait ce qu’il appelle de la BD société. Avec son dessin qui se tortille, il nous montre des gens qui discutent, attentif au choix des mots qui marquent notre époque.

Terreur Graphique - Ces gens là

Il peut s’en trouver parmi vous qui ne se sentiront pas à l’aise dans le public du Marathon, peut être intimidés par la rencontre de quelques enseignantes retraitées. Ceux là pourront changer radicalement d’ambiance avec la Fête Nationale du Mojito qui se déroulera pour la première fois à Toulouse les 24 & 25 juin. Quel honneur pour notre ville ! Soyez-en digne en montrant que vous savez boire comme des trous avec modération.

Vous trouverez dans cette semaine encore pas mal de propositions de spectacles de rue. Avec la suite du programme ARTO :

– le 25 juin à 17h à Labège, les « Chansons à risques », un récital clownesque du Duo Bonito.

– le 28 juin à 19h, du théâtre de rue aux Mazades, « J’écris comme on se venge ».

Avec « Les Forains », un spectacle de la compagnie Le Périscope, les 23 et 24 juin à 21h à l’Usine de Tournefeuille. Venez découvrir le texte de Stephan Wojtowicz dans lequel il dresse le portrait de cinq personnages haut en couleurs : Eddie et ses colères maîtrisées, Jacky et sa gouaille attachante, Nono et son bon sens pratique… Vous accueillerez avec eux Hélène et Olivier, deux égarés de la vie quasi tombés du nid, qui ne sont pas au bout de leurs surprises en arrivant dans ce campement …

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Avec le Festival des arts du cirque de Cugnaux sur la journée du samedi 24 juin. Pour cette septième édition, découvrez des spectacles pour toute la famille, programmés en continue sur la journée et une soirée festive, faisant la part belle à des artistes et compagnies d’envergure nationale.

Comme chaque année, le collectif Vertige propose, du 24 juin au 1° octobre, une exposition photographique en plein air au Camping Namasté de Puysségur. Intitulée [EtranGisme], composée de soixante images, je n’ai pas encore vu cette exposition, mais j’ai vu les expositions précédentes de ce collectif, toujours intéressantes. Escapade bucolique, exposition étrangiste dans les bois, et nuit sous la tente … voilà une occasion de sortir de l’ordinaire.

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Vous trouverez une brochette de stars sur la Place du Capitole pour la fête de la Musique le 21 juin. Que vous ne risquez donc pas de croiser à la fête de la musique de Beauregard dans le Lot. Et ni bien sûr à la traditionnelle Accordéonistade, qui se tiendra à la Maison Blanche le 23 juin.

Le samedi 24 juin à 21h, on retrouvera Magic Malick et la Fanfare XP (fusion jazz groove) au Taquin pour 10 €.

Les Siestes Electroniques auront lieu du 29 juin au 2 juillet. Je ne connais pas l’origine de cette appellation mais je suppose que les siestes électroniques, comme la cigarette électronique, sont moins nocives que les siestes ordinaires. Manifestation de niche et de cœur, qui a su se forger une place singulière dans le paysage festivalier français, les siestes continuent de se développer patiemment en suivant une ligne éditoriale ardue mais ô combien salutaire : exigence et convivialité, prétention et simplicité y font notamment bon ménage. Le programme musical, jusque là purement électro, s’ouvre cette année au rap, house, coldwave, pop & rock. Pour ceux qui ne capteraient pas le sens de tous ces genres musicaux, je vous passe un dessin qui vous aidera à vous situer.

Dédiabolisation - Libé 6 mai 17

J’aurai écrit une quarantaine de lettres cette saison. Cette lettre sera comme le dernier kilomètre de mon marathon. On se retrouvera normalement début septembre. Passez un bel été en attendant

12 juin 2017

Les jours de Rio Loco, on ne va pas ailleurs. Cette semaine, il n’y en a donc que pour Rio Loco. Rio Loco nous amène du 15 au 18 juin dans les îles de l’Océan Indien. Voilà qui va rappeler de bons souvenirs à ceux de mes lecteurs fortunés qui passent toutes leurs vacances d’hiver dans ces exotismes de cocotiers que sont l’archipel des Comores avec Mayotte, Les Mascareignes avec la Réunion, Maurice et Rodrigues, Madagascar, les Seychelles et Zanzibar.

Affiche Rio Loco 2017

Vous n’allez peut être à Rio Loco que pour la musique. On peut y aller aussi pour bien manger, sauf l’an passé où la cuisine était celte. Cette année, j’attends avec gourmandise les rougail saucisse, cary de poulet, bonbon piment, massala et combava de cette riche cuisine réunionnaise. Voici pour patienter Kizin’ Man, une recette d’on ne sait quoi chantée par René Lacaille.

Et pour ce qui est de la musique, alors ? Voici une sélection arbitraire dans un programme plein de trésors, plus ou moins bien connus.

Dès le début du premier jour, le jeudi 15 à 20h, ne ratez pas le Malgache Damily et son rythme Tsapiky. Transes et ululements, notes criardes et répétitives, amplis rafistolés et guitares déglinguées, voix suraigües et déhanchements des danseuses à vous faire tourner de l’œil … Le Tsapiky envoûte, ensorcelle, fait tomber et aide à se relever. Je l’ai écouté sur disque, ça promet.

Suivi à 21 h de Daniel Waro qu’on ne présente plus et plus tard de Lindigo. Ceux là portent haut le flambeau du maloya qui est, avec le séga, l’un des deux genres musicaux majeurs de la Réunion. Ecoutez Rest Là Maloya, la chanson de Alain Peters, ce poète chanteur réunionnais aujourd’hui disparu. Michel Kemper vient de faire un livre sur lui. La chanson a été reprise par à peu près tout le monde, et même par Bernard Lavilliers. Voici la version de Sages comme des Sauvages, ce drôle de duo qui nous a fait un beau concert justement consacré à Alain Peters, il y a deux semaines à la médiathèque Cabanis. Et pour faire bonne mesure, je rajoute l’instrumental de René Lacaille, la mélodie est si belle.

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Encore un beau programme le lendemain, vendredi à 20 h, avec Christine Salem. Voici ce qu’en dit Pol Dodu : J’ai pris une claque à l’écoute de Tapaz,  le premier des quatre titres de Christine Salem. J’ai cru avoir affaire à une chanteuse soul des années 1970. Pourtant Christine Salem est originaire de La Réunion. Avec son groupe Salem Tradition, elle était présentée comme chanteuse de Maloya, mais en solo elle concocte une mixture personnelle, où j’entends notamment l’écho du rock le plus primitif de Bo Diddley. Il y a ces paroles en créole, d’autant plus fascinantes et mystérieuses pour moi à chaque fois que j’ai l’impression de saisir des bribes de sens.

A 21h15, on nous promet une belle découverte avec le quintette  réunionnais Grèn Sémé, lauréat d’un prix Charles Cros 2017, ce qui est une référence. Entre rock abrasif, chanson évocatrice, slam conscient et groove-dub électrique, son maloya, à la fois novateur et enraciné dans une créolité fertile essaie, à bâtons rompus, de se frayer un chemin sur la nouvelle scène française/francophone.

A 23h pour finir, Jaojoby, le roi du Salegy. Le salegy est avec la tsapiky un rythme typique de MadagascarEusèbe Jaojoby est sans aucun doute son interprète le plus renommé aussi bien à Madagascar que dans le monde entier.

Le samedi 17 à 22h, ne ratez pas le trio Toko Telo. Il est composé de D’Gary, Monika Njava et de Régis Givazo, qui sont trois légendes vivantes de Madagascar

Toko Telo

Dimanche 18 à 16h, le grand René Lacaille et ses potes. Et pour finir, à 18h30, Grand Bal de l’Afrique Enchantée.

Voici en souvenir de tout ça une photo médiocre d’un concert sensationnel donné sur les quais de la Daurade un dimanche midi de juin 2015 par René Lacaille, Régis Givazo, Lionel Suarez et un accordéoniste breton dont j’ai oublié le nom.

Rio Loco Juin 2015 - Suarez - Lacaille - Gizavo & Breton (1024x576)

Je vous signale pour finir qu’une rencontre avec Hervé Bordier, le responsable de Rio Loco, est programmée le samedi 24 à 9h30 à l’ISAT. Organisée dans les cadre des Réveils Créatifs, ce qui explique l’horaire, c’est gratuit mais il faut réserver.

Et enfin je félicite tous ceux qui ont réussi à lire jusque là, malgré tous les mots exotiques rencontrés. En voici un dernier, pour vous récompenser : coco-fesse. Ce mot désigne une espèce de noix de coco originaire des Seychelles et plus précisément de l’île Praslin. Elle serait d’ailleurs à l’origine de l’expression “cucul la praline”. Vous pouvez voir sur les photos que le coco-fesse ressemble étrangement à cette figure mathématique que l’on appelle Surface pouvant être munie de la géométrie sphérique, figure tirée du site Esthetopies – Variétés d’Espaces Sensibles. Les maths peuvent être assez exotiques elles aussi. Quand même pas au point de partir en vacances avec elles …

 

5 juin 2017

Il faudrait pouvoir abriter et chauffer les rues. Comme on le fait déjà pour les terrasses de café que l’on voit équipées de radiateurs, qui chauffent les clients et même les petits oiseaux. On peut quand même dire merci au président Trump qui s’active pour nous réchauffer le climat … Parce que pour le moment, la météo est le talon d’Achille des spectacles de rue. C’est comme ça que j’ai raté « Out ! », la série de spectacles de fin de saison au Sorano. Il y a eu la pluie, le froid, et aussi un peu la flemme, disons le.

Chaufferette (576x1024)

Avec sa saison itinérante de spectacles de rue, l’association ARTO, celle qui organise le festival de Ramonville, nous propose des séances de rattrapage. Voici leur prochaines dates :

– les 9 & 10 juin à 19h, place Olivier, « Vague ou la tentative des Cévennes », une performance poético-physique par la compagnie 1 Watt.

– le 25 juin à 17h à Labège, les Chansons à risques du Duo Bonito, un récital clownesque.

– le 28 juin à 19h aux Mazades, « J’écris comme on se venge », du théâtre de rue par les Arts Oseurs.

– le 1° juillet à 18h15, rue de Menton dans le quartier Empalot, Les Demi-frères Grumaux avec deux muscles et un cerveau. Ce sont ceux de Carnage Productions, mes chouchous, on peut leur faire confiance, sauf peut être pour le cerveau.

Franëck - ARTO 2017

Toujours dans le même genre de théâtre de rue, la saison de Pronomades a commencé en mai et se poursuit sur les territoires du département. A Carbonne, les vendredi (19h) samedi 10 (15h et 17h) et dimanche 11 (15h et 17h), la compagnie Le Phun présentera « Palissades », spectacle fait d’une collection de six univers plastiques habités, petites boîtes de curiosités, évoquant avec humour l’architecture, l’habitat, l’urbanisme, l’espace public. Quand on connait cette compagnie, on peut se déplacer jusqu’à Carbonne pour leurs spectacles.

Le Grand Rond fait son cirque de son côté, en partenariat avec le studio PACT, qui est le dispositif de création que la Grainerie mutualise avec le LIDO. Du 6 au 10 juin, on pourra y découvrir deux créations en cours : « 12 manières ou d’une autre » & « Lazuz » par la Collective du Biphasé

L’affiche de la saison ARTO est faite cette année par Franëck, ce jeune graphiste à qui on souhaite le même succès que son ainé Ronald Curchod. Vous connaissez sûrement Ronald Curchod pour ses multiples affiches de manifestations culturelles, dont le festival de Ramonville, Ciné Latino, …

En partenariat avec le MATOU, jusqu’au 17 septembre, Ronald Curchod fait l’objet d’une exposition à Cabanis intitulée « Sur tes lièvres ». Cette exposition donne un aperçu de la variété de ses interventions et vaut surtout pour les originaux des dessins qu’il a réalisés pour « La nuit quand je dors », un livre pour enfants. Un rêve sans paroles, où on retrouve ses thématiques fétiches, avec ses chimères mi hommes, mi bêtes et ses femmes-oiseaux.

Curchod - Femme et Oiseau

Qautre concerts au choix concentrés sur le 8 juin : la Mal Coiffée et ses polyphonies occitanes à la salle Nougaro, la chorale Le Cri du Choeur dirigé par Bruno Coffineau, avec ses polyphonies tournées vers les pays de l’Est au Bijou, Ida y Vuelta sur la péniche du Cri de la Mouette, allées de Brienne, ce groupe de salsa dura avec Alban du Futsal, et le groupe de jazz Un Poco Loco & co dans la cave d’Aminata Muscaria, en face du Château d’Eau.

Un Poco Loco - Aminata

Vous connaissez probablement l’histoire de ce petit colibri, qui était le seul à s’activer en allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour éteindre un incendie de forêt. Et peut être que vous aussi, avec votre petit bec, vous vous activez pour prendre votre part, aussi minime soit-elle, à la marche du monde. Le Chant des Colibris, c’est une tournée de rassemblements citoyens et de concerts pour tous ceux qui veulent remettre l’écologie et l’humain au cœur des préoccupations politiques. La tournée passera par le Bikini le samedi 10 juin. Au programme : une conférence de Pierre Rabhi, initiateur du mouvement des Colibris, le matin à 11h,  et un concert à 20h avec des grands noms comme Arthur H, Izia, Alain Souchon, Zaz, Albin de la Simone, … tout ça pour 12,5 euros seulement.

Toujours au Bikini, le 15 juin, Benjamin Biolay pour 34 euros. C’est un tarif de vieux pour un confort de jeunes, puisque les places ne sont pas assises. Benjamin Biolay vient de sortir un nouvel album, « Volver », dans le prolongement de son « Palermo Hollywood », qui a été à mon goût un des plus beaux disques de l’année passée.

Les présentations de la prochaine saison démarrent. Avec celle du théâtre Garonne le lundi 12 à 19h (Résa 05 62 48 54 77) et celle du théâtre Sorano le mercredi 14 à 19h (Résa 05 32 09 32 35). Allez-y vous faire une idée par vous mêmes, vous n’allez quand même pas rester dépendants d’une lettre d’information qui commence en disant merci à Donald Trump.

Donald

29 mai 2017

Accrochez-vous, la semaine commence avec Blaise Pascal. Pour mon fils de la semaine dernière, je précise que Blaise est le prénom, qu’il est mort depuis longtemps et qu’on ne sait toujours pas s’il a gagné son pari. Le lundi 29 mai à 17h30 à la librairie Ombres Blanches, Yves Le Pestipon nous présentera le « Mystère de Jésus », un extrait des « Pensées » de Pascal. Le Pestipon nous invitera à méditer cette méditation, en tentant de percevoir comment, parfois, « il faut s’arracher de ses plus proches et des plus intimes ». Cette lecture est destinée à nous préparer à  la « Passion selon saint Matthieu », qui sera jouée dimanche 4 juin, dans le cadre de « Passe ton Bach d’abord ».

Organisé par l’Ensemble Baroque de Toulouse, animé par Michel Brun, le festival « Passe ton Bach d’abord » aura lieu cette année les 2, 3 et 4 juin. Le festival toulousain le plus déjanté et le plus créatif qui soit célèbre sa première décennie. Ce long week-end annuel consacré au père de la musique occidentale rassemble depuis sa création les publics les plus divers autour de son œuvre et de ses nombreuses déclinaisons.

Œuvres jouées souvent sous des formes inattendues dans une trentaine de lieux de la ville (bars, églises, chapelle, théâtre, musée, cour d’hôtel particulier, jardins, librairie…) lors de courts concerts d’une demi-heure. Mélange des genres assumé et voulu par l’équipe du festival, des conférences, des lectures, des ateliers, de l’accordéon, du tuba, du flamenco, des musiques et danses traditionnelles, un « Bal Bach » dans les Jardins du Muséum à Borderouge, du « heavy vocal », la belle violoniste roumaine Clara Cernat et bien d’autres propositions où l’insolite côtoie la tradition dans des lieux parfois improbables qui donnent au passage l’occasion de redécouvrir la ville.

Avec une formule comparable à celle du Marathon des Mots, ce festival remporte un beau succès et réalise l’exploit, souvent tenté mais rarement réussi, de mettre la musique classique à la portée de tous. Il faut quand même dire que Bach est assez universel, même si sa musique a l’air de sortir d’une église et donne l’impression qu’il faut croire en Dieu pour l’aimer tout à fait. Dans un programme diversifié, j’ai évidemment relevé deux accordéonistes :

Michel Macias, qui ambitionne de nous faire danser Menuets, Sarabandes, Allemandes, Gigues, Courantes … le 3 juin à 20h  à Ombres Blanches & le 4 juin à 13h à l’Hôtel Dieu.

Gregory Daltin avec Sylvain Picard au tuba, le 3 juin à 16h à l’Hôtel Dieu et le 4 juin à 14 h dans l’église Saint Pierre des Chartreux.

Et bien sûr cette fameuse « Passion selon saint Matthieu », le 4 juin à 17h à la Halle aux Grains.

Passe ton Bach 2017

Faisons un break après le Bach. Avec peut être encore un bon accordéoniste du coin, Claude Delrieu qui accompagnera une lecture de Jean Pierre Borredon le 30 mai à 19h30 à la Cave Poésie ?

A la Cave Poésie toujours, les 2 et 3 juin à 20h30, le groupe Chunquituy, emmené par Jean Pierre Laffite, notre spécialiste des flûtes de roseau, pour une musique des hauts plateaux de Bolivie.

Un festival de musique africaine qui m’avait échappé jusque là, ça ne pouvait pas durer. Le festival Afriqu’à Muret aura lieu du 1° au 4 juin. Au programme : ateliers, danses africaines, contes, défilé de mode, concerts et soirées afro DJ. A cette occasion, le film « Félicité » de Alain Gomis sera projeté le jeudi 1° à 20h30 au cinéma le VEO de Muret. L’histoire d’une Mère Courage, chanteuse de bar à Kinshasa, dans une Afrique où il faut des miracles de débrouillardise pour s’en sortir à peu près. Recommandé à mes amis de Muret et même d’ailleurs.

Si vous n’aimez pas Bach, ni l’accordéon ni la musique africaine, vous pouvez peut être vous rabattre sur le Week End des Curiosités, les 2, 3 et 4 juin. Organisé par le Bikini, avec le genre de musique qui va avec.

« Gardarem lo Larzac », en voilà un beau slogan. C’est aussi le titre d’une exposition consacrée à cette célèbre lutte contre l’extension du camp du Larzac. L’exposition est visible à la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de la rue du Périgord jusqu’au 9 septembre. Cette BEP est un superbe bâtiment Art Déco, construit par Montariol en 1935 et fera l’objet d’une visite guidée le 10 juin à 11h.

Tout le monde connait cette histoire extraordinaire du Larzac : une poignée de paysans aveyronnais, donc forcément un peu catholiques et de droite, a réussi à fédérer tout ce que le pays comptait de hippies, anarchistes, non-violents, occitanistes, écolos, … Autant de qualités que l’on pouvait d’ailleurs retrouver dans une seule et même personne. Et le plus étonnant, c’est qu’ils ont gagné à la fin. L’exposition, sans être spectaculaire, nous montre quand même pas mal de documents d’époque qui rappelleront de vieux souvenirs à ceux qui comme moi ont vécu tout ça d’un peu près. Encore un ancien combattant, vous vous dites. Hé ho, respectez s’il vous plait mes galons d’anti-militariste si durement gagnés.

Gardarem lo Larzac